Hateread de Tara Duncan tome 10 – Dragons contre démons - Chapitre 4 (1/2)
Ceci est un Hateread du tome 10 de la saga Tara Duncan, inspiré par le long travail de Patricklemorse. Pour plus d’explications ou d’introduction, référez vous au post « Hateread de Tara Duncan tome 10 – Dragons contre démons - 0 : Dans les épisodes précédents » !
L’ensemble des extraits cités entre guillemets et en italiques appartiennent à madame Sophie Audoin-Mamikonian, que j’appellerai Madame S.A.M par facilité.
Salut tout le monde, et bienvenue pour la suite de ce Hateread sur le tome 10 de Tara Duncan ! Cette fois j’ai appris de mes erreurs de la dernière fois : je coupe la critique du chapitre en deux, et je le ferai également avec celles des prochains chapitres si je le juge nécessaire.
Dans le chapitre précédent, Tara rembarrait son cinquante-sixième prétendant et imaginait que c’était une bonne idée d’aller secouer les objets démoniaques comme un nid de frelons asiatiques. On s’était arrêtés au moment où Moineau, l’une de ses meilleures amies, entrait en trombe dans sa chambre pour lui annoncer une terrible nouvelle : elle est fiancée !
Le chapitre s’intitule « Moineau, ou comment choisir exactement le Garçon qu’il ne faut pas au moment où il ne faut pas et le regretter vraiment, vraiment beaucoup »
Soupir.
« — Quoi ?
À peine l’exclamation incrédule quittait-elle les lèvres de Tara qu’elle la regrettait. Moineau, le regard navré, tressaillit.
— Je suis fiancée, répéta-t-elle comme si elle n’arrivait pas à réaliser ce qu’elle disait.
— Quoi ? reprit de nouveau Tara, le cerveau bloqué. »
Vas-y répétez-le une troisième fois j’ai pas suivi.
J’ai déjà envie de me plaindre… Mais non, vous savez quoi, je vais rien dire pour cette fois. Cela dit je commence à envisager de distribuer des Oscars pour les débuts de chapitre les plus claqués de ce livre.
Moineau en fait des caisses sur cette histoire de fiançailles, à base de « oh là là mes parents vont venir me tuer », et Tara est un peu confuse par la situation et lui pose une question un peu bête.
« — Tu es fian... (elle n’arrivait même pas à prononcer le mot)... mais pourquoi ?
OK, elle avait des excuses, elle était sous le choc, mais, là aussi, à peine les mots quittèrent-ils sa bouche qu’elle réalisa à quel point ils étaient stupides. Moineau ne dit rien, mais son regard parla pour elle. Et il précisait :
« C’est débile, comme question. » »
Oh putain… Bon non, là, je peux plus.
Moineau est arrivée en pleurs dans la suite de Tara. En principe, cette histoire l’affecte. En principe, si ça la met dans cet état, c’est qu’il s’agit d’une nouvelle réellement désastreuse. Si elle est assez détendue par rapport à ça pour jouer les blasées face à la réaction de Tara, je ne vois pas pourquoi elle ne laisse pas son Héritière Impériale/Impératrice bis de meilleure pote se reposer de ses entretiens sans venir ajouter un problème qui n’en est pas un à la pile.
Pour le coup je suis obligée de défendre Tara. Moineau néglige toutes les raisons que Tara a de pas être réactive ou cohérente. Je ne suis peut-être pas investie dans l’intrigue, encore une fois, mais pour un personnage qui est censé l’être, rappelons que Tara :
1 - enchaîne les prétendants
2 - a des devoirs compliqués à remplir
3 - a volontairement choisi de s’écarter de ses potes par crainte de ce que Dark Tara pourrait leur faire
4 - a elle-même deux prétendants d’importance qui ont demandé sa main récemment
Et bon, même si c’est affreusement con et illogique, la situation avec les objets démoniaques, même si elle n’est pas connue des autres personnages, a de quoi la stresser.
Rajoutons à ça le fait que Moineau est très oublieuse, de façon qui ne colle pas avec son personnage. Elle n’a pas conscience que quelque chose cloche avec Tara depuis des semaines, alors que dans le tome précédent elle était la première à deviner en quelques minutes que la miss à mèche blanche comptait partir en mission solo quand Fabrice a été blessé.
