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@lesmelancoliques
Je pensais Ă Lilas et moi, Ă cette capacitĂ© que nous avions toutes les deux quand nous Ă©tions ensemble - de nous approprier la totalitĂ© des couleurs, des bruits, des choses et des personnes, de nous les raconter et de leur donner de la force.Â
Elena Ferrante - l’Amie prodigieuse
« Moi, je ne tomberai jamais amoureuse de personne et je n’écrirai jamais, mais alors jamais, de poésie.
– Je te crois pas.
– C’est pourtant vrai.
– Mais des hommes tomberont amoureux de toi.
– Tant pis pour eux. »
L’amie prodigieuse, Elena Ferrante
ce fut comme une sorte de furie qui s’empara de nous, qui mêla nos baisers, nos corps, nos âmes, dans une étreinte, dans une possession sans fin. Nous avions hâte de jouir, pour tout le passé perdu, nous voulions vivre, presque sans un repos, cet amour dont nous sentions le dénouement proche, dans la mort... — Encore... encore... encore!...
Journal d’une femme de chambre
Je suis heureux... répéta-t-il... Oh! reste avec moi... ne me quitte pas de toute la nuit. Seul, vois-tu, il me semble que je ne pourrais pas supporter la violence, pourtant si douce, de mon bonheur...
Journal d’une femme de chambre
Et la vie me reprit, avec ses hauts, ses bas, ses changements de visage, ses liaisons finies aussitôt que commencées... et ses sautes brusques des intérieurs opulents dans la rue... comme toujours...
Journal d’une femme de chambre
Mais il n’arrive rien... jamais rien... Et je ne puis m’habituer à cela. C’est cette monotonie, cette immobilité dans la vie qui me sont le plus pénibles à supporter... Je voudrais partir d’ici... Partir?... Mais où et comment? Je ne sais pas et je reste!...
Journal d’une femme de chambre
« C’est drôle et c’est triste... j’ai toujours eu la hâte d’être « ailleurs », une folie d’espérance dans « ces chimériques ailleurs », que je parais de la poésie vaine, du mirage illusoire des lointains... surtout depuis mon séjour à Houlgate, auprès du pauvre M. Georges... De ce séjour, il m’est resté je ne sais quelle inquiétude... je ne sais quel angoissant besoin de m’élever, sans pouvoir y atteindre, jusqu’à des idées et des formes inétreignables... Je crois bien que cette trop brusque et trop courte entrevision d’un monde, qu’il eût mieux valu que je ne connusse point, ne pouvant le connaître mieux, m’a été très funeste... Ah! qu’elles sont décevantes, ces routes vers l’inconnu!... L’on va, l’on va, et c’est toujours la même chose... Voyez cet horizon poudroyant, là -bas... C’est bleu, c’est rose, c’est frais, c’est lumineux et léger comme un rêve... Il doit faire bon vivre, là -bas... Vous approchez... vous arrivez... Il n’y a rien... Du sable, des cailloux, des coteaux tristes comme des murs. Il n’y a rien d’autre... Et, au-dessus de ce sable, de ces cailloux, de ces coteaux, un ciel gris, opaque, pesant, un ciel où le jour se navre, où la lumière pleure de la suie... Il n’y a rien... rien de ce qu’on est venu chercher... D’ailleurs, ce que je cherche, je l’ignore... et j’ignore aussi qui je suis. »
Le journal d’une femme de chambre
Ah ! qu’une pauvre domestique est à plaindre, et comme elle est seule !… Elle peut habiter des maisons nombreuses, joyeuses, bruyantes, comme elle est seule, toujours !… La solitude, ce n’est pas de vivre seule, c’est de vivre chez les autres, chez des gens qui ne s’intéressent pas à vous
Journal d’une femme de chambre - Mirbeau
Je ne suis pas vieille, pourtant, mais j’en ai vu des choses, de près… j’en ai vu des gens tout nus… Et j’ai reniflé l’odeur de leur linge, de leur peau, de leur âme… Malgré les parfums, ça ne sent pas bon… Tout ce qu’un intérieur respecté, tout ce qu’une famille honnête peuvent cacher de saletés, de vices honteux, de crimes bas, sous les apparences de la vertu… ah ! je connais ça !…
Le Journal d’une femme de chambre - Mirbeau
Catherine Pozzi - Très haut amour