Jour 2
Et je pleure. Et mes larmes coulent. Au son de cette mélodie, mon cœur enfle. Toutes ces émotions que j’essaye de contrôler, et pourtant sort réellement. Ces larmes de surfaces sont plus tranchantes que des poignards, car elles me rappellent que je suis ta captive. Que malgré tous mes efforts pour t’oublier, tu es là. Dans mon cœur. Dans ma tête. Tous ces efforts réduits à néant par une seule de tes paroles.
Telle une poupée de chiffon, je me désagrège de l’intérieur. Pourtant j’entretiens mon apparence. Je me cultive. Je joue du piano, et je prends même soin de la guitare de Flo maintenant. Je sors, je vois mes amis, je rigole. Tous ces moments sont comme des joyaux. Mais je ne peux m’empêcher de penser à toi, au lever, au coucher, en regardant nos photos.
Tu étais ma résolution. J’étais prête à gravir des montagnes avec toi, pour toi. Mais que me reste-t-il ? Des cendres. Les cendres de notre avenir, de notre passé. Ces souvenirs que tu prends tant de minutie à effacer de ta mémoire sont mon garde-fou. Je ne ressens plus que l’ombre de la joie qui m’envahissait avant.
C’est toujours la même chose. Soit pas « assez » pour être une priorité, soit « trop » pour qu’on veuille rester. Mais je souffre, et je ne demande qu’une chose : être heureuse. Jamais je n’ai été aimé d’un amour aussi pur. Tu ne vois que les disputes, là où je vois la tendresse. Tu ne ressens que de la colère quand je ne peux t’empêcher de t’aimer. Je suis prête à tout accepter de toi. Je veux être le réceptacle de ton amour, de tes rêves, et l’architecte de tes espoirs. Je veux tant de choses que tu m’as arraché sans prévenir. Mais je reste là. Fidèle au poste, je sais que je ne suis pas celle que tu as le plus aimé, qui t’as le plus marqué, mais putain qu’est-ce que je t’aimais. Comment tourner la page ? A dix-huit ans, ça parait facile. Mais j’apercevais en toi la personne avec qui j’aurai pu passer des années à attendre, à admirer, à aimer.
Maintenant j’ai peur. Peur parce que l’inspiration vient de ma tristesse. Mais si je perds cette tristesse, alors que nous reste-t-il ?
Que nous reste-t-il ?














