Macron et les partis politiques : la grande hypocrisie
Le problème des candidatures attrape-tout faites de slogans préfabriqués et d’éléments de langage calculés c’est qu’il est difficile de trouver des thèmes de campagne.
Emmanuel Macron n'ayant pas grand chose à dire, il s'acharne à dénoncer les partis politiques et finalement tous les corps intermédiaires qui ne seraient que des freins au changement. A chaque meeting, lors de chaque intervention, le pourfendeur tardif du « système » s’offre une salve d’applaudissements à bon compte en s’en prenant à ces vieux partis.
Curieux pour quelqu'un qui a démarré son ascension politique en créant… un parti !
Il est vrai que les partis sont à bien des égards en voie d’obsolescence, n’ont guère plus de crédit auprès des citoyens et reproduisent des schémas de fonctionnement dignes d’une époque révolue.
Tirer sur des ambulances n’a rien de courageux, c’est même une forme avancée de démagogie facile, dont l’extrême droite est coutumière.
Déjà, en lançant son mouvement il y a quelques mois, Emmanuel Macron s’en était pris aux corps intermédiaires et aux syndicats, coupables idéaux pour la droite, depuis des décennies, d’être responsables du « blocage » du pays. Tout ce qui contribue à défendre une certaine résistance au libéralisme est suspect et hors de propos aux yeux de ses adeptes. Voilà encore ce qui rapproche Emmanuel Macron de la droite.
Défendre les partis et les syndicats n’est pas ce qu’il y a de plus apprécié. Pourtant, sans vouloir les faire survivre au delà du raisonnable et sans nier l’impérieuse nécessité qu’ils se rénovent profondément pour redonner du souffle à notre démocratie malade, ils sont encore ce qui contribue à faire vivre notre démocratie.
Voilà pourquoi je suis, comme d’autres, resté dans la famille socialiste dans la tempête, parce qu'au delà des acteurs actuels du système, il y a de belles et grandes idées à faire vivre : l’égalité, la justice, la démocratie…
Oui, les partis tels qu'ils existent et fonctionnent sont moribonds, mais il sont constitués de militantes et de militants, pétris d'idéal, parfois déboussolés, inquiets, mais qui refusent d'être rabaissés au rang de supporters d'un champion. Ils méritent autre chose que les insultes venues d’un homme qui n’a jamais arpenté comme eux les rues et les marchés pour distribuer des tracts et débattre, sans rien attendre en retour que la satisfaction d’avoir convaincu et fait progresser les causes qu’ils croient justes.
Il y a deux manières de critiquer les partis politiques et de changer la politique.
La plus facile est celle d’Emmanuel Macron et de beaucoup d’autres comme Philippe Saurel à Montpellier, souvent marginaux dans leurs familles politiques, qui consiste à partir d’un juste diagnostic sur l’épuisement du système politique, mais pour le remplacer par des aventures personnelles, faussement participative, qui n’ont de démocratiques que l’apparence médiatique, réussie à coups de grands coups de communication. Mais qui a élu Emmanuel Macron ? C’est lui-même, tout seul. C’est « son » mouvement, comme la noblesse avait ses terres. Un fief acquis, sans légitimité démocratique d’aucune sorte, qui n’appartient qu’à son leader incontesté et incontestable. D’ailleurs comment pourrait-on le contester, c’est sa propre création qu’il dirige, elle ne vit et ne fonctionne que grâce à lui, et sans lui elle meurt. Comme une secte, on peut en être adepte, participer à la vie du mouvement, mais pas décider qui sera le gourou.
Finalement, en se prenant pour l’homme providentiel du moment, Emmanuel Macron est un cas typique de la Vème République, dans ce qu’elle a de plus affligeant
L’autre façon de remettre en cause les partis c’est d’aspirer à leur dépassement, à des aventures collectives qui repensent le lien au pouvoir et à la prise de décision, qui partagent mieux les responsabilités et les savoirs. Podemos par exemple, et En Marche sont deux partis relativement nouveaux, pourtant l’un incarne quelque chose de différent, de populaire, de participatif et de profondément moderne, et l’autre n’est qu’une agence de promotion d’un chef.
Si il faut tout changer, je préfère choisir ce qui change vraiment !









