Såsom i en spegel (Through a glass darkly), Ingmar Bergman, 1961.
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Såsom i en spegel (Through a glass darkly), Ingmar Bergman, 1961.
[PATRIMOINE] Boules Quies, la fabrique du silence ► http://bit.ly/Boules-Quies Olivier Denis du Péage est le président de la société Quies, la marque fête ses 100 ans cette année. L’entreprise française représente 48 salariés et un chiffre d’affaires de plus de 17 millions d’euros #Boules #Quies #cire #protection #auditive #silence #société #industrie
(AUDITIVE)
En-Sof TokyoがホストするベースミュージックイベントAUDITIVE。11回目となる今回はジャングル、ダブステップ、ドラムンベースシーンから個性豊かなDJを招いてのスペシャルセッションを開催! 2016.11.26SAT23:00-5:00 『Auditive vol.11』 @ EN-SOF TOKYO Shibuya DJ: Yahman (Tribal Connection) Abu (Inovacio) Velocity (Human Elements) Osam Greengiant (Soi) Satoshi (Hangover) Keigo (JumpJump) MC: Ence (Most Wanted) Sound Focus: Morikawa (ROOTS) Door : 1,000yen / Ladies 1,000yen 2D EN-SOF TOKYO 〒150-0043 東京都 渋谷区道玄坂2-23-13 DELITOWER B1F #drumnbass #dnb #jungle #junglist #dubstep #bassmusic #bass #dj #mc #party #auditive #ensoftokyo #ensof #shibuya #tokyo
Pause Prose #2 Expérience auditive.
La bande audio projetait dans les fils d'écouteurs puis dans le conduit auditif une voix chaude, grave et douce. Cette voix lisait une nouvelle. Vingt cinq minutes. Vibrations et variations d'un son excellent pour une ouïe fine, une ouïe qui aimait être dévorée par les décibels. Les mots étaient voilés par la musique sans mélodie ni partition que le lecteur donnait au texte qui lui-même parlait de mots et de lignes, de livres et de bibliothèque.
Chaque phonème se détachait. Les consonnes rythmaient l'ensemble et éventait le tout. Il avait une manière de prononcer le chuintement du S ou du CH absolument exquise, presque divine. Ce sifflement permanent si agaçant dans les chuchotements de commères donnait une douceur particulière à l'histoire si bien contée. En fermant les yeux, nous pouvions imaginer les lèvres du lecteur se mouvoir doucement, presque avec précision pour dire tous ces mots qu'un auteur avait couché dans ce livre.
Un vrombissement continu semblait accompagner les consonnes et les voyelles, les mots et les phrases. La voix ne s'éteignait jamais, et diffusait éternellement un son délicieux, rauque et uniforme mais jamais lassant. Le lecteur accompagnait parfois son texte d'une légère musique et le coupait d'intermèdes. Une guitare, un son magnétique, électronique. Même si sa voix n'était plus présente, le plaisir restait le même. A la fois dans l'attente de la suite de l'histoire, dans l'espoir de retrouver cette voix merveilleuse et dans le délice d'une douce musique qui apaisait ce qu'une atmosphère particulière avait créé au travers d'un sombre récit de bibliothèque. Une nouvelle voix chantait, avec un effet de résonance, des paroles en anglais qui libéraient un flux d'ondes suaves et voilées dans les écouteurs toujours vissés aux oreilles de l'auditeur. Il pouvait alors fermer les yeux et se complaire dans une légère extase, comme dans une paresse languissante, un début de sommeil. Un repos des sens au profit de la gourmandise de l'Ouïe. Le cerveau pouvait se donner le plaisir d'imaginer des couleurs chaudes qui se mélangeaient au rythme des touches qu'apportait le chant à la toile musicale qui se dressait devant la rêverie. Sans peut-être s'en rendre compte, il avait atteint la fin de l'histoire, trop concentré, trop envoûté par la voix si particulière de l'homme qui lisait si bien. Nulle musique ne pouvait conclure aussi bien une histoire, même si aucun souvenir n'était resté de son contenu. Seuls des mots en était conservés dans la mémoire de l'auditeur. Le son dépassait ce contenu syllabique. Sans donner de sens à ce texte, sans donner de sens qui puisse être défini, il se propageait à travers les millions de cellules nerveuses, parmi les sens au repos pour apporter une détente particulière, comme la douce caresse d'une couverture moelleuse dans un lit aux de draps de flanelle. Lentement, avec tendresse, le son s'étiolait doucement à mesure que l'auditeur pouvait sentir la fin de l'enregistrement approcher. Lorsque la musique de conclusion s'achevait, un calme immense s'installait, les neurones et tous les nerfs étaient laissés au repos définitif et serein.