Cela dit, je peux pas reprocher entièrement à Moineau de ne pas garder l’œil vissé sur Tara et de faire des choses un peu frivoles pour changer, à la place… mais le problème, c’est que si elle se monte la tête pour lesdites choses frivoles, on est pas rendus. À moins d’en faire quelque chose d’intéressant : montrer que par contraste, elle apprécie de mener une vie plus « quotidienne » quitte à se prendre le chou pour des problèmes qui n’en sont pas ! Là, je comprendrais l’idée !
Mais bon c’est pas dans Tara Duncan que je pourrai voir ça.
Franchement, je ne trouverais pas aberrant que Tara la rembarre, ou au moins recadre la conversation sur quelque chose de plus sérieux.
Bon, tout ce monologue pour dire que si la scène se prétend drôle, je peux pas trop me plonger dans le mood, perso. Avec tout ce qu’on sait de la situation de Tara, le moment semble pas trop bien choisi pour des petites rigolades.
Le décalage continue :
« Tara fit un pas en arrière, lâchant son amie. Elle ne voyait qu’une seule explication à un engagement aussi soudain : par tous les Dieux d’AutreMonde, Moineau était enceinte ! (Quoi…?) Là, Tara ressentit comme un gros besoin de s’asseoir. Elle recula jusqu’au sofa rouge et fit signe à Moineau de faire de même. La ravissante jeune fille brune aux longs cheveux bouclés s’assit docilement et regarda sa blonde amie. Elle portait sa robe bleu et argent de sortcelière du Lancovit, ce qui signifiait qu’elle venait sans doute juste d’arriver du petit royaume. »
Tara, pourquoi, comment. Qu’est-ce qui te fait lâcher une déduction comme ça. Comment tu peux retenir « machinalement » par cœur la liste des localisations des objets démoniaques, que tu as vue il y a DES ANNÉES, mais sortir des conneries pareilles ?!
« Moineau avait bien assez à faire avec ses problèmes, mais elle remarqua que Tara n’avait pas l’air très heureuse. Un pincement de culpabilité vint s’ajouter à l’angoisse qu’elle éprouvait.
Elle éclata de nouveau en sanglots. »
Moineau, ma chérie. Ta gueule.
Je précise tout de suite que je ne juge pas les gens qui pleurent pendant une situation stressante, hein, ce sont des choses qui arrivent et franchement on ne peut pas être parfait dans un moment qui nous secoue. Je ne suis pas la dernière à paniquer, souvent même pour des raisons peu importantes.
PAR CONTRE, mademoiselle Gloria de mes couilles, personnage fictif que je me cogne dans cette aventure à la con, et qui vient de se fiancer (aka genre… d’accepter de se fiancer à quelqu’un ? De son plein gré ?), j’ai vaguement du mal à compatir. Wow, Moineau, tu viens d’accepter une demande en mariage, qu’est-ce que tu veux que je te dise, bravo, RIP ? Si tu ne voulais pas l’accepter pourquoi tu l’as accepté ?
Si le Lancovit avait des enjeux quelconques d’expliqués qui nécessiteraient que Moineau se marie, je dis pas. Mais là c’est juste du remplissage. Dans la vraie vie, on peut venir parler de ses problèmes à sa meilleure amie, même si celle-ci en traverse de pires. En revanche dans ce livre ça me soûle.
Bref. Livre.
Tara la prend dans ses bras pour la consoler :
« — Bon, fit Tara d’un ton raisonnable lorsque les pleurs commencèrent à s’espacer un peu. Maintenant, peux-tu m’expliquer ce qui s’est passé ?
Moineau se dégagea, s’essuya le nez avec sa manche, sans se préoccuper de savoir si le tissu magique absorbait le liquide et fronça de nouveau les sourcils.(Déplace ta virgule derrière « liquide » ou ajoute-en bougre de...)
— En fait, je ne sais pas très bien !
Ah bon ? Cela paraissait pourtant clair à Tara. Une fille, un garçon (Un Gars, une Fille, j’ai la ref) et paf, un bébé neuf mois plus tard. Ils étaient dans la bouse de traduc. »
La déduction est toujours absolument mauvaise mais Tara ne la remet pas en question pour des questions d’« « « humour » » », (ouais, faut la dire lentement, celle-là). C’est vraiment très visible que c’est une scène de sitcom foireuse, j’entends les rires préenregistrés et je vois le logo de Disney Channel, abrégez mes souffrances svp.
