Lacroix – L'année infâme
Un dernier mot.
Ils viennent tard, ces vers. Pourquoi ce noir tableau ? Ce navire qui sombre, égaré, sans pilote? … C'est vieux. Laissons dormir Strasbourg, Metz, Gravelotte : Pourquoi toujours passer le Rhin, – comme Boileau?
« Tes larmes, ô Poëte, elles tombent dans l'eau! ...sois plus gai : la Folie agite sa marotte ; Paris s'amuse, et bat des mains au roi Carotte ; La rente monte, vois, comme après Waterloo. »
– Et moi, je vous réponds que rien ne se relève, Ni l'espoir, ni l'honneur, rien, pas même le glaive ! … Il est toujours chez nous, le Germain pâle et blond.
Pour chasser l'Ennemi de notre territoire, Ce n'est pas de l'argent qu'il faut, c'est la victoire !... Au lieu d'or, c'est du bronze, et du fer, et du plomb !
Paris, février 1872.
Jules Lacroix, L'année infâme. 1870–1871, Paris: Librairie des bibliophiles 1872, p.187/188.












