#blablacar Rodrigue 36 ans, Lille-Amiens, samedi 5 janvier 2019 17h30, Gare Lille Flandres, cÎté Euralille
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#blablacar Rodrigue 36 ans, Lille-Amiens, samedi 5 janvier 2019 17h30, Gare Lille Flandres, cÎté Euralille
Claire 57 ans, Lille -Paris, Vendredi 12 octobre 2018, rdv Gare Lille Europe, 12H30
#blablacar Elisabeth 49 ans, Paris - Lille, Vendredi 5 octobre 2018, Â rdv station Total, porte de Clignancourt, Â 18H30
đ La copa del Pino đ· J5 : Auvilliars - Beaune -Savigny - Marsannay On arrive dĂ©jĂ au 5iĂšme jour de notre sĂ©jour au pays du pif et du frometon. Pour le petit dĂ©jeuner, nous avons rĂ©inviter lâĂ©poisse et le langres de la veille en regrettant que le soumaintrain et le brillat-savarin nâaient pas survĂ©cu jusque lĂ . 10:30. Direction Beaune et ses hospices. Grosse beautĂ© avec sa toiture en mosaĂŻque de tuiles huilĂ©es jaune vert noir. Au nombre de vieux en casquette sac banane qui squattent le lieu un jour de canicule, la qualitĂ© touriqtique du lieu est solide. Et grĂące Ă ses hectares de vignes, qui assureront une grosse partie des revenus au fil des siĂšcles, les hospices arrivent Ă vendre du Pouilly-fuissĂ© 2014 dans la boutique souvenir du musĂ©e. Avouons que câest quand mĂȘme plus cool que les rĂ©pliques miniatures de sculptures en crotte de nez de certains musĂ©es dâart contemporain. Alerte Passion Vieilles Bagnoles. Si vous voulez voir des Abarth GT en augmentant vos gamma GT, il nâexiste quâune adresse sur la planĂšte, et pour le bien de lâhumanitĂ© nous lâavons visitĂ©e. Le chateau de Savigny : plus de 50 voitures de lâĂ©curie Abarth et plusieurs milliers dâhectolitres de vin produit au Chateau. Comme le zinzin de la collectionnĂŻte du lieu, Philippe Pont, nâen avait pas assez avec ses bagnoles et son raisin, il a aussi accumulĂ© des avions de chasse, des motos et des camions de pompier. La scĂ©nographie du musĂ©e est nul Ă chier, mais restons objectifs, lâendroit vaut le dĂ©tour. On goĂ»te les productions du chĂąteau. Petit big up pour le Meursault GenevriĂšres 1er cru de 2011. Les amortisseurs arriĂšre de la BMW se souviendront de cette dĂ©gustation. Lâaccueil chez Jean Charles Ă Marsannay-la-cĂŽte est sympathique mais on sent lâanimal sur la rĂ©serve. LâarrivĂ©e fenĂȘtres ouvertes avec Patrick Sebastien Ă fond dans lâautoradio a dĂ» lâeffrayer. Le coup de la bouteille de blanc Ă 16⏠pour regardez le foot dans son salon en mangeant des pizzas nâa pas rien arrangĂ©. Ne parlons pas du check-out tardif. Un bowling Ă 30 minutes Ă pied dâici ? mission acceptĂ©e ! Avec mes 180 points sur la premiĂšre partie et 1,80 grammes dans chaque bras, la joie de mes strikes auraient pu faire passer les cĂ©lĂ©brations de but sur Fifa pour des sĂ©ances de mĂ©ditation. La honte nâa pas de prix pour le reste il y a la mastercard dâAntoine. Et quand câest fini, yâen a encore. Pour le prix dâun Ă©cran de Samsumg Galaxy S8, Benjamin et Philippe sâoffre un bain de minuit sauvage dans la piscine du balladins du coin. Encore une journĂ©e sans fin.
đ La copa del Pino đ· J4 : Auberive - Dijon - Nuits St Georges - Auvillars Vous avez dĂ©jĂ dormi dans un gant de toilette tiĂšde ? nous oui et mĂȘme si la literie nâa pas dĂ©mĂ©ritĂ© le repos nâest pas complet. Les degrĂ©s montent en mĂȘme temps que le volume des grillons, il est temps partir et rouler 30 minutes vers la cascade dâEstuf fermĂ©e pour travaux. AprĂšs notre petit pĂšlerinage Ă Dijon nous descendons Ă Nuits St Georges pour dĂ©guster les cadeaux de ses coteaux. « Note de crĂšme de cassis au 1er nez, le vin renarde au 2ieme nez, les arĂŽmes en bouche libĂšre un goĂ»t poivre et de rĂ©glisse sur la gencive ». Ok Caro. La commerciale du domaine comprend assez vite quâelle est en train de vendre des toiles de maĂźtres Ă une bande dâaveugles mais elle reste bien polie. Câest quand elle nous a conseillĂ© de respirer dans nos teeshirts pour « se nettoyer le nez » que notre dignitĂ© sâest Ă©vaporĂ©e. Nuit au camping 1 / nuits st Georges 0. Fou rire de lâenfer. On ne sait pas boire mais on sait rire. La grande idĂ©e de la journĂ©e nous vient dâAntoine : aller sauver un oiseau la patte coincĂ©e dans le mur du hangar de stockage. Ă 5 mĂštres de hauteur aprĂšs une dĂ©gustation de 8 vins, ça aurait pu remplir une colonne de faits divers, ça remplira nos verres de lâapĂ©ro avec la bouteille offerte par le patron pour servir rendu Ă la nation moineau. Etienne MacLeod et ses 87 ans nous accueille dans les dĂ©pendances de son chĂąteau de 1428. Ăleve du Corbusier, directeur de lâecole dâarchitecture des beaux arts de Lille en 1969, câest aussi lui qui a vendu Jeanne Dâarc aux anglais et assistait NapolĂ©lon dans la collecte des impĂŽts pour son armĂ©e Italienne. La vraie mauvaise idĂ©e de la journĂ©e câĂ©tait de lâinviter Ă prendre lâapĂ©ro. Quand tâas vĂ©cu 6 siĂšcles, tâas beaucoup trop de trucs chiants Ă raconter.
