Bigoudi Bouclebrunes et le Retour du Soi : Palantira bien qui Palantira le dernier
Résumé des épisodes précédents :
AprĂšs avoir retrouvĂ© un anneau de pouvoir destinĂ© au sombre et omniprĂ©sent Seigneur des TĂ©nĂšbres, le Seigneur GrosCon, Grandoulf recruta Bigoudi Bouclebrune et ses amis hobbits, Samsauge, PĂ©pin et MĂ©ridien, puis le coureur des bois Laurentgorn Duvernay-Tardif, lâelfe Legrandslack, le nain Kimchi et Broromir, lâhĂ©ritier de lâIntendant du Gondor, Denisthor Coderre. La CommunautĂ© de lâAuto Ă©tait nĂ©e. Mais aussitĂŽt avait-elle vue le jour quâelle avait Ă©tĂ© dissoute par les disparitions tragiques de Grandoulf et de Broromir aux mains d'une France-Ălaine Duranceaurog ainsi qu'une horde d'orcs, trolls et goblins des zinternets. Laurentgorn, Legrandslack et Kimchi sâĂ©taient Ă©chappĂ©s au Brohan et avaient tentĂ© de convaincre les Brohirrims de joindre leur cause. Bigoudi et Samsauge, eux, sâĂ©taient retrouvĂ©s entre les mains de Danslamire, frĂšre cadet de Broromir, qui les avaient mis sur le chemin de la Montagne du Destin afin de dĂ©truire lâAnneau de pouvoir. Se joignit Ă eux lâĂȘtre abject quâĂ©tait Conspiragollum. PĂ©pin et MĂ©ridien, quant Ă eux, avaient Ă©tĂ© faits prisonniers par les sbires du Seigneur GrosCon, puis avaient Ă©tĂ© secourus par Barbaboibois, l'ĂȘtre-arbre. Ils avaient ensuite mis fin au rĂšgne de terreur du sorcier Nantelroumane et de son acolyte, Sogna Langue-de-Serpent. Ils avaient fini par retrouver Laurentgorn, Legrandslack, Kimchi et mĂȘme Grandoulf qui Ă©tait revenu dâentre les morts. Mais les retrouvailles furent de courte durĂ©e. PĂ©pin, par excĂšs de curiositĂ©, toucha Ă un VoxPoplantir, une sphĂšre malĂ©fique qui communiquait tout au Seigneur GrosCon. PĂ©pin parti vers le Gondor et se mit au service de l'Intendant du Gondor, Denithor Coderre. Sous les yeux Ă©bahis de PĂ©pin, Denisthor envoya son dernier fils, Danslamire, s'installer Ă Osgroendland pour attendre et battre les forces du Seigneur GrosCon. De sombres prĂ©sages s'annonçaient.
Bienvenue dans la nouvelle aventure de
Bigoudi Bouclebrunes et le Retour du Soi : Palantira bien qui Palantira le dernier
"Je vous le dis, mes amis, il serait grand temps de se rendre Ă l'Ă©vidence que nonobstant mes tics langagiers, il vous faut reconnaĂźtre la raison derriĂšre mes propos qui est que l'adhĂ©sion sociĂ©tale aux postulats dĂ©concertants de la gauche radicale islamiste qui veut que nos enfants soient endoctrinĂ©s Ă parler de leurs Ă©motions au lieu de se battre Ă grand coup d'arguments idĂ©ologiques est tout Ă fait superfĂ©tatoire et qu'il serait de bon ton d'observer ce que nos voisins longitudinaux du Sud maĂźtrisent en terme de vie sociale et d'engagements politiques pour pouvoir les Ă©muler, Ă notre façon, certes, mais de maniĂšre impĂ©rative, car, n'oublions pas, la venue du multiculturalisme va Ă l'encontre de notre vision identitaire et nous dĂ©robe d'un futur dont les reprĂ©sentants de mon espĂšce ne peuvent qu'imaginer Ă un moment dans l'histoire oĂč il est crucial pour les miens de se reconnaĂźtre, s'assembler et s'aimer davantage en se flĂąttant..." Bigoudi referma le journal du Mordor oĂč le chroniqueur Mahieu Cock-BĂŽtĂ© avait encore Ă©ructĂ© une triste parodie de lui-mĂȘme. Bigoudi en avait marre des logorrhĂ©es verbales de ce triste sire et trouvait en ces temps troubles que sa montĂ©e sur la scĂšne mĂ©diatique Ă©tait un terrifiant prĂ©sage. Ses phrases alambiquĂ©es lui donnaient un mal de tĂȘte bien carabinĂ©. Ce Mahieu Cock-BĂŽtĂ© avait-il entendu parlĂ© du "point", ce magnifique symbole ponctuel et typographique qui marquait la fin d'une phrase? D'une idĂ©e? Et qui marquait surtout une inspiration avant de s'enliser davantage dans d'insipides tergiversations d'un ĂȘtre clairement en manque d'amour propre. Il Ă©tait sidĂ©rĂ© que les gens tombaient dans le piĂšge grossier que tendait ce vil personnage sur un faux intellectualisme perfide et de par cette pensĂ©e, il le mĂ©prisait davantage.
