âVous mâavez embrassĂ© ?â
Fluff 10 :Â âDid you just kiss me ?â
Elle nâen revenait pas. Ce nâĂ©tait pas possible. AprĂšs tout ce temps. Etait-ce vraiment arrivĂ© ? Elle nâosait pas ouvrir les yeux. Elle ne voulait pas affronter la rĂ©alitĂ©. Elle prĂ©fĂ©rait revivre ce rĂȘve. Imaginer cette sensation de sa bouche contre la sienne.Â
Mais cela ne pouvait pas durer pour toujours. Elle ne pouvait pas garder les yeux fermer et la sensation chaude de ses lĂšvres sur elle Ă©ternellement. Le froid commençait Ă remplacer la chaleur et ses yeux commencĂšrent Ă papillonner contre sa volontĂ©.Â
A travers le voile de ses cils, elle aperçut la silhouette floue de son mari. Mais est-ce encore son mari ? Elle nâen Ă©tait plus sĂ»re. Tout ce quâelle savait, câĂ©tait quâil Ă©tait lâhomme quâelle avait toujours aimĂ©. Lâhomme quâelle avait longtemps attendu. Et cet homme dont elle avait toujours voulu lâamour venait enfin de lâembrasser. AprĂšs 25 ans dâattente, enfin il lâavait embrassĂ©. Attendez... Il lâavait embrassĂ©... IL lâavait embrassĂ© ELLE. Oh mon dieu ! IL LâAVAIT EMBRASSĂ !
A cette rĂ©alisation, ses yeux sâouvrirent grands. CâĂ©tait presque comique.Â
- âVous venez de mâembrassez lĂ ?â, sâĂ©cria-t-elle choquĂ© en le fixant.Â
Arthur aurait aimĂ© dire quâil Ă©tait surpris de son air choquĂ©. Mais il savait quâelle avait tous les droits de lâĂȘtre. Il lâavait toujours rejetĂ©e et critiquĂ©e. Il avait tout fait pour quâelle se sente moche et idiote. Et lĂ , ce quâil avait fait contredisait tout ce quâil lui avait fait subir. Il grimaça Ă cette pensĂ©e. Mais quel con, il avait Ă©tĂ©.Â
-Â âEuh, oui, câest bien ce que je viens de faireâ, bredouilla Arthur.Â
Il ne savait pas trop si elle Ă©tait fĂąchĂ©e ou heureuse de ce dĂ©nouement. AprĂšs tout ce quâil sâĂ©tait passĂ© entre eux, il comprendrait quâelle le rejette, quâelle lâengueule et mĂȘme quâelle le gifle. Il nâavait pas envie quâelle le fasse mais il comprendrait. Quand est-ce quâil avait compris quâen fait, malgrĂ© le fait quâil ait tentĂ© tout le long de leur mariage de la dĂ©tester, il Ă©tait tombĂ© amoureux de sa femme ? Ăa, câĂ©tait la question Ă mille solidi. Mais il devait bien se lâavouer, la seule raison pour laquelle il Ă©tait restĂ© dans le Royaume de Logres, câĂ©tait elle. Câest en entendant son nom prononcĂ© par son soi-disant prĂ©tendant quâil avait dĂ©cidĂ© de rester. Quâil avait su quâil devait aller la libĂ©rer. Elle avait toujours Ă©tĂ© sa raison de rester mĂȘme sâil nâavait jamais voulu se lâavouer. Elle avait Ă©tĂ© la seule raison qui lâavait maintenu en vie pendant tout ce temps. Elle qui avait repoussĂ© la dĂ©pression, qui lâavait protĂ©gĂ© de lui-mĂȘme. Elle Ă©tait son bouclier et sa destinĂ©e.Â
Putain, les dieux avaient vraiment merdĂ© quand ils avaient forcĂ© leur mariage ! Sâils lui avaient laissĂ© le temps, il serait tombĂ© amoureux tout seul de cette jeune femme naĂŻve et pleine de vie. Sâils lui avaient laissĂ© le temps, il aurait brisĂ© sa foutue promesse sans fondement. Il lâaurait fait pour elle. Pour cette femme qui Ă©tait le contraire de sa premiĂšre femme mais qui Ă©tait pourtant tellement plus vraie et sincĂšre envers lui. LaissĂ©s Ă eux-mĂȘmes, ils auraient Ă©tĂ© ce couple de lĂ©gende dont la Dame du Lac parlait sans cesse. Mais on ne peut pas changer le passĂ©.Â
Il ne cilla pas quand GueniĂšvre porta sa main Ă ses lĂšvres. Il sâattendait Ă recevoir une claque quand elle reposa ses yeux dans ceux dâArthur. Mais ce nâest pas une claque qui le frappe, non. Ce fut le plus beau sourire quâil ait jamais reçu. Un sourire aussi brillant et brĂ»lant que le soleil.Â
-Â âOh... Bien !â, sâexclama-t-elle avec une joie immense.Â
Arthur ne put que rĂ©pondre par un lĂ©ger sourire quâon ne voyait pas assez souvent sur son visage.Â
-Â âOui, comme vous dites, bienâ, sourit avec joie Arthur.Â
Et quâon ne dise pas quâil nâapprenait pas de ses erreurs ! Cette fois, il accepterait ce que les dieux avaient toujours voulu lui montrer : Arthur et GueniĂšvre, la plus grande et belle historie dâamour.Â









