🌑
Ce soir les étoiles sont éteintes. Un voile gris pollué recouvre le manteau marine pailleté habituel qui se reflète dans l’iris sauvage de tes yeux. Éteints. Éteints eux aussi en ce moment. Le son de ta voix s’éloigne. La frustration s’étale pas a pas sur mon derme froid allant même s’enraciner sur les pôles de mon cœur. La pensée me perdra. Ou je la perdrai en route. Peu importera. Mais ne puis-je étaler enfin celle qui me tourmente. Ces derniers bris de verre enfoncés dans ma chaire; même eux ne sont plus que de vulgaires traces blanchâtres, obscènes à la vue de l’univers. Le souvenir de ton visage plissé, noyé, hurlant à la vie. Cette eau sombre qui nous rassembla hasardeusement, le temps d’un spasme désarticulé. Et dans un paradoxe éclatant, ta douceur m’enivra pourtant. Tu sais. Mais ce soir les constellations sont atones. Et elle porte les stigmates. Porte la croix. Porta la vie et la vie l’emporta. Ce soir je m’éteins, me perds à nouveau, et tes yeux éteints, plongent avec moi. [18.03.18]














