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PUT YOUR BEARD IN MY MOUTH

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Xuebing Du
YOU ARE THE REASON
trying on a metaphor
🪼
Sade Olutola

祝日 / Permanent Vacation
$LAYYYTER

Janaina Medeiros

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@noemiah
“Je me promenais avec un ami sur une plage de Méditerranée. Le village et son clocher émergeaient d’une myriade de lotissements, de résidences touristiques, d’appartements en multipropriété, comme un noyau d’authenticité au cœur de l’industrie des loisirs. Non loin de nous, sur le sable, une dame pas très jolie, allongée sur sa serviette, prenait le soleil en maillot de bain deux pièces. Elle portait des lunettes noires, un chapeau de paille, et soignait son bronzage en écoutant les informations. Son minuscule poste de radio (à l’antenne déployée, beaucoup plus longue que le poste lui-même) grésillait sans interruption, donnant des précisions sur une vague de froid (ici-même, il faisait beau), sur la guerre des Balkans (sur la plage, tout était calme) et sur la crise économique (j’étais invité gratuitement dans un palace de Monte-Carlo)… Désignant l’ensemble de la scène, mon camarade a murmuré : « On dirait un dessin de Sempé. » C’est le privilège des grands artistes : ils ont si bien compris le monde que le monde a l’air de les imiter.”
— Benoît Duteurtre, « On dirait un dessin de Sempé », préface à Jean-Jacques Sempé, Monsieur Lambert suivi de l’Ascencion sociale de Monsieur Lambert (La suite ici.)
En librairie aujourd’hui !
Cecilia dress in collaboration with @esteepreda 🌸🌈🎀
Extraits du programme de projection lumière sur les sculptures textiles blanches lors de l'exposition "Passage à la lumière" à l'Orangerie d
SOLACE
There was a rose that faded young; I saw its shattered beauty hung Upon a broken stem. I heard them say, “What need to care With roses budding everywhere?” I did not answer them.
There was a bird, brought down to die; They said, “A hundred fill the sky— What reason to be sad?” There was a girl, whose lover fled; I did not wait, the while they said, “There’s many another lad.”
— Dorothy Parker, Not So Deep as a Well
cathrinabroderick: “Charlie Engman ”
“Pourquoi écrire semble-t-il si angoissant à de bons lecteurs ? Au moins pour deux raisons : la comparaison avec les écrivains que l’on admire et que l’on ne pourra jamais égaler ; la peur de se confronter concrètement à sa propre médiocrité devenue tout à coup visible comme un visage ayant perdu le masque. Avant de parvenir à se persuader que l’on est rarement bon en soi, mais seulement bon par rapport à ce qu’il y a de passable en nous, il est nécessaire de casser l’idole que tout écrivain en herbe porte en lui. Rien de plus efficace que la frustration. Combien de temps ai-je passé sur des manuscrits raturés, surchargés de corrections, les feuilles volant tour à tour dans la corbeille à papier ? Aujourd’hui, ce serait devant l’écran blanc. Naïvement, je voulais atteindre une sorte de perfection mythique, réservant un sort à chaque mot, densifiant le texte jusqu’à le rendre obscur, contradictoire, ridicule… Comme beaucoup de débutants, j’étais tendu, effrayé par mon obstination inutile, rageur et prêt à m’assommer à coups de poing. Il n’y a pas pire disposition pour rater quoi que ce soit. À force de pousser au pire, je me suis lassé d’une telle tension, j’ai fini par me laisser aller, par écrire presque n’importe quoi. De ce n’importe quoi est sorti du passable, puis du meilleur, comme si la fatigue avait fini par relâcher les muscles du corps, la tension du cerveau, les mâchoires de l’autocensure, libérant une sorte de seconde nature et de seconde voix qui étaient plus miennes que les miennes, si je puis dire.”
— Georges Picard, Cher lecteur
My collaboration with Noémiah is finally out :)
http://www.noemiah.com/
Reem Acra Pre-Fall 2018
Amanda Gylling