En bonus
le texte de l'épisode 3 entièrement écrit en vers :
GÉNIAL on est des grands maintenant
Encore un coup fumant
Ces cigarettes avec du feu allumons les !
La gazinière ne semble pas marcher
Il nous faudrait un briquet
Seule cette brique j'ai su trouver
Alors il nous faut une autre pierre
Et cette tuile fera l'affaire
On est des hommes des cavernes
Pas d'étincelle, ils n'ont pas de veine
On en fera pas tout un plat
De toute façon, ces cigarettes sont en chocolat
Maintenant c'est l'heure du goûter
Je me sens tout fatigué
Fermons fenêtres et rideaux
Pour faire un meilleur dodo
Mais c'est le lit de mes parents !
C'est normal, on est des grands maintenant
***
Carte blanche à Michigan Films, dans le cadre du furious festival au théâtre de poche. Le Samedi 15 février au Théâtre de Poche.
Au Programme :
"La pianiste" de Sung-a Yoon
"Walking through paradise" de Peter Snowdon
"The wave" de Sarah Vanagt et Katrien Vermeire
"Flexing muscles" de Charles Fairbanks
"A certain amount of clarity" de Emmanuel Van der Auwera
"Viva paradis" de Isabelle Tollenaere
Depuis l'enregistrement de son premier album en 1999, Anne Laplantine, une artiste française, a composé une multitude de morceaux pop, minimalistes et de collages sonores. Elle est également une vidéaste très productive. Son support de prédilection semble être le grand internet. !
Nous autres, enfants fluides et curieux, nous nous sommes dit : "la poésie aujourd'hui oui, mais où ? Avec qui ?"
Nous marchons l'air inspiré avec une main en l'air qui dessine des spirales.
Nos cheveux longs ondulent au vent.
Certains nous regarde amusés, attendris, intrigués : "Quelle mélancolie. Quels doux rêveurs. Et enfin, QUELS POÈTES". Oui c'est ça ! Nous y sommes!
Mais c'est quoi maintenant la poésie ?
Peut-être pourrons-nous percer le secret en imitant les poètes de tous, ceux des dessins animés et du cinéma grand public?
Peut-être est-ce une porte d'entrée ?
Et puis soudain, entre deux réflexions. On l'aperçoit, on la sent. Des gestes brefs, des regards fuyants, une sensation étrange entre le rire et le néant.
Anne Laplantine, sorcière sauvage de la toile que pourrais-tu faire de nous?
Avec elle en vidéo, nous avons vite le vertige.
Nous restons calme et vides dans nos maisons, dans nos voitures ou dans les parcs.
Nous rigolons d'abord mais ensuite, nous restons calmes et vides.
Nous regardons passer les choses de très loin.
La sensation d'être lâché au beau milieu des existences est plus forte que dans la vie.
Anne Laplantine pourrait faire de nous -dans le meilleur des cas- des monstres sans points de repères qui tourneraient TOUT en froide dérision.
Et alors, quelque chose se passe, nous voulons êtres avec elle et en même temps,
nous ne voulons pas le croiser ce regard vibrant.
Mais nous restons fascinés et nous la dévorons encore et encore à travers l'écran. Et elle revient toujours cette sensation bizarre qui flotte entre l’amusement et la vacuité.
À ces moments là, on est un peu Anne Laplantine.
Et puis, étourdis, on termine par se dire : " Mais c’est peut-être ça être poète ! C’est d’arriver à rendre le spectateur désireux de voir le monde à travers le filtre d’une autre sensibilité que la sienne ".
Et pour cause, Anne Laplantinne fait des émules, nous la retrouvons de plus en plus entourée de ses disciples transi.
Wouw ! Merci Anne Laplantine de nous avoir pris par la main!
POÉSIE - IRINA NISTOR OU LA VOIX ROUMAINE DE Jean-Claude Van Damme
Certaines spécialités charcutières de Roumanie révèlent toutes leurs saveurs lorsqu'elles sont enveloppées dans du papier journal. Dans les années 80, sous la dictature de Ceaucescu, les seuls journaux qu'on trouvait étaient les journaux officiels du régime. Quiconque les utilisaient autrement que pour une lecture pieuse était envoyé en prison. On pourrait déplorer cette perte de l'artisanat de la charcuterie en Roumanie pendant des heures.
