Enseignement mutuel. Vincent Faillet
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@brossolab
Enseignement mutuel. Vincent Faillet
par Elise Gravel
Voici un petit livre gratuit pour enfants sur le thĂšme des stĂ©rĂ©otypes de genres : vous y trouverez des filles qui pĂštent, des garçons sensibles, des filles drĂŽles et des garçons qui prennent soin des plus petitsâŠ
A télécharger
Source
Les garçons peuventâŠ
http://elisegravel.com/blog/affichette-les-garcons/
Parce quâune Ă©cole, câest une petite rĂ©publique, et que la mienne, dâĂ©cole, elle est REP et elle est publique. Parce que les Ă©lĂšves de mon Ă©cole sont de petits citoyens, avec leur passĂ© (dĂ©jĂ ) et surtout leur futur Ă construire. Parce que dans ma REPpublique Ă moi, chacun.e a quelque chose Ă dire. Et sâil.elle âŠ
Le consentement expliqué aux enfants (et aussi aux grands). ©Elise Gravel
« Radio Bambou » est le magazine radio de Reporterre, pour expliquer lâĂ©cologie aux enfants entre 8 et 12 ans. Cette quinzaine, Bambou vous invite dans son petit chez lui, puis il se demande pourquoi il faut laisser le pĂ©trole dans le sol, et il visite un jardin urbain. Salut les humains ! Je mâappelle Bambou. Je suis un panda roux, je vis Ă la mĂ©nagerie du Jardin des Plantes, Ă Paris. Il nâest pas mal, mon enclos, mais moi, je suis trĂšs curieux. Alors dĂšs que mes gardiens ont le dos tournĂ©, je me (...)
Radio Bambou - magazine radio de Reporterre
les mots qui font mal
Toute violence verbale peut avoir des rĂ©percussions sur nos enfants. LâObservatoire de la violence Ă©ducative ordinaire - OVEO, et Stop VEO, Enfance sans violences (deux associations) et lâagence Publicis Conseil lancent la premiĂšre campagne grand public de sensibilisation sur lâimpact des violences verbales prononcĂ©es par les parents dans lâĂ©ducation de leur enfant en France. Elle sera suivie de nombreuses initiatives jusquâau 20 novembre 2017, journĂ©e internationale des droits de lâenfant.
On a tous une petite phrase qui a marquĂ© notre enfance⊠Sans sâen rendre compte, souvent sous le coup de la colĂšre, de nombreux parents disent des mots qui font mal et qui Ă force peuvent laisser des traces indĂ©lĂ©biles. « Mais quâest-ce que jâai fait pour avoir un fils comme toi ». - « Si jâavais su jâaurais pas eu dâenfant ». - «  De toutes façons, tu as toujours Ă©tĂ© plus lent que ton frĂšre ». - « Tu ne devrais pas mettre ce t-shirt, il te fait des gros bras ». Ce film, conçu et rĂ©alisĂ© bĂ©nĂ©volement par lâagence Publicis Conseil et sous le regard sensible de la rĂ©alisatrice Camille Fontaine de Carnibird, est le tĂ©moignage de cinq adultes, qui chacun avec leur histoire, leur vĂ©cu, leur ressenti⊠nous livrent leurs petites phrases, celle avec laquelle ils se sont construits et qui les a marquĂ© Ă vie. Une campagne qui cherche avant tout Ă nous faire rĂ©flĂ©chir sur nos pratiques Ă©ducatives. La volontĂ© de lâOVEO et de Stop VEO, Enfance sans violences est de crĂ©er une vĂ©ritable prise de conscience sur le fait que les violences Ă©ducatives ordinaires envers lâenfant, pratiquĂ©es par de nombreux parents et tolĂ©rĂ©es par la sociĂ©tĂ©, quâelles soient dâordre psychologiques ou physiques, peuvent avoir des consĂ©quences sur son dĂ©veloppement, compromettre sa confiance et son estime de soi et avoir des consĂ©quences sur lâadulte quâil deviendra.
