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Niemand weet hoeveel lichamen er begraven liggen onder de bloemengeuren.
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Reaching new heights
Against All Odds by gaelcaro
RN 91/RD 1091 at Col du Lautaret, between Briançon and Grenoble, Département Hautes-Alpes, France by Michael Bialik
Mercredi 28 mars 2018
Autour du Lautaret, entre neige d’hiver et soleil de printemps…
Remonter la Vallée de la Guisane par la mythique RN 91 (maintenant RD 1091), depuis la ville de Briançon jusqu’au Col du Lautaret, piquer ensuite en descente vers la Vallée de la Romanche et la Meije est l’un de nos trajets routiers préférés des Alpes françaises. Nous l’entreprenons toujours avec enthousiasme car il nous en met toujours plein les yeux.
Sur la route du Lautaret
Chaque saison bouleverse l’aspect du paysage, de fond en comble: prés croulant sous les fleurs en été, flamboiement des mélèzes en automne… Aujourd’hui, les étendues de neige s’agrandissent et s’épaississent dès que l’on quitte Briançon et que l’on prend plus l’altitude. Les montagnes se parent d’une symphonie de blancs, moirés d’une gamme infinie de bleutés et de gris, au gré de nuages qui passent. Des trouées de ciel bleu apparaissent par surprise et aussitôt les rayons du soleil flashent un instant sur la neige, rendant son blanc presque aveuglant.
En remontant la Vallée de la Guisane…
Le but du jour n’est pas de nous arrêter dans chaque ville ou village, mais de retrouver les coins isolés, mais accessibles, que nous affectionnons. Cette page n’a pas vocation d’être un guide de voyage, juste le récit d’une balade en pleine liberté, au gré de notre humeur du jour. Avec quelques belles images, si la lumière capricieuse veut bien coopérer avec les photographes que nous sommes. Le soleil est taquin et se cache souvent dans le gros moutonnement des nuages, tantôt blancs, mais plus souvent gris, ce qui rend l’entreprise difficile.
Chasse-neige devant l’Aiguillette du Lauzet
Bien que le printemps officiel soit déclaré depuis une semaine déjà, et que nous ayons déjà réglé nos montres sur l’heure d’été, l’hiver résiste encore avec ténacité aux caresses, pourtant déjà bien insistantes, du printemps.
Vers le Pont de l’Alpe
Les grandes voies de circulation sont dégagées, même si de hauts murs de neige les encadrent de part et d’autre de la chaussée, empêchant tout arrêt. Rares sont les parkings possibles sur les bas-côtés, car il faut la puissance d’un chasse-neige pour repousser quelques mètres cubes de neige pesant des tonnes…
Buisson sous la neige
Par la force de choses, les petites routes sont toutes condamnées à la circulation et font la joie des randonneurs à pied, en raquettes ou en ski… En fond de vallée, sur les pentes des pâturages d’été, les différentes municipalités rivalisent en pistes impeccablement damées, pour tous niveaux, sur les beaux espaces tout blancs.
Le Casset (1 512 m)
Au-delà de Monêtier-les-Bains, un peu avant le petit village du Casset, nous retrouvons notre ami, le vieux saule au tronc creux et aux branches tarabiscotées.
Vieux saule devant le Combeynot
Facile à repérer depuis la RD 1091, cet arbre tout de guingois attire notre regard comme un aimant. Il vit sa vie de solitaire près d’un petit plan d’eau, qui doit certainement quelque chose aux eaux de la Guisane, qui le longe. Tout cela juste avant le village croquignolet qui se profile au bout de la petite route toute droite, qui y file. Notre saule ami nous offre un joli premier plan pour le Massif du Combeynot, dont les pics dépassent les 3 000 m.
Notre ami, le vieux saule creux…
Nous ne manquons jamais d’aller le saluer avec vénération, depuis des décennies, à chacun de nos passages. C’est une sorte de rituel obligé. Nous sommes toujours ravis de le trouver dans une forme satisfaisante, malgré le temps qui passe et le handicap d’un tronc profondément évidé. La sève continue à circuler dans ce qui le relie encore à la terre et à le nourrir suffisamment pour le maintenir en vie. Miracle de la nature! Il mériterait bien une page de blog pour lui tout seul, illustrant sa biographie et ses métamorphoses au fil des 4 saisons et des ans…
Bouleaux au bord de l’eau
Aujourd’hui la neige camoufle la surface du plan d’eau, ne laissant apparaître qu’une frange turquoise, ici ou là.
Le plan d’eau du Casset
Dur de savoir où mettre les pieds! A moins de pouvoir, comme Jésus, marcher sur les eaux, il vaut mieux éviter les beaux espaces immaculés, très attirants, mais où l’on risque de faire plouf! Et rester sur la piste bien délimitée pour les promeneurs de tous sports.
