10 des 12 "Portraits de Femme" réalisés par l'artiste Fox in Trouville, dénichés au hasard des rues de Trouville, Normandie, France, août 2020.
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10 des 12 "Portraits de Femme" réalisés par l'artiste Fox in Trouville, dénichés au hasard des rues de Trouville, Normandie, France, août 2020.
Faibles de corps et d'esprit, animées par un insatiable désir de luxure, [les femmes] sont censées faire des proies faciles pour le Diable. Dans les procès [pour sorcellerie], elles ont représenté en moyenne 80% des accusés et 85% des condamnés. Elles étaient aussi plus démunies face à la machine judiciaire [...] Alors qu'auparavant les tribunaux refusaient leur témoignage, les Européennes n'accédèrent au statut de sujets à part entière aux yeux de la loi que pour être accusées en masse de sorcellerie. La campagne menée entre 1548 et 1593 dans vingt-deux villages des environs de Trèves, en Allemagne - lieu d'apparition et épicentre, avec la Suisse, des chasses aux sorcières -, fut si féroce que, dans deux d'entre eux, elle ne laissa plus qu'une femme encore en vie ; en tout on en avait brûlé 368. Des lignées féminines entières furent éliminées : les charges contre Magdeleine Denas, brûlée dans le Cambrésis en 1670, à l'âge de soixante-dix-sept ans, n'étaient pas très claires, mais on avait déjà exécuté sa tante, sa mère et sa fille, et on pensait que la sorcellerie était héréditaire.
[Lecture #4] ~ Sorcières, la puissance invaincue des femmes (p.16) - Mona CHOLLET (2018)
Chollet / Blanchet (Alfa Romeo 1900 TI S) devant Georges Houel (Alfa Romeo Giuletta) - Tour de france Automobiles 1957 - Automobiles Classiques N°81 mars / avril 1997.
Chollet, France
(...) Corine Maier en 2007 (...) déplorait que faire des enfants serve à "transférer à la génération suivante" la question du sens de la vie. "Nous vivons dans une société de fourmis, où travailler et pouponner modèle l'horizon ultime de la condition humaine. Une société pour laquelle la vie se limite à gagner son pain et à se reproduire est une société sans avenir car sans rêves." Elle voyait dans la procréation le verrou du système actuel, dans la mesure où elle nous conduit à perpétuer un mode de vie qui nous mène à la catastrophe écologique et où elle garantit notre docilité (parce que nous avons "des enfants à nourrir", un crédit sur le dos, etc.).
[Lecture #4] ~ Sorcières, la puissance invaincue des femmes (p.95) - Mona CHOLLET (2018)
(...) refuser de vous sacrifier, ou vouloir poursuivre vos propres buts, vous attire une réprobation immédiate. Si vous vous rebellez dans le cadre familial, en refusant d'organiser toute votre vie autour de votre progéniture, vous serez une mégère, une mauvaise mère. (...) On vous vantera les effets souverains de la maternité sur la déplorable tendance au nombrilisme qui caractérise apparemment les femmes : "C'est seulement en ayant un bébé qu'une femme peut arrêter de ne penser qu'à elle-même, déclare une jeune Américaine. (...) "On ne fait pas des enfants pour les faire élever par quelqu'un d'autre." Certes ; mais on ne fait pas non plus des enfants pour rester collés à eux en permanence ni pour renoncer à cultiver ses autres dimensions. Et les élever, cela peut être aussi leur offrir l'image d'une adulte équilibrée et pas trop aliénée ou frustrée."
[Lecture #4] ~ Sorcières, la puissance invaincue des femmes (p.79) - Mona CHOLLET (2018)
(…) au Moyen-Âge, les Européennes avaient accès comme les hommes à de nombreux métiers, souligne Silviz Federici : “Dans les villes médiévales, les femmes travaillaient comme forgeronnes, bouchères, boulangères, chandelières, chapelières, brasseuses, cardeuses de laine et détaillantes.” En Angleterre, “soixante-douze des quatre-vingt-cinq corporations comptaient des femmes dans leurs rangs” et, dans certaines d'entre elles, elles étaient dominantes. C'est donc une reconquête, et non une conquête, qui a débuté au XXème siècle.
[Lecture #4] ~ Sorcières, la puissance invaincue des femmes (p.75) - Mona CHOLLET (2018)
Sorcières, Mona Chollet, 2018.
Mona Chollet quelle génie ! J’ai adoré ce livre et je l’ai d’autant plus adoré que j’ai eu la sensation de le lire à temps. “À temps” parce que je ne suis pas encore vieille, pas encore mère mais bien célibataire. En quelque sorte ce livre me met en garde et m’apporte des clés. Il me met en garde contre les complexes de l’âge aux premières rides aux premiers cheveux blancs ; contre l’horloge “biologique” que vont me rappeler tous ceux et celles qui voudront me voir enfanter ; et il me donne des clés pour accepter qu’être en couple n’est pas le seul moyen de vivre.
Dans cet essai hyper documenté et complètement empouvoirant, Mona Chollet met en parallèle l’extermination de ces femmes qu’on appelait “sorcières” il y a des siècles, et la stigmatisation des femmes aujourd’hui pour les trois même raisons : l’âge, la maternité (ou la non-maternité) et le célibat.
À lire quand on est une femme, pour mieux saisir les libertés qu’il nous reste à prendre, ou comment mieux embrasser les libertés qu’on a prises. Et quand on est un homme, pour comprendre que nos vies ne sont pas régies par les mêmes règles que les vôtres, depuis des siècles, et encore aujourd’hui, en 2019.