Notre approche pédagogique des savoirs artistiques et culturels
L’art à petits pas propose aux élèves et leurs enseignants de s’approprier des contenus artistiques et culturels en vue de créer des situations d’apprentissage et d’expérimentation à partir des questions des élèves et de leur désir d’expression.
L’objectif premier rejoint celui énoncé par Culture et Démocratie : une urgence d’ancrer les savoirs scolaires dans les savoirs culturels et artistiques.
Nous pensons, comme l’écrit Philippe Meirieu, que pour donner sens aux apprentissages, il faut enseigner les savoirs comme culture ; que tous les savoirs sont issus d’une histoire, qu’ils sont découverts par des hommes, dans un contexte. Tous les savoirs sont culture, et il faut les enseigner tels quels.
Autrement dit, à L’art à petits pas, on fréquente des oeuvres artistiques et on apprend "par l’art" le processus de création que les dispositifs donnent à expérimenter.
Les champs mis en relation sont autant le pédagogique et le social que l’artistique.
Expérience de la transdisciplinarité.
Le langage plastique n’est pas le seulexpérimentations à partir de multiples langages artistiques.
Prendre et donner le temps
Pour créer la confiance nécessaire à la mise en mouvement de l’élève et la prise de risque qu’implique le processus créatif, nous accordons une place centrale à la fonction pédagogique de la récurrence.
Nous privilégions les animations pour les classes qui s’engagent à participer à plusieurs actions dans la même année, tout en laissant l’opportunité à un nombre restreint d’autres de découvrir le projet. Une attention et aussi portée sur la durée des ateliers eux-mêmes. A partir d’une œuvre, nous proposons généralement au minimum 2 fois 2 heures d’ateliers.
Cette organisation du temps laisse à l’enseignant l’opportunité de construire la continuité entre ce qui est vécu dans la classe et dans les ateliers. Ce recul inscrit dans la récurrence offre aux les élèves la possibilité de s’approprier les contenus.
Toutes nos actions de médiation comprennent deux étapes successives et complémentaires:
Fréquenter des œuvres avec un médiateur-animateur-artiste, est l’occasion pour l’élève de :
- élargir ses connaissances culturelles et artistiques.
- s’ouvrir sur différentes visions du monde et ses représentations.
- affiner son regard et ses émotions face à l’œuvre. Dépasser ses jugements ‘j’aime -j’aime pas’.
- exprimer son avis et ses émotions.
- questionner et être questionné par la vision des autres.
Face à l’œuvre, le médiateur amène les élèves à interroger la démarche créative afin de la percevoir comme :
- Un chemin, un parcours, un processus qui nous communique, par le ressenti ou les idées qu’il porte, une vision du monde qui peut nous intéresser, nous enseigner.
- Une suite de choix personnels de l’artiste, propres à ses questionnements et visions du monde qu’il donne à voir/lire/écouter/...
- Une série d’étapes techniques.
⇨ Une fois sensibilisés à la dimension évolutive et expérimentale de la création, les élèves perçoivent chaque œuvre non plus comme un élément isolé mais comme une étape d’un processus plus vaste.
Mettre l’enfant en situation de création
« Créer des situations où l’on est vivant » (Luc Bernard - animateur-artiste du projet).
Les animateur-artistes sont inscrits dans une recherche artistique personnelle. Celle-ci nourrit leurs pratiques d’animation et les maintient en lien avec le mouvement et les enjeux du processus qu’ils transmettent.
Pour chaque animation, ils créent des situations – des dispositifs qui amènent les enfants à rejouer ce qui est vécu face aux oeuvres.
L’expérimentation est une logique de laboratoire. Elle est privilégiée dans chacun de ces dispositifs.
- faire preuve d’une rapide adaptabilité face au public présent et aux dispositions de chaque personne dans l’instant.
- créer un climat de reconnaissance mutuelle dès les premiers moments de l’atelier où chacun a sa place et se sent entendu.
- laisser de la place pour l’incertain et l’inattendu. Les dispositifs poussent à sortir de notre zone de confort (mouvement indispensable à l’expérimentation) mais ne doivent pas anticiper le résultat.
- libérer le potentiel cognitif et émotionnel de chacun par des dispositifs où le corps est actif.
- créer une confiance en la valeur stimulante de la recherche (l’essai / l’erreur).
- créer des situations ludiques et joyeuses.
- Supprimer les enjeux d’évaluation individuelle.
- Sans perdre de vue la somme des individus différents, favoriser les moyens d’actions collectives.