C'est dans cette ambiance qu'opérait Irina Nistor. Bien que peu reconnue en Europe occidentale, sa contribution à la liberté d'expression a été exceptionnelle. Avec des méthodes rustiques, elle a doublé plus de cinq mille films américains (bien sûr interdits par les Communistes) et les a diffusés dans tout le pays via le format VHS.
La particularité de ses doublages : ils sont effectués à même la bande-son du film, la traduction est intercalée entre chaque réplique en anglais des acteurs.
Irina Nistor n'est ni une actrice, ni une traductrice, ni une artiste.
En dépit de tous les codes du cinéma hollywoodien (respect de silences planifiés à la seconde, jeu d'acteur) et de l'art du doublage (synchronisation des lèvres et des paroles), sa voix stridente et rapide traduit à même le film, sans se soucier du ton, de la situation, du scénario, ni même des personnages qu'elle incarnait tous.
Ou comment par le biais de la simple traduction les blockbusters les plus conventionnels sont passés à l'Avant-Garde.
La suppression des silences, les dialogues différés de quelques secondes, les erreurs de traduction ont totalement changé les valeurs narratives de ces films et propulsé Bruce Lee, Chuck Norris, Jean-Claude Van Damme, Al Pacino et autres au rang des grands héros roumains. Sans pour autant être héros ni Roumains. Symbole de l'Amérique libre et libérale contre l'URSS, ils ont été appropriés pour devenir la voix de la Résistance roumaine par le truchement de la voix d'Irina Nistor.
Cette voix, connue de tous a usurpé l'identité de tous les personnages. L'effet est assez drôle au début : Marlon Brando en parrain de la mafia sur son lit de mort déblatérant en roumain avec une voix de crécelle, c'est assez déroutant. Pourtant, privilégiant la quantité de films doublés à la qualité du doublage ou des films (Le Parrain ou Shining ayant incontestablement une valeur artistique supérieure à L'Arme absolue avec Jean-Claude Van Damme), cette voix constante à tous les films américains circulant en Roumanie est devenue celle de l'opposition.
Pour dire les choses autrement, Irina Nistor est allée à l'encontre de l'art pour donner naissance à une oeuvre révolutionnaire et totalement étrange. C'est ce qui rend sa démarche à mes yeux totalement unique et éminemment poétique.
GUY-MARC HINANT, DOMINIQUE LOHLÉ - DOCUMENTAIRES SUR LES MUSIQUES D'AVANT-GARDE
La collection de documentaires musicologiques OME (Observatoire des Musiques Électroniques) fait de plus en plus parler d’elle. Toujours attentif aux rapports musique/cinéma CINEMATEK propose de découvrir deux opus inédits et cinq autres en reprise.
La rétrospective commence mercredi 18 septembre à 20h00 en présence des réalisateurs! La CINEMATEK présentera 7 films du duo gagnant (Lohlé/Hinant).
Rendez-vous à la place Flagey.
La projection de ce court métrage documentaire d’animation sera suivie par une rencontre avec les auteurs du livre "Choming Out" (éditions D’une Certaine Gaîté, postface de Bernard Friot), militants de la rupture avec la logique du plein emploi comme seule porte de sortie de crise, de l’affirmation que dans le hors emploi s’expérimentent des processus alternatifs de production de richesses, qu’il s’agit aujourd’hui de reconnaître pour ce qu’elles sont : de la production de haute valeur ajoutée…
Et pour terminer la soirée activante en beauté, Defi J nous fera le plaisir d’un passage par les platines du foyer !
Voilà l'occasion rêvée pour aller faire un mini trip chez nos amis flamands. De fait, une compilation des courts métrages d'Eric Leiser est programmée pour le 23 octobre à Antwerpen au Cinemazuid à 20h00.
Dus, tot ziens!
Tout frais, tout chaud. Eric Leiser nous envoie sa dernière friandise « Little Band of Sailors » sur un morceau de Rachel Mason’s Band. Pour les néophytes, Eric Leiser est le réalisateur du très beau long métrage « Glitch In The Grid ».
Dans le cadre du Festival l'heure d'été, d'abord une soirée Bulex Ciné-Karaoké géant en plein-air ce samedi 6 juillet à Bruxelles-les-bains. Le festival donne aussi l'occasion de voir ou revoir de bien belles perles : plusieurs programmations autour de réalisateurs qui associent films et coups de cœurs ainsi que quelques soirées consacrées au mouvement mumbelcore et à une série de films tournés au Texas. Le 7 juillet c'est aussi la projection sauvage organisée par les Chevreuils.
