Le billet du mercredi, une nouvelle fois plus accès sur la psychologie et la recherche que sur le tournage en lui-même.
La question m’est venue alors que j’écoutais à la radio une énième interview de je-ne-sais-plus-quel chanteur, qui faisait sa promotion pour son nouvel album super-méga-génial-que-tout-le-monde-devrait-avoir-chez-soi.
Pourquoi veut-on être célèbre ? Est-ce une fin en soi, d’être connu ? D’où vient cette recherche de la célébrité ?
La célébrité, telle qu’on nous la présente, semble ne comporter que des avantages. Pensez-y ! L’argent, la gloire, les fans... On vous offre sur un plateau d’argent tout ce dont peut rêver n’importe quel humain, que ce soit en terme de possessions matérielles ou de sentiments.
De mon avis personnel, l’une des grandes raisons pour lesquelles on veut être célèbre, c’est l’idée d’être aimé. La reconnaissance populaire. L’appréciation des autres. L’humain est une créature sociale. Nous ne pouvons espérer nous développer et vivre heureux en étant seul et mal-aimé. Que ce soit en étant un enfant cherchant à contenter ses parents, un ami cherchant à séduire une amie, un étudiant cherchant des gens pour aller boire un coup avec lui, nous sommes tous et constamment sujets à des débordements de sentiments et des recherches d’affections.
C’est une sorte de narcissisme. Le regard des autres amène un bien-être non négligeable, que l’être humain recherche.
Bien sûr, il ne faut pas appliquer cela à la lettre. Toutes les personnes célèbres n’ont pas été mal-aimées dans leur enfance, traumatisées par l’absence de parents ou d’amis, ou que sais-je encore.
Comme le dit Serge Tisseron dans son ouvrage “Les nouveaux enjeux du Narcissisme” l’important est moins d’être valorisé par le regard d’autrui que d’être gratifié par l’intérêt qu’on leur porte. Peu importe au bout du compte si l’on est dévalorisé, insulté, ou au contraire aimé : l’important est de réaliser que l’on peut intéresser, que les gens parlent de nous, que le moindre de nos mouvements peut être important et agiter les foules.
La célébrité est devenue quelque chose qui peut être éphémère, qui n’a pas de profondeur. Les adolescents postent leurs photos sur les réseaux sociaux dans le but de laisser le reste des utilisateurs déterminer leur degré de beauté. Les participants aux télé-réalités (les Anges, Secret Story...) n’ont pour eux que leur image et non pas un réel talent. Et les émissions telles que “Un incroyable talent” ou “the Voice” mettent à disposition d’un nombre élevé de personnes la célébrité, leur offrant l’occasion de s’exhiber en espérant en retirer gloire et appréciation. De combien d’artistes se souviendra-t-on pour leur véritable talent ? Sûrement pas Rihanna, chez qui on semble plus s’intéresser à “l’affreuse robe qu’elle portait sur le tapis rouge” qu’à ses concerts. Encore moins Miley Cyrus, dont les actes provocants sur scènes sont plus mis en avant que ses performances vocales.
Cette célébrité est donc bien belle, mais à quoi sert-elle ? Pourquoi rechercher une célébrité qui ne nous valorise pas, se contente de nous mettre en avant, sans considération pour notre talent, notre implication politique, ou que sais-je encore ? Cette superficialité est partie intégrante du narcissisme. Tout pour se faire connaître. Tout pour s’exhiber. Tout pour se montrer.
Encore une fois, nuançons : il existe tellement d’artistes de personnes qui sont reconnues pour leur talent, ou qui utilisent leur célébrité de façon intelligente !
Ctions les acteurs Florent Dorin, Raphaël Descraques, Benedict Cumberbatch, David Tennant, Matt Smith, ou encore la violoniste Lindsey Stirling, la chanteuse Lea Michele, dont la célébrité ne découle que de leur talent, et leur travail. Citons également Emma Watson, dont la célébrité acquise grâce à Harry Potter lui a permis de se faire entendre pour défendre l’égalité des genres.
Mais l’on s’éloigne du sujet principal.
Résumons cependant tout cela ainsi : la recherche de la célébrité n’est souvent motivée que par le narcissisme de la célébrité en question, encore plus dans notre société actuelle qui met en avant le besoin d’être reconnu et connu plus que celui d’être aimé.
(EDIT : 10 décembre 2015)