« — OK, fit-elle patiemment. Alors, commence depuis le début. Tu es fiancée à... ?
— Je ne te l’ai pas dit ?
— Non.
En fait, Tara avait une bonne idée du coupable, mais espérait de tout son cœur que ce n’était pas Jer...
— Ben, à Jeremy bien sûr ! Je sors avec lui depuis plusieurs semaines. Il m’a fait sa demande. Hier soir.
Ah, raté. »
Tu veux qu’elle se fiance à qui ? Cal ? Fabrice qu’elle a quitté au dernier tome ? Pourquoi Jeremy pose problème ? Et puis en quoi ça t’intéresse, t’étais pas censée couper les ponts avec elle, en fait ?? Trouve une excuse et gerte-la !
« — Il a fait sa demande lorsque tu lui as dit ?
Moineau la regarda d’un air perplexe.
— Quand je lui ai dit quoi ?
Galant lui lança un avertissement, mais les mots quittèrent la bouche de Tara avant que son cerveau n’ait le temps de les retenir.
— Que tu étais enceinte ? »
*rires préenregistrés*
Et une coupure, une. Oui on va pas se faire chier à réserver les coupures aux situations dramatiques et sérieuses, on est dans Tara Duncan, merde.
« On aurait assommé Moineau avec un traduc poilu qu’elle n’aurait pas eu l’air plus surprise. (Assommé avec un traduc ? Genre tu choppes les sabots du bison et tu le balance comme une batte de baseball… ? « Un traduc poilu aurait assommé Moineau », utilise ton lore comme il faut !)
— En... enceinte ? chevrota-t-elle, mais je ne suis pas... (Elle regarda Tara puis, très illogiquement, vu qu’elle venait de pleurer toutes les larmes de son corps, éclata de rire.) »
C’est pas illogique, ça existe. Ça s’appelle « faire une crise de nerfs ».
« Moineau finit enfin par se calmer.
— Tu sais, parvint-elle enfin à articuler, j’oublie tout le temps que tu es terrienne, enfin que tu as été élevée sur Terre. Vous avez vraiment une conception moyenâgeuse des rapports humains, hein ? (Généraliser les habitants d’une planète entière au comportement d’une seule adolescente, un régal <3) Sur AutreMonde, il n’est pas possible de tomber enceinte si on ne le veut pas. En fait, c’est tomber enceinte qui est compliqué. Le flux magique est si puissant qu’il perturbe la fécondation. Peut-être pour compenser le fait que nous vivions bien plus longtemps que les humains normaux, afin d’éviter que la planète ne soit surpeuplée, je ne sais pas. (Putain madame S.A.M., merci de dropper ces morceaux délicieux de lore dans un passage de comédie, si vous saviez comme ça manquait) Bref, si je tombais enceinte, ce serait volontaire et rien n’obligerait qui que ce soit à m’épouser. Non, Jeremy a décidé qu’il était amoureux de moi et il m’a demandé en mariage. Et moi, je n’ai pas fait attention au fait qu’il y avait des scoops tout autour de nous, parce qu’il m’avait fait boire du bullage et que du coup, j’étais un peu… euuh, distraite. »
Jeremy est un porc qui propose à une meuf qu’il a alcoolisée de se fiancer et qui ne se soucie pas que ce soit une princesse et que la médiatisation de l’événement l’engage. Merci beaucoup de cracher sur ce perso qui était pourtant intéressant jusque-là, c’est charmant.
Et je ne sais pas quoi dire concernant cette question de fécondation perturbée. Tu dois lancer un sort pour empêcher le fœtus de se développer ? Pourquoi le flux magique « compenserait » la longévité des habitants, un flux c’est un truc naturel autorégulateur ? A quel point il faut baiser pour avoir un gosse dans cet univers ? Pourquoi c’est amené là ? Ils pensent quoi de l’avortement, les sortceliers ? Et Selenba, comment ça se fait qu’elle soit infertile ? Pourquoi je suis censée m’intéresser à un sujet dont tout le monde se moque depuis dix tomes et qui, soit dit en passant, n’a jamais été amené avant ? Pourquoi on aborde ça avec une déduction foireuse de Tara sur un événement qui n'a rien à voir, quand on a le personnage parfait pour en parler, aka Lisbeth ?
