Quel avenir pour la présipauté de #Groland après le décès de Christophe #Salengro ?

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Quel avenir pour la présipauté de #Groland après le décès de Christophe #Salengro ?
Olivier #Faure comme son nom l’indique
Faure c’est le nouveau nom du patron du PS. Et il n’est pas nouveau en politique. Faure c’est aussi celui d’une marque qui a fait de la paronymie un art publicitaire. Des slogans que je vous propose d’analyser sous l’angle de l’usage politique que pourrait en faire Olivier Faure. Bref, je fais gagner du temps au député de Seine-et-Marne et aux tireurs de Libé.
“Faure: la qualité c’est notre fort”
C’est le slogan d’une pub de 1979 dans laquelle on retrouve Michel Leeb en vendeur de lave-linge. Slogan écrit à la fin de la pub mais qui n’est pas prononcé. La pub se moque de des slogans de la marque, l’humour relatif consistant à essayer d’éviter l’emploi du mot fort.
http://www.ina.fr/video/PUB3213293074/faure-lave-linge-fort-video.html
C’est un slogan qui conviendrait bien à une élection municipale. Une campagne de défense et non d’attaque, qui vante autant un bilan qu’une image. Un slogan pour socialisme municipal pépère. Pas vraiment le contexte de 2020. A déconseiller.
“Faure : pour vivre heureux”
C’est le slogan du milieu des années 80. On ne vante plus une qualité française mais un art de vivre. Dans une des pubs, on voit un groupe d’individus s’ennuyer ferme et chanter triste avant d’être sauvé par une batterie de cuisine
http://www.ina.fr/video/PUB3784046089/faure-gamme-arthur-martin-ufam-lave-linge-refrigerateur-four-video.html
Un slogan qui est dans la plus pure tradition des campagnes présidentielles socialistes. Pas très loin du futur désirable, puisque l’homme aspire naturellement au bonheur. Avant de changer la vie, il faut refaire sa cuisine. Slogan à conserver et à mettre en attente de validation pour la présidentielle de 2022.
“Faure : le mot est faible”
On trouve ce slogan à la fin des années 80. Faure se lance dans la pub comparée. Le film se passe chez les concurrents. Leur président présenté de façon ridicule, comme une sorte d’enfant-roi qui aime se déguiser (suivez mon regard), s’exclame ‘je suis ruiné” quand ses conseillers lui présentent les progrès technologiques des modèles Faure. Vous mettez Macron à la place, ça fonctionne plutôt bien.
http://www.ina.fr/video/PUB3784094032/faure-lave-linge-video.html
Slogan à manier avec précaution. Il convient plutôt à une campagne de réélection à la présidence de la République. Trop prétentieux pour un parti en reconstruction. A tester peut-être lors d’ une législative partielle.
“Faure comme son nom l’indique”
C’était le slogan idéal pour la campagne qui vient de se dérouler. Une campagne où il était connu et identifié par les électeurs. Comme son nom l’indique, un gage de sérieux et un label de qualité socialiste. Breveté Solfé.
Maintenant, le nouveau patron doit se présenter au grand public. Il devra emprunter la déclinaison éternelle de la présentation de la marque. Faure: F,A,U,R,E. Le martèlement.
En 1974, dans une réclame de Molinaro, la marque communiquait par son histoire. Le film retraçait la vie de Théodore, le fondateur de la fonderie. Tour à tour en redingote et en bleu de chauffe dix-neuvième siècle. La valeur refuge d’un socialiste en plein doute, les mânes de Blum, Mitterrand et ..... François Hollande. A réfléchir pour les européennes.
Sinon en 2001, la marque créait un jeu vidéo en ligne sur son site, baptisé Captain Faure Invaders.
Eh les gars vous êtes sûrs. On n’avait dit pas le sauveur. Ouais mais maintenant tu es élu.
#congrèsPS Les mousquetaires du PS à l’assaut du duc de l’Instagram
Ils sont quatre. Quatre candidats mousquetaires à l’assaut du duc de l’Instagram, du cardinal Philippe et des redoutables gardes emmenés par le comte de Forcalquier. La gauche de gouvernement est en régence. Ils ont une mission. Ramener un membre de leur famille sur le trône.
Stéphane Le Foll est Porthos
Entre colères bougonnantes et tapes sur l’épaule, le bon géant de la Hollandie a rengainé l’estoc du garde rapproché. Le verbe haut ne menace plus, ni ne vitupère. Il prophétise et redonne espoir. Les coups de menton ne sont plus là que pour indiquer une direction qui n’est plus celle du retour dans le rang. Les épaules roulent toujours. Mais c’est leurs rondeurs qu’il faut apercevoir, plus les muscles. Capital sympathie et fidélité à toute épreuve, le grognard (anachronisme assumé) charge enfin pour son compte. Le PS a-t-il besoin d’un ambianceur ?
Luc Carvounas est D’Artagnan
Carvounas ça vient de Grèce. Mais vous y ajoutez une particule, ça sent tout de suite son cadet de Gascogne. Luc de Carvounas est donc le dernier arrivé sur la scène médiatique. Et le plus impétueux. Aussitôt débarqué à Paris de sa province catalane d’adoption, il provoque tout le monde en duel. Sa botte pas si secrète passe par la gauche pour remonter au centre. Le PS a-t-il besoin d’un bretteur fou ?
Emmanuel Maurel est Athos.
Les correspondances, baudelairiennes ou autres, ont toujours leurs limites. Athos est le plus vieux des mousquetaires, Maurel le plus jeune des candidats. Mais être disciple de Poperen, ça vous met vingt ans dans la vue. Non ? Athos c’est une certaine idée de la tradition. Maurel n’est pas né un dix mai à Epinay-sur-Seine pour rien. Il encadre ses trois autres compagnons. C’est le sage du quatuor mais qui ne laisse pas sa lame aux chiens quand il le faut. Gaucher qui ne veut pas être contrarié, sa botte ne brille par l’originalité. Le PS a-t-il besoin d’une caution morale ?
Olivier Faure est Aramis
Aramis c’est l’homme d’église et l’homme d’intrigues. D’ecclésiastique, Olivier Faure peut en avoir l’allure même si ce n’est pas faire preuve de beaucoup d’imagination. Mais s’engager en politique, c’est un peu entrer dans les ordres. L’abbé Faure espère aujourd’hui en donner. Aramis est un jésuite. Référence qui fera sourire les adversaires du député de Seine-et-Marne, volontiers pourfendeur de ses palinodies subtiles par rapport au duc de l’Instagram (le duc du Facebook Live , ça ne fait pas très 17 ème). Au centre de toutes les intrigues comme peut l’être un homme d’appareil partisan. Le PS a-t-il besoin d’un stratège florentin ?
