Lorsque vous vous rĂ©jouissez, regardez dans les abĂźmes de votre coeur, vous dĂ©couvrirez que ce qui vous donna la tristesse est cela mĂȘme qui vous donne la joie
Khalil Gibran, Le ProphĂšte

if i look back, i am lost
hello vonnie
Sade Olutola

Kaledo Art
No title available

shark vs the universe
Cosimo Galluzzi
will byers stan first human second
DEAR READER

â

No title available
sheepfilms

Product Placement
Lint Roller? I Barely Know Her

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AnasAbdin
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@journalistedecomtpoir
Lorsque vous vous rĂ©jouissez, regardez dans les abĂźmes de votre coeur, vous dĂ©couvrirez que ce qui vous donna la tristesse est cela mĂȘme qui vous donne la joie
Khalil Gibran, Le ProphĂšte
The great events of political history are usually phrased in terms far removed from the experience of the ordinary people, and we should therefore settle for a while on smaller-scale events
Paul Dresch, Tribes government and history in Yemen
Most companies retain at least one full-time employee whose sole function is to carry out the pesky, menial tasks that are essential to running a business in Lebanonâsuch as spending a day in traffic to pick up and deliver a bankerâs check, for a service that could easily be done over the internet.
âHow the Lebanese economy canibalises itselfâ, Rosalie Berthier, Synaps
Itâs frustrating because you spend a lot of time getting to these places, speaking with people and spending time trying to share their stories and then no-one pays attention really. Or maybe they do and we just donât know.
John Wessels, photographe pour lâAFP en RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo.
Deux planĂštes se rencontrent. Lâune dit : « Je ne sais pas ce qui se passe en ce moment, jâai de plus en plus chaud et des sortes de petites bĂȘtes me percent de partout ». Lâautre rĂ©pond : « Ne tâen fais pas, jâai connu ça, câest lâespĂšce humaine, ça passera. » Rien nâest plus bĂȘte que lâidĂ©e de sauver la planĂšte, câest nous quâil faut sauver. La planĂšte, elle sâen fout, elle va continuer.
Erik Orsenna cite une histoire que lui a racontĂ© Isabelle Autissier lors dâune traversĂ©e de deux mois en Antarctique.
LâĂ©chec du communisme de caserne ne signe pas la fin de lâĂ©mancipation du vivant, seulement la nĂ©cessitĂ© de repenser la question du pouvoir dâĂ peu prĂšs fond en comble : le zapatisme sây essaie, justement, depuis le mitan des annĂ©es 1990âŠ
Joseph Andras, Notes chiapanĂšques, Lundi Matin
La vie consiste à se faufiler entre les écueils.
Florence Aubenas, journaliste, auteure de âLe Quai de Ouistrehamâ
« Toute action ne nous engage-t-elle pas dans un jeu que nous ne pouvons entiĂšrement contrĂŽler ? Nây a-t-il pas comme un malĂ©fice de la vie Ă plusieurs ? Au moins dans les pĂ©riodes de crise, chaque libertĂ© nâempiĂšte-t-elle pas sur les autres ? »
Maurice Merleau-Ponty, âHumanisme et terreurâ
After France took over Chad, it learned that the territory lacked the riches that colonial powers had discovered elsewhere in West and Central Africa. France sent its least experienced and worst-behaved officers thereâoften as a kind of punishmentâand, in the ensuing decades, French military campaigns disrupted trade routes and local economies, contributing to the deaths of hundreds of thousands of people from famine. The French focussed their attention on the forced production of cotton, in a fertile part of southern Chad that they referred to as âle Tchad UtileââUseful Chad.
Ben Taub, âThe world most complex humanitarian disasterâ, New Yorker
Herself grand, she could inspire grandeur in others, a tragic and tiring gift.
A propos dâIsadora Duncan, New Yorker.
Putinâs position today may turn out to be similar to that of George W. Bush in May 2003, when he stood on the deck of the USS Abraham Lincoln in a flight suit and announced that âmajor combat operations in Iraq have ended.
Richard Beck, The Syria Catastrophe
Men may seem detestable as joint stock-companies and nations; knaves, fools, and murderers there may be; men may have mean and meagre faces; but man, in the ideal, is so noble and so sparkling, such a grand and glowing creature, that over any ignominious blemish in him all his fellows should run to throw their costliest robes.
Herman Melville, Moby Dick
Antoinette