Ces deux associations Ćuvrent depuis de trĂšs nombreuses annĂ©es pour informer les parents et professionnels quâune Ă©ducation sans violence est possible afin de mettre fin Ă la reproduction  de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration de ces mĂ©thodes Ă©ducatives, et favoriser ainsi le dĂ©veloppement harmonieux de lâenfant.
Le film sera diffusĂ© Ă partir du 15 septembre gracieusement Ă la tĂ©lĂ©vision et relayĂ©  des le 12 septembre sur les rĂ©seaux sociaux et sera accompagnĂ© dâun dispositif dâinformation et dâaccompagnement aux parents sur le site de lâOVEO et de STOP VEO.
Les sites et rĂ©seaux sociaux : - www.oveo.org - https://www.facebook.com/OVEO-1446792... @oveo.org - - stopveo.org - https://fr-fr.facebook.com/stopveo/   @StopVEO Â
LâObservatoire de la violence Ă©ducative ordinaire (OVEO) : LâOVEO est une association loi 1901, reconnue organisme dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral Ă caractĂšre social, cofondĂ©e en 2005 par Olivier Maurel, inspirĂ©, lors de sa crĂ©ation, de lâObservatoire des prisons et des travaux dâAlice Miller .LâOVEO a pour objet de favoriser, dĂ©velopper et promouvoir le plus largement possible lâinformation de lâopinion publique et des responsables politiques sur la pratique et les consĂ©quences de la violence Ă©ducative ordinaire. StopVEO, Enfance sans violences : NĂ©e du groupe social Facebook « STOP Ă toute forme de VEO, les Droits Humains sont aussi ceux de lâEnfant ! », lâassociation StopVEO, Enfance sans violences Ćuvre pour faire aboutir une loi dâabolition de toute forme de violence envers les enfants, et plus particuliĂšrement les violences Ă©ducatives, dâinformer sur les consĂ©quences de ces violences auprĂšs des politiques, des professionnels de lâenfance, du grand public, et de faire connaĂźtre lâĂ©ducation non-violente.
Une journée dans la classe de Sophie
Ce documentaire rĂ©alisĂ© par Jean-Marc ThĂ©rin et Claire Lebrun tĂ©moigne de lâexistence dâun espace Ă©ducatif dâinspiration Freinet tendant vers une Ă©cole du 3Ăšme type. Ce film est structurĂ© autour dâune journĂ©e dans la classe de Sophie Billard. Lâenseignante commente les temps et les outils mis en place pour construire cet espace Ă©ducatif. Elle met en mots cette approche pĂ©dagogique diffĂ©rente mise en images par les rĂ©alisateurs. Ce film dĂ©montre la possibilitĂ© dâune pĂ©dagogie alternative en milieu urbain sensible Ă Saint-Ouen. Les CemĂ©a ont dĂ©cidĂ© de soutenir la diffusion du film parce que ce projet filmĂ© croise les ambitions du Secteur Ă©cole des CemĂ©a de rendre visibles les diffĂ©rentes approches pĂ©dagogiques au sein des classes qui dĂ©veloppent les valeurs dĂ©fendues par lâĂ©ducation nouvelle. Un dossier d'accompagnement de ce film est tĂ©lĂ©chargeable sur ce lien
Message de Ken Robinson aux enseignants
Ressources sur lâenseignement mutuel
âEnseignement mutuel et enseignement simultanĂ©.â
Quelle conception de lâapprentissage se cache derriĂšre le choix pĂ©dagogique du mode simultanĂ© par le MinistĂšre Guizot en France ? par Sylvie Jouan.
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âTUTORAT ENTRE ĂLĂVES : UN DISPOSITIF POUR APPRENDRE EN COMMUNIQUANT ENTRE PAIRS.â par Jacky CAILLIER
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ClasseMutuelle.fr : une autre façon dâenseigner et dâapprendre. par Vincent Faillet
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Article Wikipédia
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L'enseignement mutuel, ou, Histoire de l'introduction et de la propagation de cette méthode. Ouvrage collectif
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Petite histoire de lâenseignement mutuel : lâexemple du dĂ©partement de la Somme par Bruno Poucet
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Le temps des instituteurs : lâĂcole mutuelle
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La pédagogie dans les écoles mutuelles au XIXe siÚcle par Pierre Lesage
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Ăcoles diffĂ©rentes : LâĂ©cole mutuelle, une pĂ©dagogie trop efficace ? Recension livre Anne Querrien
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NâAutre Ă©cole : entretien avec Anne Querrien
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Catherine Gueguen sur la bienveillance
Une idée folle !
