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@alfredhitchockcollection
nothing is as tender as annotating your favourite books. itâs like leaving a piece of your heart on the pages for somebody else to find.
BientĂŽt je posterai les miens.
Wu Chi-Tsung (Taiwanese, b.1981)
Cyano-Collage series - 2020 - 2022
art by david popa
Cosmé Tura https://blogcosmetura.wordpress.com/2012/02/04/cosme-tura-un-peintre-alchimiste/
Who agrees ?
LES BIJOUX (Guy de Maupassant)
M. Lantin ayant rencontrĂ© cette jeune fille, dans une soirĂ©e, chez son sous-chef de bureau, lâamour lâenveloppa comme un filet.
CâĂ©tait la fille dâun percepteur de province, mort depuis plusieurs annĂ©es. Elle Ă©tait venue ensuite Ă Paris avec sa mĂšre, qui frĂ©quentait quelques familles bourgeoises de son quartier dans lâespoir de marier la jeune personne. Elles Ă©taient pauvres et honorables, tranquilles et douces. La jeune fille semblait le type absolu de lâhonnĂȘte femme Ă laquelle le jeune homme sage rĂȘve de confier sa vie. Sa beautĂ© modeste avait un charme de pudeur angĂ©lique, et lâimperceptible sourire qui ne quittait point ses lĂšvres semblait un reflet de son cĆur.
Tout le monde chantait ses louanges ; tous ceux qui la connaissaient répétaient sans fin : « Heureux celui qui la prendra. On ne pourrait trouver mieux. »
M. Lantin, alors commis principal au ministĂšre de lâIntĂ©rieur, aux appointements annuels de trois mille cinq cents francs, la demanda en mariage et lâĂ©pousa.
Il fut avec elle invraisemblablement heureux. Elle gouverna sa maison avec une Ă©conomie si adroite quâils semblaient vivre dans le luxe. Il nâĂ©tait point dâattentions, de dĂ©licatesses, de chatteries quâelle nâeĂ»t pour son mari ; et la sĂ©duction de sa personne Ă©tait si grande que, six ans aprĂšs leur rencontre, il lâaimait plus encore quâaux premiers jours.
Il ne blùmait en elle que deux goûts, celui du théùtre et celui des bijouteries fausses.
Ses amies (elle connaissait quelques femmes de modestes fonctionnaires) lui procuraient Ă tous moments des loges pour les piĂšces en vogue, mĂȘme pour les premiĂšres reprĂ©sentations ; et elle traĂźnait, bon grĂ©, mal grĂ©, son mari Ă ces divertissements qui le fatiguaient affreusement aprĂšs sa journĂ©e de travail. Alors il la supplia de consentir Ă aller au spectacle avec quelque dame de sa connaissance qui la ramĂšnerait ensuite. Elle fut longtemps Ă cĂ©der, trouvant peu convenable cette maniĂšre dâagir. Elle sây dĂ©cida enfin par complaisance, et il lui en sut un grĂ© infini.
Or, ce goĂ»t pour le théùtre fit bientĂŽt naĂźtre en elle le besoin de se parer. Ses toilettes demeuraient toutes simples, il est vrai, de bon goĂ»t toujours, mais modestes ; et sa grĂące douce, sa grĂące irrĂ©sistible, humble et souriante, semblait acquĂ©rir une saveur nouvelle de la simplicitĂ© de ses robes, mais elle prit lâhabitude de pendre Ă ses oreilles deux gros cailloux du Rhin qui simulaient des diamants, et elle portait des colliers de perles fausses, des bracelets en similor, des peignes agrĂ©mentĂ©s de verroteries variĂ©es jouant les pierres fines.
