Tribune des élus du groupe Le Mag - Val-de-Marne Mai 2014
Porter la voix des riverains de l’aéroport d’Orly, défendre leurs droits, améliorer leur cadre de vie
Depuis plus de 50 ans, les nuisances subies par les riverains de l’aéroport d’Orly n’ont cessé d’augmenter. Plus de 120 000 Val-de-Marnais sont ainsi directement soumis au bruit et à la pollution du trafic aérien.
Au fil du temps, seul le combat des habitants et de leurs élus a permis d’arracher des droits pour ces familles.
Mais, depuis 2007, force est de constater que peu d’améliorations réelles ont été apportées par le législateur à leur situation.
La promesse électoraliste de « délocaliser » Orly en province formulée par quelques élus UMP en mal de médiatisation a bloqué tout débat sur des avancées sérieuses. Cette attitude n’a contribué qu’à affaiblir la crédibilité des propositions des riverains.
Dans ce contexte, le combat est devenu quotidien pour faire entendre une parole responsable et empêcher les remises en cause des droits existants. Ainsi, a-t-il fallu déployer une énergie de tous les instants pour obtenir la prolongation d’un an de l’aide à l’insonorisation à 100 %, mesure de justice.
Et la pression s’accroît sans relâche pour déréglementer l’activité aérienne et revenir sur les droits des riverains à un cadre de vie un tant soit peu apaisé.
Ici ce sont des organisations professionnelles qui exigent la suppression de la taxe finançant l’aide à l’insonorisation des logements, des écoles, des équipements publics…
Là ce sont des compagnies aériennes qui demandent à l’hôpital de Villeneuve-Saint-Georges de rembourser les aides versées pour protéger du bruit des avions les personnes hospitalisées.
Ailleurs c’est un responsable censé défendre les droits des riverains qui envisage le déplafonnement du trafic aérien à Orly…
Face à cette situation, le Conseil Général, sur ma proposition, a adopté à plusieurs reprises ces dernières années, des voeux pour défendre et renforcer la protection des Val-de-Marnais soumis à ces nuisances.
Il s’agit de mesures concrètes, réalisables, afin d’améliorer les conditions de vie des habitants : droit au sommeil avec un couvre-feu renforcé, plafonnement du trafic aérien à 200 000 mouvements par an, aide à l’insonorisation améliorée et élargie, étude sérieuse sur les effets de la pollution chimique...
Les droits des riverains doivent également être enfin inscrits dans la loi de la République afin d’être consolidés et garantis par la représentation nationale.
Il nous faut enfin obtenir des contreparties réelles, concrètes, à l’activité aéroportuaire d’Orly. Aujourd’hui les Val-de-Marnais qui subissent les nuisances aériennes ne bénéficient pas ou peu des retombées économiques de l’activité aéroportuaire.
Compensations fiscales, accès aux emplois de la plateforme, sont des droits évidents qui doivent être entendus.
Ces objectifs peuvent rassembler toutes celles et tous ceux qui ont la volonté réelle d’agir pour améliorer les droits des riverains de l’aéroport d’Orly.
Le conseil général doit être aussi leur porte-parole. C’est l’un des combats que je mène.
Dans cet esprit et alors que le projet de modernisation de la plateforme aéroportuaire interpelle à juste titre les habitants, j’ai demandé au président du conseil général du Val-de-Marne de relancer les « Assises d’Orly », afin de contribuer à cette démarche.