đ La copa del Pino đ· J3 : Auxerre - Chablis - Auberive Petite cueillette de produits emballĂ©s dans le monoprix du centre et en route pour Auberive et son abbaye cistercienne fondĂ©e en 1135. Lâoubli de mon sac de voyage sur le parvis du chateau dâHervĂ© a retardĂ© les premiers mouvements du Gueule Deub Club mais rien de grave au final. On sâarrĂȘte dans la boutique du domaine Laroche Ă Chablis pour une dĂ©gusplication. Sur la rive droite des coteaux de Chablis : la parcelle mont mains produit un premier cru sur un sol calcaire de 50 millions dâannĂ©es. 100% chardonnay, le vin offre une « superbe minĂ©ralitĂ© avec une belle longueur en bouche ». Cause toujours Patrick tant que tu remplis les verres. On a quand mĂȘme attendu les tarifs avant de choisir nos bouteilles prĂ©fĂ©rĂ©es. Culture comptoir : câest le colonel pinard, responsable logistique du raisin fermentĂ© qui ravitaillait les troupes françaises pendant la premiĂšre guerre mondiale qui a donnĂ© son petit surnom Ă la boisson des vacances. On est restĂ© dans le village pour se faire pourrir notre France Danemark par un vieux con. La voix de Jean Pierre Marielle, la vulgaritĂ© dâAlkapote, 90 minutes encore plus chiantes que celles sur le terrain. Le goĂ»ter Chaource GougĂšres Ricard ne sauvera pas le moment. Sur la route dâAuberive, fenĂȘtres grandes ouvertes, nous naviguons dans lâocĂ©an de champs de blĂ©. On laisse le village de Chaource derriĂšre nous, on se rapproche de Langres. Jâai lâimpression quâon roule sur un plateau de fromages gĂ©ant. Et plus on roule, plus jâai faim. Et plus on roule, moins on voit de commerces. Et plus on roule, plus le temps passe, nous assurant de trouver portes closes Ă la moindre supĂ©rette du coin. Ăa serait complĂštement con de devoir sucer le tube de mayo monoprix du picnic du midi dans un des plus beaux garde manger de France. Câest ce quâon a expliquĂ© Ă Mireille et sa dĂ©pression quand elle nous a dit quâelle ne servait plus. Et quand elle nous a offert une bouteille de vin Ă la fin du repas, câest quâon avait bien fait insistĂ©. AntounĂ©o nous a rĂ©servĂ© une nuit chez « Jean Yourte », un Zadiste bourguignon. MĂȘme sâil fait un peu froid dans la tente gĂ©ante, on devrait sâen sortir. Philippe rassure tout le monde : « Jâai passĂ© 3 ans avec une meuf frigide, câest pas une nuit Ă 2 degrĂ©s qui va me tuer ».
đ La copa del Pino đ· J2 : Mourmelon Le grand - Auxerre Des 34 283 habitants dâAuxerre, il y en a un qui nous attend plus que les autres câest HervĂ©, notre hĂŽte dâaujourdâhui et son hotel particulier des annĂ©es 1850. MĂȘme sâil doit lĂącher un smic Ă chaque chaque facture de gaz, ça a quand mĂȘme plus de gueule que les constructions Foncia du fond de ma rue. Le restaurant de la Tour nous permet dâexpĂ©rimenter une nouvelle forme de tourisme. La visite inversĂ©e : plutĂŽt que dâaller dans les caves pour regarder des bouteilles vieillir, on a invitĂ© quelques bouteilles Ă visiter notre tube digestif. Pour ce voyage au bout de la vessie, nous avons conviĂ© lâIrancy, un rouge qui a poussĂ© Ă 15 km de son lieu de dĂ©gustation. 2 cĂ©pages : le pinot noir et le romain, typique du coin mâexplique difficilement Wikipedia. On nâa pas pu inviter les 6600 hectolitres de la production de lâannĂ©e mais ce vin pourra dire fiĂšrement quâil connait bien nos foies. LâapĂ©ro au chĂąteau nous rĂ©serve quelques belles surprises. Au dela des discussions autour du pot dâĂ©chappement de plus de 20 ans, HervĂ© nous apprend que sa fille prend des cours de chant avec un fils de Michel Legrand et quâil nây a pas si longtemps, il Ă©tait le banquier de Djibril CissĂ©, interdit bancaire aka « ChĂšque en bois, tibia en carton », selon Philippe, notre footeux de la bande. Ă cette heure la soirĂ©e, nous câest plus foie en mousse que mousse de foie.