Férus de culture bis, Cinematek accueil cet été une sélection Offscreen eighties. Dans un tout autre genre, une rétrospective consacrée à Antonioni et liée à l'expo actuellement visible au Bozar, permet de (re)plonger dans sa filmographie. D'un autre côté, le Recyclart organise chaque jeudi et vendredi des séances destinées aux amateurs de mauvais goût et de femmes plantureuses en lien avec leur expo Orgasmorama. Aussi, les installations de Film as Sculpture sont encore visibles quelques semaines au Wiels. Profitez-en!
Aujourd'hui, hommage à cet étrange ermite du cinéma d'animation qu'est Bruce Bickford.
Au pays du cinéma d'animation, art véritable et méticuleux, dans une contrée fort éloignée des studios industrieux où dégoulinent les produits de synthèse et où règnent les effets spécieux, le nom de Bruce Bickford évoque la figure légendaire d'un Facteur Cheval de la pâte à modeler.
Prométhée naïf, quasi reclus dans sa maison-atelier des environs de Seattle, Bruce Bickford n'a cessé depuis 40 ans de modeler la matière avec des moyens archaïques, de donner vie à son imagination débridée d'éternel enfant. Surnommé « The Amazing Mr Bickford » par Frank Zappa avec qui il a collaboré entre 1974 et 1980, lui valant une réputation culte outre-Atlantique — le trip visuel inégalé de Baby Snakes, c'est lui —, Bruce a élaboré une technique d'animation artisanale, en image par image, à base de très nombreux décors et personnages de toutes tailles, soumis à de continuelles métamorphoses échappant à toute tentative de description.
Aussi drôle que malsain, le Liquide de la tête crée des illustrations inspirées de comics et des vidéos qui mêlent le grotesque à la perversité sadienne.
Tantôt ministre du téléchargement illégal et des stupéfiants, tantôt journaliste à tendance d’extrême droite et partisan de la désinformation sarkoziste pour ensuite être un publicitaire qui tourne au ridicule les images très politiquement correctes (remplissant les quotas femelle , pédé, triso et bronzé) de Corby’s, le Liquide de la tête a créé tout un univers d’information propagandiste fictive du genre Big Brother (il vous regarde, il est partout). Le Liquide de la tête a comme thème récurrent, vous l’aurez compris, la terreur et l’humour, intimement liés. Mais il a aussi un lexique qui lui est propre : bien sûr « peur », « horreur », « apocalypse » et autres mots de vocabulaire se rapportant au satanisme « liquide » rythme ses sites. Mais il y a aussi « Zara », « dvd de Shrek », « Nicolas Hulot », « Belmondo » et d’autres venus se greffer au fil rouge de sa production ; «la désinformation fictive ; une caricature de notre société et de nos peurs ». Il est donc logique que la gentillesse rassurante de Nicolas Hulot soit une arme redoutable pour faire ressortir de façon exacerbée la violence du Liquide.
Qu’est-ce que serait tout ce monde journalistique, musical, people et publicitaire de mauvais goût sans des conseils minceur et relaxation ? Le Liquide est sur tous les fronts médiatiques.
Le sho-zung la « méditation qui vous fige dans la terreur pour toujours avec un sourire romantique » nous rappelle ces femmes au foyer, quarantenaires, qui songent quitter depuis longtemps leur mari impuissant, qui se relaxent en faisant des étirements entre des bâtonnets d’encens. Seulement voilà, son visage répond à une même règle qui s’applique aussi à la tronche de politiciens sur les affiches électorales ; A première vue c’est un sourire, puis, en regardant le fond de ses yeux, vous y verrez de la mélancolie, voire des envies de suicide. Voilà pourquoi les termes « méditation qui vous figes pour toujours dans la peur avec un sourire romantique » sont si bien choisis par monsieur de la tête. Si vous avez bien compris la leçon du sho-zung, vous ne tenterez plus d’avoir l’air sympa et relaxé, même sans Juvamine, parce que tout le monde sait que c’est faux. Vous n’êtes ni heureux ni détendu alors arrêtez de jouer, c’est énervant. Bien sûr ça ne s’adresse qu’à ceux qui font semblant.
Qui se cache derrière le Liquide de la Tête?
