De son vrai nom Abou Abdallah Echoudsy, cet ancien cadi de Séville, arrivé à Tlemcen en 1266 (vers la fin du 13è siècle) suite à l’inquisition de la Reconquista, décida de distribuer ses biens aux pauvres et d’abandonner subitement ses fonctions, pour devenir marchand de bonbons ( en arabe Halwa d'où son surnom de El Halwi ou Haloui) et de friandises ! Tout simplement, il avait pris l’habitude d’offrir des «halouat» aux enfants impécunieux ainsi qu’aux voyageurs de passage. De toutes parts, on accourait pour le voir, l’écouter, toucher son burnous.
Il prononçait des phrases sacramentelles: «Allalh yâtik echchifaa (Que Dieu te guérisse). Repéré par le prince Abou Ziane Mohammed, il fut promu au rang de précepteur de ses enfants, avant d’être la malheureuse victime d’une cabale (accusé de sorcellerie et d’avoir conspiré contre le monarque) au terme de laquelle il fut décapité et sa tête jetée en pâture aux chiens, en bas des remparts de la ville en l’an 1337. Une nuit, le gardien d’une des portes de Tlemcen (Bab Zir) entendit la voix de Sidi El Haloui gémir : «Ferme la porte, ô gardien, il n’y a plus que moi dehors !». Après sa mort, le sultan le réhabilita et pendant l’occupation mérinide de la ville, un deuxième sultan, Abou Inane Fares, vainqueur du premier, lui fit ériger en 1353 sur son mausolée l’une des plus ravissantes mosquées de la ville, encore visible à ce jour.
Centre National de Recherche en Archéologie Médiévale
Monuments de Tlemcen: Mosquée Sidi El Haloui
Peinture de l'américain Samuel Colman: Mosquée de Sidi El Haloui. Tlemcen
