đ La copa del Pino đ· J1 : Lille - Mourmelon Le grand Pour ce dĂ©but dâĂ©tĂ©, on teste la recette simplifiĂ©e des vacances : 4 gars plutĂŽt drĂŽles dans une vieille BMW pour un road trip dans les vignobles du nord de la Bourgogne. PrĂ©paration : 10 minutes. Cuisson : 5 jours. Les points de chute pressentis de ce tour de pif bourguignon : Chablis, Beaune, Nuit St George, Pommard. Sur le papier ça va ĂȘtre beau, dans le gosier aussi. Le premier arrĂȘt se fait dans les vignes de la vallĂ©e de la Marne, Ă Hautvillers, berceau du champagne, cadeau de Dom Perignon, moine des annĂ©es 80 (mais du XVII siĂšcle). LâElon Musk de la bulle comme on pourrait lâappeler : le bouchon qui saute, câest lui, le cul creux et le verre Ă©pais pour protĂ©ger de la casse, câest lui aussi, le pressurage rapide des raisins noirs, câest le mĂȘme type. Avec sa coupe de cheveux de merde et sa robe de bure qui gratte, sâil avait su que 4 siĂšcles plus tard, DJ Khaled passerait son temps Ă vider des magnums Ă 10k⏠dans sa piscine, il aurait peut ĂȘtre brĂ»ler tous ses Ă©crits. AprĂšs avoir insultĂ© un conducteur de CitroĂ«n Xm sur une bonne dizaine de kilomĂštres, on sâest posĂ© sur la terrasse du village, petites flĂ»tes en verre pour ouvrir notre symphonie de la picolade. Pour notre premiĂšre nuitĂ©e, on sâarrĂȘte « chez Max », lâĂ©tablissement des parents de notre Benjamin Brochot que les hypeux pour pourrait classer dans la catĂ©gorie Bistronomie. Jeu de flĂ©chettes, apĂ©ro et tout le bastringue. Le fou rire gĂ©nĂ©ral de la blague de la pute noire qui suce 2 bites officialise clairement le lancement de ces vacances.
đ La copa del Pino đ· J1 : Lille - Mourmelon Le grand Pour ce dĂ©but dâĂ©tĂ©, on teste la recette simplifiĂ©e des vacances : 4 gars plutĂŽt drĂŽles dans une vieille BMW pour un road trip dans les vignobles du nord de la Bourgogne. PrĂ©paration : 10 minutes. Cuisson : 5 jours. Les points de chute pressentis de ce tour de pif bourguignon : Chablis, Beaune, Nuit St George, Pommard. Sur le papier ça va ĂȘtre beau, dans le gosier aussi. Le premier arrĂȘt se fait dans les vignes de la vallĂ©e de la Marne, Ă Hautvillers, berceau du champagne, cadeau de Dom Perignon, moine des annĂ©es 80 (mais du XVII siĂšcle). LâElon Musk de la bulle comme on pourrait lâappeler : le bouchon qui saute, câest lui, le cul creux et le verre Ă©pais pour protĂ©ger de la casse, câest lui aussi, le pressurage rapide des raisins noirs, câest le mĂȘme type. Avec sa coupe de cheveux de merde et sa robe de bure qui gratte, sâil avait su que 4 siĂšcles plus tard, DJ Khaled passerait son temps Ă vider des magnums Ă 10k⏠dans sa piscine, il aurait peut ĂȘtre brĂ»ler tous ses Ă©crits. AprĂšs avoir insultĂ© un conducteur de CitroĂ«n Xm sur une bonne dizaine de kilomĂštres, on sâest posĂ© sur la terrasse du village, petites flĂ»tes en verre pour ouvrir notre symphonie de la picolade. Pour notre premiĂšre nuitĂ©e, on sâarrĂȘte « chez Max », lâĂ©tablissement des parents de notre Benjamin Brochot que les hypeux pour pourrait classer dans la catĂ©gorie Bistronomie. Jeu de flĂ©chettes, apĂ©ro et tout le bastringue. Le fou rire gĂ©nĂ©ral de la blague de la pute noire qui suce 2 bites officialise clairement le lancement de ces vacances.
