La couleur : de la théorie à la pratique artistique
C’est à Chevreul (chimiste français du XVIIIème siècle) que l’on doit une classification méthodique des couleurs, par l’emploi d’un cercle divisé en 12 secteurs égaux, appelé : Cercle chromatique
La position qu’occupe le vert, entre le bleu et le jaune, dans l’arc-en-ciel, conduit immédiatement à l’idée qu’il résulte du mélange de ces deux couleurs. L’expérience confirme cette hypothèse. Il en est de même pour l’orangé et le violet. Par contre, il est impossible, en opérant sur des couleurs matérielles, de reproduire par mélange le jaune, le rouge ou le bleu : ces 3 couleurs sont donc appelées COULEURS PRIMAIRES.
Les couleurs intermédiaires
Les couleurs primaires, mélangées, donnent des nuances qui varient suivant la position qu’elles occupent respectivement dans le cercle chromatique. Si elles sont voisines, le mélange rappelle l’une et l’autre, pour donner les COULEURS INTERMEDIAIRES :
•BLEU + VERT = BLEU VERDATRE
•BLEU + VIOLET = BLEU VIOLACE
•JAUNE + VERT = VERT JAUNATRE
Deux systèmes de couleurs
La somme des différentes couleurs de la lumière décomposée donne le blanc.
C’est ainsi que fonctionne le principe des couleurs en lumière.
En peinture, c’est le contraire. L’addition, le mélange des trois couleurs primaires donnent le noir : on est dans un SYSTEME SOUSTRACTIF, le blanc est caractérisé par l’absence de couleurs.
Obtenir de bonnes couleurs par mélanges
On espère toujours conserver l’éclat des couleurs que l’on associe. Veut-on composer par exemple un violet franc ? On sait qu’il faut faire appel un bleu et un rouge. Mais quel bleu : bleu de Prusse, bleu Outremer ? Et quel rouge : Laque carminée, Vermillon ? Examinons ces couleurs : le bleu de Prusse tire sur le vert, ce vert aura une influence fâcheuse sur le rouge, car étant sa couleur complémentaire, on introduit un élément de gris qui se fera sentir désagréablement dans le mélange. Dans les deux cas, les violets obtenus avec le bleu de Prusse et la laque carminée, ou avec le vermillon et l’outremer, sont ternes. Si on choisit les couleurs les plus éloignées du violet : le bleu de Prusse à tendance verte et le vermillon à tendance orangée, on obtient une couleur indéterminée.
Par contre, si on unit le bleu outremer et la laque carminée, tous deux à tendance violacée, on obtient un violet acceptable, mais qui ne donnera pas entière satisfaction à l’artiste.
En effet, les couleurs primaires, considérées comme fondamentales par les artistes, ne sont jamais aussi pures que les couleurs primaires du système théorique.
La palette des peintres ne peut donc être limitée à trois éléments et elle doit prendre en compte d’autres couleurs, qui, à la faveur des combinaisons chimiques, se trouvent être plus vives de ton, plus franches que les couleurs obtenues par mélange. C’est ainsi que le violet minéral, le violet d’Egypte ont un coloris plus brillant, plus attrayant que n’importe quel violet obtenu par mélange de rouge et de bleu.
Extrait d'une commande de Picasso à son marchand