Je pense que c’est plutôt le Liquide de la Tête qui se cache en quelques uns d’entre nous ! Mais pour répondre à cette question autrement que par une pirouette un peu branchée (qui plairait bien à quelqu’un qui lit secrètement le magazine Télé poche sous ecstasy dans les toilettes, par exemple) je précise que le Liquide de la tête , en général, n’a qu’une seule et unique enveloppe corporelle terrestre : je dis “en général”, non pas parce que les habits de militaires sont sexy, mais parce que sur certains projets (comme des films, où une équipe est souvent de rigueur) plusieurs personnes ont été « liquide de la tête » avec un plaisir non dissimulé.
Avez-vous des pratiques artistique en dehors de ce projet?
Oui. Mais elles sont tellement éloignées du « liquide de la tête » que je pense qu’il est inutile de les mentionner. Disons simplement que l’enveloppe corporelle terrestre (je vais l’appeler par la suite l’ETC si je la mentionne encore une fois) du « Liquide de la Tête » a besoin de survivre sous un toit en mangeant au moins 5 légumes différents par jour.
Quand et comment ce projet a-t-il commencé?
Le jour où je me suis rendu compte que le rire et la peur étaient deux émotions étroitement liées : quelqu’un qui est en train de rire me fait peur et quelqu’un qui a peur me fait rire. C’est sûrement le seul projet, s’il en est un, du « liquide de la tête ». De là est né le liquide de la tête : apporter un peu du cauchemar de la nuit dans la journée, et vice-versa.
Considérez-vous le Liquide de la Tête comme un projet artistique?
Il m’est difficile de répondre à cette question sans, au moins, sacrifier la vie d’une personne qui n’a rien demandé à personne. Ah Ah, je plaisante, c’était juste pour vous faire croire que vous aviez affaire à un sociopathe de la pire espèce.
Le problème avec le mot « artistique », c’est que comme le mot « intellectuel », il est devenu aujourd’hui… une insulte. On comprend pourquoi : trop d‘« artistes » se sont empiffrés de Sushis en prétendant que dessiner le Christ couvert de pisse -c’est un exemple- est « révolutionnaire », voire intéressant, alors qu’il ne s’agit que d’un Christ couvert de pisse.
Pendant ce temps, il n’est pas difficile d’imaginer que le reste de l’humanité, abandonnée par tant de mépris, précipite le DVD de Shrek — où je ne sais quelle autre saloperie — directement dans le caddie, à côté des paquets de Granola pour les mômes et du pack de Contrex, avant d’aller affronter le lendemain je ne sais quelle activité absurde plus où moins bien rémunérée, ou bien un petit chef ou bien encore un écran qui annonce que telle où telle célébrité se tape des domestiques dans les hôtels 5 étoiles parce que (selon cette personne) c’est juste fun. S’il y a un projet « liquide de la tête », c’est encore une fois rire du cauchemar, ceci d’une manière totalement gratuite, si ça doit générer de l’art alors générons.
Considérez-vous internet comme une finalité à vos travaux, comme un nouveau médium?
Une finalité ? Je ne sais pas, honnêtement… Disons que lorsque l’on produit quelque chose, c’est pour que cette chose soit vue, c’est un fait. Il y a un espace de liberté, comme on dit, sur Internet qui semble — et je le souhaite vivement — encore irréductible, donc hors du formatage, de la convention à la mode, hors de la « liberté sous condition ». En même temps, je ne définirai pas ce médium comme une fin en soi.
Le système par exemple du show-business, avec ses agents, ses cadres, ses vendeurs, ses majors et tout le tintouin, montre chaque jour ses faiblesses, mais diffuser ses productions uniquement sur internet nous pose à nous exactement les mêmes questions, et finalement pas plus de réponses : c’est la dictature du clic plutôt que celle de l’argent, et nul besoin de porter un polo rose et de mettre une gourmette pour savoir que le clic c’est de l’argent aussi.
Si je devais résumer l’espoir que j’ai en Internet, je dirais simplement le mot « gratuité », j’aime encore l’idée que quiconque puisse regarder, écouter quelque chose qui va faire dévier le regard qu’il pose chaque jour sur le monde sans débourser un seul centime. Après tout, l'art c’est aussi de la communication et à 3 euros l’appel plus 1 euros la minute c’est normal que ça finisse par gonfler un peu !
Mais je suis un marxiste, un marxiste liquide, mais un marxiste quand même, et je continue de croire qu’une activité culturelle n’a pas pour but d’enrichir la personne qui la produit, mais de surprendre la personne qui la contemple.
Concernant « Arias interprété par un éléphant de mer », l’avez-vous posté afin de transgresser le règlement de Youtube ?