Les expĂ©rimentations dans lâĂ©cole publique. Philippe Meirieu.
Se sentir bien en classe pour apprendre mieux, c'est l'objectif d'enseignants dans les Yvelines qui ont mis en place une méthode pour canaliser la violence et les émotions à Trappes.
Lâempathie Ă lâĂ©cole !
Une pĂ©dagogie trĂšs ancienne qui pourrait changer lâĂ©cole dâaujourdâhui
RedĂ©couvrir lâenseignement mutuel ! via @louisetourret
Pour une classe mutuelleâŠ
http://classemutuelle.fr/
Manifeste pour une éducation nouvelle
Nous sommes Ă l'heure du choix. Nous, acteurs sociaux, Ă©ducateurs, crĂ©ateurs, voulons-nous perpĂ©tuer un systĂšme scolaire si souvent destructeur des intelligences autant que des personnes, adultes comme enfants ? Voulons-nous maintenir en l'Ă©tat des pratiques pĂ©dagogiques inchangĂ©es, des contenus d'enseignements immuables, une Ă©valuation-sĂ©lection hĂ©ritĂ©e d'un autre temps ? Non. La dimension d'utopie est la pierre angulaire des propositions pour l'Ăcole et la formation que nous faisons en 2017.
Porter lâespĂ©rance, croire en l'avenir nâest pas affaire de vertu, mais dâintelligence sociale et de courage. Nous dĂ©centrer, surseoir Ă la violence, cultiver l'empathie, construire des espaces pour penser et agir ensemble, ĂȘtre vigilants face aux mots et Ă leurs usages, construire de l'individuel au sein des collectifs, dĂ©battre, sont les ferments de notre engagement.
Sans une Ăcole qui autorise et permet Ă tous les enfants et adultes de nos pays de construire un avenir commun et digne â sans une Ă©cole qui cherche vraiment Ă se transformer â aucune issue durable n'est politiquement, ni humainement possible. La partie n'est pas facile, mais elle est dĂ©jĂ largement engagĂ©e. De multiples pratiques en attestent en France et dans le monde. L'humanitĂ© est UNE. Sa diversitĂ© est sa richesse. Le Tous capables doit guider notre action Ă©ducatrice et citoyenne.
Des constats : tout est dit, mais rien nâest fait
Nous sommes les hĂ©ritiers dâun contrat social tacite. Il confĂšre Ă lâĂcole la double mission :
- d'éduquer et instruire tous les enfants.
- d'organiser, dans le mĂȘme temps, la sociĂ©tĂ© en triant ces mĂȘmes enfants.
Nous, acteurs de lâĂcole, souffrons de cette schizophrĂ©nie. Elle nous empĂȘche dâaccomplir notre mission dâĂ©ducation. DiagnostiquĂ©e par la recherche en Ă©ducation, cette situation perdure par la force des coutumes scolaires.
LâĂcole est devenue une institution qui, paradoxalement, a besoin de lâĂ©chec pour fonctionner. Qualification et disqualification sont associĂ©es comme les deux faces dâune mĂȘme piĂšce de monnaie. Sans disqualification des uns, pas de qualification des autres.
LâĂcole a inventĂ© et dĂ©veloppe de plus en plus une multitude de mĂ©dications et de dispositifs pour les maux quâelle gĂ©nĂšre, mais ceux-ci restent inefficaces, et le mal, quâelle est censĂ©e rĂ©parer, empire. Car les nouveaux mĂ©tiers qui vivent de ces rĂ©parations ont eux aussi besoin de lâĂ©chec pour perdurer. Le cercle vicieux est en place.
Entre les murs des Ă©coles est ainsi « dĂ©posĂ© » cet enjeu sociĂ©tal aussi central quâinavouable : la sĂ©lection prĂ©coce des futurs exclus des « bonnes places sociales ». Ce tri est acceptĂ© parce quâil apparaĂźt comme lĂ©gitime.