Son mari, que choquait un peu cet amour du clinquant, rĂ©pĂ©tait souvent : « Ma chĂšre, quand on nâa pas le moyen de se payer des bijoux vĂ©ritables, on ne se montre parĂ©e que de sa beautĂ© et de sa grĂące, voilĂ encore les plus rares joyaux. »
Mais elle souriait doucement et rĂ©pĂ©tait : « Que veux-tu ? Jâaime ça. Câest mon vice. Je sais bien que tu as raison ; mais on ne se refait pas. Jâaurais adorĂ© les bijoux, moi ! »
Et elle faisait rouler dans ses doigts les colliers de perles, miroiter les facettes des cristaux taillĂ©s, en rĂ©pĂ©tant : « Mais regarde donc comme câest bien fait. On jurerait du vrai. »
Il souriait en déclarant : « Tu as des goûts de Bohémienne. »
Quelquefois, le soir, quand ils demeuraient en tĂȘte Ă tĂȘte au coin du feu, elle apportait sur la table oĂč ils prenaient le thĂ© la boĂźte de maroquin oĂč elle enfermait la « pacotille », selon le mot de M. Lantin ; et elle se mettait Ă examiner ces bijoux imitĂ©s avec une attention passionnĂ©e, comme si elle eĂ»t savourĂ© quelque jouissance secrĂšte et profonde ; et elle sâobstinait Ă passer un collier au cou de son mari pour rire ensuite de tout son cĆur en sâĂ©criant : « Comme tu es drĂŽle ! » Puis elle se jetait dans ses bras et lâembrassait Ă©perdument.
Comme elle avait Ă©tĂ© Ă lâOpĂ©ra, une nuit dâhiver, elle rentra toute frissonnante de froid. Le lendemain elle toussait. Huit jours plus tard elle mourait dâune fluxion de poitrine.
Lantin faillit la suivre dans la tombe. Son dĂ©sespoir fut si terrible que ses cheveux devinrent blancs en un mois. Il pleurait du matin au soir, lâĂąme dĂ©chirĂ©e dâune souffrance intolĂ©rable, hantĂ© par le souvenir, par le sourire, par la voix, par tout le charme de la morte.
Le temps nâapaisa point sa douleur. Souvent pendant les heures du bureau, alors que les collĂšgues sâen venaient causer un peu des choses du jour, on voyait soudain ses joues se gonfler, son nez se plisser, ses yeux sâemplir dâeau ; il faisait une grimace affreuse et se mettait Ă sangloter.
Il avait gardĂ© intacte la chambre de sa compagne oĂč il sâenfermait tous les jours pour penser Ă elle ; et tous les meubles, ses vĂȘtements mĂȘmes demeuraient Ă leur place comme ils se trouvaient au dernier jour.
Mais la vie se faisait dure pour lui. Ses appointements, qui, entre les mains de sa femme, suffisaient Ă tous les besoins du mĂ©nage, devenaient, Ă prĂ©sent, insuffisants pour lui tout seul. Et il se demandait avec stupeur comment elle avait su sây prendre pour lui faire boire toujours des vins excellents et manger des nourritures dĂ©licates quâil ne pouvait plus se procurer avec ses modestes ressources.
Il fit quelques dettes et courut aprĂšs lâargent Ă la façon des gens rĂ©duits aux expĂ©dients. Un matin enfin, comme il se trouvait sans un sou, une semaine entiĂšre avant la fin du mois, il songea Ă vendre quelque chose ; et tout de suite la pensĂ©e lui vint de se dĂ©faire de la « pacotille » de sa femme, car il avait gardĂ© au fond du cĆur une sorte de rancune contre ces « trompe-lâĆil » qui lâirritaient autrefois. Leur vue mĂȘme, chaque jour, lui gĂątait un peu le souvenir de sa bien-aimĂ©e.
Il chercha longtemps dans le tas de clinquant quâelle avait laissĂ©, car jusquâaux derniers jours de sa vie elle en avait achetĂ© obstinĂ©ment, rapportant presque chaque soir un objet nouveau, et il se dĂ©cida pour le grand collier quâelle semblait prĂ©fĂ©rer, et qui pouvait bien valoir, pensait-il, six ou huit francs, car il Ă©tait vraiment dâun travail trĂšs soignĂ© pour du faux.
Il le mit en sa poche et sâen alla vers son ministĂšre en suivant les boulevards, cherchant une boutique de bijoutier qui lui inspirĂąt confiance.
Il en vit une enfin et entra, un peu honteux dâĂ©taler ainsi sa misĂšre et de chercher Ă vendre une chose de si peu de prix.
â Monsieur, dit-il au marchand, je voudrais bien savoir ce que vous estimez ce morceau.
Lâhomme reçut lâobjet, lâexamina, le retourna, le soupesa, prit une loupe, appela son commis, lui fit tout bas des remarques, reposa le collier sur son comptoir et le regarda de loin pour mieux juger de lâeffet.