#blablacar avec Laurence 51 ans, Amiens-Lille, Â Lundi 11 avril 2018, Porte dâArras - Gare dâAmiens 9h00
đ·đș Jour 6, dĂ©filĂ© sur Nevski prospekt et stations de mĂ©tro Le Dvorok, une sorte de faisselle sĂ©chĂ©e, est le fromage Ă tout faire de nos amis les russes. Câest moyen bon, carrĂ©ment dĂ©gueux quand il est pris avec de la confiture au petit dĂ©jeuner. Ăa mâapprendra Ă vouloir tout goĂ»ter. La ballade au marchĂ© de la rue SadavaĂŻya, lâautre nom du rendez du mauvais goĂ»t, me permet de comprendre oĂč les russes sâapprovisionnent en teeshirts Ă tĂȘte dâours, tigres, bergers allemands et autres animaux mĂ©chants. Je comprends aussi pourquoi la moitiĂ© de la ville ressemble Ă une armĂ©e de figurants prĂȘts Ă tourner dans un film des annĂ©es 80. Et comme lâautre moitiĂ© de la ville est en formation mannequinnat, ça ne laisse pas beaucoup place pour les normcores. Et pour nous rappeler quâen matiĂšre de fringues ils ont toujours eu un certain sens de la dĂ©conne, on assiste au dĂ©filĂ© de lâavenue Nevski qui retrace 315 piges de looks improbables du pays. Outfits de policiers y compris. Le tout mis en musique par lâharmonie municipale de St Peterbourg, vos applaudissements. AprĂšs avoir Ă©coutĂ© tous les audioguides de la ville, nous sommes heureux de remettre la palme de plomb Ă lâaudioguide de la cathĂ©drale St Isaac. EnregistrĂ© la veille du suicide du comĂ©dien dans une salle de bain avec un micro de caisse de supermarchĂ©. Bravo Ă toute lâĂ©quipe technique pour cet exploit de mĂ©diocritĂ©. On ne sâarrĂȘtera malheureusement pas au killfish discount bar avec sa 1Ăšre pinte Ă 200 roubles, sa 2ieme Ă 150, sa 3iĂšme Ă 100 et sa 4iĂšme Ă 50 (80cts dâeuro). On peut pas tout faire en vacances avec sa mĂšre. Les dessous de St Petersbourg valent leur coup dâoeil, parait-il. Nous nous engouffrons donc dans la station Sadovaya pour parcourir la ligne rouge, construite dĂšs 1940. Nous descendons pendant 2 longues minutes un premier escalator puis un deuxiĂšme de 2 autres minutes encore plus longues. A lâarrivĂ©e de chaque escalier roulant se trouve une femme dans une guĂ©rite dont le seul mĂ©tier semble dâattendre un maigre salaire. Ă 71 mĂštres de profondeur, le hall de quais est Ă©norme, Ă vue de nez je dirais 2 fois la gare de Seclin. La chevauchĂ©e Ă©lectrique de lâaprĂšs-midi va nous en foutre plein les mirettes. Et vas y que je te fous du marbre dans toutes les stations, et viens que je te colle des lustres en cristal sur le plafond. Tâen as pas assez ? Bim, mosaĂŻque gĂ©ante dans le fond de la station. Pas de panneau publicitaire, pas de musique, un garde Ă vous au service de la beautĂ©. Note pour plus tard : je deconseille vivement le photobombing de selfie russe, lâhumour ne fait pas partie de la panoplie de base du citoyen russe. Avec un peu de recul, ça se comprend un peu. Juste aprĂšs le restaurant au dessert Ă lâaubergine vanillĂ© et juste avant le feu dâartifice qui clĂŽturera nos vacances et ce weekend anniversaire de la ville, nous posons nos lourdes jambes dans un bar rococco Ă 2 pas de lâErmitage. Une vodka miel poivre Ă 1,10⏠dans le gosier, nos yeux sâĂ©carquillent devant la Tv du bar qui diffuse la vidĂ©o de surveillance de la rue qui lâespace dâune quelques secondes laisse filer un scooter de livraison de pizza en willing. Mais que cette ville est folle.
đ·đșJour 5, le dĂ©filĂ© canin, le musĂ©e Erarta et lâĂźle Pierre et Paul Des nombreux Ă©vĂšnements organisĂ©s pour le weekend des 315 ans de la ville, il y en a un qui mâa excitĂ© plus que les autres : le dĂ©filĂ© canin. Tout le monde nâĂ©tait pas dâaccord avec lâidĂ©e et lâargument douteux du « ça fera un super cadeau pour la fĂȘte des mĂšres » nâa pas su convaincre. Jâai dĂ» pleurnicher et assurer lâĂ©quipage du cĂŽtĂ© exceptionnel de ce genre de manifestation. Jâavoue, jâai un peu survendu lâĂ©vĂšnement. Une petite heure plus tard nous nous sommes retrouvĂ©s entourĂ©s dâune quarantaine de tekels trop pipou en costume de cosmonaute, petit ange, clown, militaire et jâen passe. Le tout bien accordĂ© avec le costume de leur maĂźtre. Mon chouchou, le tekel plongeur avec son masque de plongĂ©e et sa mini bouteille dâoxygĂšne sur le dos. Quand je serai grand jâaurai un chien. On enchaĂźne la journĂ©e avec le musĂ©e dâarts contemporain Erarta. Je vous conseille vivement le dessert chocolat pralinĂ© sur sa mousse Ă lâoignon rouge confit du restaurant du musĂ©e. Sans aucun doute une des plus belles oeuvres du lieu mĂȘme si lâĂ©tage Art Brut Russe vaut largement le dĂ©placement. La suite de la journĂ©e se passe sur la petite Ăźle de PetrogradskaĂŻa. Connue pour le fort Pierre et Paul, et largement moins pour ces gros exhibitionnistes en string qui profitent des larges bandes dâherbes au bord de lâeau pour bronzer et proposer aux milliers de touristes leurs corps gonflĂ©s de crĂ©atine et vanitĂ©. Ă cause de cette connerie de dĂ©filĂ© canin que ma mĂšre voulait absolument voir la visite du lieu doit se faire au pas de course, la prison TroubetskoĂŻ qui accueillit entre autres le frĂšre de Lenine, la sublissime cathĂ©drale Saint Pierre et Saint Paul et son plafond tendance aux couleurs pastels. Ca ne mâĂ©tonnerait pas quâon le retrouve dans le magazine Leroy Merlin de la rentrĂ©e sur les peintures pour rĂ©inventer son intĂ©rieur. Pour les gros curieux, il faut lire la page wikipedia de NikolaĂŻ Morozov et ses 29 ans de zonzon. Dingue. Dans le hasard dâun dĂ©tour du fort nous dĂ©couvrons une compĂ©tition de Gorodski, un savant mĂ©lange de molky et de bowling avec une baramine de 70 cm en guise de « projectile ». Ah ces russes. Le crochet par la rĂ©sidence Ă©tudiante de ma cousine GaĂ«lle nous montrera que St Peterbourg nâest pas quâune enfilade de palais et de cathĂ©drales. Des kilomĂštres de barres dâimmeubles de 15 Ă©tages au bĂ©ton douteux, câest lâautre cĂŽtĂ© de la Russie. Le dĂźner du jour sera assaisonnĂ© par le chant dâun sosie de Zanglief., fameux personnage de streetfighter. Ăa braille Aloe Blacc et tout le top 50 international des annĂ©es 2010 avec la voix de Johnny Halliday fatiguĂ©. Ah ces russes.