Je ne savais même pas que Youtube avait un règlement ! Je ne l’ai jamais lu en tout cas. S’ils exercent une quelconque ségrégation envers les éléphants de mer, alors il faut lutter, de toutes nos forces ! Cet animal est tellement beau. Il me fait penser à un dessin de l’immense Gary Larson où l’on voit Dieu fabriquer un serpent avec de l’argile, et Dieu dit ceci en parlant du serpent dans sa main: « Ces saletés sont vraiment super-faciles à faire ! » Ah ah . J’aime Gary Larson, j’aime les éléphants de mer et… j’aime même Dieu quand il dit des choses pareilles !
Quelles sont vos références et les artistes qui vous inspirent?
Bien, nous avons déjà cité Gary Larson ! Ils sont nombreux les artistes qui nous ont montré que le rire fait peur et que la peur fait rire. J’aime toutefois qu’un artiste montre à un moment donné que la chose qu’il a envie de dire n’a pas de prix, aucun prix, aucune valeur d’échange ! Cela peut donner parfois lieu à des quiproquos (dans leur vie réelle ou bien dans leur art) qui sont quelquefois rigolos mais c’est toujours une chose tellement louable : voilà ce que j’ai à dire et ce n’est pas autrement, quiconque me dit le contraire aura droit à un bon vieux coup-de-boule à l’ancienne !!! Je pourrais citer un million de dingues qui mettent en danger leur existence pour faire ceci. Je pourrais citer par exemple « Le Dernier Cri », cette maison d’édition située à Marseille qui publie les plus grands artistes de notre temps (Henriette Valium, Andy Bolus, Fredox, Stuart Mead, Beth Love etc..), ou bien les productions de Lloyd Kaufman, qui avec Troma nous rappellent à chaque film le doux sens oublié du mot « liberté » (celui que nos politicards véreux voudraient monnayer sans vergogne, les salauds !). Puisqu’on est dans les citations j’ajouterais des écrivains comme Harry Crews, l’incommensurable Kundera, ou bien des musiciens comme Brian Eno ou encore des cinéastes comme Christian Philibert dont les œuvres doivent être contemplées à chaque moment où le doute immonde et absurde vous susurre à l’oreille : devez-vous continuer ou pas ? Est-ce bien nécessaire?
Parlez-nous des prochaines productions du Liquide de la Tête ! Y a-t-il une de vos production dont vous aimeriez particulièrement parler?
les productions liquides de la tête sont quotidiennes .
-J’envisage de publier un livre qui tourne en ridicule le mythe du super héros , intitulé “blasted men”, dont les planches sont visibles ici : liquidedelatete.canalblog.com
-j’envisage de publier une methode de méditation qui consiste à rester figé dans l’angoisse à tout jamais (avec un sourire romantique), disponible ici: shouzong.canalblog.com
-j’envisage de publier un livre qui rehabilite les perversions sexuelles les plus ridicules ,intitulé “pornorama fetish outrage”, dont les planches sont visibles ici: liquidepornorama.canalblog.com
-j’envisage de publier un livre intitulé “la fleur de l’humour”, qui donnerait envie aux gens de redecouvrir les blagues écrites sur les papillottes, ces blagues sont visibles ici:
estherschoube.canalblog.com
- j’envisage de publier un ouvrage intitulé “Fuck Face” , qui démontre que le graphisme peut être encore plus stupide que la Junk Food est nocive :liquidefuckface.canalblog.com
-J’envisage de monter une tournée internationale avec les Fartles,ce groupe qui reprend les plus grandes chansons populaires avec pour seul verbe “to fart”:liquidefartles.canalblog.com
-j’envisage de monter un organe d’information intitulé “AFP , agence de la Flute et du pipeau” qui distillerait 200 informations en même temps d’une manière trés bruyantes pour ne plus laisser aux gens le temps de penser du tout: liquideafp.canalblog.com
-j’envisage de créer une chaine de télévision qui n’a pour seul but que de faire peur avec des images truquées et imbéciles :
tvapocalypse.canalblog.com
-j’envisage d’écrire un guide de conseil pour le manager qui a compris que mélanger alcool et médicaments sur le lieu de travail n’est pas un handicap , mais au contraire une opportunité, et qu’en plus ça fait enlargir le pénis*** :
http://liquidecompany.canalblog.com/
Voilà , en quelques liens, les projets Liquides. Il y en aura d’autres, comme par exemple l’écriture de “l’homme est une quenelle pour la quiche” ,essai dont l’ambition est de remplacer la Bible dans une cinquantaine d’années. Lorsque les magasins Zara auront disparus..et ou les ipads seront tous cassés dans une décharge , remplacés par des hologrammes qui nous suivront partout , même quand nous serons dans un TGV à coté d’un pauvre en train de poignarder un robot-controleur !
