Nicole Hodgkin : Bonjour. Vous pouvez prendre place. Asseyez-vous là. Non, sur cette chaise. Voilà. Nom, prénom ?
Bonjour. Bon sang, ce siège est d’un confort incroyable. Je m’appelle Ashley Stevens.
NH : Très bien. Quel âge avez-vous ?
NH : Et si vous me parliez un peu de vous. Des passions ? Des talents particuliers ?
Des passions oui. J’aime beaucoup l’art contemporain. Je ne rate jamais une occasion de me rendre à un vernissage de tableaux ou de photos. Qu’ils soient d’artistes connus ou non. Sinon j’en ai une autre qui prend le pas sur tout, c’est l’écriture. J’ai besoin d’écrire pour me sentir vivre. Vous voyez le truc ? J’écrivais des histoires en tout genre quand j’étais gamine, dans des cahiers que j’ai fini par collectionner tellement il y en avait. Mais je les gardais pour moi. Un jour ma mère est tombée dessus et elle m’a dit “Si tu fais autre chose qu’écrire dans la vie, ce sera un gaspillage impardonnable.” J’avais 14 ans. Depuis je ne fais que ça. Et je ne manque pas de talent en la matière. Cela dit, je me passionne pour une forme d’écriture particulière. Je me suis spécialisée dans le journalisme.
NH : Qu’avez vous fait de votre vie jusqu’ici ?
J’ai terminé mes études l’année dernière et je suis endettée jusqu’au cou. Autant vous dire que je vais mettre un certain temps à rembourser mes emprunts d’étudiante. J’ai postulé dans pas mal d’enseignes et je n’ai été acceptée que par des petits hebdo indépendants. Il y a un mois, la chance m’a enfin sourie. J’ai été prise dans le Times. Et vous savez ce que j’y fais ? Je rédige la rubrique nécrologique… Un poste bien loin de mes ambitions professionnelles, cela va sans dire.
NH : Je vois une ombre sur votre visage … De mauvais souvenirs ?
Oui… le fait d’avoir parlé de cette rubrique me fait rappeler les personnes chers que j’ai perdu… Mais passons voulez vous ?
NH : Oh, je vois. Et sinon, quels sont vos objectifs à court et long terme ?
A court terme, quitter ce poste pour un poste de journaliste que l’on prendrait assez au sérieux pour lui donner au moins deux colonnes en page 2. Ce n’est pas en rédigeant la rubrique nécrologique que je vais gagner le Pulitzer. A long terme, je n’ai pas seulement l’ambition de devenir une journaliste incontournable. Je voudrais aussi être connue pour mes talents d’auteur, et dédicacer mes livres avec la présence de gardes du corps. J’aime vraiment ce que je fais. Je veux que mon talent soit reconnu. C’est quelque chose que je mérite. Et puis bien sûr, un bon salaire qui vous remplit les poches à ras bord, ça fait toujours plaisir.
NH : Quelle ambition… Et sur un point plus personnel … Sentimentalement parlant, où en êtes-vous ?
Je préfère ne pas en parler. Sachez cependant que je ne sais apprécier que les hommes.
NH : Et en quoi pensez-vous que M. Lived peut vous aider ?
Il est l’une des personnalité les plus riches et les plus influentes du pays. Lorsque j’ai su que je l’intéressais et surtout ce qu’il me proposait, je n’ai pas pu m’empêcher d’y voir une chance d’arriver à mes fins. J’espère qu’il a des amis au Times et qu’il les a suffisamment bien en main pour qu’ils m’accordent ma chance sans broncher. Je ferai le reste du boulot sans problème. Je pourrais même écrire pour lui, tiens. Ça peut toujours aider d’avoir une journaliste hors pair dans ses contacts.
NH : Je veux en savoir plus sur vous. Même le plus insignifiant des détails à un sens à mes yeux … et à ceux de Mr Lived. Soyez original. Surprenez moi. Que devrais-je savoir que d’autres ne savent pas ?
C’est une façon de me dire que vous voulez des informations compromettantes à mon sujet ? (rire) Eh bien, depuis trois ans, je rédige une sorte de journal intime dans lequel je m’adresse à quelqu’un de réel. Mon frère pour être exacte. Il a toujours été mon confident, nous étions très proches. La vie nous ayant séparé, je n’ai trouvé que ce moyen pour ne pas le perdre complètement. (pause) Sinon, je suis d’une nullité affligeante en cuisine. Je ne suis même pas capable de faire cuire des pâtes. Je finis toujours par cramer la casserole. (rire) Je vous avoue à contre cœur que les araignées me font perdre toute dignité. Et on va finir par une qualité, parce que si je vous fais la liste de tous mes défauts, vous allez finir par vous demander par quel miracle j’ai pu me retrouver ici. Je suis physionomiste. Je n’oublie jamais un visage.
NH : C’est un cadeau très précieux qu’il vous ferait. Etes-vous sûr de le mériter ?
On ne peut plus sûre. Et vous connaissez le proverbe : “la chance sourit aux audacieux.”
NH : Et … Approchez-un peu plus près. Encore un peu … Jusqu’où êtes vous prêt à aller pour parvenir à vos fins ?
Je suis prête à me faire greffer un stylo à la place de la main. (rire). Plus sérieusement, je ne sais pas. Je suppose que je suis prête à faire ce qu’il faut dans une certaine limite. Nous verrons bien.
NH : C’est parfait. Votre profil nous intéresse beaucoup et Mr Lived sera très heureux de vous compter parmi nous. Bienvenue au Meander East Building…
Merci à vous. Merci à lui.