Je l’ai portée au plus haut dans mon coeur
Si haut que je ne peux supporter
Qu’elle prétende en descendre
Pur et unique objet d’amour
Voeu de tendresse
Voeu de disponibilité exclusive
Folie à deux blessure seule
À laquelle rien n’a résisté
Vague scélérate
Qui m’a emporté
Loin de moi même
Drogue dure, qui envoie
Très au delà de toute réalité
Nécessités explosées
Tout a volé en éclat
Déflagration que j’ai cherchée
Aucun plaisir, aucune chair
Juste un regard qui m’a planté
Une lame au fond du coeur
Blessure dont je ne me remettrais
Qu’à grand frais de soins pénibles
Elle est belle
De moins en belle
Elle est loin, de plus en plus loin
Elle disparait doucement
Dans la brume et reparaît
Elle joue avec mes nerfs mais
C’est moi qui l’agite, je la cache
Je la montre, je la voie
Je ne la voie plus
Elle n’a même pas besoin d’être réelle
Mon obsession, mon ombre
Penser à elle me met en transe
Aidée d’une musique pop
Cela part tout seul, dégoupille
Avec elle j’ai changé de cheval
Ou de jument, train fou déraillé
Chacun chacune se choisit
Son double rêvé, adoré
Chacun chacune se choisira
Un avenir plus doux
Je veux revenir
À ce que nous étions
Avant que tout s’effondre
Je veux revenir Ã
Une autre version de moi même
Je veux revenir Ã
L’embranchement où
Je me suis égarée
Mais je veux l’y retrouver
Intacte, intouchée,
Elle m’attend comme
Elle m’attendait
A la porte du monde
Je suis si riche
Je peux tout m’acheter
Presque tout allez
Le nécessaire et plus encore
L’objet vu en passant
Le catalogue d’une exposition aimée
Remplir le garde manger
M’offrir un voyage solitaire
Au fond de mon coeur
Un trou rond laisse filer
Ce que je ne peux acheter
Et que vaut la vie sans sa vie
Sans son sel vif et brûlant
Et qui me manque intensément
Au fond de ma poche
Reste un caillou ramassé
Sur son chemin et conservé
Une fleur du printemps dernier
Une feuille d’automne
L’hiver est passé
Emportant tout
Dois je avouer que je la veux
Je la veux près de moi
Encore plus près de moi
Je veux capter ses yeux
Je veux sentir sa présence
Je veux le souffle d’air
Déplacé par sa démarche
Elle veut disparaître
Et si cela arrivait
Peut être en ressentirais-je
Un soulagement, l’éloignement forcé
Est sans doute ce qu’il me faut
D’autres l’aiment aussi mais
Je ne suis pas certaine
De vouloir leur laisser la place
Personne ne m’a jamais manqué
Comme elle me manque
Le temps fera son travail
A-t-elle dit, et je ne veux toujours
Pas le croire, ni l’écouter
Je suis moi aussi
Têtue comme un âne
Libre et fragile comme le lièvre
Ou la mésange bleue
Et fière comme un paon.