Ces derniers temps avaient Ă©tĂ© rudes. Conspiragollum les avait menĂ© Ă travers les Marais des Morts oĂč ils avaient vu des horreurs; des guerriers tombĂ©s au combat, des idĂ©ologies moribondes, des pyramides inversĂ©es et mĂȘme le spectre du communisme qui avait Ă©pouvantĂ© Conspiragollum, mais laissĂ© de marbre Samsauge et Bigoudi... probablement parce que ce spectre ne leur faisait plus peur depuis longtemps. Puis, ils avaient traversĂ© d'immenses paysages dĂ©solĂ©s Ă l'Ouest, en direction du Mordor. Bigoudi ne savait pas encore quelle Ă©tait leur prochaine destination. Leurs rations s'amoindrissaient et ce manque de vivres augmentait l'anxiĂ©tĂ© de Bigoudi. Samsauge avait pu faire des miracles, encore. Il leur avait prĂ©parĂ© :
Une quiche au jambon, cheddar et brocolis, une tombée de poireaux caramélisés avec du vinaigre balsamique, des grilled cheese à l'émental et au cheddar, une salade de céleri rave en crÚme, une salade de carotte et raisins de Corinthe, de la choucroûte (que Bigoudi refusa de partager avec Conspiragollum, sachant pertinemment que l'estomac de celui-ci ne saurait l'apprécié... ainsi que leur systÚme olfactif), des pommes de terre grelots revenus dans du lard avec de la crÚme à la moutarde, une dinde rÎtie et farcie aux champignons, des pleurottes sautées dans du beurre au soja et à l'aïl, des petits canapés à la mousse de crevette, des bouchées au fromage, bacon et tomates, des boulettes de viande de cerf, des vol-aux-vents au homard Newburg, des haricots blanchis, du riz basmati pour faire passer le tout, quelques baguettes de pain et, pour finir, de la tire éponge recouverte de chocolat, des boules de chocolat de toute sorte et une mousse à l'orange, pour finir sur une note joviale. Oui, de maigres rations c'était, se désolait Bigoudi. Il n'en était pas le moins étonné, toutefois, de voir l'ingéniosité de Samsauge quant à la préparation de leurs rations.
Conspiragollum, lui, avait Ă©tĂ© Ă©tonnement tranquille durant leur lente progression. Il avait vocifĂ©rĂ© Ă plusieurs reprises : "MORDOR FORT! TADROSS! TADROSS!" ou encore "LES DOSSIERS EPSTEIN SONT UN COMPLOT DES NAIN DĂMOCRATES! TADROSS!" ce qui avait exacerbĂ© le dĂ©dain que Samsauge vouait au curieux personnage. Ce dernier les avait emmenĂ© vers une montagne Ă©trange, derriĂšre laquelle, disait-il, se trouverait un chemin pour aller au Mordor. Ils avaient pu contourner le flan de la montagne quand soudain, ils arrivĂšrent Ă une forteresse... la forteresse maudite de Minas Mongrain. La forteresse Ă©tait tombĂ©e il y a longtemps aux forces obscures de l'adĂ©quisme, puis avait Ă©tĂ© reprise par la reine-sorciĂšre, GeneviĂšve Nazguilbeault!
La forteresse luisait d'une lumiĂšre verdĂątre et l'air autour d'elle Ă©tait putride, moribond, stagnant. C'Ă©tait un air viciĂ© que seul les partis politiques qui n'en avait plus pour longtemps dĂ©gageaient. Une odeur de corruption, de partisanerie et de lobbyisme Ă peine cachĂ©. La forteresse avait autrefois abritĂ© un certain Jeanlendil Charest, un homme de NumĂšnor qui avait trahi sa population et qui Ă©tait tombĂ© lors de la RĂ©volution des Carrelets Ăcarlates. Le bĂątiment qui s'Ă©rigeait devant nos comparses Ă©tait empli d'Histoire... et d'erreurs impardonnables.
"Que faut-il faire? Contourner cette forteresse prendrait une éternité! Et nous n'avons plus une éternité." déclara Samsauge.
- J'peux pas passer par-dessus, j'peux pas passer sué cÎtés... bin quesse-que j'fais? Bin j'rentre dedans! TADROSS! TADROSS!"
