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Terra Incognita (Festival Perform 2023)
La Bambina au Festival Perform
Una Giornata Particolare Dessin à l'encre et aquarelle 11/2/2023
HOWTO opening Collab’ avec Rémi Magnouat
HOWTO talk
HOWTO street
HOWTO education
Texte 331 - L’Appel du Large
J’avais amené tous les accessoires Nécessaires au façonnage de La Bambina Perruque, lunettes, dentiers, faux-cils Et puis finalement rien de tout ça Là c’est sur le run C’est ma gueule empâtée Qui développe des bas-joues Que j’ai trimbalée de perf’ en perf’ J’en ai encore les extrémités De mes cheveux décolorés Toutes ébouriffées, salées et sèches Le cri des mouettes du nord Dans les oreilles Le bruit des pas sur les planches Le son des vagues à marée basse Et de celles à marée haute Et les chansons de Fleur Offwood Qui te prennent et te retournent Comme une crêpe Car subtilement elle glisse Dans les interstices de ses mots Une réalité hard Qui te rappelle à la vraie vie Sa chanson d’amour Que tout le monde fredonne Amoureusement dès la première écoute C’est l’histoire d’une meuf soumise. _ Écrit ses chansons Comme elle prend ses photos : Margot Montigny. Dans sa chanson L’appel du Large Elle y raconte ses cadrages Les planches, la plage et le sable, Peut-être ne m’a-t-elle pas parlé du sable Peut-être est-ce une extrapolation À partir des quelques mots échangés Alors qu’elle rangeait son saxophone Encore chaud Elle m’est apparue si proche Des choses photographiées Comme se fondant en elles Qu’elle a pu me parler du sable _ Cet animal mi-Jugnot (Gérard) /Mi-Joly (Sylvie) : Jérôme Violent. Tout seul dans sa cabine Sur un parterre de confettis Vêtu de blanc cassé Parlant du nez en vouvoyant Son acolyte ébouriffé Jouant au jeu de la soumission Je l’ai photographié, Et je l’ai filmé J’aurais pu ne faire que cela Durant tout le week-end Comme pour tenter de percer les mystères De nos vaillances à mettre et à remettre Vingt fois, mille fois l’ouvrage sur le métier Nos perles de sueur Passent pour des paillettes Nos grandes fatigues Pour des postures lascives Nos obsessions incurables Pour des clairvoyances fulgurantes Nous sommes passé-e-s maîtres Et maîtresses dans l’art De la dissimulation de nos labeurs Desquels rugissent nos chevaux Ceux de Jérôme Violent Crient, miaulent et crissent Par les cordes de sa guitare Qu’il mord, lèche et qu’il frotte Contre son torse en chemise, Paré d’un foulard de satin coloré Contre le caoutchouc de ses chaussures Contre le crépi, la colonne de béton, Les bouts de mosaïque Pendant que sa voix nous chante Nos looseuses attitudes Nos projections de nous Dans nos gloires rêvées Images impossibles De nos gueules couronnées De lauriers et de lys Avec des courtisans et des courtisanes Aux pieds de nos corps excitants. Ce mec se donne l’allure d’une deux-chevaux Alors que c’est une Mustang Mach 1, de 1969, rouge À l’intérieur. Il pisse pas dans un violon En Ben Hur ou en Marcello Mastroianni On l’imagine, on l’entend, on le voit Et l’on en veut encore Pour rire ensemble de nos rêves fous Ces rêves fous qui mènent à Rome « En Vespa-AAAH c’était la Dolce Vita-AAAH » _ Le 4 juillet 2021, 16h55, Bains Pompéiens Presque tout le monde est là En attendant que Becquemin et Sagot Balancent leur perf’ Zumba Wallace Leur cauchemar tant rêvé Sur l’un des plus gros bateaux de croisière De la flotte internationale Made in St Nazaire Usines à bonheurs arôme « vacances » Entre deux encas : l’un au poulet L’autre aux pommes en beignets En gambettes dynamiques Cinq minutes concentrées En short et tennis jaunes Elles entrent en scène Prêtes à croquer en jambes Despacito Postures d’un enthousiasme frais La perspective exacerbée Par l’enfilade de colonnes Ajoute à la vision tragique Légèreté chaussée de plomb Idée d’un bonheur préfabriqué Saveur « pizza hawaïenne » Tu vas sourire oui ou merde Joie façonnée à coup de chéquiers De cartes de fidélité De bons points D’embonpoint Et de gigottage de popotins On est tous devenus un peu ça Des êtres forcés à l’enthousiasme Mais on se soigne en renvoyant Nos sourires les plus sincères.
À Deauville pour l’Appel du Large Festival d’art contemporain Créé par Sylvia Varagne
_ L'Appel du Large Sylvia Varagne Sandra Hegedus Henri van Melle _
Fleur Offwood Margot Montigny JEROME VIOLENT Becquemin Sagot
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Trust the Future La Bambina knows how having fun, even if crisis times... I created the music based on my voice singing Ciao Ciao Bambina with sounds captured in New York on march and november 2019. As usual, I was technically assisted by Rémi Magnouat. Performance registered on January 21, in Carcassonne.