Antoinette. Un pantalon rouge se dĂ©tache de la portiĂšre rouge de la voiture. Antoinette. Tu poses un pied au sol, lourd, talonnĂ©. Rouge. Tu te mets Ă hurler. Je gis Ă tes pieds, Antoinette. Une trace de peinture rouge me ceint le pantalon, marque indĂ©lĂ©bile de ton coup de braquet contre le flanc de ma moto. Tu mâas fait gicler, Antoinette. Jâai giclĂ© sur le sol, Ă tes pieds, et tu tâes mise Ă gueuler, rouge de colĂšre, Antoinette. Putain de motard, pourquoi il sâest pas arrĂȘtĂ©, mais moi, jâĂ©tais en train de couper la route, et il mâa foncĂ© dessus, et vous avez bien vu! Non mais câest pas possible! Motaz. Une voix. Prend sa plaque dâimmatriculation en photo. LĂ . Tu veux enlever ton casque? Viens, on va se mettre sur le cĂŽtĂ©. Tu peux marcher? Doucement. Ta jambe, tu peux la poser? Jâai tout vu, je marchais derriĂšre toi, jâai criĂ© pour quâelle nâaccĂ©lĂšre pas. Je lâai vu de loin. Jâai une moto, comme toi, je sais ce que sais. Une fois, jâai failli y passer. Tu sais ce quâelle a dit? Si câest un Syrien, je ne reste pas. Je lui ai dit dâappeler un inspecteur de la route pour faire un constat. Je ne lui ai pas dit que jâĂ©tais Syrien tu sais. Attends, je vais rester avec toi, mais je vais juste bouger ma moto, parce que mes papiers ne sont pas en rĂšgle. Toi ils sont bien en rĂšgle hein? Ne tâinquiĂšte pas, dans le constat, câest toi qui va avoir raison, elle est en tort, elle peut crier. Ce matin, une bombe est tombĂ©e sur un village syrien. Plus de soixante-dix personnes, en majoritĂ© des enfants, sont mortes devant nos yeux. En direct, je regarde les visages perdre leur couleur, les uns aprĂšs les autres. Le mĂ©decin qui nous montre ce que câest, un corps sans vie, ce que câest, une vie volĂ©e par un gaz assassin. Ce que câest, une pupille contractĂ©e, une injustice mondiale, une horreur banalisĂ©e. AprĂšs cinq heures Ă faire dĂ©filer ces images de Styx sur mon Ă©cran, je vais boire un cafĂ© avec un ami syrien. Appelons-le Albert. Albert ne croit pas aux informations que jâai regardĂ© pendant cinq heures Ă mâen brĂ»ler les neurones. Albert dit oui, mais. Peut-ĂȘtre que non. On ne peut pas affirmer. Quels sont les preuves? Albert, tu es mon ami, mais. Tu ne peux pas affirmer... Bon. Passons Ă autre chose. Ton absence dâavenir en Syrie. Ton envie de faire quelque chose de bien pour ton pays, pour quâil reste uni, pour quâon revienne en arriĂšre, avant tous ces massacres, ces divisions, ces prises de position. Les choses Ă©taient si simples. Plus simple. Aujourdâhui, il nây a plus que des coupables. Ceux qui tirent les bombes, ceux qui les regardent tomber. Ceux qui les vendent et crient au meurtrier. Que des coupables. Hormis les enfants. Les enfants, trop innocents pour pointer du doigt, pour juger. Je me sens coupable. Je prends la moto, roule vers la banlieue, un peu trop vite peut-ĂȘtre. Six cafĂ©s, câest beaucoup pour une demi-journĂ©e. Trop chargĂ©s, comme cette journĂ©e, comme cette rue, trop de voitures, je donne un coup dâaccĂ©lĂ©rateur pour doubler sur la droite... Antoinette. Je pensais que vous Ă©tiez syrien. Vous avez leur accent. Câest pour ça, Antoinette, que vous mâavez insultĂ© quand jâĂ©tais encore Ă terre? Sourire. Vous faites quoi, Antoinette, dans la vie? Je vends des matelas, de la literie. Vous rentriez du travail, câest ça, Antoinette, vous Ă©tiez pressĂ©e, vous Ă©tiez stressĂ©e, aprĂšs une journĂ©e Ă vendre des matelas? Rouge de colĂšre Ă lâidĂ©e dâarriver en retard pour le dĂźner? Pourrons-nous nous comprendre un jour, Antoinette? Pourrez-vous comprendre ces motards syriens que vous estimez moins que le chien de votre voisin, Antoinette? Pourrez-vous essayer dâimaginer ce quâils ont surmontĂ© avant dâen arriver sous vos roues?
Constatant quâaucun avenir universitaire nâexistait dĂ©sormais pour lui en Turquie «tant que je ne fais pas de concessions sur les valeurs humaines qui font partie de mon identité», il choisit de mourir.
Libération, 9 mars 2017.
What is spreading today is repressive kleptocracy, led by rulers motivated by greed rather than by the deranged idealism of Hitler or Stalin or Mao. Such rulers rely less on terror and more on rule-twisting, the manipulation of information, and the co-optation of elites.
The Atlantic, How to build an autocracy.
The Syrian revolution started as peaceful protests against a dictator. The response of his followers was âBashar [Assad] or we will burn Syria.â And they did. While the world was negotiating with Mr. President, Destroyer of Cities, talking about a âpeaceful solution,â worrying about ISIS before ISIS even existed, organizing âpeace conferencesâ with self-proclaimed oppositions, sending weapons to different factions, refugees were being treated as if they were garbage, politely referred to as a âproblemâ to be dealt with. Someone who has lost everything, who takes a perilous journey across seas, forests, borders, cities and security forces to finally arrive to his or her coveted destination only to discover that he or she is merely a âproblemâ⊠The world order that allows for such a thing to happen should be destroyed and trampled under foot.
Tony Chakar, architecte et écrivain libanais né en 1968.