J’aurais aimé commencer ces mots par depuis que tu es dans ma vie,
Mais tu y étais déjà .Â
Je voulais juste le commencer comme ça, parce que c’est comme ça que les gens débutent les lettres d’amour. Puis, c’est plus facile de les commencer comme ça, parce que quand on raconte une histoire, on commence par le début, non ?
Nous notre début, il est arrivé plus tard. De toute façon, les choses arrivent quand elles doivent arriver et apparemment, pour nous, elles devaient arriver à ce moment-là . Quelques années plus tard, à l’abris des regards, lorsque les fleurs que nous tenions dans nos mains, fermement, avaient fanées. Peut-être parce qu’il fallait que l’on soit désencombrés des choses auxquels nous tenions tant durant tout ce temps, pour pouvoir se rencontrer vraiment.Â
Je t’ai dit que cette rencontre avait été un choix difficile, que je n’avais pas prit à la légère. Mais c’est faux, ce n’était pas difficile, c’était facile pour la première fois de ma vie et c’est ça qui rendait les choses difficiles.
Parce que si c’était aussi facile, c’est parce que je savais que c’était bien. Et moi, le bien, tu le sais très bien, je ne le connaissais pas.
Avant, je disais que plus jamais je n’allais aimer, particulièrement que je n’allais plus jamais aimer aussi fort et j’y croyais comme les gens qui croient en Dieu. En réalité, j’avais peur et j’ai encore peur aujourd’hui, parce que finalement vois-tu, il ne faut jamais prendre nos pensées pour acquises. Je me suis trompée, j’aime à nouveau et mieux encore, pour une fois je sais que j’aime pour de vrai.Â
Je sais que je t’aime pour de vrai, comme quand j’étais petite, j’étais persuadée que lorsque je courrais dans la neige tombante, j’allais pouvoir voler au milieu des flocons. Que quelque part, le vent, allait finir par m’emporter.Â
Je t’aime pour de vrai parce que j’ai peur quand je suis loin de toi et quand je suis avec toi, je n’ai plus peur de rien. Je t’aime pour de vrai, parce qu’autant que je suis un je, je n’est pas si drôle que quand il est avec tu, et que c’est un nous.Â
Sur notre chemin, il y a des noeuds. Les noeuds de la vie. Les noeuds que parfois tu fais tout seul, les noeuds que je fais moi aussi dans mon coin. Des noeuds parfois dans lesquels on s’emmêle, qui nous enlacent si forts que j’en ai du mal à respirer. Il y a les faux noeuds, ces petits fils qui décident de s’emmêler dans nos poches parce qu’on a mal rangé des choses, des choses que l’on n’ose pas se dire et qu’on fini par sortir, timidement. Ces faux noeuds, des fils de laine avec lesquels on finit par tricoter quelque chose de beau. Il y a les vrais noeuds aussi, ceux qui nous échappent, l’avenir incertain, les doutes, les peurs, les pleurs. Ces noeuds qui ont leurs raisons d’être là .Â
J’ai envie de croire au destin, je sais que toi non. Peut-être que j’ai tord de m’y accrocher, de vouloir donner une raison à tout ce qui arrive. Penser que les choses n’arrivent pas par hasard, qu’elles ont un sens. Destin ou non, avec toi, elles en ont un. Elles en ont un dans les bons et les mauvais moments. Dans les rires et dans les larmes. Dans le cafard comme au sommet de la montagne.
Je sais que tu n’aimes pas quand je dis que tu me rends heureuse, parce que ça signifierait que tu en es la seule raison. Non, il y a une multiplicité de choses qui peuvent me rendre heureuse et tu en fais parti. Je suis plus heureuse quand j’ouvre les yeux et que tu es posé à côté de moi, que quand je me réveille seule et que tu n’es pas là . Même quand tu m’agaces, et si c’est possible, je t’aime encore plus quand tu m’énerves, quand j’ai envie de crier, de hausser le ton, que j’ai la boule au ventre. Parce qu’avec toi, les choses sont vraies. Elles ne sont pas masquées par des réactions physiologiques de l’amour. Non, avec toi, j’ai les pieds vers le ciel et sur terre en même temps. Je te le dis, la vie est moins drôle sans toi et la vie serait longue sans toi.Â
J’essaye de marcher droit tant bien que mal jusqu’à demain. Maladroitement, timidement tout en ignorant ce qui s’y cache, ce qui arrivera, ce qui nous arrivera. Tout ce que je sais, c’est que je n’ai nullement envie d’être là où tu n’es pas.
Je t’aime même si c’est de la folie.Â