En attendant le retour éventuel de Milady, les militants PS vont devoir choisir l’un de ces quatre hommes. Un candidat idéal mixerait sans doute les qualités de chacun. Mais le plus dur reste l’histoire à écrire. Et à inventer. Et peut-on imaginer Dumas écrire “Vingt ans après”, avant les “Les Trois mousquetaires” ?
Ma famille n’habite pas le Loir-et-Cher
Je l’avoue sans honte. Ca me gêne de marcher dans la boue. La boue, je l’aime propre, étalée sur mon visage dans une thalasso. Maculant mon jean slim Kooples, je goûte moins. Et puis dans les maisons de campagne où je séjourne, il n’y a jamais de bottes à ma taille. Trop petites ou trop grandes, comme s’il était écrit qu’aucun rural ne chausse du 41. La beauté des petits matins dans la brume et la rosée. Très peu pour moi. J’ai l’impression de marcher sur un champ de chewing-gum dans un hangar réfrigéré. Et pour faire de la fumée avec ma bouche, je préfère encore les cigarettes. Avec filtres.
Je l’avoue sans honte. J’ai peur de conduire sur une route départementale. Je me fiche un peu du débat sur la limitation de vitesse. Moi je ne dépasse pas le 30 km/h/. Vous savez, le gars qui est derrière le tracteur et qui n’ose pas doubler c’est moi. Celui qui fait ressembler le RD 392 entre Couilly-la-Cerise et Vergerville au périphérique à 8 h du matin. J’ai l’impression que je joue à la roulette berrichonne à chaque fois que j’actionne le clignotant.
Je l’avoue sans honte. Je sursaute à chaque fois qu’un chien aboie quand je passe le long d’un bâtiment. C’est à dire tout le temps. J’ai moyennement confiance dans les grillages de trois mètres de haut. Car j’ai bien regardé, il y a toujours des trous dans ces grillages. Sans parler des laisses dont la rupture de stock apparente doit traduire l’abandon des services publics. Chien libre, toujours tu chériras la campagne. Mais ta liberté me fait faire des cauchemars.
Je l’avoue sans honte. Je ne comprends pas que quand j’ouvre mon appli Uber, le GPS m’indique que le chauffeur le plus proche est à 45 km. Ni que le dernier vainqueur de la ronde cycliste de Saint-Christophe le Jalolet ne fasse pas le livreur pour m’apporter le chèvre frais de la ferme de la Cousinière.
Je l’avoue sans honte. Mes parents n’habitent pas le Loir-et-Cher. Et pas plus l’Indre-et-Loire. Je suis un urbain. Ce privilégié de l’aménagement du territoire. Ce cador de la DATAR. Le béni des dieux du service public. Le ravi de la crèche de proximité. Ce petit roi des bétons qui mentent et des tours qui dissimulent.
Cet hologramme métropolitain qui ne peut pas comprendre la vraie vie. Cet homme sans racine qui n’a pas de noms à glorifier sur le monument aux morts du village. Ce condescendant à pass navigo. Ce méprisant aux 1000 médecins au kilomètre carré.
Je l’avoue sans honte. Je ne connais rien à la ruralité. Je vis sans voir de cheval ou de hibou. Et je n’ai pas le QI de Stephen Hawking pour regarder les étoiles dans des observatoires. Cela fait-il de moi un homme mauvais ?
Comment je n’ai pas vu grandir Marion Maréchal-Le Pen ?
Juin 2012. Place du Palais Bourbon, le soleil rappelle qu’au-dessus de celle des hommes, la loi de la nature gouverne. Et elle est clémente en cette journée de première séance inaugurale de la nouvelle mandature. Je fume une cigarette en attendant le rush des premières émotions. Un taxi s’arrête.
Marion Maréchal-Le Pen en sort, trop bien habillée pour la circonstance. Ses deux parents lui emboîtent le pas talonné de haut. Echanges de banalités sur la fierté qu’ils éprouvent pour leur fille. Je les laisse partir rejoindre les huissiers postés à l’entrée de l’Assemblée. Image attendrissante d’une famille qui accompagne son petit dernier à la rentrée des classes.
Difficile avec ce tableau d’oublier que la benjamine de l’Assemblée est une toute jeune femme. Surtout que je la revois quelques mois plus tôt courir, toute joie juvénile dehors, dans les travées des salles de meeting de la présidentielle. Tee-shirt FNJ et jean slim, plus préoccupée, semble-t-il, de rigoler avec ses camarades que d’écouter les discours de sa tante.
Elle m’explique alors qu’elle n’envisage pas d’être candidate à la députation. Qu’elle préfère achever ses études et connaître autre chose que la politique. Bien sûr, je l’ai vue s’affirmer sur les bancs de l’hémicycle. J’ai appris qu’elle s’était mariée, qu’elle avait eu un enfant et qu’elle s’était séparée du père de ce dernier. Autant d’expériences qui accélèrent une maturation. J’ai surtout écouté et regardé ses interviews, tranchantes et efficaces.
Pour autant, difficile de me départir de cette impression première de juin 2012. Une députée accompagnée par ses parents pour aller en séance. J’ai des circonstances atténuantes.
Marion Maréchal-Le Pen, j’ai réalisé sa première interview télé lors d’un reportage. C’était en décembre 2009. Marie-Christine Arnautu présentait ses listes pour les régionales en Ile-de-France. A ses côtés, une jeune fille dont la blondeur ne démentait pas le nom écrit dans le dossier de presse. Marion Le Pen (point de Maréchal à l’époque), n°2 sur la liste des Yvelines. Et “nièce de” donc.
Et les rares journalistes présents - elle n’était pas encore un point d’attraction- découvrent une jeune femme plutôt timide, polie, soucieuse de son expression sans que celle-çi soit défaillante. Pas encore la bonne cliente, mais pas non plus le boulet qu’il s’agit de rayer des listes d’invités potentiels. Nous sommes en pleine affaire Jean Sarkozy à l’Epad. Assez bêtement, je tente un parallèle. Elle me renvoie dans mes 22, gentiment, sans agressivité en mode “pas de commentaires”.