M. Lantin, gĂȘnĂ© par toutes ces cĂ©rĂ©monies, ouvrait la bouche pour dĂ©clarer : « Oh ! je sais bien que cela nâa aucune valeur », â quand le bijoutier prononça :
â Monsieur, cela vaut de douze Ă quinze mille francs ; mais je ne pourrais lâacheter que si vous mâen faisiez connaĂźtre exactement la provenance.
Le veuf ouvrit des yeux Ă©normes et demeura bĂ©ant, ne comprenant pas. Il balbutia enfin : « Vous dites ?... Vous ĂȘtes sĂ»r ? » Lâautre se mĂ©prit sur son Ă©tonnement, et, dâun ton sec : « Vous pouvez chercher ailleurs si on vous en donne davantage. Pour moi cela vaut, au plus, quinze mille. Vous reviendrez me trouver si vous ne trouvez pas mieux. »
M. Lantin, tout Ă fait idiot, reprit son collier et sâen alla, obĂ©issant Ă un confus besoin de se trouver seul et de rĂ©flĂ©chir.
Mais, dĂšs quâil fut dans la rue, un besoin de rire le saisit, et il pensa : « LâimbĂ©cile ! oh ! lâimbĂ©cile ! Si je lâavais pris au mot tout de mĂȘme ! En voilĂ un bijoutier qui ne sait pas distinguer le faux du vrai ! »
Et il pĂ©nĂ©tra chez un autre marchand Ă lâentrĂ©e de la rue de la Paix. DĂšs quâil eut aperçu le bijou, lâorfĂšvre sâĂ©cria :
â Ah ! parbleu ; je le connais bien, ce collier ; il vient de chez moi.
M. Lantin, fort troublé, demanda :
â Combien vaut-il ?
â Monsieur, je lâai vendu vingt-cinq mille. Je suis prĂȘt Ă le reprendre pour dix-huit mille, quand vous mâaurez indiquĂ©, pour obĂ©ir aux prescriptions lĂ©gales, comment vous en ĂȘtes dĂ©tenteur.
Cette fois, M. Lantin sâassit perclus dâĂ©tonnement. Il reprit : « Mais... mais, examinez-le bien attentivement, monsieur, jâavais cru jusquâici quâil Ă©tait en... faux. »
Le joaillier reprit : « Voulez-vous me dire votre nom, monsieur ? »
â Parfaitement. Je mâappelle Lantin, je suis employĂ© au ministĂšre de lâIntĂ©rieur, je demeure 16, rue des Martyrs.
Le marchand ouvrit ses registres, rechercha, et prononça : « Ce collier a Ă©tĂ© envoyĂ© en effet Ă lâadresse de Madame Lantin, 16, rue des Martyrs, le 20 juillet 1876. »
Et les deux hommes se regardĂšrent dans les yeux, lâemployĂ© Ă©perdu de surprise, lâorfĂšvre flairant un voleur.
Celui-ci reprit : « Voulez-vous me laisser cet objet pendant vingt-quatre heures seulement, je vais vous en donner un reçu ? »
M. Lantin balbutia : « Mais oui, certainement. » Et il sortit en pliant le papier quâil mit dans sa poche.
Puis il traversa la rue, la remonta, sâaperçut quâil se trompait de route, redescendit aux Tuileries, passa la Seine, reconnut encore son erreur, revint aux Champs-ĂlysĂ©es sans une idĂ©e nette dans la tĂȘte. Il sâefforçait de raisonner, de comprendre. Sa femme nâavait pu acheter un objet dâune pareille valeur. â Non, certes. â Mais alors, câĂ©tait un cadeau ! Un cadeau ! Un cadeau de qui ? Pourquoi ?
Il sâĂ©tait arrĂȘtĂ©, et il demeurait debout au milieu de lâavenue. Le doute horrible lâeffleura. â Elle ? â Mais alors tous les autres bijoux Ă©taient aussi des cadeaux ! Il lui sembla que la terre remuait ; quâun arbre, devant lui, sâabattait ; il Ă©tendit les bras et sâĂ©croula, privĂ© de sentiment.
Il reprit connaissance dans la boutique dâun pharmacien oĂč les passants lâavaient portĂ©. Il se fit reconduire chez lui, et sâenferma.
JusquâĂ la nuit il pleura Ă©perdument, mordant un mouchoir pour ne pas crier. Puis il se mit au lit accablĂ© de fatigue et de chagrin, et il dormit dâun pesant sommeil.
