Comment édulcorer l’image de la femme + Point épilation
Comment édulcorer l'image de la femme ? Comment gommer ce qu'on a pas envie de voir ? Comment faire en sorte que nous nous conformions toutes aux critères de beauté à nous en rendre malades et que nous achetions plein de merdes pour gommer nos « imperfections » que ce soit des kilos, des rides, des poils, des règles et j'en passe ? C'est très simple. On fait genre ça n'existe pas. Même quand on en parle.
On va commencer doucement hein. La pub de la mannequin super jeune qui vante une crème anti-rides on l'a toutes déjà vue. C'est ce qu'on a envie d'appeler un classique. Il m'a suffit de taper « Pub anti-rides » sur google, et d'en choisir une au pif. Trop dur de défier le vieillissement quand on est jeune.
Mais il y a le magazine féminin « Spécial Senior » qui a aussi fait très fort et particulièrement paradoxal. Pour eux la vie commence à 50 ans, mais faudrait mieux garder son apparence de 20 ans quand même.
Il y aussi les pubs où les nanas épilent des jambes déjà épilées. Contrairement aux pubs des hommes, où les hommes rasent des barbes…ben avec des poils. Mais comme les poils des nanas c'est sale et les poils des mecs c'est séduisant… forcément on préfère éviter des crises cardiaques à toute personne phobique des poils de femmes qui sont pourtant, je le rappelle tout aussi naturels que ceux des hommes. Petit point épilation à venir à la fin de cet article.
Innothera présente Smartleg : le collant de compression médical semi- transparent repensé autour des besoins de la femme. A noter : même si vous avez besoin de bas de contention, pour varices ou autres, il faut quand même toujours être en talons-aiguilles. Même si ça vous massacre les pieds et que ça aggrave les problèmes de santé que vous êtes susceptible d'avoir.
Vous l'avez déjà vu la pub XLS médical pour perdre du poids avec Elodie Gossuin ? Outre le fait que je ne conseillerais ces merdes de comprimés probablement immondes pour la santé qu'à quelqu'un que je déteste viscéralement, vous aussi, vous vous êtes demandées, QUAND Elodie Gossuin a-t-elle déjà été grosse ?
Représenter le sang en bleu dans les pubs pour protections hygiéniques. Un truc qui me semblait tellement banal jusqu'à ce que mes camarades féministes s'en mêlent. Et pourtant, quand les persos de Game of Thrones se défoncent entre eux le sang est rouge. Bon c'est pas du vrai sang, c'est du ketchup ou que sais-je, mais au moins c'est rouge. Donc pourquoi, c'est gênant dans une pub always ? Comme, si on voulait nous faire oublier que les règles c'était du sang. Le sang qui sort du vagin d'une femme n'est pourtant pas plus crad que celui d'un Stark buté par un Lannister (ou l'inverse hein). Le sang, c'est du sang point barre. Et le sang c'est rouge.
Pour l'instant, une seule marque britannique, Bodyform a décidé en octobre 2017 de représenter le sang comme il se doit. Et non, personne n'est mort.
J'ai survolé plusieurs exemples qu'on pourrait développer plus en détail, et qui à part le fil directeur de cet article n'ont pas toujours grand chose à voir les uns avec les autres, mais je voulais faire court et « marquant ». Je sais, c'est une première. Comment voulez-vous que les femmes, que TOUTES les femmes se sentent à l'aise et incluses dans la société si on leur fait bien comprendre qu'à partir d'un certain âge ou d'un certain poids elles n'ont plus le droit d'exister ? Si même quand ce sont elles qui sont concernées, on choisit des mannequins jeunes et minces ? C'est quoi le message ? On veut bien vous laissez vivre mais on ne veut pas vous voir ? Super pour être épanouie et bien dans sa peau. Le message ce n'est donc pas : « acceptez vous telle que vous êtes on va vous aider ». Mais plutôt : « on veut bien vous aider à être bien dans votre peau mais il faut que vous fassiez des efforts pour être la plus conforme possible à ce qu'on veut de vous, soyez la plus mince, jeune, épilée possible et peut-être qu'on vous acceptera. Bon, on peut pas vraiment vous empêcher d'avoir vos règles mais on aimerait que vous en ayez le plus honte possible. »
Et tout ça c'est du bombardement quotidien, je suis sûre que tout le monde peut me trouver dix exemples de ce genre. Et, on se demande encore pourquoi les femmes n'ont pas confiance en elles… à force de toujours devoir montrer une fausse image de soi, c'est pourtant ce qui arrive.
