Le premier savoir est le savoir de mon ignorance : c'est le début de l'intelligence.
Intrigué par la prophétie
qui murmurait qu’il serait
le plus sage des hommes,
il partit, humble voyageur,
vers les politiciens aux paroles d’huile,
vers les poètes aux voix d’oiseaux,
vers les artisans dont les mains
gardent la mémoire du monde.
Et là , dans le tremblement
de leurs certitudes hautaines,
il vit se lever une vérité nue :
eux croyaient savoir
ce qu’ils ignoraient,
tandis que lui,
dans un calme presque sacré,
savait qu’il ne savait pas.
Reconnaître ses limites
non comme une chute,
mais comme la première porte
d’une quête véritable.
Car dans le fracas des discours
qui prétendent au vrai,
dans la poussière des vérités
forgées pour obéir,
connaître l’horizon de son ignorance
devient une fragile
mais farouche résistance.
Il faut une force immense
pour comprendre que nos certitudes
sont parfois des chaînes invisibles,
des servitudes polies par l’habitude.
Et c’est lorsque ces murailles
se fendent et s’effondrent,
que naît enfin
la seule liberté digne de se dire :
la liberté de penser.