Une légitimité en question
Cette lĂ©gitimitĂ© est construite socialement et pĂ©dagogiquement par le processus mĂȘme des enfants mis en Ă©chec, qui intĂ©riorisent trĂšs tĂŽt la conviction subjective quâils sont responsables de leur propre exclusion de certaines classes, filiĂšres ou Ă©coles de prestige. Cette dĂ©volution de la responsabilitĂ© a dĂ©sormais gagnĂ© de nombreux parents dâĂ©lĂšves.
LâĂcole rĂ©ussit ainsi ce tour de force : faire que lâĂ©chec scolaire quâelle produit soit in fine  assumĂ© par les Ă©lĂšves eux-mĂȘmes et leurs parents.  Mais aucun de ces acteurs nâa conscience de ce phĂ©nomĂšne. Les parents dâĂ©lĂšves ont toute confiance dans les promesses faites par lâĂcole.
LibertĂ©, Ă©galitĂ©, fraternitĂ©, ces valeurs annoncĂ©es par lâĂcole sont bafouĂ©es par une sĂ©lection qui se drape d'arguments prĂ©tendument formateurs : "la nĂ©cessitĂ© d'une notation", "le bien-fondĂ© de la compĂ©tition", la punition. Ces arguments, en rĂ©alitĂ©, renforcent la sĂ©grĂ©gation sociale en hiĂ©rarchisant les savoirs, les cultures et les ĂȘtres.
On ne peut lutter contre un Ă©chec scolaire programmĂ©, intrinsĂšque Ă lâĂcole. De nombreuses pratiques scolaires, parce quâelles sont en accord avec ce que prĂ©conise lâinstitution, servent ces dĂ©rives. Seuls de trop rares militants parviennent Ă rĂ©sister Ă ce tourbillon sĂ©grĂ©gateur. La dĂ©sobĂ©issance est alors inĂ©vitable.
Il est pourtant des pratiques non sĂ©lectives et des classes oĂč lâon ne sâennuie pas ! OĂč lâon nâa pas "mal Ă lâĂ©cole" ! OĂč lâon a du plaisir Ă enseigner et Ă apprendre. Mais leur succĂšs ne pouvant que faire sâĂ©crouler le systĂšme, celui-ci ne peut les valoriser et encore moins les intĂ©grer. Ces expĂ©riences rĂ©jouissantes demeurent ainsi trop marginales pour se diffuser largement.
Pour les mĂȘmes raisons, la recherche des mouvements pĂ©dagogiques Ă©prouvant une Ă©cole sans exclusion et thĂ©orisant leurs expĂ©riences, leurs rĂ©ussites est dĂ©valorisĂ©e systĂ©matiquement et leurs mots sont repris, dĂ©tournĂ©s et dĂ©naturĂ©s. Comme toutes les expĂ©riences qui Ă©branlent trop le systĂšme. Nâest pas mise en place, non plus, une formation des maĂźtres qui soit une formation de pĂ©dagogues, ces praticiens-chercheurs en alerte sur la sociĂ©tĂ© et proposant des "thĂ©ories pratiques" pour Ă©duquer en fonction des besoins de leur lieu de travail.  Ce qui prive lâĂcole de prĂ©cieux modĂšles dâintelligibilitĂ© de lâaction Ă©ducative.
Il est urgent du point de vue de la dĂ©mocratie de repenser le contrat scolaire actuel, sauf Ă laisser disparaĂźtre lâĂcole publique elle-mĂȘme.
Déconstruire le présent, inventer l'avenir : comprendre et décoder pour pouvoir proposer
LâĂcole a du mal Ă sâaffranchir des conceptions qui ont prĂ©valu et prĂ©valent encore dans nos actuelles sociĂ©tĂ©s inĂ©galitaires : l'exploitation de l'homme par l'homme, l'esclavagisme, les migrations non consenties, les autoritarismes de toutes sortes, les conflits, guerres et colonisations, le sexisme, le racisme, les ethnicisations, le refus de la pluralitĂ© des Histoires, la peur de "l'autre".