C’est toujours un privilège de connaître une personnalité politique à ses débuts. C’est aussi un piège. Car j’ai eu du mal à la voir grandir. Et je pense que c’est la même chose pour Marine Le Pen.
Bien sûr, il faut analyser les propos de la patronne du FN sur sa nièce en termes politiques, en fonctions des rapports de force et des dangers ou des aides que MMLP représentent. Mais en l’écoutant l’autre jour, avouer une forme d’admiration pour la pratique de l’anglais de sa nièce, j’ai cru repérer un peu du dévoilement soudain que l’on éprouve vis à vis de son enfant grandi. Waouh, dire qu’il y a trente ans, c’était cette toute petite chose que j’ai été cherché à la maternité.
“Je suis là pour rendre service”, répétait à l’envi, Marion Maréchal Le Pen, pendant les régionales de 2010, alors que les médias autour d’elle étaient toujours plus nombreux au fil de la campagne.
Il y a dix ans, Marion Maréchal Le Pen, c’était Katniss Everdeen, l’héroïne de “Hunger Games”, alias “le geai moqueur”. Figure de propagande manipulée par les responsables de la rébellion contre un pouvoir dictatorial. Manipulée mais guère manipulable comme ils s’en rendront vite compte. Même si elle accepte au final de “rendre service”, jusqu’à un certain point. (si vous ne voulez pas connaître la fin de Hunger Games, qui est un grand livre, arrêtez la lecture)
ATTENTION SPOILER.
Quel est l’avenir de Marion Maréchal-Le Pen ? Toutes les réponses sont dans “Hunger Games”. A la fin de la trilogie, elle vit retirée des tumultes politiques. Non sans avoir accompli un dernier acte. Tuer la cheffe de la rébellion de son arc.
Comme quoi, pour saisir la réalité et comprendre qu’une jeune fille a grandi, il faut parfois passer par la lecture des mythes.
Marine #LePen, la Guéparde
« Il faut que tout change pour que rien ne change ». Nous sommes nombreux ce matin à penser à cette phrase du “Guépard”, en regardant la situation de l’ex FN pas encore RN. Ce n’est pas la citation la plus originale de la place publique et son usage intensif en a galvaudé le sens et amoindri la percussion.
Est-elle si juste que cela ? Car au FN si TOUT n’a pas changé, cela veut-il dire que RIEN n’a changé. Et dans cette zone subtile se trouve peut-être la réponse à la vraie question : le FN a-t-il besoin de changer ?
Un changement de nom doit symboliser un changement plus profond. Marine Le Pen l’a expliqué en long et en large durant tout ce week-end. C’est un changement de stratégie électorale, alliance pour gouverner, et non un changement de programme. Si le FN était un “frein psychologique”, le RN devra émanciper les pudeurs.
Une astuce onomastique, un tour de passe-passe sémantique dont la portée semble limité par le fond idéologique du même granit, les agissements toujours racistes de quelques uns et surtout le maintien de l’autre marque de la holding: l’appellation Le Pen. Tout change donc mais rien ne change.
Plutôt que d’y voir une ruse grossière ou un cynisme politicien, ne faut-il pas considérer cet entre-deux comme l’expression du désarroi de la patronne ?
Le FN va-t-il si mal ? Arriver au second tour de la présidentielle, réunir plus de dix millions de suffrages, dépasser 30% des voix, ce n’est pas rien. Décevant peut-être mais Marine Le Pen n’est pas la seule dirigeante politique à avoir mésestimé Emmanuel Macron dans sa stratégie présidentielle.
8 députés aux législatives. Ennuyeux sans doute mais la déperdition entre le score de la présidentielle et celui des législatives est un phénomène structurel au FN. Enfin les idées d’extrême-droite ou populistes triomphent et progressent partout ailleurs. Tout changer serait donc une idée stupide. Se dédiaboliser, à rebours du sens de l’histoire comme l’a rappelé Steve Bannon.
Mais si le FN ne va pas si mal, Marine Le Pen va-t-elle si bien ?
Ce changement, c’est elle qui l’a appelé de ses voeux au soir du second tour de la présidentielle. De façon trop précipitée. C’était une manière d’anticiper la levée des couteaux contre elle et d’aimanter leurs lames aiguisées vers d’autres cibles.
Mettons tout sur la table. On discutera du design des couverts pas de la compétence du majordome. Changeons la calligraphie du menu, ne virons pas la chef désetoilée. Comme si Bocuse avait fait du Bulli. Impensable.
Le changement ne pouvait donc qu’être mineur et invisible pour une opinion publique qui ne va pas éplucher les subtilités des nouveaux statuts ou commenter la dixième place de Mme Arnautu au palmarès des cadres préférés des militants.
Parler de politique les années sans élections c’est de la littérature. Comment va le FN ? On aura la réponse aux européennes de 2019.
Il sera temps alors de consulter le dictionnaire des citations pour préparer le premier congrès d’un RN, dans une impasse, une voie de garage ou un boulevard vers l’Elysée.
Je vous propose ce vers de Malherbe si jamais Marine Le Pen devait passer la main, car là serait le grand changement. Il lui reste à trouver son Burt Lancaster.
“Et rien, afin que tout dure, ne dure éternellement”.
Emmanuel #Macron est-il un indigent de la République ?
“La colonisation, un crime contre l’humanité”.
On comprend bien les arrières-pensées d’Emmanuel Macron. Séduire l’électorat abstentionniste des Français issus de l’immigration, notamment les jeunes, à qui il promet, rompant avec le paternalisme classique des politiques de gauche, un épanouissement personnel y compris via la réussite économique et matérielle.
Disant cela, il prend le risque de rompre un autre de ses engagements: rassembler une société française aux mémoires fracturées. Et de raviver ce débat stérile sur les bienfaits ou les méfaits de la dite colonisation. Stérile car anti-historique et aporétique quant à ses conclusions.
Mais, généraliser ainsi la colonisation est stupide et indigent intellectuellement. La colonisation est un concept historique qui s’est exprimé au 19 ème siècle mais qui existe depuis l’Antiquité. Le crime contre l’humanité est un concept juridique qui date de 1945. Sortons néanmoins du cadre étroit mais RIGOUREUX du droit pour se placer sur celui de la morale et de l’idéologie.
