AFRICAN NETWORK & digital hyperstition
Avant-propos
Cet essai s'est construit par des échanges. Échanges d'idées dans un taxi dakarois, échanges d'ouvrages dans une bibliothèque strasbourgeoise, échanges de mails, de liens internet avec des artistes, échanges attrapés au vol lors d’ interviews, vernissages, concerts. Échanges frénétiques, fatigués, furtifs, fortuits, parfois à d'autres destinées que mes recherches mais pris à parti au sein de celles-ci. C’est de tout cet environnement qu’elles se sont enrichies.
Car c'est un sujet contemporain que je traite ici. Des plus contemporains que très peu de choses le concernant sont actuellement transcrites par l'écrit. Les noms d'artistes que je soulève, les auteurs, sphères conceptuelles et collaborations polymorphes que je cite se développent au moment même où je les fixe ici par des mots. Je les suspends dans le temps par ces lignes mais ceux ci sont en mouvement, dans un bouillonnement constant fructifié par des échanges aux quatre pôles du continent africain. Ces échanges fédèrent les pensées et forment la connexion entre ceux qui en sont les acteurs. Se propageant de liens en liens, les idées viennent activer des formes et l'on peut observer, fuser de toutes part, des procédés qui tentent de répondre à des préoccupations contemporaines de ce continent. Les idées ont commencé à se répandre et, telles un organisme fongique ne cessent de se propager, rassemblant autour d'elles les artistes et penseurs, agrégeant de la matière, connectant les esprits et les cœurs dans la perspective d'un avenir qui se veut plus juste par l'imaginaire. Des premiers écrits de la pensée de la postcolonialité aux récents auteurs science-fictionnels, je me vois à mon tour, par cet essai, témoigner des prospectives artistiques du continent africain données en 2016, en vue des nombreux facteurs de modification des rapports sociaux qu'offre l'internet 3.0.
Cette thèse de Master 2 “Critique/Essais, écriture de l'art contemporain” de l’Université de Strasbourg s'est construite par des échanges, discussions, analogies et hypothèses. Cet écrit représente un croisement des disciplines, une convergence des pensées, mêlant théorie de l'art, biologie, postcolonialité, cybernétique, divination, anthropologie, philosophie, activisme, sociologie internet, tradition et fiction. Il s’agit d’une recherche scientifique qui pourrait se résumer par deux citations, celle de Ron Eglash, ethnomathématicien “The binary coding of traditional African knowledge systems, like that of their antecedents in modern computing networks, is neither rigid nor arhythmic; its beat is a heritage heard by those who listen to the future.”1 et celle de l’artiste Tabita Rezaire "The economies of attention and opinion know no geographical borders; the World Wild Web is banging on the NORTH/SOUTH/EAST/WEST with only a difference of Mb/s.”2
Un grand nombre d’articles que vous pourrez lire sur ce blog sont issus de ces recherches.
Marynet J - young art critic & curator for NET-NO
1. Eglash Ron, « Recursive Numeric Sequences in Africa », CCRU, Abstract Culture “Digital Hyperstition”, 1999 (http://web.archive.org/web/20131115003943/http://www.ccru.net/digithype/recursivenum.htm)
2. #LIKEIT #LICKIT curated by Tabita Rezaire @Social Media Week Johannesburg / Fakugesi Digital Africa Festival (http://tabitarezaire.com/%23likeit%23lickit.html)












