China Moses, jazz and blues

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China Moses, jazz and blues
Jazz à Albi - Saison II - Épisode II
Journal - Jeudi 16 janvier 2020 - 1ère série de deux concerts
Le “Magic Mirror”, l'annexe” du Grand Théâtre était bondé. De nombreuses personnes s'y étaient pressées pour voir, écouter, dîner ou boire. Sous le patronage de Julien Duthu, l'éminent contrebassiste qui accompagne l'événement. Des restitutions de master-classes y furent délivrées. Une attente douce, patiente et accompagnée des deux premiers sets qui se déroulèrent dans la grande salle du prestigieux bâtiment orange… et qui, presque en tout s’opposèrent.
On pouvait aussi, plus sobrement revisiter l'exposition-photo présentant les clichés en noir et blanc des artistes ayant participé au Festival de jazz à Albi, dans les années 1980. Ici, Wayne Shorter et Johnny Griffin. Plus bas, Michel Petrucciani.
Crédit Photo : Christian Kitzinger archives 1982-1986
Martine Legrand, la directrice, de fort bonne humeur ce soir là, et les membres de l’équipe de la SNA parcouraient les “allées” du Festival et répondaient avec sourires, courtoisie et gentillesse aux sollicitations des quidams jazzophiles.
Les travées étaient entièrement réservées et les guichets fermés depuis longtemps.
Crédit Photo : Christian Kitzinger archives 1982-1986
Lancement. Grand concert d'ouverture avec Laeïla Martial. Heureuse d'être là. Elle le dit joliment, poliment, au fil d'une présentation orale guillerette et sympathique. Comme entre intimes. Elle renoua avec la pratique du commentaire de temps en temps, avec fraîcheur, intelligence et inspiration.
Surprise ! Un début qui ne ressemble à aucun standard. Il fallut se laisser aller à une écoute bienveillante, accepter d'être séduit ou non, éviter de se cramponner à un monde connu. Du Jazz expérimental ? Sinon, comment le dire autrement ?
Une voix extraordinaire, de large amplitude. Une seule chanson en anglais. L’essentiel en Scat, en sons vocaux rares et même improbables.
Le recours à l'électronique fut massif et judicieux. Laissant toute leur place cependant à la guitare virtuose et à la batterie excellemment mise en œuvre. Qui lors de solos titanesques éclipsaient l'électronique renvoyée au rang d'opportune contribution. Rien ne fut tiède. Tout était fusion. C'était bien du Jazz ! Sinon quoi d'autre ?
Il y eu tout dans ce set : des accents andalous, des sonorités orientales et arabes. Des cris, des bruits, des trouvailles, des retrouvailles… Des brèves séquences Rock. Des basses agressives. Jusqu'à la guitare qui s'énerva…
Le jeu progressait selon ce processus repéré : début avant-gardiste un peu froid puis, montée dans les décibels et de longs finals qui remuèrent les têtes, les cœurs et les ventres et laissaient pantois avant que de nouveau, Leila et ses musiciens, avec le morceau suivant, happent encore le public au fil d'une identique dramaturgie musicale.
La démarche artistique était difficile mais on ressortait convaincu. Très majoritairement, en en juger au vacarme produit par les applaudissements.
Fallait le faire !
Crédit Photo : avec l’aimable autorisation de la Scène Nationale Albi - Albi Jazz Festival - Page Facebook
Second concert de la soirée : China Moses, ses quatre musiciens et leurs sept instruments. Il y avait trois cumulards géniaux !
Elle, parla d'abondance. D’elle-même, de sa vie privée. De rencontres amoureuses, d'alcool et d'ivresse. De sa mère, Dee Dee Bridgewater. De la famille. Sa maîtrise du français est considérable.
Mais, on eut préféré qu'elle chantât toujours. Elle le fit dans un vaste registre. Jazz, Blues, Soul. Sa voix est magistrale.
Elle était sexy, vêtue d'une robe drapée, large et ondulante.
À trois reprises elle porta à ses lèvres un verre de ce qui ressemblait à du vin rouge.
Elle était sympathique, bourrée d'énergie et de joie.
Elle fit une présentation passionnelle de ses musiciens, fidèles et magnifiques compagnons rencontrés il y a plusieurs années.
Une panne d'ampli fut réparée en direct par un technicien de la SNA, elle semblait plus perturber China Moses que le guitariste concerné. Cool !
Ces musiciens sont des cadors. Leurs solos, des morceaux de héros. Ils viennent d'Angleterre, de Vilnius, de New-York… Le monde est un village, la musique, un petit monde.
China Moses fit contribuer le public à la bonne ambiance. Debout comme un seul homme à son commandement, les aficionados claquèrent des mains, bougèrent les hanches. Avec son guitariste-trompettiste, elle en fit chanter quelques-uns, de moins en moins nombreux au fur et à mesure que le niveau de difficulté de l'exercice montait.
Elle déclara deux fois que le quintet avait encore de nombreuses chansons à jouer, que le public pourrait en redemander jusqu'à satiété. L'extraordinaire formation ne répondra qu'à un seul rappel.
C'était inspirant, énergisant, furieusement jouissif
Crédit Photo : avec l’aimable autorisation de la Scène Nationale Albi - Albi Jazz Festival - Page Facebook
Yves Rebouillat
CHINA MOSES - Whatever
China Moses es una cantante estadounidense y francófona, cuyo sexto trabajo de estudio, Nightintales, es un trabajo impregnado de muy buen jazz y acercamientos al blues. Un disco que nos atrapa, pura delicia para los oídos, con esa voz dulce aterciopelada y a la vez potente. Magistral.
China Moses - Cry Me a River
China Moses, soul/jazz/blues
China.