đ·đș jour 4, Le palais Peterhof MĂȘme si les gars ne peuvent pas sâempĂȘcher de tout dorer Ă lâor fin, lâoption du palais Peterhof et ses jardins, rĂ©sidence dâĂ©tĂ© chillax du Tsar Pierre Legrand nous semble lâoption la plus cool de la journĂ©e. AprĂšs lâorgie visuelle dâhier un peu de verdure au bord du golf de Finlande nous fera le plus grand bien. Avec 140 fontaines rĂ©parties sur 607 hectares, de la grande cascade et s1 quarantaine de statues dorĂ©es cracheuses dâeau aux plans dâeaux gigantesques, les mecs ont inventĂ© ici, en pompant clairement les jardins de Versailles, leur center parc dâĂ©poque, un aquaboulevard pour les yeux. AprĂšs la salade de betterave du resto self de lâorangerie, la promenade digestive nous fait visiter toutes les fontaines du parc. On pourrait trouver ça magnifique mais en plein concours international de selfie, notre attention est vite dĂ©tournĂ©e. Vivement quâInstagram facture la mise en ligne de photo. Ăa va refroidir la plupart de surcharger les serveurs de photos foirĂ©es. Quand on sait quâune recherche google envoie 7 grammes de carbone dans lâatmosphĂšre, un selfie Ă chier, câest au moins 300g. Stocker en ligne autant de clichĂ©s ratĂ©s, ça devrait faire rĂ©flĂ©chir. Sans plus attendre jâen profite pour faire mon top 5 des selfies dĂ©biles : * Le selfie contre jour. Câest quand mĂȘme pas compliquĂ© : avec le soleil dans le dos, câest lâimpossibilitĂ© dâavoir le visage Ă©clairĂ©. Pas besoin dâĂȘtre un des frĂšres lumiĂšres pour piger ça, non ? * Le selfie Ă lâipad. Sans commentaire. * Le selfie pris par le petit copain trop moche pour ĂȘtre sur la photo. Souvent en combo avec la duckface ou les bras serrĂ©s qui font les gros seins. * Le selfie « tu peux dĂ©gager de la vue parce que tu prends pas de photo tu fais juste regarder», câest du vĂ©cu. * Le selfie stick, un autre moyen que le tatouage sur le front en toutes lettres « je suis un gros bof » pour dire quâon est un gros bof Fin dâaprĂšs midi, retour au bercail, la derniĂšre mission du jour sera de dĂ©gotter une bonne table qui prĂ©sentera la betterave rouge autrement que les autres. AprĂšs quelques rĂ©servations ratĂ©es, la table du Taste to Eat nous comblera de joie. Soupe de trucs, prĂ©parations de machins. Tout Ă©tait tellement bon quâon a carrĂ©ment poussĂ© jusquâau dessert, une meringue faite maison sous nos yeux dans lâazote liquide. Mes compliments au chef. Dans les toilettes, comme un bon nombre de restaurant Ă St Petersbourg, un haut parleur diffuse des contes pour enfants. Pourquoi ? et pourquoi pas jâai envie de dire. Câest toujours plus sympa que la compilation du meilleur de lâelectroswing de la salle Ă manger. On termine la soirĂ©e tranquillement sur une terrasse tout Ă cĂŽtĂ© de la maison. Les rĂ©centes aventures de GaĂ«lle, en voyage pour Riga, et son chauffeur en slip qui met des coups dâextincteurs dans le moteur de son bus toutes les 30 minutes clĂŽtureront cette belle journĂ©e dans lâhilaritĂ© gĂ©nĂ©rale.