1. D'abord, ce site conçu par des défricheurs fous de la toile. Tout n'est pas fabuleux mais il y en a pour tous les goûts et c'est plutôt bien classé. 2. A côté, Françoise Gamma est une sorte de fantôme du web qui crée d’incroyables gifs, ceux-ci ressemblent à d’étrange avortons qui évoluent perpétuellement sans jamais trouver leur forme. Ils “sont” dans un no mans land entre l’univers des formes biomorphiques et numériques et cela, pour la fin des temps. 3. Gifazine propose chaque semaine de nouveaux gifs animés étonnants. 4. Le site de Brandon Jan Blommaert regorge de gifs et d'animations.
STORY FROM NORTH AMERICA - GARRETT DAVIS & KIRSTEN LEPORE
2007, 4'30"
Une belle histoire d'Amérique du Nord qui rappelle aux arachnophobes l'inestimable valeur de chaque existence dans l'univers. De loin le plus beau projet de Kirsten Lepore.
Jeune vidéaste canadien, mathématicien à ses heures perdues, si vous tombez sur le nom de Clint Enns dans un festival de cinéma quelconque, ne passez pas votre chemin, il y a un monde derrière.
Clint Enns produit des images, beaucoup d’images, sans grand souci d’homogénéité graphique. On passe d’une animation en ASCII (norme de codage en informatique) assez pointue à un extrait retravaillé de l’Histoire sans fin, via une coloscopie sur fond de courrier de fan et du cinéma expérimental pur et dur. Toute forme est juste lorsqu’elle nourrit le même propos. L’artiste s’intéresse surtout au langage des images. Il explore les rapports entre le langage naturel (celui des hommes) et le langage formel (celui des ordinateurs). Pour donner un exemple concret : lorsque vous tapez des mots-clés dans un moteur de recherches, l’ordinateur effectue une traduction du langage naturel au langage formel. Clint Enns explore les limites de ces traductions, les échecs fréquents et les incompréhensions mutuelles par la vidéo.
Dans chacune de ses productions, il se situe à cheval entre l’abstrait et le figuratif, entre le général et l’anecdotique. Soit : une démarche artistique extrêmement proche de la recherche mathématique, mais que cela ne vous effraie point, c’est très drôle la plupart du temps, et suffisamment déroutant pour stimuler votre curiosité. L’emploi de techniques et de sujets souvent passés (magnétoscope, caméra super-8, Game Boy, vidéos ready-made kitsch ou de bugs informatiques bling-bling tels que le datamoshing) génèrent un questionnement sur les relations hommes-machines tout à fait contemporain malgré la désuétude des images produites. Si le langage pur semble être sa préoccupation première, on note également des intérêts sociaux liés à la technologie (portraits webcam d’accros aux chats dans Putting yourself out there) ainsi que des essais assez novateurs sur le plan de la narration : The Saga of Erik the Viking transforme une narration participative de jeu vidéo en un film où le spectateur subit les choix de l’artiste (frustrant !).
Clint Enns développe une esthétique du dysfonctionnement technologique à travers la médiocrité voulue de la qualité visuelle de ses films et une surexploitation des langages informatiques. Il modifie voire supprime la lecture première des images en réactivant des lieux-communs culturels. Entre autres, on retrouve dans ses films extraits, allusions ou prélèvement de Spiderman, Debbie does Dallas, fameux film pornographique, ou la vidéo Empire d’Andy Warhol (pour relever le niveau). Clint Enns s’approprie tout de manière assez simple et renvoie au spectateur des images connues mais digérées par ses préoccupations artistiques. Le message fait écho car le spectateur reconnaît la référence et devient plus attentif aux changements opérés par l’artiste. La transmission est limpide, fluide, tout ce qu’on aime. Attention, certaines de ses productions ne sont pas valorisées par les grands écrans de cinéma, mieux vaut parfois rester au chaud, devant son ordinateur et dévaliser son compte Vimeo, régulièrement alimenté (c’est un garçon très productif). Les vidéos sont souvent courtes, commentées par l’artiste, cela va d’une explication globale du projet aux détails geek du processus de réalisation, ce qui aide à la compréhension. Les réfractaires au cinéma expérimental n’ont plus d’excuse.