Un rayon de soleil le rĂ©veilla, et il se leva lentement pour aller Ă son ministĂšre. CâĂ©tait dur de travailler aprĂšs de pareilles secousses. Il rĂ©flĂ©chit alors quâil pouvait sâexcuser auprĂšs de son chef ; et il lui Ă©crivit. Puis il songea quâil fallait retourner chez le bijoutier ; et une honte lâempourpra. Il demeura longtemps Ă rĂ©flĂ©chir. Il ne pouvait pourtant pas laisser le collier chez cet homme ; il sâhabilla et sortit.
Il faisait beau, le ciel bleu sâĂ©tendait sur la ville qui semblait sourire. Des flĂąneurs allaient devant eux, les mains dans leurs poches.
Lantin se dit, en les regardant passer : « Comme on est heureux quand on a de la fortune ! Avec de lâargent on peut secouer jusquâaux chagrins, on va oĂč lâon veut, on voyage, on se distrait ! Oh ! si jâĂ©tais riche ! »
Il sâaperçut quâil avait faim, nâayant pas mangĂ© depuis lâavant-veille. Mais sa poche Ă©tait vide, et il se ressouvint du collier. Dix-huit mille francs ! Dix-huit mille francs ! câĂ©tait une somme, cela !
Il gagna la rue de la Paix et commença Ă se promener de long en large sur le trottoir, en face de la boutique. Dix-huit mille francs ! Vingt fois il faillit entrer ; mais la honte lâarrĂȘtait toujours.
Il avait faim pourtant, grandâfaim, et pas un sou. Il se dĂ©cida brusquement, traversa la rue en courant pour ne pas se laisser le temps de rĂ©flĂ©chir, et il se prĂ©cipita chez lâorfĂšvre.
DĂšs quâil lâaperçut, le marchand sâempressa, offrit un siĂšge avec une politesse souriante. Les commis eux-mĂȘmes arrivĂšrent, qui regardaient de cĂŽtĂ© Lantin, avec des gaietĂ©s dans les yeux et sur les lĂšvres.
Le bijoutier dĂ©clara : « Je me suis renseignĂ©, monsieur, et si vous ĂȘtes toujours dans les mĂȘmes dispositions, je suis prĂȘt Ă vous payer la somme que je vous ai proposĂ©e. »
LâemployĂ© balbutia : « Mais certainement. »
LâorfĂšvre tira dâun tiroir dix-huit grands billets, les compta, les tendit Ă Lantin, qui signa un petit reçu et mit dâune main frĂ©missante lâargent dans sa poche.
Puis, comme il allait sortir, il se tourna vers le marchand qui souriait toujours, et, baissant les yeux : « Jâai... jâai dâautres bijoux... qui me viennent...de la mĂȘme succession. Vous conviendrait-il de me les acheter aussi ? »
Le marchand sâinclina : « Mais certainement, monsieur. » Un des commis sortit pour rire Ă son aise ; un autre se mouchait avec force.
Lantin impassible, rouge et grave, annonça : « Je vais vous les apporter. »
Et il prit un fiacre pour aller chercher les joyaux.
Quand il revint chez le marchand, une heure plus tard, il nâavait pas encore dĂ©jeunĂ©. Ils se mirent Ă examiner les objets piĂšce Ă piĂšce, Ă©valuant chacun. Presque tous venaient de la maison.
Lantin, maintenant, discutait les estimations, se fĂąchait, exigeait quâon lui montrĂąt les livres de vente, et parlait de plus en plus haut Ă mesure que sâĂ©levait la somme.
Les gros brillants dâoreilles valent vingt mille francs, les bracelets trente-cinq mille, les broches, bagues et mĂ©daillons seize mille, une parure dâĂ©meraudes et de saphirs quatorze mille ; un solitaire suspendu Ă une chaĂźne dâor formant collier quarante mille ; le tout atteignant le chiffre de cent quatre-vingt-seize mille francs.
Le marchand dĂ©clara avec une bonhomie railleuse : « Cela vient dâune personne qui mettait toutes ses Ă©conomies en bijoux. »
Lantin prononça gravement : « Câest une maniĂšre comme une autre de placer son argent. » Et il sâen alla aprĂšs avoir dĂ©cidĂ© avec lâacquĂ©reur quâune contre-expertise aurait lieu le lendemain.