Oser l'utopie est une condition nĂ©cessaire pour construire et reconstruire une sociĂ©tĂ© planĂ©taire, libre et Ă©mancipĂ©e des errements du passĂ©. Et dâabord Ă lâĂcole oĂč il sâagit de rompre avec des certitudes, des opinions et des croyances qui pĂšsent lourdement sur lâavenir des jeunes, et de les remplacer par des propositions plus Ă©mancipatrices. Â
Nos utopies face Ă des conceptions et arguments qui ont la vie dure :
- la croyance quâil est impossible dâĂ©viter les exclusions, discriminations et violences,  rĂ©gnant au sein mĂȘme des institutions de la RĂ©publique. Notre pari consiste plutĂŽt Ă crĂ©er les conditions dâun brassage des cultures, dâune "crĂ©olisation" afin de faire Ă©merger, par les rĂ©cits de vie et lâhistoire des dĂ©placements humains, des formes nouvelles de productions (Ćuvres, rĂ©cits et relations). Renouer ainsi les fils de lâhistoire et construire ensemble un avenir Ă partager.
- Lâenfant pensĂ© comme un ĂȘtre faible, mauvais, Ă corriger, Ă redresser, enclin Ă la paresse, incapable de jugement et que lâautoritĂ©, les punitions, et la "tolĂ©rance zĂ©ro" peuvent seules redresser.
Il est nĂ©cessaire de changer cette conception de lâenfant, notre rapport Ă lâĂ©cole, Ă lâapprendre, Ă la culture ; permettre aux valeurs humanistes dâĂȘtre transmises en mĂȘme temps que le savoir ; travailler dĂ©mocratiquement avec les citoyens de toute culture sans assignation identitaire, sans territoire de relĂ©gation, sans hiĂ©rarchisation.
- La fraternité confondue avec la compassion qui valorise l'aide au "défavorisé" et le soutient, renforçant et légitimant ainsi les inégalités.
C'est en revanche dans la solidaritĂ© entre tous les acteurs engagĂ©s dans lâapprendre, que peut se construire la fraternitĂ© que les leçons de morale formelles ou informelles dispensĂ©es sans relĂąche empĂȘchent de construire.
- "LâĂ©galitĂ© des chances" prĂ©tendument garantie par lâĂcole, est un mensonge social. Elle renforce un systĂšme injuste en confortant en chacun le sentiment qu'il "mĂ©rite" son sort. Elle interdit que lâon se plaigne ou que lâon exige, puisque "tout a Ă©tĂ© fait" pour donner Ă tous la chance de rĂ©ussir ! Cette mystification repose sur le postulat que la rĂ©ussite des uns et lâĂ©chec des autres s'expliquent par des "dons" reçus ou pas Ă la naissance ou par le mĂ©rite personnel.
Nous affirmons que ces reprĂ©sentations Ă©manent dâune conception erronĂ©e du dĂ©veloppement et de lâapprentissage. Et dâune difficultĂ© Ă reconnaĂźtre que la rĂ©ussite et lâĂ©chec sont un construit social. D'oĂč l'urgence Ă analyser ensemble, de façon critique, les mĂ©canismes de diffĂ©renciation et de hiĂ©rarchisation sociale ; de (faire) comprendre les violences de classes Ă lâĆuvre Ă lâĂ©cole comme dans toutes les institutions, lesquelles favorisent la reproduction des inĂ©galitĂ©s.
- La conception explicative de la transmission des savoirs, qui confie Ă lâintelligence du maĂźtre le soin de combler la distance sĂ©parant lâignorant du savoir : elle valide et renforce l'inĂ©galitĂ© conçue comme une Ă©vidence ; elle provoque l'abdication des dominĂ©s face aux savoirs qu'ils pensent ainsi inatteignables pour eux.
Tout au contraire, il nous faut miser sur la recherche et lâinventivitĂ© pĂ©dagogique pour crĂ©er une fraternitĂ© productrice dâĂ©mancipation ; sur lâintelligence collective entre les apprenants et tous les acteurs de lâĂcole ; sur la solidaritĂ© au cĆur mĂȘme de lâacte dâapprentissage ; sur la capacitĂ© des enseignants Ă mettre en place des dispositifs permettant Ă chacun de rĂ©ussir ensemble.
