Tariq Ali, auteur de ''Obama s'en va-t-en guerre, Editions La Fabrique, 2010
"""Adolph Reed, un intellectuel afro-américain très reconnu aux Etats-Unis, voulait simplement dire aux électeurs : «Ne vous laissez pas avoir par Obama, il n'y a rien en lui de cette radicalité que l'on retrouve dans la conscience politique afro-américaine. Obama fait partie d'un nouveau genre, les “post-blacks politiciens”, qui rejettent dans les faits tout ce en quoi croyaient les leaders pour ...les droits civiques.» À cette époque, c'était le seul à le dire. Il était si effrayé par Obama, qu'il disait aux gens : «Votez Hillary Clinton, au moins avec elle, vous savez où vous allez, vous n'aurez pas de surprise désagréable.» Adolph a vu juste : depuis l'arrivée au pouvoir de Reagan, et avec Obama, ce à quoi nous avons assisté, c'est la mort de la «politique noire américaine traditionnelle» que nous connaissions, et qui était très radicale. J'explique dans ce livre l'émergence des Blacks Panthers, et d'un nouveau genre d'hommes politiques, littéralement détruits, tués par l'Etat américain. Hiwie Newton, le plus talentueux d'entre eux, fut tué par balle en pleine rue. Et, comme Malcom X, juste avant qu'ils aient pu faire suffisamment évoluer la politique afro-américaine pour gagner à sa cause l'électorat blanc traditionnel. Obama n'a rien d'un Martin Luther King, qu'il cite pourtant régulièrement. On oublie d'ailleurs que Martin Luther King, dans les années 1960, allait se présenter aux élections contre le parti démocrate""