Lisbeth, la tante de Tara, non moins que l’Impératrice d’Omois depuis un bon moment, excusez du peu, et qui n’apparaît dans ces bouquins que pour avoir une description de sa tenue monochrome du jour et se faire vaincre systématiquement. Lisbeth qui est stérile, qui a Various en love interest depuis le dernier tome, dont l’histoire mériterait plus de place dans cette série. Pourquoi ne pas prendre l’occasion de parler de ces histoires avec eux, plutôt qu’avec les gamines ?
Hurgh.
J’ai lu que 3 pages de ce chapitre et il en reste 18, dites-vous bien.
Moineau nous apprend ensuite que toute la famille de Jeremy guettait leur échange et ont sauté de joie quand elle a dit oui. Ils ont commencé les préparatifs - et ces gens sont dégueulasses ?!
Des fiançailles forcées par l’alcool et une famille complice, putain mais quelle horreur.
« Depuis que nous les avons délivrés du Continent Interdit, [les membres de la famille de Jeremy] rêvent que Jeremy s’allie avec l’une de nous. Je sais que tu étais leur premier choix, d’ailleurs.
Tara soupira.
— Je suis l’Héritière d’Omois, Moineau, je suis le premier choix de tellement de gens que j’ai l’impression d’avoir été transformée en côtelette.
Cela fit de nouveau rire Moineau. Bon, au moins, elle ne pleurait plus. Bieeeen.
— C’est... euh, un peu jeune pour s’engager, non ? souligna Tara, tout en ayant l’impression bizarre d’être une vieille rabâcheuse.
— Évidemment que c’est jeune ! grogna Moineau qui se leva et pour faire les cent pas dans la pièce. »
Ahahahahahahaha
1/ Tara j’essaie désespérément de te supporter, mais là ta pote vient de t’apprendre qu’elle se retrouve fiancée par pression groupée, inquiète-toi d’elle plutôt que de te plaindre. Je sais que je disais le contraire plus haut, mais je n’avais pas le contexte, et toutes ces explications justifient que Moineau s’alarme et panique.
2/ MOINEAU RIT ?? MAIS QU’EST-CE QUI TE FAIT RIRE ? ON VIENT DE TE FORCER A T’ENGAGER DANS UNE RELATION ET TU AS POTENTIELLEMENT LA PRESSION FAMILIALE DE TON GARS EN PLUS ??
J’ai trop subi des mecs pour trouver cette situation drôle
3/ Oh bah oui Tara, c’est être une vieille rabâcheuse que de dire qu’elle est jeune pour s’engager... Ta pote a quoi, dix-sept ans ? Et pas pour insister, mais elle n'était pas consentante !
4/ Je n’arrive pas à supporter cette scène pour la simple raison que Moineau est une girouette. Elle arrive en sanglots chez son amie, fait la blasée quand celle-ci est déconcertée, rigole nerveusement, puis rigole franchement, et maintenant elle grogne et je… Cette scène est censée être quoi ? Une scène comique ? Une scène d’exposition ? Une scène dramatique ?
Dans cette scène, Moineau est une espèce de non-personnage qui n’a aucune espèce de cohérence d’une réplique à l’autre. Que voulait faire madame S.A.M. avec elle ?
Nous faire rire ? Dans ce cas faites-en des caisses, assurez-vous que le lecteur n’ait pas à s’inquiéter de la situation ! Moineau pleure comme une drama queen, dit des choses incohérentes, essaie de se poser sur une chaise et tombe, je ne sais pas ! Montrez que Tara est déstabilisée parce que c’est un problème véritablement minuscule ! Et faites-en un problème minuscule en effet ! Montrez que Moineau voulait se fiancer, que Jeremy et elle s’étaient mis d’accord, mais qu’ils voulaient que la demande soit parfaite ! Qu’ils l’ont longtemps préparé, même ! Et surtout que le souci avec le fait d’avoir accepté devant des scoops n’est pas que Moineau n’était pas sûre, mais que la demande n’est pas du tout comme elle le voulait ! Montrez que Jeremy était pété aussi ! Montrez que la famille réagit avec beaucoup de joie, par contraste, parce que je ne sais pas, ils étaient au courant du plan des tourtereaux ! Tiens, vous qui adorez insérer des éléments de culture des différentes espèces, vous pouvez vous amuser avec ça : dire que par coïncidence, la demande de fiançailles ressemble beaucoup aux traditions d’une autre espèce d’Autremonde, et que la famille décide de faire les préparatifs à la manière de cette espèce, parce qu’ils pensent que ça leur fera plaisir !