Vergine Keaton ou la pratique de l’éponge : entretien
Vergine Keaton est une artiste plasticienne qui vit et travail à Lyon. Son court-métrage Je Criais Contre La Vie Ou Pour Elle a été projeté à Annecy en 2009, mais aussi à Clermont-Ferrand et à Cannes. Fluidity a eu la chance de l'interviewer pour vous!
Quel est votre parcours?
Je me suis orientée assez tôt vers les arts, j’ai fait un lycée arts appliqués à Saint-Etienne. Ensuite, je me suis spécialisée dans le travail de l’image, j’ai passé un BTS de graphisme à Lyon. À la fin de ce parcours, je savais que l’image était quelque chose qui m’intéressait fortement, mais j’avais un manque par rapport à l’écriture, à la narration. Sans idée très précise, je me suis inscrite alors en Fac arts du spectacle à Lyon, option cinéma-photo. Je pensais plutôt travailler autour du documentaire et de l’expérimental. À 24 ans, j’ai fini mes études, je suis devenue illustratrice indépendante. Mais je n’avais pas de réelle ambition personnelle dans ce secteur. je travaillais exclusivement pour de la commande (dessins de presse, affiche de théâtre, production musicale…) En parallèle, je remplissais un tas de carnets, avec plein d’idées dans tous les sens. Je savais que je voulais partir sur des projets plus personnels, sans trop savoir quelles formes ils prendraient. En 2007, Pascaline Saillant, avec qui j’étais à la fac, m’a appelée. Elle venait de monter une société de production de courts métrages, elle se souvenait de petits films d’animation que je bricolais à la fac. Elle m’a proposé d’écrire un film qu’elle produirait s’il lui plaisait. C’est comme ça que j’ai écrit Je Criais Contre La Vie Ou Pour Elle et cela a été une vraie révélation. Ecrire et réaliser un film correspond à la forme d’expression la plus juste et la plus évidente pour moi.
Aujourd’hui, c’est une voix dans laquelle je suis pleinement engagée et pour laquelle j’ai une vraie ambition, même si je dois encore travailler en illustration de commande pour des raisons alimentaires.
Qu’est ce qui stimule votre créativité?
Ce qui me stimule, c’est la découverte de propositions artistiques, d’écriture personnelle, quelle qu’en soit la forme. J’ai à la base un très fort goût pour les arts visuels, la peinture en particulier. Je connais bien mieux l’histoire de l’art que celle du cinéma d’animation à laquelle je commence tout juste à m’intéresser. Mais c’est aussi dans la musique, dans la lecture, dans le cinéma «classique» que naissent des envies. Je pratique pas mal «l’éponge», c’est-à-dire que je suis relativement curieuse, j’aime lire des articles de sciences, d’anthropologie, autant que les Evangiles, ou aller voir le dernier Harry Potter, lire des essais sur la Renaissance italienne, ou un reportage sur la guerre civile en Espagne. Je suis spécialiste de rien, mais curieuse de beaucoup de choses. Et des liens peuvent se créer au milieu de tout cela et faire naître des envies, des projets.
Avez-vous un mentor ou un «film-mentor»?
Pas vraiment. Il y des découvertes qui ont été très marquantes, je pense notamment à Ordet de Dreyer, à La Pluie d’Été de Duras, à Kim Novak dans Vertigo ou à la musique de Electrelane qui ont été des grosses claques à leur découverte et qui restent depuis toujours en moi, que j’aime relire, revoir ou écouter avant de me lancer dans un projet. Mais pour autant, ce ne sont pas des projets qui ressemblent à des choses à que j’aimerais réaliser. Je n’écrirai jamais un film comme Ordet par exemple. Je suis plus «romantique» dans ma forme d’écriture. J’aime souvent des oeuvres assez austères mais j’écris des choses plus sentimentales.
Un film réussi c’est?