Définir la colonisation comme un crime contre l’humanité a-t-il un sens ? La colonisation est-elle la conquête d’un territoire d’une puissance par une puissance étrangère ? Elle rejoint alors la longue liste des entreprises guerrières et des catastrophes et des atrocités humaines qui les accompagnent. Tout conflit serait alors un crime contre l’humanité. Des guerres puniques (colonisation à l’envers) à la Guerre de 30 ans, dernière queue de comète des si “fun” guerres de religion. La guerre c’est pas bien. Dommage qu’Emmanuel Macron ait travaillé avec Ricoeur pour parler comme Miss France.
La colonisation est-elle l’administration du territoire conquis sous un régime d’inégalité de droit ou de fait entre occupants ou occupés justifiée à priori ou à postériori par un mission de “civilisation” ? Plus clairement, la colonisation française a-t-elle détruit une culture indigène? Elle n’a jamais interdit le culte musulman. Elle a certes promu l’usage de la langue française et déstructuré les organisations locales du pouvoir. Pour résumer très grossièrement, elle a abaissé l’influence de la culture d’origine pour tenter d’imposer la sienne. Mais on ne peut parler de destruction. Et l’Etat français a-t-il agi de façon si différente avec la culture bretonne par exemple ?
La colonisation est-elle l’appropriation des ressources en matières premières des pays colonisés à des fins d’enrichissement privé ou public des puissances occupantes ? Inutile de nier la domination économique. Elle est évidente. Mais est-elle un crime conte l’humanité ? Le débat appartient aux juristes pour un concept qui est constante évolution.
Et surtout de quel moment colonial parle Emmanuel Macron ? Quand il dit crime contre l’humanité, on pense tout de suite à l’esclavage. Crime irréfutable, atroce, massif et organisé. Sauf qu’il correspond au premier empire colonial français de l’âge classique. Or en s’exprimant d’Algérie, Emmanuel Macron évoque l’empire colonial du 19 ème siècle où l’esclavagisme, du moins du point de vue du droit, n’existe plus depuis 1848.
Bref, en généralisant, Emmanuel Macron est bien un indigent intellectuel de la République. Il aurait été plus sage de dire que dans la cadre de la colonisation, des crimes contre l’humanité ont été commis et de citer lesquels. On saurait alors de quoi il parle.
Surtout, il commet une faute politique. Alors même que dans son discours de Lyon, il expliquait que les moments historiques cruciaux, comme celui d’aujourd’hui, nécessitaient le dépassement du clivage gauche/droite, il use de références historiques pour raviver un autre clivage, sans parvenir à la réconciliation faute de donner des faits.
Il ouvre un débat de Pandore au lieu de le clore, comme avait su le faire Jacques Chirac avec le Vel d’Hiv.
Hommage à #Todorov façon Delerm (pour les khâgneux des années 90)
Le degré zéro
De l’écriture
Pour les oraux
De littérature
Point seuil
En poche
Cornées les feuilles
C’est moche
En soirée un Todorov
Arrosé de Smirnoff
Starobinski
Sur le télé-ski
Jean-Pierre Richard
Comme star
20 ans en khagne
Drôle de vie
Encore merci
Tzvetan
Pourquoi 2017 ne marque pas le départ d’une génération politique
Hollande, Sarkozy et Juppé : out ! Cela suffit pour que les papiers fleurissent sur le thème de la fin d’une génération politique. Tarte à la crème démentie par les faits.
Pour marquer une génération, on s’attachera à la date du premier mandat politique. Hollande (1983), Sarkozy (1977), Juppé (1983).
On est d’accord que si une génération s’en va, on ne doit plus trouver de ses représentants dans la course présidentielle.
François Fillon a eu son premier mandat en 1981 et Jean-Luc Mélenchon en 1983. Ils ne sont pas les moins bien placés dans les sondages. Si jamais François Bayrou se présentait, il rejoindra le club avec son premier mandat de conseiller général en 1982.
Et si Gérard Larcher (premier mandat 1979) devenait premier ministre, cela renforcerait la résistance des expérimentés.
Les dinosaures ne se portent pas si mal.
Pour le PS, la situation apparaît différente. François Hollande parti, ses possibles successeurs semblent bien appartenir à une autre génération. Sauf qu’à regarder de plus près le CV de Manuel Valls, on s’aperçoit que son premier mandat date de 1986. Guère éloigné de celui du président de la République. C’est bien la même génération. Les années Mitterand/Rocard comme petites mains, les années Jospin en lieutenants (avec des rôles publics différents) et le quinquennat 2012-2017 à la barre.
Arnaud Montebourg (premier mandat en 1997) et Benoit Hamon (premier mandat en 2001) incarnent eux véritablement une génération politique différente. Tout comme Macron, Dupont-Aignan (premier mandat 1995), Marine Le Pen (premier mandat 1998) Arthaud ou Poutou. Les 4 derniers cités en sont néanmoins à leur deuxième candidature à la présidentielle. Il s’agit pas bien d’une autre génération politique mais pas d’une nouvelle génération politique.
Bref, cette idée d’une génération politique qui tire sa révérence est certes séduisante pour tenter de donner une cohérence à des événements dépenaillés, mais elle relève plus d’une vue de l’esprit que d’une réalité.
Halte à la niaiserie: pourquoi il faut retirer les affiches de prévention contre le #sida
Bravo aux maires d’Aulnay, Chaville ou Angers. Oui, vous avez raison de retirer les affiches de prévention contre le sida. Tant de niaiseries est insoutenable pour le regard de nos jeunes enfants.
Des couples homosexuels qui s’étreignent avec un sourire béat. Le regard vidé de toute concupiscence. Des couples pas très hardis d’ailleurs. Ca se regarde, ça se touchotte. Mais il faut avoir un peu d’imagination pour voir dans ces hugs à peine appuyés les préliminaires de pénétrations sauvages.
Il faudra aussi m’expliquer ce que les concepteurs de cette campagne ont contre les chemises ou les pulls. Mais le tee-shirt doit être la limite de la suggestion sensuelle autorisée par la morale publique.
Et ce filtre pastel. Que c’est mignon. Il ne manque que le logo Hello Kitty au bas de l’affiche.
Oui, messieurs les maires, vous avez raison de vous opposer à cette affiche qui coûte de l’argent public et ne sert à rien. Car elle manque sa cible. A qui s’adresse-t-elle ? Aux homosexuels qui ont des partenaires multiples et adoptent des comportements à risques en baisant sans protection.