- Le "savoir-ĂȘtre", nouvel habillage de la normalisation. Il conforme lâapprenant en un Ă©lĂšve idĂ©alisĂ©, "naturellement" ponctuel, assidu, impliquĂ©, participant spontanĂ©ment Ă la vie de lâĂ©tablissement, et « par chance » dĂ©nuĂ© de tout esprit critique ! Â
Ă lâopposĂ©, nous voulons construire un espace de pensĂ©e et d'action oĂč le questionnement fait Ă©merger lâĂ©tonnement, la curiositĂ©, le plaisir dâapprendre ensemble. La construction du sens est le moteur de tout apprentissage et vecteur dâĂ©mancipation individuelle et collective.
- La conviction que la compĂ©tition est source de motivation, quâelle encourage lâapprentissage, quâelle justifie efforts et sacrifices, en sĂ©parant plaisir et travail.
Loin de tout formatage, nous voulons, par la coopĂ©ration, rĂ©unir plaisir et travail, favoriser les dĂ©couvertes, tenir compte de lâexpĂ©rience de chacun, cultiver lâempathie.
- Le systĂšme de sĂ©lection qui, en orientant les activitĂ©s des Ă©lĂšves vers la recherche de bonnes notes plutĂŽt que vers celle de l'acquisition et la consolidation des savoirs, met en concurrence les apprenants et conduit Ă des impasses, tant pour les Ă©lĂšves issus des milieux les plus populaires que pour la dĂ©mocratie elle-mĂȘme.
Il y a urgence Ă enfin distinguer contrĂŽle et Ă©valuation. Ă repenser lâĂ©valuation, comme construction du sens, Ă partir de lâanalyse des chemins parcourus et qui demeurent Ă parcourir ; Ă Ă©veiller lâesprit critique ; crĂ©er des situations dâapprentissages qui permettent aux enseignants, parents et Ă©lĂšves dâĂ©prouver le pouvoir formatif du travail menĂ© dans un climat de confiance et sans peur du jugement ; apprĂ©cier et valoriser les efforts des apprenants.
Il est urgent maintenant, forts de ces prises de conscience et de ces convictions, de transformer nos constats et nos propositions en actes.
De lâambition pour lâĂcole : de lâutopie en actes
Pour tous, nous avons besoin dâune Ăcole, ambitieuse, de lâintelligence et de lâĂ©galitĂ©.
Une Ăcole du raisonnable et du rĂ©alisme : appel Ă la raison face au gĂąchis humain actuel, appel au rĂ©alisme face aux savoirs et pratiques sur lesquels prendre appui pour y parvenir et grĂące aux forces qui dĂ©jĂ sâexpriment et ne demandent quâĂ sâinvestir davantage dans cette utopie commune, sur le plan des apprentissages comme sur celui de la construction citoyenne.
Une Ăcole qui encourage et promeut curiositĂ©, Ă©tonnement, humour, insolite, rencontres imprĂ©vues, crĂ©ation, bousculade intellectuelle, perturbation gĂ©nĂ©ratrice de nouvelles dĂ©couvertes, assure la sĂ©curitĂ© pour dĂ©passer la peur, accepter le flou, lâincertitude plutĂŽt que les dogmes et construire le dĂ©sir dâapprendre, toujours, de se poser des questions, de les confronter Ă celles des autres, de rĂ©sister Ă toutes les emprises.
Une Ăcole qui propose dĂ©fis, problĂšmes Ă rĂ©soudre, difficultĂ©s Ă surmonter : ce qui mĂ©rite quâon mobilise son Ă©nergie, son intelligence et son humanitĂ©, parce que lâeffort est alors promesse de portes qui sâouvrent, de dĂ©passements inespĂ©rĂ©s, de connaissances renouvelĂ©es, dâhabiletĂ©s ignorĂ©es, dâaventures inimaginĂ©es, dâĂ©mancipation devinĂ©e.