Village du Lauzet, en bordure du Parc des Ecrins
Retour sur la grande route. Nous sommes toujours près du village du Casset (1512 m), mais vu de plus près, d’en haut, de face. Minuscule groupe de maisons blotties au pied de montagnes géantes. Le clocher de l’église Saint-Claude (18 e s.) soulève très haut son clocher en pierre chapeauté de bois. Entre les contreforts du Glacier du Casset et le Combeynot le Vallon du Petit Tabuc est le départ de nombreuses balades de toutes catégories, faciles ou très techniques, vers les Agneaux (3663 m) et le Combeynot.
Village du Casset
Nous avons du plaisir à admirer ces endroits simples et authentiques. Pourvu qu’on les laisse tranquilles et qu’ils gardent encore longtemps leur harmonie! (Blog sympa sur le Casset ICI)
Le Lauzet (1668 m)
A un saut de puce de là, Le Lauzet fait partie, comme Le Casset, de ces quelques petits villages ou hameaux qui restent encore difficilement accessibles, pris dans l’étau de hautes murailles glacées, accumulées au cours de l’hiver. La bonne idée aurait été de chausser les raquettes au vieux saule, de remonter la Guisane, passer Le Casset et continuer jusqu’au Lauzet. Ou bien, avec une dose de courage en plus, pourquoi pas jusqu’au Lautaret (ICI)! En été cela s’effectue aisément, au milieu des prés richement fleuris. Avec la neige, c’est autre chose…
Contreforts des Ecrins au niveau du Lauzet
Un petit parking en bordure de la grande route permet de se garer pour descendre à pied dans le centre du Lauzet, dont seule la rue principale est à peu près praticable. Petit tour dans le village, où la neige glisse des toits vers le sol, de façon massive et désordonnée, bloquant les pas de porte et les ruelles. Les paquets de neige pendent de partout comme des guenilles et donnent, pour quelque temps, un aspect négligé et cocasse à l’ensemble des habitations.
Cliquer pour agrandir!
Les toits ont l’air bien déguenillés!
La fonte des neiges prendra du temps…
Coment fait le facteur, avec toute cette neige?
Eglise Saint-Roch, devant l’Aiguillette
Le Ranch du Grand Aigle
Les masses incroyables de neige, accumulées sur un ou deux mètres de hauteur, se sont fortement tassées. Elles persisteront pour quelques semaines encore, même si de fins filets d’eau commencent à s’échapper inexorablement de leur base, annonçant l’inévitable débâcle à venir.
L’Aiguillette du Lauzet
Ce hameau fait face à l’Aiguillette du Lauzet, la plus haute (2 717 m) de ces drôles de crêtes dolomitiques émoussées, qui s’érigent en forteresse de défense du Massif des Cerces, l’un de nos coins préférés des Alpes. Sa via ferrata est réputée et l’on imagine aisément les sensations et les vues inouïes qu’elle promet! On y accède généralement par le Pont de l’Alpe (1710 m), non loin de là. Nous avons déjà crapahuté à proximité avec grand bonheur, en été…
Le Col du Lautaret (2 058 m)
La route s’élève maintenant vers le Lautaret, par de nombreux et amples lacets. Avec 2 058 m d’altitude, c’est le col français le plus élevé ouvert à la circulation automobile en hiver, sauf conditions impossibles, ce qui arrive de temps en temps. La RD 1091 permet de relier Briançon et Grenoble (115 km), toute l’année. Sauf si des événements majeurs intempestifs et graves coupent la route, comme en avril 2015, lors d’énormes glissements de terrain. La fermeture prolongée de la route entre La Grave et le Lac du Chambon a été une catastrophe pour la vie quotidienne et économique du secteur. La route, extrêmement encaissée le long de la Romanche, reste vulnérable et demeure sous haute surveillance. Ce n’est pas rien…
Col du Lautaret
Au Col du Lautaret, voici les quelques hôtels historiques, ouverts ou fermés, plantés entre deux mondes. Ce passage relie les Hautes-Alpes et l’Isère mais il est aussi une barrière climatique entre les Alpes du Sud et les Alpes du Nord. La route du Col du Galibier (2642 m), qui monte un cran plus haut, à partir d’ici, est fermée aux voitures. Les structures du Jardin botanique sont ensevelies sous des monticules de neige.
En bordure de route, l’impressionnante muraille glacée va prendre son temps pour fondre! Bah, elle disparaîtra largement d’ici juillet, époque du Tour de France. … Qui n’y passera pas en 2018! Les autres cols aussi revendiquent leur tour…
Snowkite au Lautaret
Aujourd’hui il se passe de drôles de choses ici! D’innombrables voiles virevoltent dans le ciel comme par magie. Elles égaient les pentes immaculées de leurs couleurs vives. De temps en temps, au gré du relief, surgit un skieur amarré à son aile par un faisceau de très longs fils, qui le tirent. Il glisse au gré des flux d’air qui circulent sur ces hauteurs. Cela semble être un régal pour ceux qui skient ainsi, mais pour nos yeux aussi! Une école de snowkite est ouverte au Lautaret depuis 2006.