đ·đș Jour 3, Eglise du Sauveur-sur-le-Sang-versĂ© et Ermitage En 1990, les heureux bambins français sortaient du Mac Donald, le pinâs cadeau de leur Happy Meal bien plantĂ© dans le sweat-shirt. Comme la collection faisait le tour de grandes villes du monde, jâavais eu le pinâs Moscou avec ces 3 tours dâĂ©glise orthodoxe. VoilĂ exactement ce que mâĂ©voquaient les coupoles colorĂ©es des lieux de culte de Russie, un pinâs Macdo. On a la culture quâon mĂ©rite, jâĂ©tais plutĂŽt team ketchup que team sang du Christ dirons nous. Ceci dit, rien ne mâinterdisait de visiter LE monument de St Peterburg, la fameuse Ă©glise du Sauveur-sur-le-sang-versĂ©. Mais on peut se demander ce quâil y a de si dingue pour en faire le 1er spot Ă voir dans la ville ? LâĂ©quivalent dâun terrain de foot en mosaĂŻque reprĂ©sentant les plus grandes scĂšnes de la bible sous 13 mĂštres de plafond ? Bah ouais, tout simplement. Bon ben comme jâai lâoeil qui mouille au rayon carrelage de Castorama, je vois raconte lâĂ©motion quand je compris oĂč je venais de foutre les pieds. Jâai pas le courage de chercher tous les synonymes de magnificence, mais ils ont tous leur place dans cette phrase. PrĂ©voir un petit budget baume du tigre pour le torticolis. Fun fact, ce lieu de culte a servi de lieu de stockage pour les lĂ©gumes aprĂšs la seconde guerre mondiale. Certains diront que ça nâa pas changĂ©, pas faux, il yâa quand mĂȘme beaucoup plus de tĂȘtes grises que de couches culottes, soyons honnĂȘtes. Comme tout le monde, je remplis Ă fond la carte mĂ©moire de lâappareil photo de clichĂ©s ratĂ©s et nous partons vers le second rendez vous de la journĂ©e, le musĂ©e de lâErmitage. Mention spĂ©ciale pour le russe qui portait fiĂšrement un teeshirt Philippe Plein, un probable cousin russe de Calvin Klein. Nan mais Philippe Plein quoi, jâen reris rien quâĂ réécrire cette ligne. Alors pour situer un peu le musĂ©e de lâErmitage, entiĂšrement peint couleur vert dâeau, câest le plus gros musĂ©e du monde, bien devant le Louvre (celui de Paris hein, pas celui de Lens, ni dâAbu Dabi). La plus grosse collection de zgeg en marbre du monde. On va voir du beau mais on le sait bien, ça va ĂȘtre compliquĂ© de garder un taux dâĂ©merveillement maximum toute lâaprĂšs midi. 360 salles Ă visiter, 66000 m2 dâexposition, on va craquer un moment. Bon jâavoue, jâai secrĂštement espĂšrĂ© quâil y ait quelques centaines de m2 sur les meilleurs meme dâinternet. Chou blanc, Ă©videmment. Lâescalier du Jourdin qui mĂšne au premiĂšres piĂšces du musĂ©e est complĂštement dingue. Jamais moins de 200 touristes dedans, câest pour dire comme il est dingue. On doit facilement tourner Ă 2000 photos minutes en heure de pointe, certainement la plus grosse gĂ©olocation dâinstagram dans la ville. La premiĂšre piĂšce Ă visiter propose lâexpo temporaire du hongrois MihĂĄly MunkĂĄvsy, qui nâest pas sans rappeler le travail de Jean François Millet dont jâai eu la chance de voir la retrospective lâannĂ©e derniĂšre dans un minuscule musĂ©e de ma ville, de mĂ©moire câĂ©tait le palais des Beaux des Arts. Comme prĂ©vu les piĂšces sâenchainent aussi vite que notre enthousiasme dĂ©croĂźt. Au fil des heures, les bips dâalerte et les engueulades des vigiles nous ont peu Ă peu convaincu. On se dĂ©cide Ă quitter lâendroit et la fin dâaprĂšs midi se transforme en escape game gratuit. Le dernier musĂ©e de la journĂ©e sera celui de la vie. Petit best of des zinzins rencontrĂ©s sur le retour : un enfant avec une rĂ©plique grandeur nature dâune mitraillette Ak47 tapant la pose devant lâappareil smartphone de sa grosse mĂšre. Une top modĂšle amatrice/instagrammeuse/influenceuse (comme la moitiĂ© des filles du centre ville) qui catwalke le passage piĂ©ton surblindĂ©. Si on a pas vu le petit copain photographe au dĂ©part des bandes blanches, on peut trouver ça mega chelou. LĂ câest juste chelou. Pour la soirĂ©e, nous avons pris une paire de tickets pour un concerto de Brahms dâun petit salon de musique classique. Tout le monde a sorti les chemisiers du dimanche et comme personne nâĂ©teint la lumiĂšre pour le concert, yâen avait autant Ă voir sur scĂšne que dans le public. On en a vu des trucs aujourdâhui. Jâen ai presque oubliĂ© les lapins angora en cage des toilettes du resto de ce midi.
