« J'essaie pas de me cacher derrière des métaphores, mais il y a certaines vérités qu'il faut contourner pour les effleurer au mieux. C'est précieux une vraie souffrance, vous savez. On y tient comme à un trésor. On la protège des regards intrusifs, on l'admire en cachette, de manière possessive et honteuse, et on est fier d'y survivre. Une vraie souffrance ça s'expose pas à la lumière crue et vulgaire de l'explication factuelle, surtout pas. On pourrait l’abîmer, la désacraliser, la rendre banale et sans attrait. En guérir, même. Non, une vraie souffrance ça se sublime. Et ça se distille au compte-gouttes, au détour des mots, pour les chats crevés qui raccrochent ces bribes de douleur à leurs propres souffrances. Pour ceux qui n'écoutent pas avec les oreilles. »
— lev.













