Atrabilis - MMXIV

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Atrabilis - MMXIV
#animusmortis #atrabilis #blackmetal https://www.instagram.com/p/B0WSwE7AXKo/?igshid=17opg1nwjgs2c
https://www.youtube.com/watch?v=Enziwm6N4Fs
Il y avait une luciole. Quand je la pris du bout de mes doigts elle devint si grande qu’elle se transforma en un chaud halo de lumière qui me recouvrit entièrement. J’éclatais de rire, amusée par son audace, elle qui me connaissait à peine et qui déjà venait me réchauffer alors qu’elle n’était qu’une petite luciole quelques secondes auparavant.
Le halo de lumière baignait mes mains et mes doigts dans une lumière pure et chaude, embaumais mes lèvres, fendues en un sourire éclatant, enserrait ma taille avec une douceur et une force revigorante. Câline, la lumière se lovait dans les creux de mes hanches et de mon cou, ronronnante. Elle brillait d’autant plus que mon coeur battait et battait de plus en plus fort.
Une gène se fit cependant sentir quand la lumière se resserra autour de mon cou, en serrant un peu trop fort ses grandes mains. Puis ses tentacules s’insinuèrent dans mon coeur et le transpercèrent de petites incisions qui faisaient aussi mal que des trous béants. Un cri s’échappa de ma bouche, qui ne souriait plus et tandis que la chaleur brûlait mon estomac comme de l’acide, un doigt de lumière bien pensant venait faire taire mon cri muet d’une pression affectueuse sur mes lèvres.
Les larmes roulèrent sur mes joues, la douleur à son paroxysme. Je ne pouvais pas nier que la douce chaleur qui me plaisait alors était toujours là mais elle prenait des accents tellement douloureux que j’en vins à me poser la question de son intention. Puis, me laissant abrutie, blessée et confuse, les bras se retirèrent, en même temps que la chaleur.
Puis vint le Noir.
Ma folie qui me colle tandis que je titube sous la pluie, attachée et serrée,
Une corde tendue, une corde de pendu, ma douce me sied,
Quand tu prends les essences de mes regards plein de sens, pour les réduire à des impacts froids dans le miroir,
Les commissures de mes lèvres collées par ta bile, ivre et blême, tu susurres,
Une larme spontanée le soir, un chagrin caché pour qu’on on se laisse choir à la merci de ta lame,
Toujours beaucoup trop de questions, un rien t’alarme et de revigore,
C’est un fantôme carnivore qui traîne et qui jamais ne se lasse de manger les carcasses pourries,
Qui rappelle les ombres ennemies que fait le Soleil et qui arrache aux apparences les dessous flétris,
Qui nous balance les fissures que l’on cache sous d’inutiles sommeils,
Derrière l’alcool ou dans les bras d’une maîtresse, ma traîtresse tristesse, tu me poignardes avec mes sentiments,
Tu mets autant de pesanteur dans mes gestes que dans un bras déjà mort, rongé par les vers,
Et mes regards sont troués et brûlants de haine, esclaves du monstre aux yeux verts,
Laisse-moi vieille sorcière, laisse-moi me reposer une nuit au moins loin de tes chants,
Laisse-moi rêver et m’abandonner à des plaisirs vulgaires, jouer avec le temps et perdre tout du long,
Carnassière et vorace, tu me dévoreras et tu prendras tout, avide destructrice,
Séductrice en mon sein que je laisse et caresse, lovée dans mon cœur, dansante comme une vipère.
Atrabilis - 2014