Quand il se trouva dans la rue, il regarda la colonne VendĂŽme avec lâenvie dây grimper, comme si câeĂ»t Ă©tĂ© un mĂąt de cocagne. Il se sentait lĂ©ger Ă jouer Ă saute-mouton par-dessus la statue de lâEmpereur perchĂ© lĂ -haut dans le ciel.
Il alla déjeuner chez Voisin et but du vin à vingt francs la bouteille.
Puis il prit un fiacre et fit un tour au Bois. Il regardait les Ă©quipages avec un certain mĂ©pris, oppressĂ© du dĂ©sir de crier aux passants : « Je suis riche aussi, moi. Jâai deux cent mille francs ! »
Le souvenir de son ministĂšre lui revint. Il sây fit conduire, entra dĂ©libĂ©rĂ©ment chez son chef et annonça : « Je viens, monsieur, vous donner ma dĂ©mission. Jâai fait un hĂ©ritage de trois cent mille francs. » Il alla serrer la main de ses anciens collĂšgues et leur confia ses projets dâexistence nouvelle ; puis il dĂźna au cafĂ© Anglais.
Se trouvant Ă cĂŽtĂ© dâun monsieur qui lui parut distinguĂ©, il ne put rĂ©sister Ă la dĂ©mangeaison de lui confier, avec une certaine coquetterie, quâil venait dâhĂ©riter de quatre cent mille francs.
Pour la premiĂšre fois de sa vie il ne sâennuya pas au théùtre, et il passa sa nuit avec des filles.
Six mois plus tard il se remariait. Sa seconde femme Ă©tait trĂšs honnĂȘte, mais dâun caractĂšre difficile. Elle le fit beaucoup souffrir.
Outside
René Gruau, Musidora 1953, Editions du désastre, circa 1990
Julia Garner as Ruth Langmore - Ozark - S4E07 - âSanctifiedâ
Le plus extraordinaire : cet artiste dont on sâarrache les crĂ©ations est un pur autodidacte. Il nâa Ă©tudiĂ© ni la joaillerie ni la gemmologie, et est venu tard Ă sa passion. NĂ© dans le Bronx, Joel Arthur Rosenthal est parti Ă Paris pour devenir peintre dĂšs quâil a eu en poche son diplĂŽme dâhistoire de lâart Ă Harvard. Il y a rencontrĂ© Pierre Jeannet, son compagnon et associĂ©, Ă©crit des scĂ©narios, puis conçu les dessins de canevas subtilement colorĂ©s, quâil vendait dans une Ă©choppe de la rue de lâUniversitĂ© Ă des amateurs (dont les designers dâHermĂšs). Ayant toujours Ă©tĂ© fascinĂ© par les bijoux anciens et les pierres prĂ©cieuses, il retourne ensuite six mois Ă New York pour travailler comme vendeur chez Bulgari. En 1978, il se dĂ©cide enfin Ă 36 ans Ă ouvrir une bijouterie avec Pierre Jeannet. Ses premiĂšres Ćuvres font des conventions de la haute joaillerie. Il utilise ainsi des pierres semi-prĂ©cieuses et des diamants anciens pour Ă©largir sa palette de couleurs, et fixe ses tarifs en appliquant une marge unique au coĂ»t des matĂ©riaux et de la main-dâĆuvre. LâoriginalitĂ© et la virtuositĂ© de JAR rendent bientĂŽt ses bijoux plus que dĂ©sirables : cultes. Mais le joaillier refuse de faire grandir sa maison. Ayant toujours fait des bĂ©nĂ©fices, il a repoussĂ© les offres financiĂšres destinĂ©es Ă ouvrir des boutiques. «Mon instinct, mon radar, mon Ă©goĂŻsme, mon arrogance et par-dessus tout ma passion pour le bonheur me disent de rester petit, silencieux, de faire ce que jâai envie de faire, de ne pas ĂȘtre sĂ©duit, de ne pas ĂȘtre tentĂ©, de juste aller de lâavant Ă ma maniĂšre», confiait-il en 2002 au «Daily Telegraph».
Artist of the Month:Â Alicia Keys
If you haven't already heard, Alicia Keys is our February Artist of the Month. Today, Alicia gives us her overview on the word frequency.
Be sure to follow @thekeysofalicia for more as well. đ
un rĂ©gal de lâĂ©couter.