Oui vous avez raison. Une belle fellation avec un sexe bien rigide, tout veiné d’afflux sanguin, encapuchonné de plastique aurait été tellement plus efficace. Une paire de fesses offertes à la saillie abrupte d’un étalon en rut avec deux pilules de Truvada sur la table de chevet aurait été tellement été plus forte.
Et un gloryhole avec un bareback qui sucerait la Mort. Là ça fouterait bien les jetons et ça ferait réflechir.
Alors, oui vous avez raison de demander le retrait de ces affiches. Tellement choquantes par leur naïveté, leur décence, leurs légendes inoffensives. Merci dans ce monde anesthésié par l’ iconiquement correct de réveiller nos consciences.
Quand @hugoclement enfonce les portes ouvertes.
Hugo Clément a beaucoup de talent ..... pour enfoncer les portes ouvertes. Dans un post Facebook, abondamment liké et commenté, le reporter de l’émission “Quotidien” dénonce le discours anti-élites des politiques. Non tellement parce que ces propos seraient populistes mais parce qu’ils ne seraient pas des émetteurs crédibles, ces politiques là appartenant à l’élite et au système.
Il leur reproche de ne pas nommer les membres de l’élite. Sous-entendu, ils restent dans le vague pour ne pas se dénoncer eux-mêmes. Sauf que lui-même ne définit pas précisément ce qu’est l’élite mêlant allègrement l’élite financière, politique ou culturelle. Il a l’honnêteté rhétorique de se ranger dans cette dernière au vu de son parcours professionnel et de ses origines familiales.
Il cite quatre figures politiques (Marine Le Pen, Florian Philippot, Nicolas Sarkozy et Jean-Christophe Cambadélis). Et il tente d’invalider leurs propos anti-élites en les confrontant à leurs parcours. Une sorte de fact-checking biographique aux relents d’ultra-déterminisme bourdieusien. Encore une fois, il ne s’agit pas d’interroger la pertinence du discours anti-élites (est-il juste ou non?) mais de ridiculiser les messagers avec le fameux “d’où parles-tu”.
Nicolas Sarkozy pourra toujours lui objecter qu’il n’ a pas grandi dans les quartiers chics parisiens et qu’il n’est pas issu de l’ultra-bourgeoisie. Florian Philippot pourra toujours lui rétorquer qu’il était assez courageux de sa part de quitter les chemins tout tracés de haut-fonctionnaire pour rejoindre assez jeune Marine Le Pen. Cette dernière, héritière évidemment, objectera qu’elle a fait fructifier cet héritage. Quant à Jean-Christophe Cambadélis, il s’excusera d’avoir été un apparatchik parce qu’il en faut bien.
Autant de nuances qui n’adouciront pas l’ire de notre pourfendeur des faux-semblants. Car après, il enfile le discours hyper convenu et entendu de la reproduction des élites . Parlant de la quasi totalité puis plus loin de centaines de politiques, “produit d’un système de domination et de reproduction sociale, contrôlé par et pour les élites”. De Bourdieu, on arrive à la théorie du complot.
Ce texte est faible intellectuellement. Mais c’est un coup de gueule, une réaction épidermique. Pourquoi pas ? C’est le droit d’Hugo Clément. Mais il est abondamment commenté et apprécié. Bref, ce texte lui échappe et quelque part va dans le sens de ce qu’il veut dénoncer.
Son texte qui est à la base, en creux, une défense des élites dans l’absolu contre le populisme, génère les commentaires les plus anti-élites et populistes qui soient. Et finalement valide les stratégies politiques du discours anti-élites. Ou comment démontrer qu’en ayant tort, ils ont raison.
#ledebatlaprimaire. Et si #Hanouna animait le troisième débat ?
Laurence Ferrari et Ruth Elkrief voulaient du clash. Elles l’ont eu. Pas de fausses pudeurs ou de circonvolutions euphémistiques. Elles vont chercher la petite phrase pas la hauteur de vue.
C’était distrayant. Une sorte de “Touche Pas A Mon Poste”. En plus raffiné et plus intelligent. Mais aussi vain.
Certains comme Jean-Michel Apathie ont apprécié, estimant qu’on avait assisté un exercice de vérité démocratique, chacun montrant ce qu’il est .
On a donc découvert que NKM et Nicolas Sarkozy étaient deux grands vanneurs. A l’aise dans la répartie improvisée et la punchline meurtrière. Que Jean-François Copé dans un registre d’auto-dérision de la dernière chance s’en sortait pas mal. Que cet exercice ne convenait pas du tout à Bruno Le Maire, en retard dans toute ses saillies et enchaînant bides sur bides.
Qu’Alain Juppé tâtait de la pointe de la langue, ce nouveau ton. Un ton que le marmoréen François Fillon récusait en bloc, s’attachant à afficher une impénétrable “poker face” tout au long du débat.
Un débat dans lequel Jean-Frédéric Poisson coula dès le début. Aussi incompréhensible qu’un texte d’Heidegger sur l’être de ses convictions et l’étant de sa stratégie électorale future.
Voilà pour les notes de l’Equipe à la fin du match. Reste l’impression générale.
Le sentiment pénible d’avoir assisté à un dîner entre vieux potes de promo qui s’envoient de l’acide en pleine figure, en même temps qu’ils se resservent un petit coup de blanc. Vous savez ce genre de dîner, quand vous accompagnez votre compagne ou votre compagnon à une soirée “Copains d’Avant”.
C’est amusant avec les cacahouètes. Vous avez envie de partir au moment du tiramisu framboise.
Un peu comme un prime d’Hanouna qui vous a fait sourire quand Jean-Luc Lemoine est à l’antenne et qui vous écoeure quand Jean-Michel Maire parle pour la dixième fois de sa bite.
La vérité Jean-Michel Apathie ? Peut-être celle qui subsiste dans le débraillement des tenues et les reliefs de la table.
Attention à la gueule de bois. Si on sort le samedi soir, c’est le dimanche qu’on vote.
François #Bayrou est-il le mauvais génie d’Alain #Juppé ?
Il n’est pas certain qu’Alain Juppé apprécie beaucoup la tribune de François Bayrou sur Nicolas Sarkozy.
A court terme, elle appuie sa stratégie de différenciation avec l’ancien président de la République. Mais à long terme, elle agrandit les fractures avec la famille sarkozyste.
