François Chaignaud, Dumy Moyi (2013)
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François Chaignaud, Dumy Moyi (2013)
François Chaignaud & Marie-Caroline Hominal, Duchesses (2009)
Performance : Sans-titre by François Chaignaud et Benjamin Dukhan
Dimanche 24 octobre
Sans-titre
François Chaignaud et Benjamin Dukhan
Performance
Texte - Randolph St Cosmo
Sur fond de musique pop (un chanteur murmure en boucle « you love me, you love me, oh you love me »), les visiteurs sont invités à pénétrer l’espace du Générateur dans l’obscurité, seul un faible halo de lumière autorise la vision des corps allongés des deux performers-chorégraphes, perché pour l’un dans les hauteurs de d’une tour de métal (matériel technique du lieu permettant d’accéder aux spots lumineux situés au plafond), l’autre recroquevillé sur le sol glacial à quelques mètres de là. Le dispositif ne comprendra que ces quelques éléments : musique lancée à certains moments précis agrémentée du chant des deux hommes ; un jeu permanent d’ombres et de lumières, d’intensité et de basses fréquences ; et une narration des corps exploitant à la manière d’enfants sauvages et amoureux la totalité du vaste espace.
Une fois Dukhan descendu de sa tour, celui-ci rejoint lentement le corps de Chaignaud étendu. A l’aide d’un mégaphone, il lui crie de toute ses forces son amour : « I love you », répétant l’injonction une vingtaine de fois. Le corps allongé se réveil, et s’empare à son tour du mégaphone, simule une fellation en le collant face au sexe de Dukhan. Chaignaud se met à fredonner fébrilement et crescendo : « Tu n’es pas beau, tu n’es pas riche, tu manques tout à fait d’esprit, tes gestes sont ceux d’un godiche, d’un saltimbanque dont on rit. Le talent c’est une autre affaire, tu n’en a guère de talent. Le feu qu’on doit avoir brulé, tu n’as presque rien. Pourtant je t’adore, brigand. J’ai honte à l’avouer. Je t’adore, et ne puis vivre sans t’adorer, je t’adore brigand, j’ai honte à l’avouer, je t’adore. Je ne hais point la bonne chaire, on dîne chez ce vice roi, tandis que toi, pauvre hère, je mourrai de faim avec toi. Il y en avait chez lui de la joie, je pouvais prendre tant et tant. Il y avait du velours de la soie, des bijoux ; et pourtant… Je t’adore ». Une fois terminé, les deux silhouettes, s’en iront au fond de l’espace, et s’échoueront, tels des martyrs, l’un et l’autre au sommet d’une montagne de coussins empilés dans la froideur d’un halo de lumière. Les deux corps se chevauchent doucement, la scène est amplifiée par une musique classique dont la mélodie est recouverte petit à petit par une sirène déclenchée via le mégaphone, par Dukhan, emplissant la salle d’une violence sonore.
Il s’agit bien, dans cette performance, d’amour. Tout au long de la chorégraphie la narration prend la forme d’une toile de sentiments dont la lecture s’effectue à travers l’appel (ou la répulsion) physique des corps, de la chaire, parcourant le fil de la violence amoureuse (lorsque l’une des parties arrête d’émettre, le signal meurt). C’est une poursuite au ralentie entre deux êtres inquiets et souffrant, dont les cris déchirants tout au long de la performance viennent confirmer dans l’excès leur effroi quant à une possibilité de séparation, au vide. L’union ou plus simplement l’Autre, est l’unique voie de survie.
FESTIVAL JET LAG, 7ÈME ÉDITION: UN AUTRE REGARD SUR LA DANSE
Pour sa septième édition, le Festival Jet Lag propose comme d’accoutumée une vision en contrepoint de la danse à l’Etoile du Nord, ce théâtre ultra-confidentiel et pointu d’où opèrent régulièrement des personnalités qui comptent, comme François Stemmer que Toute La Culture a rencontré il y a quelques jours. Il y présente sa dernière création, « Intimité » dans une soirée combinée avec « Flip », de Sophie Bocquet, tandis que « Le Tour du Monde des Danses Urbaines en 10 Villes » créé par Cecilia Bengolea, François Chaignaud et Ana Pi est repris par la danseuse Dalila Cortes. En résumé: on redécouvre avec bonheur les danses de rue avec Dalila Cortes, on traverse un tunnel d’angoisse (et d’ennui) avec Sophie Bocquet et on est émus par la poésie des ados 3.0 de François Stemmer.
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Savez-vous danser le TWERK ?
Interview de François Chaignaud et de Cécilia Bengolea à propos de leur dernière création, à lire sur Paris-art