Parce que jamais vous ne me ferez rire en laissant entendre que Moineau a été forcée à consentir à des fiançailles alors qu’elle n’était pas sûre !
Nous expliquer la situation ? Alors virez-moi ce ton humoristique, oubliez le malentendu de Tara qui pense que Moineau est enceinte, virez les éléments comiques et concentrez plutôt la narration sur ce que Tara ressent face à l’annonce, tout en ne focalisant pas tout sur elle. Moineau se contente d’expliquer ce qu’il s’est passé, et Tara considère ça comme un problème à rajouter à la pile mais décide d’être quand même là pour son amie. La narration peut parler de ce que ressent Tara depuis que Moineau n’est plus proche d’elle, la faire hésiter sur sa décision de s’éloigner de ses amis pour les protéger de Dark Tara, bref, appliquer concrètement la décision suggérée dans le précédent chapitre.
Et en parlant d’appliquer concrètement la décision suggérée dans le précédent chapitre : si vous voulez nous mettre face à une situation dramatique, il y a tout le potentiel. La distance entre les deux amies, la pression psychologique que subit Tara qui peut tout bonnement exploser en colère face aux pleurs de son amie, puis se transformer en culpabilité quand elle comprend ce qui arrive à Moineau, Moineau qui lui reproche d’être distante, Tara qui lui reproche de ne plus la comprendre, de l’avoir remplacée, n’importe quoi !
À la place, toute la scène est un genre d’amalgame qui se veut drôle mais exposant à la fois, et qui ajoute des éléments affreux avec un ton léger, ce qui donne l’impression que l’autrice n’a pas de recul sur ce qu’elle écrit. C’est exactement comme quand, dans le tome 9, Selena et Danviou avaient envoyé le fantôme d’une gosse de six ans s’incarner dans le corps ressuscité de Selena, quand Magister essayait de la ramener auprès de lui.
Je doute de pouvoir espérer que le traumatisme de Moineau soit traité comme tel, donc pour l’instant, on va avancer.
Tara a rendez-vous avec son cinquante-septième prétendant, mais se propose d’aider Moineau à refuser le mariage, en voulant user de son expérience de rembarrage de prétendants. C’est mal amené, et incohérent puisqu’elle était supposée se mettre à distance de ses amis, mais bon, ça reste une preuve d’amitié je suppose. Moineau songe qu’elle ne veut pas mêler Tara aux intrigues politiques du Lancovit où elle-même vient de s’empêtrer en acceptant cette demande de fiançailles, et huh… j’espère qu’on en saura plus ? Parce qu’on manque cruellement de contexte, pour l’instant. Bref les deux jeunes filles se rendent à une réception pour mettre en application le plan de Tara.
On a plusieurs paragraphes rappelant à quel point il est beau le palais impérial d’Omois. Et apparemment, Moineau agit comme si « sa Bête » était une entité à part d’elle. Ça n’avait pas été introduit avant, mais on va dire que c’est de l’évolution de personnage.
Les deux jeunes filles passent devant un écran de cristal :
« À son grand désarroi, Moineau découvrit qu’une émission « people » s’était emparée de ses fiançailles avec Jeremy, qu’elle annonçait en grande pompe.
— Et slurk, slurk, slurk, murmura la jeune fille. Manquait plus que ça !
Des images d’elle en train de faire la fête avec ses amis et Jeremy, dont une où elle brandissait non pas une, mais deux bouteilles de bullage dans ses pattes de Bête, ce qui les faisaient paraître toutes petites, la fit frémir. Tara lui lança un regard plein de compassion. »
Vous voyez ce que je veux dire sur le traitement de la scène précédente ? Une fois rapporté, le passage de la fête n’a rien, mais rien de drôle.
Après cette émission, Tara et Moineau voient passer une publicité vantant les mérites de la condition de loup-garou, ce qui alarme Tara car il semble que T’eal, le président des loups-garous (qui est aussi l'ex de sa mère, Selena), veuille recruter des sortceliers dans son armée.
Puis elles arrivent en salle de réception, et à peine entrées, tout le monde regarde Tara avec convoitise.
« Ah. Moineau comprenait soudain un peu mieux pourquoi son amie avait l’air si malheureuse. »
On dit « l’air si malheureux ». « Malheureux » s’accorde avec « l’air ».
