il y a des discussions dont on se passerait bien mais qui arrivent, et qui doivent arriver.
mercredi soir, dĂźner chez une amie de mon amoureux, deux filles, cinq garçons. jusque lĂ rien de fonciĂšrement mĂ©chant, dâailleurs, deux garçons lâont mĂȘme aidĂ©e Ă prĂ©parer Ă manger en tant que commis.
sauf quâau moment de passer Ă table, personne ne se lĂšve, Ă part moi, pour aider Ă dresser le couvert.
jâessaye, tant bien que mal et maladroitement, de faire signe Ă mon copain que ce serait pas mal quâil arrĂȘte de boire des biĂšres dans le canapĂ©, et quâil se bouge un peu. sauf quâil ne comprend pas, que mes mimes ne sont pas hyper clairs et que câest seulement quand il finit par se lever que je peux lui dire discrĂštement.
bref, repas, boissons, une soirée somme toute plutÎt agréable.
sauf quâen rentrant, câest lui qui provoque la discussion, en mâaccusant dâavoir Ă©tĂ© ridicule, de pas avoir Ă©tĂ© claire, et puis quoi, lui câest un mec bien, il fait la vaisselle, la cuisine, pourquoi je ne lâai pas dit aux autres mecs de la soirĂ©e (que je ne connaissais ni dâEve ni dâAdam).
et donc, devoir rĂ©pĂ©ter que non, je nâavais pas envie dâouvrir ce genre de discussion lĂ tout de suite maintenant (jâavais plutĂŽt envie de manger du gratin dauphinois), que je nâai pas envie dâendosser un rĂŽle de daronne (les garçons, on met la table !) et quâil pouvait 1. sâen rendre compte lui mĂȘme 2. proposer aux autres garçons de mettre la table.
sauf que ça, selon lui âça nâarrive pas dans la vraie vieâ.
ce qui est rigolo (enfin, qui fait rire jaune), câest quâil est par ailleurs tout Ă fait clean sur plein dâautres plans, et oui, il fait la vaisselle, les courses, les lessives (et des cunnilingus, mais je mâĂ©gare), mais que lĂ dessus, il bloque, et quâil en fait des caisses sur la ligne : mais moi je suis un garçon bien.
et que si on continue la discussions le lendemain, on en arrivera au point : âjâai lâimpression de faire plus Ă manger que toi, bref dâen faire plusâ.
sans rire ?
je ne pense pas ĂȘtre de mauvaise foi quand je lui ai rĂ©pondu quâon devait plutĂŽt ĂȘtre Ă cinquante/cinquante dans la rĂ©alisation effective des tĂąches mais quâil ne voyait pas tout ce que je faisais, toutes les choses invisibles qui consistent Ă sâassurer quâil reste assez de tel ou tel type de nourriture / produits mĂ©nagers Ă la maison / vider les cendriers / Ă©tendre et ranger le linge, et surtout perdre du temps Ă se demander si oui ou non il faut racheter du liquide vaisselle. la charge mentale quoi.
on peut ĂȘtre un garçon trĂšs bien, avoir plein de copines fĂ©ministes, avoir rĂ©flĂ©chi sur sa masculinitĂ© mais ne pas comprendre quand sa compagne pĂšte un cĂąble sur son incapacitĂ© Ă voir le problĂšme chez soi-mĂȘme.
parce que câest de ça quâil sâagit : voir, et ne pas obliger une fille Ă lui ouvrir les yeux sur ce quâil ne voit pas, parce que câest un garçon. mĂȘme si câest un garçon bien.