Une Ăcole qui ne hiĂ©rarchise pas les objets quâelle enseigne, qui refuse le clivage manuel/intellectuel et sache au contraire mettre en valeur, dans chaque pratique, la pensĂ©e humaine Ă lâĆuvre. Une Ă©cole qui nâaseptise pas les savoirs au nom dâune supposĂ©e neutralitĂ©, mais qui Ă©claire les apprenants sur la nature polĂ©mique de toute rupture dans le champ de la pensĂ©e et du savoir.
Une Ăcole du partage des savoirs, de la joie dâapprendre et de construire ensemble, de mettre ses pas dans lâaventure de ceux qui nous ont prĂ©cĂ©dĂ©, de prendre place dans ce qui vient, le monde que lâon transforme et construit ensemble.
Une Ăcole du Tous capables qui postule et institue lâexcellence de chacun par la coopĂ©ration, lâentraide et lâexigence. Une Ăcole de l'Ă©galitĂ© non de paroles, mais de fait.
Cette Ăcole ambitieuse de lâintelligence et de lâĂ©galitĂ©, il est de notre responsabilitĂ© de la construire.
Les 100 premiers signataires :
JosĂ© Manuel ARIAS BOTERO, Enseignant, Lyon, RĂ©mi ARNAUD, Professeur des Ă©coles et militant de l'Ă©ducation populaire, Bourg en Bresse, France, LĂ©na ARTHAUD, Villeurbanne, France, Pauline AVENET, Professeure en collĂšge, Nord, France, Alexis AVRIL, Professeur de philosophie, Marseille, CĂ©line BERNARD, Ăcrivain pour les autres, Pierre-BĂ©nite, Jacques BERNARDIN, PrĂ©sident du GFEN, Chartres, Heidy BERTHET, Savoie, France, Christian BLANVILLAIN, Enseignant, GenĂšve, Lisa BOINON, Catherine BON, Professeur de lettres au lycĂ©e Gabriel VOISIN, Tournus, France, Dina BOREL, PsychopĂ©dagogue, Formatrice, Meyrin-GenĂšve., Suisse, Philippe BOUGHERIOU, Educateur et vidĂ©aste, Bruxelles, Belgique, Florence BOURGADE, Marie-Emmanuelle BRADLEY, Aude BRUGGEMAN, Enseignante, Villeurbanne, France, Colette BRUN-CASTELLY, Ex IA-IPR de Grenoble espagnol, Maire-Adjointe education-formation, Nyons, France, Nathalie CASSEAU, enseignante, Colombes, Françoise COUREAU, enseignante PLP, Montauban, France, Oleg DE ROBERTY, Moscou, Russie, Claire DESCLOUX, Enseignante, GenĂšve, Nicole DIGIER, membre du GFEN, Mary Ange DOMINGUEZ, enseignante, Lyon, Malika DUCHESNE, Professeur des Ă©coles maĂźtre formateur, RhĂŽne, France, Rosi ERROTABEHERE, enseignante d'espagnol, Hautes PyrĂ©nĂ©es, France, Nathalie FARENEAU, Enseignante, Secteur Langues du GFEN, Lyon, Daniel FONTAINE, Maire honoraire, Aubagne, Josette FONTAINE, enseignante, militante culture de paix, Aubagne, Marianne FONTAINE, Marseille, StĂ©phanie FOUQUET, militante GFEN, Melun, France, ValĂ©rie FRANC, enseignante, Vaulx en Velin, GaĂ«l FRANK, Professeur d'allemand, Roger FUSTE SUĂE, Enseignant-Lecteur de Catalan, Aix-en-Provence, France, Sylvain GALY, enseignant, Bury (Oise), France, FrĂ©dĂ©ric GANGA, PoĂšte-crieur public, La Ciotat, Clelia GAUTHIER, Figeac, France, Nicole GRATALOUP, Responsable du secteur philo du GFEN, Montreuil, France, Claire GUERRIERI, Enseignante, Saint-Etienne, Michel GURGO, Principal