Durant cette campagne de la primaire, François Bayrou est un précieux allié qui pourra se révéler encombrant pour la suite. Et dans cette tribune, le président du MoDem ne prend pas seulement de la hauteur, il fait également de la politique.
Le maire de Pau tente de tordre un peu la main à celui de Bordeaux. Une pression légère mais pression quand même. Car Alain Juppé, s’il gagne la primaire, devra travailler avec les sarkozystes. Pendant la campagne présidentielle mais surtout après. Il sait déjà que sa majorité à l’Assemblée nationale sera sans doute plus à droite que lui. Et que sur les questions d’identité, il aura face à lui des frondeurs. D’autant que sa promesse de n’accomplir qu’un seul mandat avivera les ambitions. Le coup d’envoi de la primaire de 2022 sera donné au soir du second tour des législatives. Au minimum. Et quelqu’un se lèvera pour prendre la tête de ses potentiels frondeurs. Surement Laurent Wauquiez, peut-être Bruno Le Maire.
D’où, l’importance de l’enjeu d’une rediscussion des investitures pour les législatives et de l’importance à accorder aux centristes. Alain Juppé ne pourra pas refaire une assemblée à sa main mais il va tenter de limiter les risques.
François Bayrou le sait parfaitement. Et en soufflant sur les braises anti-sarkozystes, il ne fait pas que répondre légitimement à des attaques personnelles. Il tente aussi de brûler quelques vaisseaux et de déplacer le socle de gravité majoritaire d’Alain Juppé du côté du centre. Bref être une famille d’accueil pour le maire de Bordeaux et non plus les lointains cousins en visite. Il tente d’inverser le rapport de force. D’alliés bienvenus à faiseurs de président incontournables.
Frankenstein Juppé a peut-être crée son monstre incontrôlable. Mais avait-il le choix ?
Défense de @jf_cope: un pays ce n’est pas 60 millions de bouffeurs de #painauchocolat
Jean-François Copé ne connaît pas le prix d’un pain au chocolat en boulangerie. Une révélation bien plus dévastatrice que l’affaire Bygmalion. Et aucun juge ne pourra le disculper de cette infamie. Alors je m’y colle dans ma grande tradition d’avocat des causes désespérées.
(http://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/et-si-foutait-la-paix-emmanuelle-cosse-951727.html, http://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/2013/11/21/metro-rigolo-rococo-les-3-graces-de-nkm-362493.html)
Jean-François Copé ne connait pas le prix d’un pain au chocolat. Cela voudrait dire qu’il ne connaît pas la vraie vie. Parce que la vraie vie c’est de s’enfiler des viennoiseries au réveil ? Peut-être chasse-t-il les mauvaises graisses ? Cela veut peut-être aussi dire qu’il ne va pas chercher sa petite fille à l’école. Et qu’en chemin devant la boulangerie .... vous connaissez l’histoire. C’est dommage pour lui car ce sont des moments tendres. Mais malheureusement c’est le cas pour beaucoup d’entre nous. Je sais. Cela ne nous empêche pas de savoir qu’un pain au chocolat c’est autour d’un euro.
J’en vois déjà qui analysent ce foodfail en termes de lutte des classes et des bacs de réfrigérateurs. La même question sur le caviar sauvage de Caspienne, le homard violet de la baie de Kerploumagnac-sur-Léon ou la tonne d’onglet chez Le Bourdonnec, il aurait su répondre.
Je vous parie que non. Je vous parie qu’il n’a aucune idée du prix de la moindre denrée alimentaire. Parce qu’il n’a pas du faire ses courses lui-même depuis le 12 mars 1991.Heureux homme ! Je l’envie. Etre débarrassé de cette corvée. Quelle chance ! Ah oui, mais se faire chier avec des contingences matérielles c’est la vraie vie. Jolie perspective !
Après, c’est vrai qu’il n’est plus crédible quand il parle de ses administrés qui ont du mal à boucler leurs fins de mois. C’est même plus inquiétant quand il propose d’augmenter la TVA. S’il ne connait pas le vrai prix des choses, la valeur de l’argent.
Parce que vous, vous connaissez le coût du ravalement d’une école élémentaire, de l’entretien de votre parc préféré, ou le montant des travaux pour refaire la chaussée de votre rue. Non, sans doute. Lui, j’ose espérer que oui même si rien n’est sûr. C’est pourtant la vraie vie. Pas celle de nos relevés de banque mensuels certes, mais un peu de vraie vie quand même. Cela ne vous empêche pas d’avoir un avis et même de le donner. Mais l’élu politique ne vous questionne pas sans cesse comme un prof d’économie pour vous humilier.
Ce sont deux réalités qui s’interpénètrent. Vous comme moi, que connaît-on de la valeur de l’argent ? Quelques centaines de milliers d’euros pour les plus chanceux d’entre nous qui possédons un logement. Dès qu’on dépasse le million, on rentre dans l’abstraction comme Descartes qui tente d’imaginer une forme géométrique à mille côtés. Une abstraction un peu plus réelle pour les grands argentiers du pays dont fut Jean-François Copé. Une réalité un peu étrange, faite de colonnes et de tableaux et non de farine et de beurre (pas trop de beurre s’il vous plait). Mais une réalité quand même. Et n’est-ce pas plus important, crucial, grave que ce soit celle-çi que Copé connaisse ?
Que demande-t-on à un politique ? Passer sa vie sur les comparateurs de prix, type “Twenga” et avoir un profil sur le Boncoin ou lire les rapports de la Cour des Comptes ?
Le cardinal Vingt-Trois yoyote-t-il?
Yoyoter. Définition du Robert: “perdre la tête, divaguer”.
Ce mot, c’est le cardinal Vingt-Trois qui me l’a appris. C’était lors d’une interview en 2006. Nous discutions de l’universalité ou non du blasphème lors d’un débat avec Philippe Val.
J’évoquais le cas d’une caricature fictive représentant la Vierge Marie en train de faire l’amour. J’expliquai que pour une part de la population ce ne serait pas un blasphème. “Mais, vous vous yoyotez”, me répondit-il, expliquant en substance que l’attachement à la Vierge dépassait le seul cadre des croyants.
Monseigneur Vingt-Trois a-t-il yoyoté hier lors de son homélie au cours de la messe en hommage au père Hamel ? “Silence des élites devant les déviances des mœurs et légalisation des déviances” a-t-il déclaré à la fin de son discours.
