Sur la route qui me mène une fois encore à Brooklyn, pour une big-big-big Party, au Brooklyn Museum lui-même! Amazing n’est-ce pas? C’est le Brooklyn Artists Ball After Party! Bold dress est la tenue requise, soit une tenue, voyante, extravagante et surtout colorée pour célébrer Frida Kahlo. Alors j’ai craqué, de toutes façons je ne lui refuse rien à La Bambina, je lui ai offert une robe qu’elle me prêtera d’ailleurs, absolument sublime. Elle le mérite, c’est qu’elle bosse bien, elle me fait vivre de ces trucs que je n’aurais jamais imaginé pouvoir vivre. Je lui ai imprimé 500 billets à son effigie, pointant toutes ses performances réalisées à travers le monde. Elle en a pris 300 pour ce soir, tu vois elle s’éclate mais elle pense qu’à travailler. Elle écrit en ce moment-même, comme si elle ne pouvait pas se reposer un peu. Contempler New York qui file lumineuse par les vitres du taxi au moment où elle passe sur le Manhattan bridge. Et ben non, se remettre à écrire, course de fond sans fin, mais elle aime ça! Elle est prête! Et elle sait que ce soir elle sera la reine, cette robe, un pur délice et puis c’est La Bambina! Elle est ma plus belle œuvre à ce jour. J’en fais le pari. Je mise tout sur elle. Tout. Tutti. Heureusement que je ne suis pas une adepte de Casinos. J’ai une capacité à renchérir c’est quelque part effrayant. Mais je ne mise que sur ma tronche, alors j’y vais pas de main morte, je veux dire je mets le pactole, après ça le déluge, la rue, ramasser les canettes de bières dans les poubelles, boire tous les moindres fonds de bouteilles récupérées dans les poubelles publiques, dormir en attendant la mort en sandales tombées de nos pieds par lassitude de vivre, qu’un mec te les rapproche de toi, mais aussi pour s’assurer que t’es bien vivante, il danse macabre autour de toi, manger joyeusement des restes abandonnés par des employées de bureaux soucieuses de leur ligne, gueuler dans la rue histoire de se capter vivante malgré qu’on vous regarde pas, larguer un compliment à La Bambina qui passe, sans attendre rien en retour, juste l’amour qui parle, garder l’espoir et le rêve comme moteur de marcher après une nuit passée dans les cartons, au creux de New York la magnifique et plantureuse déesse, peut-être une Drag Queen, ou alors Dieue carrément, en tout cas y croire jusqu’à la fin.