écriture automatique
rive sur dérive qui enivre les poissons les diamants océans et tes mains pleines de sang qu’as-tu fait qu’as-tu fait, est-ce seulement toi là devant moi, oh Dieu est mort, oui je sais : Wir haben Ihn getötet ! lire et délire tu aspires tu m’aspires, je te sens tout entière tout altière et pénètre comme l’aiguille dans les lames de mon cœur, mon corps hurle turbulule t’en rêvais nous voici le trente février trois mille trente, tu fais chier les voilà tes tortues, oui ! des tortues qui pleuvent, je veux des tortues qui pleuvent, ça veut rien dire, ta syntaxe est stalinienne pas la mienne, tu fais chier y en a plein maintenant et d’une rive qui dérive à une autre qui se tord, oui se tord de peur de ton corps de déesse, elle a peur l’autre rive du héron qui arrive et qui couine comme tes lèvres retroussées par une nuit chaude de juillet sans les draps, les volets ni les bras oh là là, les voilà les voilà, revenons au début de la fin comme tout début a sa fin et vice versa, versa vers ci, voici donc les poissons je disais pas les mammifères les poissons oui ceux qui ne sortent peu que de l’eau, voilà que tous mes mots se dérangent comme dans ma bibliothèque, hm je n’aime pas tant que ça de savoir où sont exactement mes livres j’ai me chercher un instant tant que je sais qu’ils sont là entre une rive et son double enfin son autre la dérive l’Autre-Rive, ah te voici ma douce disjonctive, disjonctrice de coeur, douce mort étreins moi, roule-moi, il n’y que toi qui ne me quitteras pas tu me prendras me garderas, j’ai déjà acheté mon billet pour la grande traversée, celle du Styx, je prendrai mon Calice et mes vices, à vue d’œil ça fait près mais à vu d’âme c’est une vie, oui la mort c’est l’autre côté et je me suis dit que de l’autre côté ils appellent ça la vie et qu’alors en fonction d’où on pense on ne passe que de la vie à la vie où de la mort à la mort, ça me va la terre tourne elle est ronde mais les carrés tournent aussi comme les cartes les culottes et tes yeux étouffants, cette odeur qui se répand comme du sang, du bon jus, mais je t’ai dit du bleu, non je veux dire Blanc, le sang blanc comme le blanc, le sang blanc comme la grève oui ma chérie tout est blanc quand l’aurore s’extasie, en fait, tu sais qu’elle jouit, elle jouit oui, du grand privilège d’être celle qui borde la nuit et c’est sur l’horizon qu’elle est la plus belle et partout on le trouve l‘horizon sans raison il est là horizon, et dessus là exactement c’est le blanc qui est blanc et la nuit la plus belle enfin non c’est l’aurore je ne sais plus, t’écoutes plus ma beauté,
dévorée, te voilà affamée sous la sous la pente du grenier, écarquillée, je vais te préparer un vacarme de douceurs que je mettrai dans des vases et le passeur du Styx attendra gentiment la fin de nos hurlements, gémissements et de leurs résonnements, ceux de maintenant et de tous ceux à venir, ce n’est qu’une question de temps car pour toujours je t’aimerai mon amour, même après mon souvenir t’aimera pour toujours, et mon âme restera comme un point suspendu comme mille lampions traversant une rivière glacée des Pyrénées, j’aurais mis des bouts de moi sous la marche de tes pas, dans tes objets tes murs, nos ratures échancrures, pour rester pour toujours avec toi et dans toi, jamais je ne sais qui partira le premier j’aimerais qu’on reste là, mais le jour chasse la nuit alors plus rien ne restera par ici, viens prenons le train pour la mer, je veux dire voir la mer les falaises et courir dans l’embrun comme des fous comme des loups possédés enivrés, oui l’amour et le sexe planté sur la plage, tu es belle en flanelle mais encore dans plus enfilée dans cette robe noire de velours quand tu pousses le tambour or du Casino planté sur la grève, rodéo rodéo dès que les yeux sont tournés, au blackjack on est morts et dehors y a la lune qui nous a emportés jusqu’ici, jusqu’à dans l’extase atrophiée ah ah ah ! j’arrête là ces souvenirs, ce poignard dans ma vie crucifiée, dans mes os et dans l’eau où je me noie-ah ! enfin, le silence, doux silence, les seuls feulements qui me manquent sont le vice que tu glissais dans mon oreille tes cheveux tous collés et ensuite je me souviens de rien que de gouttes multicolores et d’une odeur qu’est devenue un adieu sans fin