Un passage qui a blessé ou choqué beaucoup de monde, chacun l’analysant comme une attaque contre le mariage gay qui n’avait rien à faire dans un moment d’unité nationale contre le terrorisme.
Yoyotage, maladresse, ou opportunisme conscient? Il faut resituer ce passage dans l’ensemble du texte disponible sur ce lien.
Dans son homélie, le cardinal ne multiplie pas les références évangéliques ou théologiques. Il s’adresse clairement autant à l’opinion qu’à la communauté des croyants. C’est un texte politique.
De façon classique, pour un catholique, il commence par demander des comptes à Dieu sur le mal et cite le prophète Jérémie plutôt que le plus habituel cri du Christ en croix: ‘Père pourquoi m’as-tu abandonné?”. Il enchaîne de façon tout aussi classique dans la nécessité de la foi et de s’en remettre à Dieu.
C’est la seconde partie qui est plus politique. Il appelle à une redéfinition des valeurs qui nous rassemblent pour lutter contre la “culture de mort” des terroristes. Une forme de transcendance “spirituelle” qui n’est pas seulement théologique mais qui va plus loin dans son esprit que “je vais boire des coups en terrasse”.
Il dresse la liste des peurs contemporaines (écologiques, économiques et sociétales). “Angoisse du bébé non-conforme” par exemple dans une première allusion aux “revendications politiques” de l’Eglise.
Il fustige ensuite la réponse égoïste du repli sur soi face à ces peurs dont l’ultime expression serait le silence. “Protection des murs, protection des frontières, protection du silence. Surtout ne pas énerver les autres, ne pas déclencher de conflits, de l’agressivité, voire des violences, par des propos inconsidérés ou simplement l’expression d’une opinion qui ne suit pas l’image que l’on veut nous donner de la pensée unique”.
Il poursuit avec son anaphore sur le silence dans lequel se situe le passage polémique sur le mariage gay. “Silence des parents devant leurs enfants et panne de la transmission des valeurs communes. Silence des élites devant les déviances des mœurs et légalisation des déviances. Silence des votes par l’abstention. Silence au travail, silence à la maison, silence dans la cité ! A quoi bon parler ? Les peurs multiples construisent la peur collective, et la peur enferme. Elle pousse à se cacher et à cacher”.
“N’ayez pas peur”, disait en son temps Jean-Paul II. “Ne fermez plus vos gueules” ajoute André Vingt-Trois en écho au “Faîtes du bruit” du pape François au JMJ.
Cette homélie ne concerne donc pas seulement le terrorisme. Elle s’inscrit dans un discours plus large de l’Eglise qui appelle les catholiques à s’engager dans la vie de la cité contre, pour aller très vite, les valeurs individualistes et (libérales ?) issues de mai 68.
Le cardinal de Paris y va donc aussi de sa récupération politique comme ses “camarades” des premiers rangs de Notre-Dame. Un discours entendable par tous les non-croyants et les acculturés du religieux sur les “bonnes vieilles valeurs”. A ce titre, l’emploi du mot déviance est symptomatique. Tout droit issu de l’hygiénisme d’un autre siècle. Dans un contexte catholique, on attendrait le mot péché pour l’homosexualité. On rappelle que si le péché est condamné par l’Eglise, le pêcheur a droit à l’infinie miséricorde du Christ. Cela a son importance, car cela “adoucit” le propos. Le déviant, lui, n’a droit qu’au recadrage normatif de la société et aux électrochocs d’une remise dans le droit chemin.
A sa manière, André Vingt-Trois a répondu à la demande de l’opinion. Finis les bougies, le recueillement et les prières. Le jeun et la méditation, ce sera pour vendredi. Mercredi soir, il a tenu son discours de combat.
Sa façon à lui de ne pas céder à l’impératif d’une unité nationale, au cours d’une cérémonie qui en avait toutes les apparences. Bref, il yoyotait bien. Non au sens figuré de divagation, mais au sens propre de tenir l’équilibre des deux boules du yo-yo.
Pourquoi il ne faut pas rendre anonymes les terroristes ?
Faut-il taire le nom des terroristes islamistes ? Les jeter à tout jamais dans les oubliettes de l’Histoire ? C’est une des idées qui font jour pour lutter contre les attentats. Relayée encore ce matin par Geoffroy Didier sur sa page Facebook.
Pourquoi pas ? Toutes les propositions doivent être mises sur la table. Elles méritent mieux qu’un ricanement. Néanmoins, c’est le type même de la fausse bonne idée. Parce qu’est elle est inefficace et au bout du compte dangereuse.
Inefficace et inoffensive. C’est un peu naïf de croire que tout recalé au casting de Secret Story est un terroriste potentiel. Certes, Erostrate en brûlant le temple d’Ephèse a posé les bases du premier cinglé en soif de célébrité, mais les terroristes ne s’inscrivent pas dans cette lignée.
Sauf erreur de ma part, aucun terroriste dans les différentes vidéos de revendication, n’exprime un désir de postérité individuelle. De récompense dans un au-delà, peut-être, mais ce n’est pas la même chose. Leur acte est plus fort que leur personne. Il s’agit de la gloire d’Allah et non de la leur. Dans leur têtes, ce sont des combattants avec le sentiment d’aventure collective. Cette dernière phrase est à nuancer suivant les profils (je pense à Nice).
Je ne suis pas psychologue et je me trompe peut-être. Mais leur sentiment de toute puissance repose avant tout sur la nature de l’acte. Que leur nom ne soit pas en une de BFMTV, ne les dissuadera pas de commettre l’horrible. Et cela n’empêchera pas Daech de revendiquer et de communiquer sur un attentat. J’oserais ajouter de manière plus cynique, que ces terroristes deviennent tellement nombreux, que l’on mélange les noms, qu’on ne sait plus très bien qui à fait quoi. Que l’effet de masse prend le pas sur la revendication d’un droit d’auteur à la Sacem des massacreurs.
Et cette confusion renforce l’effet de terreur et de peur. Ca arrive tout le temps. Cet effet sera renforcé par l’anonymisation des auteurs. Cela déréalise. Si ce n’est personne, cela peut être n’importe qui. Le on “n’est plus un con”, le on “devient un danger”. Lui ou elle que je croise dans la rue, pour peu qu’il soit basané.