Très vite le silence absolu qui régnait dès lors dans les oreilles de l'auditeur fut remplacé par le sifflement du vent et le choc du tambour de la pluie sur les volets. Le vent animait les arbres qui entouraient les maisons, ajoutant un nouveau bruit de fond à cette cacophonie liquide. Il était temps de retirer ses écouteurs et de se glisser dans ce fameux lit aux draps de flanelle. Une légère brise réanimait le touché sur toutes les parties du corps, même les plus détendues. Le plaisir de l'écoute passée s'envolait doucement, comme emporté par ce courant d'air. Une fois enfouit sous sa couverture et ses drap, le corps pouvait, sans non quelques efforts, retrouver la chaleur déchue suite à la fin de la bande audio. Roulé en boule il s'évanouissait dans les vapeurs du sommeil.
Les neurones, quant à eux, continuaient leur travail et faisaient rêver de ces songes étranges. L'histoire qu'il n'avait que très peu retenue ressurgit comme si elle avait été enregistrée en cachette dans un coin du cerveau. Les événements restaient cependant flous bien que de nombreux mots s'enchaînaient dans une ribambelle infinie et insensée. La succession des sons était cependant intacte malgré le charabia verbal qui défilait dans le rêve du dormeur. Mais seul le chuintement qui avait tant plu à cette ouïe la faisait encore frissonner, presque physiquement. Un sourire se dessinait sur ce visage paisible, comme avant, quand on lui racontait une histoire. Peut-être était-ce la redécouverte du plaisir de l'enfant qui s'endort au cours du récit plein d'aventures que lui racontait un de ses parents le soir. Peut-être vivait-il ce plaisir pour la première fois. Aux sons venaient s'ajouter des couleurs, à nouveau chaudes. C'était une sorte de rêve psychédélique et suave, comme une confiserie qu'on laisserait fondre dans la bouche, coincé dans une joue. Un songe chaud et sucré à l'oreille duquel une voix inconnue mais chérie susurrait des mots désordonnés mais exquis, vides d'un sens qui leur était alors inutile. Les formes colorées se transformaient lentement en des silhouettes plus distinctes, de personnes, de décors. Les tintes restaient les mêmes et dessinaient, dans une chorégraphie d'une lenteur irréelle, les scènes de l'histoire dont le souvenir revenait doucement. Un personnage se distinguait en se mouvant au rythme du flot des paroles du lecteur. L'un était le pantin, l'autre était le narrateur. Tandis qu'il jouait l'action de la nouvelle, son visage se finalisait pour laisser apparaître une bouche qui relayait le lecteur tout en conservant sa voix. Narrateur, personnage, lecteur. Une confusion déplaisante s'installait maintenant, violentant le calme ambiant. La gêne prenait place. Le dormeur bougeait de plus en plus dans son lit et son expression avait changé. Ses sourcils se fronçaient, son menton se crispait. Ce n'était plus l'atmosphère vocale qui dominait le rêve mais celle, froide et mystérieuse, de la diégèse. La nouvelle fantastique se manifestait dès lors et le songe s'assombrit sans pour autant devenir cauchemardesque. Cependant la confrontation forcée entre ces deux univers si différents et qui pourtant vivaient ensembles était d'une violence particulière et désagréable. La réunion des deux éléments qui avaient été involontairement séparés n'était pas simple et demandait au rêveur un peu de patience avant le retour de la beauté du songe. Malgré la froideur qui s'installait alors, malgré la chaleur qui s'était doucement étiolée, un nouvel équilibre se créait. L'union des couleurs, des sens et des sons finalisait le plaisir infini de l'auditeur-rêveur qui dès à présent pouvait passer une de ses meilleures nuit.
https://soundcloud.com/patrick-baud/la-bibliotheque-de-babel-jorge-luis-borges