Moineau va se refaire une beauté parce que dis donc oh là là elle a pleuré. Quand elle revient, Tara est plus loin, entourée de gens. Un jeune homme interpelle Moineau :
« Soudain, elle remarqua que sa peau avait de très vagues reflets bleus. C’était assez joli. Avait-il des ascendances elfes ? Mais il ne présentait aucune de leurs caractéristiques physiques. Du coup, elle le dévisagea, curieuse.
— Je vous connais, dit-il d’une voix douce. J’ai déjà vu... mais oui, vous êtes la célèbre Gloria D’aavil ! La princesse du Lancovit ! »
Il la remercie car elle et le magicgang ont plusieurs fois sauvé la planète et notamment des membres de sa famille. Quand Moineau lui demande qui il est, il révèle qu’il s’appelle Glubl et qu’il est un gnome.
Et là je me dois de laisser le passage suivant en entier, parce que je phase complètement dessus :
« — Euh, je crois que votre amie vient de renverser son gobelet sur mon ambassadeur.
Moineau se retourna, surprise. Il désignait un gros pot de fleur aux verdoyants branchages. On avait servi de l’alcool à Tara et elle détestait ça, mais comme c’était la production de l’un des prétendants et qu’il lui avait expliqué que c’était une liqueur unique et très rare, elle avait essayé de s’en débarrasser discrètement.
En le vidant dans le pot de l’ambassadeur de Santivor, planète exclusivement peuplée par des plantes intelligentes, les Diseurs. Sauf que celui-ci ne ressemblait pas du tout à un Diseur.
Il ressemblait vraiment à une plante en pot.
Glubl se précipita dès que la plante se mit à bourdonner, car tous télépathes et se nourrissant de lumière et d’eau, les Santivoriens n’avaient pas de bouche. Cependant, ils étaient capables – Moineau ne savait pas très bien comment – d’émettre des espèces de sons sifflants ou très sourds par les petits trous qui leur servaient de nez et vu... ou plutôt entendu... ceux qu’il émettait en ce moment précis, il n’avait pas l’air content. Du tout. »
Je… je sais pas trop par quoi commencer.
Déjà, ça ne se fait pas sentir ici car je n’ai pas laissé le passage où Glubl se présente, mais la transition entre cette présentation et le passage de l’ambassadeur est très foireuse. On a à peine le temps de se remettre de son annonce et de qui il est qu’on enchaîne directement sur ça. Mais bon, ça, ce n’est pas forcément un problème, ça peut donner du suspense amusant.
Cela dit, un autre problème, narratif celui-ci : si on est censés suivre le point de vue de Moineau, elle ne peut pas savoir pourquoi Tara renverse le contenu d’un verre sur une plante. Ça peut sembler n’être qu’un détail, mais on passe d’un point de vue interne à un point de vue omniscient : la « caméra » métaphorique vole de Moineau à Tara, sans prévenir, ce qui déstabilise encore le lecteur.
Et enfin, le dernier paragraphe n'est pas terrible à lire. Le « vu… ou plutôt entendu… » n’a aucun sens et coupe la progression de la lecture, j’ai dû m’y remettre à plusieurs fois pour relire l’ensemble, et ça m’a sorti de la scène.
Bref, en gros l’ambassadeur de Santivor est venu avec Glubl et a l’apparence inhabituelle d’une plante en pot. Et personne ne prend la peine de le signaler pour éviter ce genre de problèmes.
Une autre scène comique qui me sort du livre parce qu’elle est mal écrite et n’a pas de sens, wouw.
La suite est un peu mieux, cela dit. Tara s’excuse platement et Glubl lui explique que l’ambassadeur a adoré l’alcool et que, tous les Santivoriens étant télépathes, l’info a été transmise à la planète entière. Tara craint pour une fois les conséquences de ses actions, parce que ça signifie que par sa faute, les habitants de Santivor vont possiblement devenir alcooliques.
« Glubl eut pitié de la pauvre Héritière, qui se décomposait à vue d’œil.
— Ne vous inquiétez pas, Votre Altesse Impériale, les Santivoriens sont des gens raisonnables, dès que la surprise de cette découverte sera passée, je suis convaincu que...
Tara l’interrompit en lui montrant le représentant qui se déplaçait subrepticement vers les tables surchargées de bouteilles qui flottaient un peu partout.