đ·đș Jour 2, St Petersbourg, le musĂ©e FabergĂ© et la cathĂ©drale Smolny Le musĂ©e FabergĂ© ouvrira les festivitĂ©s de cette deuxiĂšme journĂ©e chez les russes. Pour le fan de tĂȘte dâanimaux pot de fleur en cĂ©ramique achetĂ© 90 centimes en braderie, je suis sĂ»r que lâexpĂ©rience va me plaire. Surchaussons en plastique, audioguide en français, la grande attraction de la babiole Ă 5 millions dâeuros peut commencer. Les gars ont foutu le paquet dĂšs la premiĂšre piĂšce (si on ne compte pas lâĂ©norme escalier en marbre blanc et moquette rouge de lâentrĂ©e), dans ce salon aux murs bleus, que les gars ont dĂ©cidĂ© dâappeler le salon bleu, sont disposĂ©s 14 oeufs de PĂąques signĂ©s de la main de Karl FabergĂ©. Ces oeufs lĂ ont Ă©tĂ© commandĂ©s par Alexandre 3 et Nicolas 2, derniers tsars de Russie. Ăa brille, ça claque, ça sent le coeur Ă lâouvrage. Un des plus fous est certainement lâoeuf Ă lâoranger offert par Nicolas 2 Ă sa mĂšre Marie Feodorovna pour fĂȘter ses 30 ans de rĂšgne. Big Up Maman. Les 275 feuilles dâoranger taillĂ©es dans la nĂ©phrite de sayan, pierre prĂ©cieuse verte du sud de la Russie forment un buisson boule posĂ© sur un tronc lui mĂȘme installĂ© dans une boite blanche. Lâouvrage dâune vingtaine de centimĂštres sâouvre via un petit mĂ©canisme qui laisse apparaitre un mini rossignol empaillĂ© mĂ©canique qui tourne, ouvre le bec et chante ! Je ne sais pas Ă quelle moment lâhumanitĂ© Ă dĂ©cider de remplacer toute cette beautĂ© par une boule de graisse dâhuile de palme et un jouet chinois en plastique foireux quâon appelorio Kinder Surprise mais quelquâun Ă oublier de signer le hors jeu, soyez en sĂ»rs. Sâenchaineront pendant de longues et Ă©merveillantes minutes de cette visite une queuleuleu dâobjets dâarts de la table des grands de Russie. SoupiĂšres 80 litres en Ă©tain avec poignĂ©es double tĂȘte dâours, cruches Ă vin gĂ©ante en Ă©mail signĂ©e des frĂšres Gratchev, couteau lunettes en pierres prĂ©cieuses, Ă©tuis Ă cigarette en porcelaine et autres boites Ă merde trop stylĂ©es. Vers la fin de la visite, avec mon pinâs plaquĂ© toc de Jean Pierre Papin pĂ©riode OM 90-91, je me sentais vraiment dans mon Ă©lĂ©ment. Jâai presque eu peur de devoir expliquer au vigile qui Ă©tait JPP et pourquoi ce pinâs, aussi beau soit il, ne pouvait pas ĂȘtre une piĂšce de la collection FabergĂ©. Midi sâaffiche sur lâiphone, on dĂ©cide de se faire la cathĂ©drale Kazan avant dâaller dĂ©jeuner. Dans la rue, je cass la faim en mangeant mon mini concombre comme les jeunes dâici, câest frais, rafraichissant et ça me rappelle quâil faut que je trouve ce fameux Sprite au concombre. Dans lâĂ©norme cathĂ©drale Kazan, inspirĂ©e de lâĂ©norme basilique St Pierre de Rome, musĂ©e de lâathĂ©isme pendant les grandes annĂ©es du communisme (lol), les chrĂ©tiennes orthodoxes voilĂ©es font la queue pour embrasser une relique et une sacrĂ©e paire de loulous se collent le gras de front sur les vitres des tableaux de leurs saints prĂ©fĂ©rĂ©s. Je ne sais pas si câest la fatigue ou les relents de beautĂ© FabergĂ© mais tout ce petit manĂšge mâĂ©meut. Petit big up pour le ninja du signe de croix. A lâĂ©vidence, violence et repentance peuvent vivre main dans la main. Encore un restaurant Ă la carte Ă rallonge. Pizzas, salades, soupes, poissons, viandes, fromages, tout, toutes les formes et toutes les couleurs, jâai lâimpression que la spĂ©cialitĂ© dâici est de ne pas en avoir. Incroyable tout de mĂȘme. Jâopte pour une entrĂ©e Ă base betterave, un des lĂ©gumes prĂ©fĂ©rĂ©s du pays. On la retrouve ici broyĂ©e et mĂ©langĂ©e Ă de la poudre de noix et de la coriandre finement ciselĂ©e. Elle se prĂ©sente en boulettes et le cuisto a du trouver drĂŽle dây planter 2 grains de grenade pour quâelles ressemblent Ă des tĂȘtes. Avec cette histoire de mini oiseau FabergĂ©, jâĂ©tais prĂȘt Ă ce quâelles se mettent Ă parler. La purĂ©e Ă©picĂ©e gĂ©orgienne dâharicots rouge finira le moment gastronomique de notre dĂ©jeuner. On retrouve GaĂ«lle sur la perspective Nevsky. Elle a cours Ă 15h et comme son universitĂ© se situe dans les couvents de la sublime cathĂ©drale Smolny, on dĂ©cide dâen faire une destination de choix pour notre aprĂšs-midi. HabillĂ© de blanc et bleu ciel, le gigantesque Ă©difice de 93,7 mĂštres de hauteur ressemble Ă un maillot de foot rayĂ© de lâĂ©quipe de Marseille version baroque. Pour ma 2iĂšme fois, mon pinâs Jean Pierre Papin fait sens. Quel heureux hasard. Il nous faudra une bonne heure pour se rassasier de la beautĂ© de cette cathĂ©drale. A la surprise gĂ©nĂ©rale, lâintĂ©rieur sent lâenduit de lissage en pot de chez Leroy Merlin. Bah oui, quand on rentre dans sa 270iĂšme annĂ©e, on nâhĂ©site plus Ă passer chez le chirurgien esthĂ©tique pour se refaire une beautĂ©. La longue ballade du retour sera ponctuĂ©e de visites dâĂ©glises aux noms Ă rallonge. Le point kamoulox de la journĂ©e sera atteint sur le parvis de la cathĂ©drale du sauveur-sur-le-sang-versĂ© avec un sosie dâun des Bee Gees en short claquettes chaussettes short jouant lâair de Titanic sur une scie musicale. Câest Ă ce moment lĂ quâon sâest dit quâon avait suffisamment rempli notre journĂ©e. Il restait tout juste la place pour 2 verres de vin blanc, 6 olives et le visionnage du clip Come to Daddy dâAphex Twin. Ma mĂšre Ă©tait passĂ©e Ă cĂŽtĂ©.
