Gros moment de panique tout à l’heure.
J’entend HURLER un chat.
C’est le grand hurlement de désespoir, le grand cri déchirant du cœur, le grand brame sonore du cerf amoureux transi au fond des bois.
Bref, je sors en me demandant ce que Minus (je jure que c’est pas moi qui l’ai nommé!!!), le chat du voisin, fait dehors alors qu’il vient de se faire découcougner et qu’il doit rester à l’intérieur deux jours complets pour s’en remettre (ou plutôt pour que son maître s’en remette, ça l’a plus secoué que Minus lui même).
(Oui, Minus est un peu une drama queen et son grand but dans la vie c’est de devenir le meilleur pote de Valium qui se demande un peu qui est ce gamin qui vient lui filer des coups de boule.)
Bref, je sors en pyjama, prête à câliner ce grand dadais d’ado chat et le ramener manu-militari à son maître.
Et là, je tombe nez à nez avec Crevette, qui a profité que j’ai mal fermé la porte pour sortir enfin à l’extérieur, libre et sauvage.
Et comme à chaque fois qu’elle sort dehors libre et sauvage: Elle panique.
Les hurlements de lynx émasculé au désespoir c’est elle. Cinq kilos sur la balance avant la mue, deux fois plus petite que Valium et Minus, la carrure d’un rat anémique et la pilosité qui va avec.
Je ne l’avais jamais entendu hurler comme ça.
Bref, il a fallu que je la récupère tout en douceur, alors qu’elle tentait à la fois de m’échapper (en reculant sur le balcon) et d’échapper au reste de l’univers (en s’aplatissant de plus en plus), tout en hurlant de trouille.
Bref, j’ai les bras en lambeaux là ou elle s’est accrochée quand j’ai enfin réussi à la rattraper, je crois qu’elle a pissé de trouille sur le balcon et elle refuse de sortir de sous le canapé, mais elle ne retentera pas le coté libre et sauvage avant au moins un an.
Je l’aime, hein, mais des fois: Qu’est-ce qu’elle est CON.













