BIRDEMIC - SHOCK AND TERROR (2008) L’ineptie à son apogée, le cauchemar de l’esthétisme, BIRDEMIC est en quelque sorte la forme préhistorique du cinéma: primaire, laid et maladroit, ce condensé d’aberration fête ses dix ans mais en paraît déjà trente. Plus low-cost que ça, tu meurs: une caméra semi-pro pour tout le film, AUCUN mixage sonore, et un montage minimal qui font de BIRDEMIC le pire candidat au statut de long-métrage: les nuisances sont légion, SFX d’amateurs, acteurs débutants et c’est LONG! Si vous pensiez que JAGUAR FORCE (1983) était une épreuve de patience, attendez de voir la bête stupide qu’est ce truc: sous couvert d’un avertissement moral destiné à sensibiliser son public sur le sujet du réchauffement climatique, BIRDEMIC tente de subtiliser ce qu’il peut à THE BIRDS (1963), en vain. Ce danger écologique imminent fait péter un câble aux aigles, qui décident d’attaquer la population: parce que le réchauffement climatique, c’est grave: un scientifique -ou un figurant avec quatre lignes de dialogue, au choix- viendra le rappeler au groupe de survivants, comme ce hippie anonyme rencontré dans les bois qui déclame sur la chance d’avoir des arbres… en forêt. Un bon message massacré sans pitié par une réalisation au plus bas de l’échelle: caméra Parkinson, bruitages ULTRA répétitifs -serait-ce le bruiteur monomaniaque de l’animé ONE PIECE (1999-201?) derrière cette horreur de cris d’oiseaux limités à deux variantes? En effet, le son est atroce, les scènes de dialogue filmées en différé conservent la piste audio de la prise, hachant littéralement le montage: idem pour la caméra, qui tue l’harmonie de la lumière. Ajoutez à cette diarrhée des flammes de canons d’armes à feu qui s’affichent en décalé de leur action, des CGI on ne peut plus irrespectueuses -les méchants volatiles sont bel et bien modélisés en 3D (vieille), mais s’animent de façon la plus basique qui soit, à savoir presque figés-, des longueurs insoutenables, et un acting raclé dans un caniveau. BIRDEMIC amuse, certes, et pourtant ses 1h33 triplent le ressenti de la durée: on rit une paire de fois, mais surtout, on observe cet affligeant constat du désastre sans nom qui a fait sa renommée. N’importe quoi, fait n’importe comment. Là où ZOMBIE SELF DEFENSE FORCE (2006) était pardonnable avec ses sols recouverts de plastique -même pas dissimulés- pour ne pas abîmer le lieu de tournage, BIRDEMIC se vautre sans grâce, rempli de dialogues insipides et récités, et de scènes d’action LIDL. Ils en ont rien à foutre, et tournent près de routes en activité, n'essayant même pas de cadrer correctement: on ne compte plus les plans où les véhicules passent en plein milieu d'une scène... Au-delà du nanar, un OVNI véritable, parfois gênant à regarder mais élément déclencheur d’une reconsidération des exigences cinéphiles. Est-ce que BIRDEMIC est le PLAN 9 FROM OUTER SPACE (1959) de son époque? Est-ce qu’une puissance divine a fomenté un complot avec cette obscénité pour que l’Homme ouvre son esprit et change son regard? L’œuf pourri ou la poule nourrie aux OGM? Vous n’imaginez pas à quel point c’est difficile d’accorder du crédit à BIRDEMIC, compilation du pire du pire, best-of des erreurs du cinéma, encyclopédie du Grand Ratage. Situé dans le négatif à un point inconcevablement lointain pour le cerveau humain, BIRDEMIC est mémorable, pour aucune bonne raison. Film vide avec final à la con? En comparaison, DEMONICUS (2001) est GLADIATOR (2000), STARCRASH (1978) est STAR WARS (1977-201?): incroyable. On se réserve BIRDEMIC 2 : THE RESURRECTION (2013) pour -beaucoup- plus tard, le “travail” du réalisateur James Nguyen faisant déjà assez mal comme ça. Pause. NERDEMIC /20














