ETHICAL FASHION SHOW ou NO SHOW… that’s the question ?
What is it ??? Depuis quand un show de mode pourrait-il être éthique ? D’ailleurs mode éthique, n’est-ce pas un oxymore ? (j’aime ce mot dont on dirait qu’il est un animal préhistorique mais qui n’est qu’un concept dialectique) Et bien, la mode éthique, ça existe ! Preuve en est : elle a son show….
Depuis 2 ans, j’avais un peu délaissé les allées de ce salon voué au culte de la laine de lama et des vêtements super écolos mais assez moches… assez désespérée d’ailleurs de ne pas réussir à mettre en cohérence mes valeurs (mon éthique ?) et mon goût pas du tout décroissant pour les fringues. (à quelques exceptions notables près… que j’avais d’ailleurs notées pour vous à l’époque sur Mood for…)
Le salon, créé en 2004, a été racheté entre temps par Messe Frankfurt, un géant dans l’organisation de salons, et s’est installé cette année du 6 au 9 septembre au Carrousel du Louvre, élégant écrin pour l’éthique. N’écoutant que mon optimisme et mon courage (magnifique fin d’été dehors avec une multitude de terrasses parisiennes à écumer pour regarder les jolis garçons passer…), je rentrai dans le carrousel sombre du Louvre pour voir où en était la mode éthique...
Première surprise : le salon était beaucoup plus esthétique avec des vrais efforts sur la décoration pour être en harmonie avec le lieu. L’Ethique devenait plus alléchant. Deuxième surprise : les stands étaient très espacés au milieu de ce grand hall, logiquement… car beaucoup moins nombreux (100 exposants en 2008, 49 en 2012) L’Ethique devenait plus rare ? (il faut dire que les exposants doivent remplir en amont, un vrai questionnaire sur leurs pratiques et prouver que leurs produits ont une place ici…)
Par contre, pas beaucoup de surprise au niveau des produits présentés :
- toujours un peu de laine de lama (beaucoup moins),
- des vêtements bio ou en matière naturelle aux coupes caricaturales du bio et de la matière naturelle… (là, je suppose que vous comprenez ce que je veux dire…)
- plein de trucs fait à base de déchets : broderies en fil électrique récupéré dans les radios, de la bâche à toutes les sauces, des vieilles tongs hachées menu méconnaissables en sacs et portefeuilles, des chutes de bois pour des chaussures à plateformes baroques et hallucinantes, des vieux bidons pour des étagères…. Ni esthétique, ni mode…
Ceci étant, mon esprit (très) critique s’est arrêté (de critiquer) devant de belles réussites :
(1) les robes de Dahea Sun, discrète jeune styliste de l’air du temps qui parsème ses vêtements aériens de délicates touches de pastel. Ces pastilles pastel changent de couleur en fonction de l’acidité de l’eau de pluie… ou comment rendre la pollution poétique… http://www.sundahea.com
(2) les bijoux de Maïna, la créatrice d’Ï.de.m qui réalise des merveilles de colliers, bracelets et boucles d’oreilles à partir de couverts en argent qu’elle ré-émaille et colorie (comme quoi, le déchet peut être beau…). Malheureusement, cette collection n’est pas encore présentée sur son site web. http://www.i-de-m.fr
- Les vêtements sobres et élégants de l’Herbe Rouge et de Sweet Blossom
http://www.lherberouge.com
- Le tissu recyclé de U-CLIFE qui propose aux créateurs de mode et d’accessoires de réutiliser des coupons de tissu découpés dans des fripes inutilisables telles quelles. Pour le coup, on peut recréer en zappant les étapes très impactantes du cycle de vie du produit : culture, fabrication et transport de la matière première.
Ces idées neuves et sympas m’ont fait oublier ce fabricant( dont je tairai le nom) qui a décidé de fabriquer des chaussettes moches pour les coudre en manches sur des vêtements moches, de manière à accentuer la laideur de l’ensemble. Pas vraiment compris ce qu’il y avait d’écolo là dedans… Quant à l’éthique, il semblerait qu’elle se situe au niveau du style qui est inspiré par des créations (moches) de femmes en difficulté qui, elles, réutilisent pour faire leurs vêtements des chaussettes usagées. (là, je vous laisse imaginer…) Évidemment, une partie du prix des vêtements est reversé à l’association de ces femmes mais on n’a pas pu me préciser exactement combien… ça ne doit pas être beaucoup … Comme je pense qu’il ne va pas en vendre beaucoup (j’espère, car sinon, ça remettrait sérieusement en cause mon sens de l’esthétique…) … pas beaucoup de … pas beaucoup… ça fait rien du tout …