honoraire, Lyon, France, Claire HARANGER-SEGUI, professeur de musique, formatrice au Cefedem ARA, Montluel, France, Jean HOUSSAYE, Professeur Ă©mĂ©rite en Sciences de l'Ă©ducation - UniversitĂ© de Rouen, Rouen, France, Hortensia INES, Guyane, France, Alexandre IRACE, Enseignant primaire, GenĂšve, Carole JOUBERT, Professeur, Lyon, France, StĂ©phanie KLEIN, Lille, France, Magali KOUTTI, Paris, France, Betty LABOREL, Directrice Ă©tablissement mĂ©dico-social, Marseille, France, Julia LACEY, enseignante, GenĂšve, Suisse, Pascale LASSABLIERE, Intervenante Atelier d'Ă©criture et de crĂ©ation, Bruxelles, FrĂ©dĂ©rique LAURENT, Villefontaine, France, Franck LEPAGE, Educateur populaire, Bretagne, France, Aude LIMET, , Bruxelles, Belgique, Jean-Marc LIZE, Paca, France, Sybille MAGUES, professeur d'allemand, Maubeuge, France, Marie-Paule MARECHAL, formatrice, RhĂŽne alpes, Claire MARTENOT, enseignante, membre du GREN, GenĂšve, GĂ©rard MEDIONI, Enseignant, Groupe du Lyonnais du GFEN, militant associatif, VĂ©nissieux, Maria-Alice MEDIONI, UniversitĂ© Lyon 2, Secteur Langues du GFEN, RhĂŽne, Philippe MEIRIEU, professeur Ă©mĂ©rite des universitĂ©s, Lyon, Emilie MESTRE, Romans, France, Camille MEYER, Lyon, France, StĂ©phane MICHAUD, Enseignant, GenĂšve, AgnĂšs MIGNOT, formatrice ESPE, Lyon, France, Mina MILICIC, Dunkerque, Baptiste MONTERRAT, Concepteur d'applications Ă©ducatives, Lyon, CĂ©cile MORZADEC, Professeur d'espagnol, Eaubonne, Myriam NDIAYE-DUFORT, Enseignante, Toulouse, Michel NEUMAYER, GFEN Provence, formateur & ateliers dâĂ©criture, Marseille, Nina PACE, ValĂ©rie PEAN, UniversitĂ© Lyon2 - GFEN Secteur Langues, Lyon, Jean PERBET, professeur des Ă©coles formateur, Saint-Ătienne, France, Jessika PICARLE, Lyon, France, Laurence PIOT, enseignante, Doubs, France, Enki PONTVIANNE, Ă©tudiant, Anse (69), Elisa PORTEBOIS, Aubagne, Sandrine POURRET, Enseignante, Lyon, France, Jeanny PRAT, enseignante et formatrice d'enseignants, Mionnay, France, Marta PUIG SEDO, Professeur, Lyon, France, Anne RAYNAL, Enseignante Prag, Lyon, Jean-Marc RICHARD, enseignant, Carouge/GenĂšve, Marie RIPOLL, Enseignante, Toulouse, France, Erwan RAULET, Mathieu ROUCHOUSE, Enseignant, Saint Etienne, France, Eddy SEBAHI, Enseignant, formateur, Secteur Langues du GFEN, Villeurbanne, Martine SILBERSTEIN, Ecrivain, ValĂ©rie SOUBRE, enseignante, Lyon, France, Murielle TECHER, Saint Denis, France, CĂ©cile THENOT, enseignante, VĂ©nissieux, France, Juan TORRES, Voluntario E.L.E. (Biblioteca Solidaria de Cuenca), Cuenca (España), HĂ©lĂšne TORRES-CORTES, NoumĂ©a, Nouvelle-CalĂ©donie, Marie TROUSSELLE, Bury, France, Sylvia URZUA, Lyon, Etiennette VELLAS, GREN et rĂ©daction Educateur, GenĂšve, Saskia VELLAS, GenĂšve, Henrique VILAS BOAS, citoyen du Monde, Lyon, Magali VION, Enseignante, Lyon, France, Lothar WEBER, Professeur Ă la retraite, BĂŒttelborn, Allemagne
Source
ENSEIGNER DANS LE 93, entretien avec Véronique Decker