— Je suis convaincue, moi, qu’il voudra recommencer l’expérience, constata-t-elle, amère. »
Le prétendant n°57 de Tara, lui, est content, car il va pouvoir vendre son alcool aux Santivoriens. Pour le coup, l’exposition n’est pas trop dégueu puisque l’erreur de Tara est expliquée :
« Bon sang ! Les Diseurs étaient très reconnaissables ! Ils avaient de grandes robes blanches autour de leur corps de bois, des têtes qui ressemblaient à des oignons marron, avec deux grands yeux souvent verts pétillants d’intelligence et un minuscule nez. Celui-là n’avait aucune robe de quelque sorte que ce soit, aucun signe distinctif et... il ressemblait définitivement à une plante en pot. Elle se jura, comme elle l’avait fait un demi-millier de fois, de ne jamais recommencer. Et tant pis si on la surprenait à discuter avec des plantes afin d’être sûre de ne pas avoir affaire avec des êtres intelligents. »
Tara met en application son apprentissage politique, et est prête à faire des efforts pour ne plus reproduire l’erreur, mais quelle joie ! La barre est au sol, mais je suis sincèrement contente que notre personnage principal ait une réaction cohérente !
Et pour l’instant, j’aime bien Glubl, qui nous change un peu des autres personnages secondaires. De manière générale, les gnomes restent le peuple que j’aime le plus dans ces livres.
Bon, puisqu’on reste dans Tara Duncan, Moineau se dit qu’elle s’amuse beaucoup plus avec Tara qu’avec Jeremy.
« Ce fut assez fascinant. Moineau observa son amie et constata à quel point elle avait évolué depuis qu’elle était arrivée sur AutreMonde. Elle parvenait à faire croire à chaque prétendant qu’il était son choix le plus évident, mais que hélas !, pour telle ou telle raison, leur union n’aurait pas lieu. C’était tellement subtil que les princes, les rois, les présidents, les ministres, tous ceux qui venaient quémander sa main, ne se sentaient ni insultés ni rejetés.
Bon, cela dit, le fait que Tara ait une réputation bien établie de mauvais caractère et de dangerosité certaine faisait qu’ils n’insistaient guère. De sombres histoires de batraciens et de vers de terre couraient encore sur la jeune fille... »
Ah bah oui c’est sûr que des prétendants envoyés pour quémander la main d’une Héritière Impériale n’ont suivi aucune formation qui pourrait leur permettre de discerner si on se fout de leur gueule. Puis aucun peuple d’aucun pays n’aurait l’idée de faire espionner les autres entretiens, et aucun prétendant n’aurait l’idée d’échanger avec un de ses rivaux.
Je répéterai sans doute plusieurs fois cette remarque, en substance ou non, mais dans Tara Duncan, les personnages secondaires et tertiaires n’ont aucune volonté propre, une intelligence et une cohérence réduite, et des réactions écrites plus pour l’effet immédiat et moins de façon plus réfléchie. La plupart du temps, ils sont taillés pour leurs interactions avec Tara, Cal et les autres : au-delà de ça, ils n’ont aucune substance. On veut qu’ils les mettent en déroute ? Ils le font. Qu’ils les aident ? Ils le font. Et si ça n’a aucune logique, tant pis ! Résultat, le lore, les enjeux et la continuité sont confus, dans Tara Duncan. Dans une histoire “simple”, ça ne poserait pas de problème : une petite comédie sans prétention n’a pas besoin d’expliquer tout le contexte derrière “ce voisin existe et il va chercher du lait”. Dans un univers fantaisiste, c’est plus ennuyeux pour le développement, et on ne peut pas se permettre d’écrire ce qui nous passe par la tête. Ça ne rend l’histoire qu’inintéressante.
Et pour le truc des batraciens et des vers de terre… en fait, ça me fascine, parce que je ne me souviens pas que Tara ait particulièrement changé les gens en animaux au cours de ses aventures. Je me souviens plutôt qu’elle a téléporté un palais entier d’un point A à un point B sans difficulté.
Tara va voir Safir Dragosh le vampyr, un personnage récurrent de la série, qui est là pour une raison ou une autre. Leur échange n’est pas retranscrit, mais il quitte la pièce pour une mystérieuse raison (qu’on nous donnera sans doute dans quinze chapitres quand vous aurez oublié, vous inquiétez pas), ettttt coupure elliptique !
Dont je vais profiter pour tirer ma révérence sur cette première partie de critique du chapitre 4.
A bientôt pour la suite !










