Cannes 2017
(Jean-Luc Brunet)
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Cannes 2017
(Jean-Luc Brunet)
Gala Croisette 2017 portrait in Black and white
Flashback : Premiere "Good Time" Cannes 2017 (HQ)
https://www.pattinsonworld.com/2020/03/flashback-premiere-good-time-cannes-2017.html
https://www.facebook.com/pg/PattinsonWorld/photos/?tab=album&album_id=3085173828167490
Mads Mikkelsen, Benicio del Toro, Christoph Waltz, Vincent Lindon and Benoit Magimel attends the 70th Anniversary of the 70th annual Cannes Film Festival at Palais des Festivals on May 23, 2017
Aishwarya Rai at the 2017 Cannes Film Festival
Tbt being a major poseur on the riviera... #cannes2017 💙this year is flying in so fast.... (at Cannes La Croisette)
The Square
Ça parle de quoi ? Suède. Un conservateur de musée bien sous tous rapports fait face à certains dilemmes, parfois moraux.
C’est avec qui ? Claes Bang, acteur danois qui risque fortement de se voir offrir une carrière internationale désormais Élisabeth Moss, vue dans Mad Men et Handmaid’s Tale Dominic West, vu dans la série The Affair
C’est de qui ? Ruben Ostlund, suédois-danois à qui on doit notamment Snow Therapy
Et c’était bien ?
Il y a des films qui sont une petite épreuve à regarder puis qui vous reste en tête, longtemps, très longtemps. C’est le cas de The Square. Je l’ai vu il y a déjà de nombreuses semaines et certains passages du film me restent en mémoire avec une très forte impression. The Square n’a rien d’anecdotique et ne ressemble pas à ce que vous pouvez connaître du cinéma.
Au cours de 2 h 22 qui peuvent parfois sembler longues, car on ne sait pas toujours où le film veut nous emmener, Ruben Ostlund révèle le lourd défi de parler du milieu des intellectuels souvent renfermés sur eux-mêmes et parfois coupables de réussir ou de faire des métiers qui ne sont pas vitaux à l’humanité. Très touchant, car essayant d’être juste sans toujours y arriver, le personnage de Christian passera par plusieurs dilemmes, faisant souvent des erreurs dans des scènes tirées à rallonge pour provoquer le malaise chez le spectateur.
Je ne vous cache pas que le film m’a souvent fait penser à Toni Erdman de Marien Ade dans la construction de son intrigue aussi bien que dans l’utilisation de certains symboles comme celui du singe. Au niveau de l’humour également. Un humour du nord, cynique et pince-sans-rire très très très loin de celui des comédies potaches à la française.
The Square n’a rien du film confortable, c’est un cactus sur lequel on est assis. L’expérience vous laissera une trace, une réflexion, une remise en question.
The Square est un film grinçant qui en désarçonnera certains, la narration n’est pas évidente, le propos pas clairement exposé, c’est un film qui vous demandera la participation de votre cerveau.
En revanche, l’une des scènes du film — la plus forte — parlera directement à vos tripes, à votre intérieur, à votre condition d’humain. Cette scène, et ceux qui l’ont vu savent de quoi je parle, est sans conteste la scène de cinéma la plus impressionnante qui m’ait été donné de voir cette année sur grand écran (et je n’exagère pas). C’est une prouesse de mise en scène, le spectateur a l’impression de faire partie intégrante de l’action. C’est grandiose.
Cette seule scène justifie le visionnage du film.
C’est bien joué ?
Claes Bang maîtrise son personnage à la perfection. Tantôt charismatique, tantôt dépassé par la situation, il devient un personnage rapidement attachant bien qu’il ne soit pas entièrement sympathique. Le spectateur apprécie de le voir galérer dans des situations inconfortables. Ici, les acteurs connus du grand public sont des seconds couteaux qui virevoltent au travers du film et semblent toujours ravis de pouvoir en être.
L’art prend parfois des formes étranges On y va ?
L’expérience est à vivre, mais attendez-vous à être dérouté
Alors Perle ou Navet ?
The Square est si singulier, si puissant dans la manière avec laquelle il vous impacte qu’il mérite le titre de Perle et surtout la Palme d’Or qu’il a décroché. C’est un film courageux, pas évident, qui a demandé une énorme recherche dans sa construction, mais aussi dans sa mise en scène (plans séquence, champs/hors champs). Le spectateur ne peut pas sortir indifférent de la salle. Les questions et réflexions qu’il soulève vous suivent encore longtemps. Si l’expérience a parfois paru difficile au moment du visionnage, avec le recul il en sort un constat : c’est un excellent film. Un film qu’on apprend à aimer.