Benjamin Testa Rotation, 2013. techniques mixtes, dimensions variables.

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Benjamin Testa Rotation, 2013. techniques mixtes, dimensions variables.
Benjamin Testa 36m³, N45°46’14’’ E4°49’59’’, 232m, 2012. Bois. Exposition « Nouvelle Aire » du 16 mars au 16 juin 2012 au Centre d’art 360m³, Lyon
http://360m3.com/ L’œuvre 36m³/N45°46’14’’ E4°49’59’’/232m de Benjamin Testa s’inscrit dans un vaste champ de recherche, dans lequel il explore les possibilités de représentations du monde à partir de la géométrie. Le système euclidien, qui a été adopté comme base de modélisation du monde, constitue son point de départ. L’œuvre annonce la répétition d’un protocole simple appliqué à des structures architecturales. Cette série répond à sa volonté d’explorer les possibilités du cube : « du point à la ligne, un carré prend forme et le cube se déploie. Sa présence, sa matière, sa fonction et son échelle, son mouvement et sa dynamique, sont autant d’éléments qui me préoccupent ».
Trois axes figurés par des poutres se croisent au centre de la pièce. Elles apparaissent comme les éléments d’une charpente plus vaste, l’axe vertical traverse d’ailleurs le plancher. Devant l’inutilité de la structure qui ne semble supporter aucun poids, ne reste que la figuration de la largeur, la longueur et la hauteur d’un cube qui correspond à l’espace d’exposition. La simplicité des moyens formels permet une double lecture de l’œuvre : si l’on perçoit des poutres c’est une structure architecturale, si ce sont des axes c’est une représentation géométrique. L’architecture et la géométrie sont des illustrations des lois physiques fondamentales : l’une est matérielle, la seconde mentale. Les axes ont subi un décalage à peine perceptible de quelques degrés, qui évoque le mouvement rotatif originel de la terre. En partant de cette structure visible, il est possible d’imaginer ce nouveau cube, et d’aligner le reste de l’espace environnant sur ces nouvelles coordonnées spatiales.
La géométrie a été déterminante dans la conception d’un environnement architectural rectiligne. Penser l’espace en terme de droites, de points, de cubes est un choix qui a été opéré selon des principes établis. Benjamin Testa, dans une démarche archéologique, se tourne vers la source de cette construction artificielle du monde. Il distingue un espace géométrique « continu, infini, tridimensionnel, homogène, isotrope » d’un espace perçu « sous sa triple forme visuelle, tactile et motrice ».
Son travail, emprunt d’une volonté de rigueur et de justesse, permet d’appréhender le réel dans sa globalité. Il implique de s’abstraire de toute approche subjective ou fictionnelle. La représentation mentale ouvre des jeux d’échelles qui permettent de « se confronter aux limites de notre représentation du monde, dans laquelle nous sommes pris et dont nous peinons à nous extraire pour pouvoir adopter un point de vue omniscient, ou du moins distancié ». La sphère ou le cube parfait n’existe pas dans la nature, ce sont des constructions mentales, des images. Introduire des lignes qui ont subi une rotation permet de reconsidérer l’espace existant. Par l’introduction de ces perturbations, l’artiste révèle les éléments immuables d’un environnement quotidien, et remet en question leur évidence. Il suggère que la réalité n’est pas une vérité absolue mais relative à la perception propre à l’Homme, et à ses possibilités d’adaptation au monde.
Noémie Monier
Benjamin Testa L’œuvre 36m³/N45°46’14’’ E4°49’59’’/232m de Benjamin Testa s’inscrit dans un vaste champ de recherche, dans lequel il explore les possibilités de représentations du monde à partir de la géométrie. Le système euclidien, qui a été adopté comme base de modélisation du monde, constitue son point de départ. L’œuvre annonce la répétition d’un protocole simple appliqué à des structures architecturales. Cette série répond à sa volonté d’explorer les possibilités du cube : « du point à la ligne, un carré prend forme et le cube se déploie. Sa présence, sa matière, sa fonction et son échelle, son mouvement et sa dynamique, sont autant d’éléments qui me préoccupent ».
Trois axes figurés par des poutres se croisent au centre de la pièce. Elles apparaissent comme les éléments d’une charpente plus vaste, l’axe vertical traverse d’ailleurs le plancher. Devant l’inutilité de la structure qui ne semble supporter aucun poids, ne reste que la figuration de la largeur, la longueur et la hauteur d’un cube qui correspond à l’espace d’exposition. La simplicité des moyens formels permet une double lecture de l’œuvre : si l’on perçoit des poutres c’est une structure architecturale, si ce sont des axes c’est une représentation géométrique. L’architecture et la géométrie sont des illustrations des lois physiques fondamentales : l’une est matérielle, la seconde mentale. Les axes ont subi un décalage à peine perceptible de quelques degrés, qui évoque le mouvement rotatif originel de la terre. En partant de cette structure visible, il est possible d’imaginer ce nouveau cube, et d’aligner le reste de l’espace environnant sur ces nouvelles coordonnées spatiales.
La géométrie a été déterminante dans la conception d’un environnement architectural rectiligne. Penser l’espace en terme de droites, de points, de cubes est un choix qui a été opéré selon des principes établis. Benjamin Testa, dans une démarche archéologique, se tourne vers la source de cette construction artificielle du monde. Il distingue un espace géométrique « continu, infini, tridimensionnel, homogène, isotrope » d’un espace perçu « sous sa triple forme visuelle, tactile et motrice ».
Son travail, emprunt d’une volonté de rigueur et de justesse, permet d’appréhender le réel dans sa globalité. Il implique de s’abstraire de toute approche subjective ou fictionnelle. La représentation mentale ouvre des jeux d’échelles qui permettent de « se confronter aux limites de notre représentation du monde, dans laquelle nous sommes pris et dont nous peinons à nous extraire pour pouvoir adopter un point de vue omniscient, ou du moins distancié ». La sphère ou le cube parfait n’existe pas dans la nature, ce sont des constructions mentales, des images. Introduire des lignes qui ont subi une rotation permet de reconsidérer l’espace existant. Par l’introduction de ces perturbations, l’artiste révèle les éléments immuables d’un environnement quotidien, et remet en question leur évidence. Il suggère que la réalité n’est pas une vérité absolue mais relative à la perception propre à l’Homme, et à ses possibilités d’adaptation au monde.
Noémie Monier