Il y a des films de formes très diverses qui sont réussis. C’est difficile à dire, c’est une vraie question que l’on se pose soi-même, au moment d’écrire un film. Alors, très largement, un film réussi, c’est un fi lm qui est humble, c’est-à-dire qui ne recherche pas l’effet ou l’extraordinaire, qui n’impose pas à un spectateur une vision unique et étriquée d’un réalisateur qui aurait un message, une vérité à nous enseigner. C’est un film qui déroule le plus justement possible une intention, qui s’y tient, quelle qu’elle soit et qui partage. Qui donne envie de découvrir, de réfl échir. Et qui ne se refuse pas à une part d’incompréhension. On n’est pas toujours obligé de tout comprendre, il y des choses qui passe par de l’abstrait, de l’émotion et du ressenti. C’est tout aussi important que la narration. C’est un peu vague n’est-ce pas?
Pensez-vous que ce soit nécessaire de passer par une école pour devenir réalisateur?
Eh bien non. Ça relève d’une envie, pas d’une technique ou d’un apprentissage. Aujourd’hui, j’aurais peut être aimé passer par une école de réalisation ou d’animation. Parce que j’imagine qu’il y a une grande stimulation qui se crée avec les autres étudiants, avec les intervenants. Parce que c’est un temps où l’on affine son écriture, sa singularité et d’où on ressort avec un savoir technique bien utile. Mais on peut faire autrement. On se fabrique les moyens au gré des projets.
Que pensez-vous de la programmation du festival d’Annecy?
Ce n’est pas le festival qui me plaît le plus. Je suis embêtée de dire cela parce que j’ai été très contente que mon film y soit sélectionné, et je serai dans l’avenir plutôt bien contente qu’un prochain film le soit aussi. Mais dans le choix de programmation, ce n’est pas forcément ce qui ressemble le plus à ce que j’aime. Le niveau technique est haut, mais je trouve qu’il manque parfois le mot «cinéma» aux films choisis. Pour autant, c’est un festival dans lequel j’aime venir, entre autres pour les gens qu’on y rencontre et pour les programmes parallèles et étudiants qui fourmillent de créativité.
« Baka !! » est une réalisation Suisse contrairement à ce que l’on pourrait penser. Immanuel Wagner à du vivre une colocation difficile pour réaliser cet ensemble de courts-métrages. Il s’agit de deux personnages évoluant dans un même espace clos (un immeuble apparemment). L’un des personnage est expansif et semble découvrir son corps à chaque instant. L’autre, plus mesuré, est constamment pris dans des questionnements tantôt existentiels, tantôt métaphysique. Les confrontations entre les deux personnalités sont cocasses. L’univers est très simple, des traits noir plantent les décors architecturaux, seul les personnages sont en couleur. Le tout est réalisé à l’encre de chine ce qui empreint chaque frame (dessin) d’une certaine gestualité. Pollock n’est pas très loin.
Les Christie, une famille anglaise de classe moyenne, ont une vie bien triste et ennuyeuse. Le père, Mister Christie est présenté par Mulloy comme un personnage arrogant, égoïste, pragmatique et bourré de certitudes. Sa femme, quant à elle, tente de tenir la tête hors de l’eau en se réfugiant chez le curé du village (qui désire cette dernière en secret). Leur fils Terry est un adolescent désabusé et désinvolte en rupture avec son environnement familial.
Cette routine familiale est perturbée lorsque Mr Christie est surpris en train de coucher avec Ramon, un marin français libidineux. De surcroît, cet épisode embarrassant est retransmit sur les chaines télévisées du monde entier. Mr Christie, harcelé par les médias, décide de creuser un trou dans son jardin qui - il espère - le mènera jusqu’en Australie. Malheureusement, la galerie qu’il creuse le mène… jusqu’à Dieu. Le déroulement de l’histoire se fait de plus en plus tordu et fini de manière on ne peu plus radicale. Pendant plus d’une heure, Phil Mulloy nous tient en haleine avec des ombres chinoises et des décors minimalistes (des papiers peints précisément). Son style incisif et « sans chichis » est ultra efficace. Au delà des situation « cocasses » et des dialogues trasho-comiques, Phil Mulloy nous livre une vision étonnante de Dieu et de la place des médias au sein de notre société. En effet, il présente la caméra comme étant un être vivant absolu et muet : l’être universel et omniscient par excellence, celui qui réuni toutes les cultures. De plus, Phil mulloy estime plus que jamais le spectateur. Le réalisateur donne à celui-ci quelque « stimulis » tel que des silhouettes, des formes, des aplats de couleur, et c’est au spectateur de compléter l’univers du film avec le sien. C’est un vrai échange réalisateur/spectateur. L’animation a donc ici une réelle légitimité, elle ne mâche pas tout le travail et laisse une grande liberté au spectateur.