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Julia Noni
Merci mesdames
Le journal Minute fait de l’humour raciste. Rien d’étonnant. Leur jeu de mots est pourri, on voit que les gars ne doivent pas rigoler souvent. Quoi de neuf ? Le neuf, ce n’est pas que l’extrême droite soit convaincue qu’on puisse juger quelqu’un à la couleur de sa peau - ça va avec leur idée qu’on peut préjuger du comportement de quelqu’un selon son sexe biologique. Certains sont racistes, ils votent FN. Ils sont relativement nombreux. Nous le sommes davantage. Nous avons toujours vécu dans un pays où nous n’étions pas tous d’accord, et être de gauche c’est justement croire qu’on peut cohabiter sans avoir recours à la torture, ni construire plus de prisons que de salles de concerts. Que l’extrême droite s’exprime n’est pas un problème. Le problème, c’est la fascination des médias, la fascination du PS, la fascination du Front de gauche pour l’électorat FN. Les ventes de Minute exploseront probablement, sur un numéro, mais en attendant ce n’est toujours pas, loin s’en faut, un journal à grand tirage. Alors pourquoi, depuis environ quatre ans, doit-on se fader Marine, louve des neuneus, et son Front national à toutes les sauces ? On finit par avoir la sensation d’assister à une promotion acharnée qui vise, au finale, à vendre au peuple l’idée qu’il n’a qu’un seul désir : voter FN. On l’assène avec les mêmes méthodes qu’on utilise pour lui faire croire qu’il doit changer de voiture. Façon pubard - lavage de cerveau par répétition. On a engagé les journalistes et placé leurs rédacteurs en chef en fonction d’un critère unique : qu’ils n’aillent pas déranger les annonceurs, qu’ils se contentent de remplir les intervalles libres entre deux publicités. Or les annonceurs voyagent. Ils traversent la Chine, Cuba, la Russie - ils reviennent en France et rêvent de transformer le pays, d’en faire un lieu merveilleux où on pourrait tirer sur les ouvriers récalcitrants, massacrer les manifestants, engeôler les contestataires et faire trimer ceux qui restent dimanche et nuit comprises, sans tenir compte du droit du travail. Depuis qu’ils ont découvert que ça n’avait rien d’incompatible avec le libéralisme, ils rêvent d’un système autoritaire. C’est pourquoi Marine glisse un peu de communisme dans son programme de devanture.
Et les grands patrons-annonceurs de se frotter les mains : ils vont finir par l’obtenir, leur dictature. Un peuple à genoux, obligé de fermer sa gueule et à qui on pourra venir raconter qu’il l’a bien cherché, son régime fasciste, et des dirigeants triomphants. Car n’oublions pas qu’il y a de grands gagnants à la crise qui massacre l’Europe, et ce ne sont ni les Roms, ni les Arabes, ni les pédés.
Christiane Taubira s’étonnait de ce qu’aucune «belle et haute voix» ne se soit élevée pour la défendre, et en l’écoutant j’avais envie de lui dire : c’est vous, madame, la belle et haute voix. Nous pensons que vous feriez une formidable présidente de notre République. Nous attendons que vous vous présentiez, parce que nous pensons que vous êtes capable de prendre le pouvoir sans focaliser sur les quatre ploucs qui sortent des vannes moisies quand ils voient quelqu’un qui n’est pas blanc, ni sur les hétéros attardés qui craignent plus le mariage gay que le Fonds monétaire international. Une seule réponse est possible face à la propagande raciste : construire un monde qui évolue. Il y a, parfois, de grandes figures providentielles. L’extrême droite est en train de faire de vous une figure héroïque, historique. Et, pour nous qui ne voterons jamais pour eux, quand bien même voudrions-nous faire dans la contestation, votre voix, désormais, est celle que nous désirons écouter.
Virginie Despentes - Libération - 13/11/13
Ossian Brown - Haunted Air, 2010 (with an introduction by David Lynch and afterword by Geoff Cox)
"Anonymous Halloween photographs from c.1875–1955—truly haunting Americana, with a foreword by David Lynch. The photographs in Haunted Air provide an extraordinary glimpse into the traditions of this macabre festival from ages past, and form an important document of photographic history. These are the pictures of the dead: family portraits, mementos of the treasured, now unrecognizable, and others.” [Amazon]
Miles Davis et Juliette Greco Ă Paris en 49
Joakim Heltne
Lee Materazzi
Shirin Neshat - Rapture, 1999
Alécio de Andrade - Musée du Louvre, Paris, 1990
Duane Michals - The Bogeyman, 1973 | More posts
Message from the Gyre (Chris Jordan)
Marina Abramović - Rhythm 0 (1974)
72 objects (including a gun and a bullet) were laid out on a table for the spectators to use on her in any way they chose to use them.Â
“Abramovic is no stranger to giving much of herself to her work, to her audience and to performance art as a whole, sometimes even putting her body in extreme danger.”Â
In the course of the performance, Abramovic’s shirt was ripped off and a rose stuck into her chest by its thorns. Despite a signed document releasing the public of any accountability in the event of injury, the performance was cut short when police were called because a loaded gun was aimed at her head.
“The experience I learned was that…if you leave the decision to the public, you can be killed… I felt really violated; they cut my clothes, stuck rose thorns in my stomach, one person aimed the gun at my head, and another took it away. It created an aggressive atmosphere. After exactly 6 hours, as planned, I stood up and started walking toward the public. Everyone ran away, escaping an actual confrontation.” —M. A.
Guy Debord - In girum imus nocte et consumimur igni - 1978
Edit for revolutionaryhopes :
You're wrong my dear. This frame is coming from the movie of Guy Debord - In girum imus nocte et consumimur igni. Maybe the original is from Godard's Gai Savoir, but not this one. You can see the movie here : http://www.esprit68.org/ingirum.html Check your source ! ;-)Â