Texte 330 - In bed with Nicolas
28 mai 21 Paris _ Je viens de parcourir les 9,5 km Qui me séparent de Romainville. Une heure quarante de marche. Batignoles-Pigalle-la Chapelle-Porte de Pantin-Romainville C’est donc toute humide Dans mon Tee-shirt La Bambina Que je pénètre l’esplanade de la fondation Fiminco Pour l’inauguration de Jeune Création. L’homme m’interpelle. Assis, à l’ombre de sa cabane Je ne l’avais pas vu. Il se prépare mentalement et physiquement À la performance à venir. Il est très beau. Qu’il soit vêtu d’un jean-tee-shirt-nike Ou d’un caleçon vieillissant Au tissu de coton distendu, À force de laisser bringuebaler l’objet Qui fait que l’homme accède au mythe, Il est très beau. Tel un colosse en ballerines. Avec son charisme de montagne, De Tour Eiffel, d’obélisque Son allure oscille entre Marlon Brando et Lucille Ball Ouvrant ainsi les portes de nouvelles émotions. Une telle proximité avec l’artiste, Offre la jouissance de croire En l’un de ces nano instants pulsionnels Emplis d’un érotisme fulgurant. In bed with Nicolas Lui et nous public, Dans une chambre Fenêtres ouvertes Baignée de soleil Depuis le lit de verdure : « Non, Nicolas, Nous ne prendrons pas de ptit dej’ Nous avons mieux à faire Nous t’observons En short de coton Battu par ta valse à trois temps. » L’homme semble chercher dans son entier Les fondements de son existence Au travers de nos propres existences. Il enfile des collants Qu’il grille aussitôt Il construit des structures En totale provoc’ avec l’archi parfaite qui l’accueille, Anciennement usine Roussel-Uclaf Dédiée au secteur pharmaceutique. Aux lignes concrètes hautes Et puissamment rythmées L’homme oppose des monticules de tensions instables, Comme si des tissus aux motifs mémé Pouvaient nouer des tubes d’aluminium Au point de pouvoir supporter Les nonante kilos de l’artiste. Ses structures propices à la chute Sont-elles le reflet de nos architectures Celles de nos vies fragiles? Que l’on se programme une carrière De haute volée À coups de Sciences-« peau » Et autre « Hache-Euh-Sait » Ou que l’on ne programme rien Et encaissions avec plus ou moins D’endurance ce qu’il advient de nous De toutes façons, on bricole. Nous sommes des instables Dansant sur de l’instable Alors je pose cette question Cruciale, selon penchants : Qu’y a-t-il de plus délicieux Que la vision d’un homme se déshabillant? Que dis-je? Y’a-t-il plus belle chose au monde Que la vision de l’homme Se désapant? Que mes yeux perdurent Le plus longtemps possible Et qu’ils ne faiblissent jamais Pour que je puisse voir et revoir encore De telles mises à nu. Et dire qu’il ne s’agit pas ici d’un strip-tease. Ce qui ajoute au délice De cette situation. On pourrait ne pas voir l’homme nu On pourrait n’être qu’intellect En effet l’os à moelle de la performance Est partout ailleurs que dans la mise a nu L’humour est à tel point léger Qu’il en chatouille les particules d’air Pas de rires grossiers et gras Comme il me semble le pratiquer Non pas que je me critiquasse Ou opposasse l’un à l’autre Mais ici le rire est délicat Façon chapelet de perles Que l’on égrènerait Faisant face au gouffre abyssal De nos vies risibles.
Texte 329 - Des inséparables de mes pensées
26 Mai 2021 Paris _ Partir de Carcassonne à 9h30 Faire le plein Prévenir maman et papa que je pars Ressentir un abysse d’émotions en regardant mon amoureux sur le pas de la porte comme si j’allais mourir Destination Paris Se demander durant tout le trajet si j’arriverai à temps pour voir l’épisode 4 du Doigt dans l’œil de LCTV surtout que j’ai l’intention de rouler à 120km/h MAX. Réaliser à Toulouse que je ne peux pas continuer à rouler à 100km/h Rouler à 133 Se prendre un mur de pluie à environ 150km de la capitale Continuer à tracer Vigilance maximale Prête à dégainer les warning Entrer dans Paris par la Porte de Saint Cloud Écouter religieusement la déesse virtuelle de Google Map Ne pas se tromper Ne pas renverser une piétonne âgée qui traverse n’importe où en plein trafic Laisser couler le flot de scooters qui arrivent par la gauche et par la droite S’étonner qu’il n’y ait pas plus d’accidents mortels Éviter ce drame que serait une vie qui en décanillerait une Longer la Seine par la voie Georges Pompidou Voir sur ma droite la réplique de la Statue de la Liberté La trouver petite Lui reconnaître au moins la qualité De faire penser à New York Ces délicieux souvenirs de mes virées New yorkaises Qui systématiquement m’amènent à penser à Los Angeles Le cerveau a fait de New York - LA Des inséparables de mes pensées Mais bon pas le temps de rêvasser Je suis de suite happée par la Tour Eiffel Elle apparaît au loin Fragile et robuste Pas le temps non plus La meuf de Google Map Me file des recommandations Que je suis à la lettre Je pénètre le parking à 18h05 Je me gare direct en face de l’entrée Je me connecte à la chaîne YouTube de Lieu Commun Je regarde l’émission depuis le niveau -1 Du parking indigo Villiers Paris 17.
LE DOIGT DANS L'ŒIL (épisode 4) : SPÉCIAL DUO
/Texte 329 - Des inséparables de mes pensées
/Texte 328 - MAGMA