Point épilation
Je vais quand même développer un petit peu l'épilation. Déjà, parce que j'en ai jamais parlé encore, et de 2 parce que j'ai envie.
J'ai expliqué à plusieurs reprises sur ce tumblr qu'on avait pas à faire de procès en « soumission » des autres femmes, parce qu'il y avait sûrement des points où nous aussi on se soumet à des normes sexistes. Ben voilà, typiquement l'épilation c'est une de ses normes à laquelle je me soumets moi-même en partie parce que j'ai pas le courage de dire merde et en partie parce que moi aussi j'ai appris à préférer mon corps sans poils même si je sais à quel point c'est absurde. Je trouve les nanas qui affichent leurs poils géniales mais moi j’en suis incapable.
Bon, il y a deux trois exceptions à ça ceci dit. Je refuse catégoriquement la cire, parce qu'il est hors de question que j'ai mal pour ça. Et surtout je suis super-méga fainéante. Du coup autant si c'est pour aller à une soirée ou un rendez-vous galant ou à la plage je vais faire l'effort. Autant pour aller au boulot ou à Ikea, si j'ai des pouls courts qui pointent sur les jambes et les aisselles je m'en fiche un peu.
Et si je vous raconte tout ça, c'est non pas pour le plaisir de raconter ma life, mais pour montrer la pression colossale qui pèse sur les femmes à ce sujet. En effet, même si je cache mes poils impurs de la vue de la société 90% du temps, on arrive quand même à faire chier pour les 10% du temps qui reste.
Je vais vous raconter trois anecdotes :
→ Je m'épile les jambes à la crème dépilatoire et il se trouve que comme je suis la personne la moins soigneuse au monde, la dernière fois j'ai fait ça à la va vite et il restait genre une “colossale” bande de 3-4 cm de poils qui avaient bien poussé au dessus de ma cheville. J'ai un collègue, par ailleurs très sympathique, qui a quand même osé me dire :
« Attention, faut que tu t'épiles, t'as trop de poils sur ta jambe ». Le pire c'est le ton, comme si ça coulait de sens et que la première chose que j'allais faire en rentrant chez moi c'était de me précipiter sur un rasoir pour raser le reste parce que monsieur qui a des poils aussi longs que les miens et sur toute la hauteur de ses deux membres inférieurs et qu'il n'épile pas me l'a dit. Merde à la fin.
→ Nouveau gros scoop sur moi. Il se trouve que je suis célibataire et qu'hors occasions « particulières » je ne m'épile pas l'hiver. Bah parce qu'on voit pas mes poils tout simplement. Je pensais que ça coulait de sens, mais à l'occasion d'une autre discussion entre collègues, les personnes présentes (dont des femmes) ont trouvé ça bizarre et m'ont regardé comme si j'étais complètement allumée. Genre “on vient d’apprendre un gros dossier sur elle”;
Si on résume, déjà que la société, les gens, les collègues, les gens à la plages, les mecs avec qui je suis susceptible de coucher ont un problème avec mes poils, EST-CE QUE MOI VIS-A-VIS QUE DE MOI ET DE MOI-MEME J'AI ENCORE LE DROIT DE N'AVOIR AUCUN SOUCI AVEC LA FACON DONT LA NATURE M'A FAITE ???? Et après nous avoir bien fait chier avec les 10 meilleures techniques d'épilation les magazines féminins, Cristina Cordula et tutti quanti vont encore nous dire qu'il faut apprendre à s'aimer telle que l'on est. Effectivement, faudrait. Ca urge, même.
→ Quand j'étais interne d'anesthésie, on a endormi avec l'équipe une nana qui avait un cancer du sein. Et qui avait des poils. Sur les seins. Une fois endormie, tout le monde a fait des réflexions au bloc en disant « qu'elle aurait pu faire un effort ». Oh, elle a un cancer les gens. Même quand t'as peur de mourir, tu dois encore avoir peur d'avoir des poils quoi.
Ces anecdotes font quand même super réfléchir. Plus je tombe sur des situations comme ça, plus j'ai envie de dire merde, je sais pas vous. Bon je vais probablement continuer à m'épiler l'été prochain. Et sans doute l'été d'après. Mais peut-être moins souvent.