đ·đș St Petersbourg, jour 1. St Philippe de Martinez a entendu nos priĂšres, ma mĂšre et moi venons dâarriver Ă la porte L33 du terminal 2F de lâaĂ©roport Roissy CDG sans quâaucune minute de grĂšve nâaie Ă©tĂ© annoncĂ©e. CalĂ©s dans notre airbus 318 dont lâespace entre chaque rangĂ©e de fauteuils de la classe Ă©co nâexcĂšde pas les deux tiers de mon fĂ©mur, nous attendons le dĂ©collage, la sieste et le petit dej, quelque soit lâordre. Si seulement je pouvais surclasser mes jambes, juste mes jambes. Notre passage aux douanes se passe bien mieux que celui du couple dâamĂ©ricains qui sâest trompĂ© dâune journĂ©e sur son visa tourisme. Le douanier vient de leur annoncer quâils devront attendre une dizaine dâheure avant de pouvoir sortir de lâaĂ©roport. Ă cĂŽtĂ©, lâannulation de notre Airbnb 2 jours avant le dĂ©part parut bien moins compliquĂ©e Ă gĂ©rer. En mĂȘme temps, je nâai pas le bagage gĂ©nĂ©tique suffisant pour prĂ©voir plusieurs mois Ă lâavance lâexpiration de carte bleu entre deux paiements airbnb. 13h45 heure locale. Sandalettes en cuir, chaussettes noires, sac banane, faux polo ralph lauren et oreillette bluetooth vissĂ©e dans le crĂąne, derriĂšre le volant de sa renault Fluence, notre chauffeur de taxi Ă la tĂȘte dâEdward Norton dans Fight Club, sâest mis sur son 31 roubles pour nous accueillir. Franchement, ça le fait. On roule sur des avenues gĂ©antes bordĂ©es dâimmenses immeubles et sur les ondes de radio taco passent Ă peu prĂšs dans cet ordre : Robert Miles et son tube « Children », lâ « Ainsi soit je » de MylĂšne Farmer et « Mademoiselle chante le blues » de Patricia Kaas. On est pas arrivĂ©s depuis 30 minutes que je me sens Ă lâaise (sauf pendant le solo de trompette de Mademoiselle chante le blues). Intelligemment guidĂ©s par ma cousine GaĂ«lle, sur place depuis quelques mois, le top dĂ©part aux activitĂ©s touristiques est donnĂ©. Câest lâhomologue russe du bateau mouche parisien qui ouvre cette semaine de culture. Un bon bol dâair et de diesel plus tard, les monuments de la ville sont placĂ©s sur la carte, le théùtre Mariinski, la cathĂ©drale Saint Isaac, le musĂ©e de lâErmitage, le pont Anitchkov et la supposĂ©e tĂȘte de NapolĂ©on gravĂ©e sur une couille de cheval sont tous lĂ . Ils nâattendent que des prĂ©sentations en bonne et due forme. On prendra le temps de mieux se rencontrer pendant la semaine. On remonte la perspective Nevski, aka lâavenue Neva, les champs ElysĂ©es dâici et nous choisissons lâoption rooftop dâun restaurant branchouillard pour notre repas du soir. Le moment poilade du repas, câest la prĂ©paration du guacamole façon crĂȘpes suzettes resto Ă©toilĂ©. Un jeune russe, lâoreillette de son talkie tombĂ©e sur lâĂ©paule, genre stagiaire du KGB, nous prĂ©sente les ingrĂ©dients du guacamole avant de pĂ©niblement les Ă©craser tous ensemble. Sâil avait pas fait tomber lâĂ©norme poivriĂšre en partant, on lâaurait applaudi. Je choisis la soupe Solianka comme aventure culinaire principale, « une soupe Ă©paisse et Ă©picĂ©e qui comprend certains composants du chtchi (chou, smetana) et de la rassolnik (cornichons), des condiments tels que des olives, des cĂąpres, des tomates, du citron, du jus de citron, du kvas, et des champignons » selon Wikipedia. Un dĂ©licieux jus chaud qui pique fort selon le gastronome fatiguĂ© que je suis Ă cette heure lĂ . Avant de fermer les yeux, jâapprends lâexistence dâun sprite au concombre. Soyons en sĂ»r, je ne repartirai pas dâici sans avoir dĂ©clenchĂ© un diabĂšte sucrĂ© type 2 avec ce prĂ©cieux nectar.
#blablacar Lille - Paris, Mardi 24 avril 2018. Alain D, 46 ans, rdv Gare Lille Flandres - 13H20