Or justement, le terroriste n’est pas n’importe qui. Il a une histoire, un parcours. Les connaître, à travers la publication de son nom, c’est être rassuré. Il n’y a pas de fatalité. Comprendre ce n’est pas excuser, c’est rappeler la responsabilité individuelle du terroriste. Ce n’est pas un monstre mais un humain qui s’est placé en dehors de l’humanité. Lui donner son nom, son identité, c’est le confronter à son libre arbitre, à sa conscience même de façon posthume. Ce n’est pas une armée de zombies ou de marcheurs blancs que nous combattons mais des hommes avec un visage et une identité.
L’affirmer me semble plus efficace, plus utile et plus sensé que de lutter contre un désir de notoriété qui s’il existe ne me semble pas déterminant dans le passage à l’acte
Ajout
J’ai appris après l’écriture de ce texte la décision de BFM ou du Monde de ne pas publier les photos des terroristes. Cela me semble être un bon compromis entre la nécessité d’informer et le souci de ne pas susciter des vocations. Néanmoins, c’est une réponse un peu rapide aux injonctions des politiques et de l’opinion. Une façon d’avoir la paix. Car je pense que cela n’aura aucune incidence sur les terroristes les plus déterminés. Mais symboliquement, cette décision a au moins le mérite de ne pas mettre sur le même plan les terroristes et les victimes. C’est néanmoins mettre le doigt dans un engrenage dont la logique absurde serait ne plus parler du tout des attentats si on ne veut pas faire de pub à Daech.
De la difficulté d’être journaliste télé sous l’égalité des temps de parole
Quelle durée pour la période d’égalité des temps de parole pendant la campagne présidentielle ? Le législateur décidera et je m’adapterai. Mais pour aider au débat (#assisdevantmonordinateur), je vous fais partager mon expérience personnelle de suivi de 3 élections présidentielles à France 3 Ile-de-France.
Plus on est de fous, plus on rit. Pas de souci avec cela. Mais s’il faut regarder tout le temps sa montre, ça complique les choses. Le problème de la période d’égalité des temps de parole, c’est qu’il s’applique à tous les médias audiovisuels. Lapalissade qui à ses conséquences. Les petits candidats étant les seuls porte-parole de leurs candidatures, ils passent leur temps à être invité dans les médias pour respecter la dite égalité. Très peu de meetings, quelques visites de terrain. Si je veux faire un reportage sur eux, je n’ai d’autres choix que de les suivre faire le tour des autres médias.
C’est plutôt sympa. Je visite les autres rédactions. Je salue des camarades. J’aperçois des vedettes dans les loges de maquillage et je peux comparer mes locaux avec les leurs. Mais en termes de séquences c’est assez monotone. Même si en 2007, dans les bureaux de BFM qui donnent sur le périphérique, j’avais fait une super interview de Frédéric Nihous, regardant les embouteillages et magnifiant en comparaison l’espace rural qu’il défendait dans la campagne. L’image et le propos se rencontraient. C’est le secret d’un reportage télé réussi. Cela reste rare.
Car le tour des médias induit un angle. Comment réagissent les petits candidats face à leur notoriété naissante ? Comment organisent-t-ils leur communication ? Sujet toujours intéressant, mais pour des émissions type Médias Le Mag. Pour un JT, traiter la politique que par la communication est réducteur.
Comme tu ne peux pas faire un reportage qu’avec une séquence média, tu suis le candidat vers une autre rendez-vous média en te disant que tu vas faire une interview dans la voiture. Pour varier. Jusqu’au moment où tu découvres que Corinne Lepage conduit une Smart.
J’ai une contrainte supplémentaire. Je ne peux traiter les candidats que dans leur campagne en Ile-de-France. Certes, il y a beaucoup d’électeurs, mais Paris n’est pas la France hein. Ainsi en 2002, j’avais recommenté un sujet sur un meeting de Daniel Gluckstein à Orléans tourné par France 3 Centre que l’on avait diffusé pour rattraper le temps de parole du candidat du PDT. Sur le fond, ce n’est pas très grave. Si ça avait été un meeting à Créteil, il aurait dit la même chose. Mais c’est un peu absurde.
L’autre contrainte des chaînes généralistes, c’est que nous n’avons que deux rendez-vous d’informations. Pour ma part, 20 minutes dans le 12/13, 20 minutes dans le 19/20 et une interview politique de 12 minutes le samedi. Pas de longues plages de diffusion la nuit par exemple. Et on ne peut pas saturer nos JT de reportages politiques. Il faut laisser de la place au sport, à la culture, à l’éco, au patrimoine, aux faits divers et à la vie quotidienne.
Cela nous oblige à sous-traiter l’actualité politique pendant la période d’égalité des temps de parole. Nous sommes obligés de nous aligner sur l’actualité des petits candidats, moins tumultueuse, et non sur celle mouvementée des plus importants. On passe donc à côté de certains sujets d’actu des “gros”volontairement parce qu’on ne pourrait pas rattraper le temps de parole avec les “petits”. A moins de refaire un autre reportage sur son tour des médias. L’une des solutions est de faire une chronique quotidienne par un journaliste en plateau plutôt qu’un reportage. On peut mieux doser les temps de parole. Mais du coup, l’accent est mis sur les polémiques, les petites phrases (mettre un tweet à l’antenne n’est pas considéré comme du temps de parole). Ca pose une autre question de traitement journalistique.
Pour éviter tout problème, à France 3 Ile de France, en 2012, on avait supprimé l’interview politique du samedi pendant les cinq semaines de période d’égalité. Frustrant bien sûr pour celui qui l’anime, mais pas forcément un scandale démocratique. Vous me direz que ma chaîne bien aimée n’est pas le seul vecteur d’information lors d’une campagne présidentielle. Pas faux. Sauf que les difficultés de traitement d’égalité des temps de parole est identique dans toutes les stations de France 3 Régions. Et tous ensemble, je vous rappelle que l’on réalise 17% de parts de marché en moyenne à 19h. Et à ce titre, tous réunis, nous sommes un acteur majeur du débat démocratique.
Je rappelle également que France Télévisions est tenu à diffuser les clips de la campagne officielle.
Je comprends l’émoi des petits ou moyens candidats de voir réduite la période d’égalité des temps de parole. Moi-même, je ne sais pas si j’y suis favorable. Encore un fois je m’adapterai. Mais comme à chaque fois je verrai arriver cette période avec angoisse à l’idée que mon rédacteur en chef me convoque deux fois par jour dans son bureau pour vérifier avec nos calculatrices où on en est des temps.