- Vous voulez dire qu'il faut que l'on rentre Ă l'intĂ©rieur?! Mais vous ĂȘtes fou! Nous allons nous faire repĂ©rer! Je peux jouer la comĂ©die d'ĂȘtre un ĂȘtre sale et corrompu pour ne pas me faire prendre, mais jamais pendant longtemps! 5 minutes, gros max! AprĂšs ça, j'vomis! s'insurgea Samsauge.
Un son retenti alors et qui provenait de la maudite structure. Nos comparses y observĂšrent des mouvements Ă l'intĂ©rieur et ils vire la Reine SorciĂšre prendre son envol sur sa monture, la nazguibĂȘte, puis s'Ă©loigner. Ils virent alors un contingent de soldats orcs, trolls et goblins. Ils se cachĂšrent autant que faire se peu pour Ă©chapper aux regards de ces derniers, mais ils purent entendre distinctement des murmures, des cris, mĂȘme, comme quoi, cette armĂ©e Ă©tait destinĂ©e Ă venir en aide au Seigneur GrosCon et dĂ©porter des gens vers les pays du Sud.
- Ah fuck! C'est la Garda! dit alors Samsauge qui avait tout compris.
En effet, toutes les créatures qui défilaient devant eux arboraient le logo de cette fausse police, des mercenaires, rien de moins.
De ce que Bigoudi pu comprendre, leurs effectifs se rendaient en terre du Vénézul, bien au Sud du Gondor et un certain bataillon se préparait à aller à Osgroendland. Rien de tout cela ne sentait bon. Absolument rien.
Et pour une rare fois dans sa petite vie de hobbit, Bigoudi ne vivait pas de la peur, non... il vivait de la terreur.
***
PĂ©pin avait tout fait en son pouvoir pour empĂȘcher Danslamire d'ĂȘtre dĂ©ployĂ© Ă la citadelle d'Osgroendland, mais en vain. Il s'Ă©tait alors exilĂ© dans ses quartiers pour digĂ©rer tout ce qu'il avait vu jusqu'Ă prĂ©sent, l'obstination de l'Intendant Denisthor Coderre et des efforts de Grandoulf pour apaiser la situation, mais rien n'y faisait... il ne pouvait s'empĂȘcher de penser qu'il avait failli Ă sa tĂąche et que tout Ă©tait de sa faute.
On frappa alors Ă sa porte.
"Entrez." dit-il sombrement.
"Est-ce que je puis vous parler, mon ami?"
C'était Grandoulf.
"Grandoulf, je... je ne me sens pas d'humeur à recevoir." répondit alors Pépin.
- Eh bien, ne me recevez pas! Dites-moi juste ce qui vous tracasse...
- Je... je ne sais plus quoi faire, Grandoulf. Il semblerait que je n'ai aucun pouvoir, ici. Je ne suis qu'un petit hobbit prit entre les dĂ©sirs de personnages ayant plus de contrĂŽle, plus d'importance que mon petit ĂȘtre... je ne sais plus oĂč je dois donner de la tĂȘte. Je ne sais plus... je ne sais pas... je suis terrorisĂ©, Grandoulf.
Grandoulf s'assit prĂšs de lui.
- Je compatis, mon cher ami.
- Pourquoi nous avez-vous choisi pour porter l'Anneau de Pouvoir? Pourquoi avoir décidé que des hobbits feraient l'affaire? Nous avons de petites jambes, nous ne savons pas nous battre, nous n'avons RIEN pour aider dans ces circonstances.
Grandoulf toussota un peu. Il attendait cette question depuis un bon moment déjà .
- Vous avez bien raison. Les temps sont sombres et de plus en plus dangereux. Il serait tentant de perdre l'espoir des jours plus doux. Cependant, je trouve que ce sont les petites choses, les gestes quotidiens des gens ordinaires qui tiennent les tĂ©nĂšbres Ă distance. Vous avez plus de courage que vous ne le pensez, mon cher PĂ©pin. Ne vous laissez pas abattre. C'est ce que les tĂ©nĂšbres veulent. Puisez votre courage dans ce que vous savez faire, ce que vous pouvez faire et dans la certitude qu'au-delĂ des mauvais moments, de bons moments nous attendent. Pour ce qui est du pourquoi vous avoir choisi, eh bien... parce que je suis terrifiĂ©... et que vous, mes chers amis hobbits, vous me donnez du courage. Votre rĂ©silience, votre bontĂ©... vous me laissez rĂȘver Ă des jours meilleurs.
Pépin essuya une larme.
Se laisser aller Ă l'abattement Ă©tait normal... mais ça n'Ă©tait que temporaire. Un petit temps d'arrĂȘt avant de se retrousser les manches et s'organiser pour la lutte.
Car elle viendrait.
Fin du chapitre