Snowkite au Lautaret
Descente vers la Vallée de la Romanche, face à la Meije
Dès que l’on quitte le Col du Lautaret pour amorcer la descente vers la Vallée de la Romanche on est vraiment dans le domaine de la très haute et très belle montagne. La vue est royale sur les Agneaux, puis la Meije, que les gens d’ici appellent fièrement “La Reine”… On peut se laisser épater, c’est permis! Nous avons beaucoup roulé notre bosse dans des montagnes célèbres de par le monde. Je peux affirmer que ce paysage, ici même, soutient la comparaison avec les plus beaux…
Pour mémoire: Wikipédia: “La Meije est composée de trois principaux sommets : le point culminant, le Grand pic de la Meije à 3 983 mètres (deuxième sommet majeur des Écrins après la Barre des Écrins qui culmine à 4 102 mètres), le Doigt de Dieu ou Pic Central de la Meije (3 973 mètres) surplombant le versant Sud et la Meije orientale (3 891 mètres), gros épaulement neigeux”.
Si la Meije lance ses aiguilles jusqu’à près de 4000 m dans le ciel, les pentes qui lui font face sont plus modestes mais ne manquent pas d’étonner, à chaque fois: grosses pentes nues, constellées de minuscules hameaux, reliés entre eux par des routes étroites. En descendant du col, ils s’offrent au regard, tous en même temps.
Villar d’Arêne – Le Pied du Col
La route qui descend vers le Pied du Col , hameau de Villar-d’Arêne, est dégagée jusqu’au petit lac que nous venons souvent photographier en automne, lorsque le contraste de l’eau turquoise et des bouleaux d’or est saisissant…
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Aujourd’hui, il disparaît entièrement sous une épaisse couverture de neige. Il soulève juste une paupière et ouvre un œil à demi, juste pour voir le temps qu’il fait: une faible lueur de soleil… Autant continuer à dormir… La Micro Centrale du Plan du Lac met une tache de couleur au pied des pistes qui dévalent gentiment depuis le Col du Lautaret, sur les flancs du Combeynot.
Face à la Meije
Nous quittons la RD 1091 juste avant le tunnel de la Grave et prenons une petite route qui s’élève rapidement par de nombreux lacets.
Sur la route vers Ventelon – Le Combeynot dans les nuages – A son pied, Villar d’Arêne –
Ventelon est le premier des hameaux perchés de La Grave, tous situés sur une petite route transversale en balcon, aux alentours de 1 700 m d’altitude.
Hameau de Ventelon
C’est un magnifique belvédère sur la Meije, comme d’ailleurs tous les autres villages “en terrasses” qui s’étalent sur les pentes autrefois amplement cultivées. Le traces régulières des anciens murets de pierre destinés à maintenir la terre sont encore très visibles sur toutes les pentes alentour.
Ventelon – La Meije cache ses sommets
Ventelon a maintes fois été la destination de nos vacances d’été et nous avons usé nos chaussures de randonnée sur les sentiers des Ecrins, des Grandes Rousses, du Lac du Goléon ou des Aiguilles d’Arves, frontalières avec la Savoie… Aujourd’hui, l’ambiance est un peu tristounette, on se languit de l’arrivée du printemps, pour de bon!
Hameau des Terrasses
Les Terrasses comptent de moins en moins d’agriculteurs et d’éleveurs et de plus en plus de locations de villégiature. Le hameau possède une église de caractère, dédiée à Saint-Mathieu, que toutes les cartes postales locales représentent, fièrement campée devant la Meije.
Cliquer pour agrandir!
Le perchoir sur le vide
Test de la passerelle
Une grimpette et un virage plus loin, voilà une construction bien étrange qui attire notre regard: un “perchoir sur le vide”! Quelque chose de neuf et de très surprenant! Et qu’il convient de tester toutes affaires cessantes!
On avance forcément avec précaution sur cette passerelle qui tend vers le vide… Vue impressionnante sur le hameau des Fréaux, à la sortie de La Grave. Et sur un rocher qui parait inaccessible est juchée la petite chapelle de Notre-Dame du Bon Repos…
Le Chazelet constitue le terminus de la route perchée. C’est une minuscule station de ski, familiale. L’été, c’est le point de départ vers le Plateau d’Emparis, un belvédère fabuleux pour randonner entre des dizaines de petits lacs, dans lesquels se mirent les sommets de la Meije.
Oratoire Ste Anne du Chazelet – La Meije
Et pour terminer ce périple, nous nous arrêtons à l’Oratoire du Chazelet (1 834 m), dédié à Sainte-Anne. Mais il n’y a plus de Meije, elle est complètement mangée par les nuages et les brumes… Nous sommes venus de loin pour cette vue célèbre, que nous chérissons! Et il n’y a que de la grisaille… Nous attendons, attendons… et sommes finalement récompensés! Car les aiguilles se dégagent peu à peu dans une jolie lueur qui nous fait enfin déclencher… Puis nous restons un très long moment sans rien faire, simplement en admiration…
Le Grand Pic de la Meije – 3 983 m
Pour en savoir plus sur La Grave et ses hameaux perchés, c’est ICI et sur la Meije ICI
Glacier de la Meije
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