Création originale en feutrine

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Création originale en feutrine
Création originale en feutrine
CREATION LOGOTYPE ORIGINAL & SITE ECOMMERCE /
Bracelet Nato Officiel . www.braceletnato.com
© Blueberry’s Studio 2012
CREATION LOGOTYPE & SITE ECOMMERCE /
Les Bronzes du Griffon . www.bronzes-du-griffon.com
© Blueberry’s Studio 2012
CREATION LOGOTYPE & PAPETERIE / MARINE WELDING SERVICE
© Blueberry’s Studio 2015
Nuits sombres sur mes envies noires Poussières d'étoiles dégoulinant le long de mes désirs C'est avec un sourire que j'arpente les trottoirs de mon esprit A la recherche de ce souvenir insensé Caché sous un tas de débris fumants Brûlés dans l'incendie de mes regrets A ne pas avoir assez goûté aux années offertes Il ne reste rien d'autre qu'un peu de chagrin Et bien trop de rendez-vous manqués Passés à attendre au mauvais coin de rue Mauvaise adresse, mauvaise personne Pour combler ce trou béant Qui aveuglait ma vie D'une lumière trop forte Aux échos de sirènes.
Papillon éphémère jaune et vert
Aux reflets capillaires rose fluo
Ne vivant qu’une nuit
S’envolant pour toujours au matin
Dans sa beauté dévisageante et triste
J’y retrouve des vapeurs d’absthinte
Aux reflets d’améthyste.
Sur ces mots qui résonnaient dans ma tête ce matin, je me suis réveillé d’un bond.
Je ne me suis pas demandé tout de suite où j’étais. Il m’a fallu un peu de temps pour réaliser que je n’en savais rien.
Il n’y avait personne autour de moi, et je n’avais jamais mis les pieds ici avant, j’en étais presque certain.
J’étais enroulé dans des draps sur une sorte de sofa-lit.
J’ai bien failli tomber en me levant et me prenant les pieds dans les draps et me suis rattrapé à un mannequin pour couturière en bois accoutré d’un chapeau avec une grande plume de paon aux reflets verts.
Cela fait quelques temps que je déprime un peu après avoir passé la nuit dehors.
C’est comme si toutes les émotions fortes qui ont étincelé dans ma nuit se taisaient d’un coup et me laissaient seul dans un silence de mort.
Aussi j’ai décidé tout de suite que je n’allais pas aller du mauvais côté encore une fois, et que j’allais soigner le mal par le mal.
J’étais déjà en train de penser au Bloody Mary que j’allais boire dans le bar le plus proche lorsque quelqu’un m’a demandé “Tu bois du café comme les continentaux, ou bien tu t’es mis au thé?”
La voix venait de l’autre côté de l’appartement. Je n’avais pas réalisé que j’étais dans un appart aussi grand.
J’ai cherché l’endroit d’où venait la voix, me suis pris les pieds dans une multitudes d’objets hétéroclites, des animaux empaillés, des chapeaux, des robes style années trente et suis arrivé finalement dans la cuisine.
Là, en train de manipuler la bouilloire électrique était cette fille au yeux noirs, cheveux teints en un dégradé de différentes couleurs folles et en petite culotte, les seins à l’air.
Elle avait de très beaux seins, un tatouage représentant un octopus les recouvrant, mais j’ai pensé qu’il fallait mieux essayer de la regardé dans les yeux, au moins le temps de faire connaissance.
“Tu as bien dormi” m’a-t-elle demandé avec un grand sourire.
“Oui, je crois”
Elle a dû comprendre à mon air gêné que quelque chose ne tournait pas rond pour moi.
“Ça va?” a-t-elle repris après quelques instant de silence.
“Oui, je crois.”
Il y a eu un long silence qui commençait à devenir gênant. En général je suis assez à l’aise où que je me trouve, peut importe la situation. Mais là, c’était bizarre. Je n’avais aucun souvenir. Aucune idée. Je me trouvais là, à moitié nu, dans un appartement que je n’avais jamais vu en train de me faire préparer un thé par une fille que je ne connaissait pas. Je ne savais pas si on avait couché ensemble, si on avait simplement dormi dans le même lit, si on avait parlé, si elle connaissait mes secrets, si j’avais écouté les siens.
Je ne savais rien. Je trouvais ça excitant mais en même temps j’avais peur.
La première chose que j’ai pensé est que j’allais finir par attraper quelque chose à passer mes nuits ainsi, bras ouverts à toutes sortes d’options qui ne m’apparaissaient pas toujours claires le jour d’après.
Et puis en regardant cette fille si calme et souriante je me suis un peu ressaisi. Au moins pour donner bonne impression j’ai pensé.
J’avais cette musique dans la tête. Une sorte de rythme électro qui revenait par vague et rebondissait entre les parois de mon crâne comme une balle de squash.
C’en était presque fatiguant.
Cela me rendait nerveux.
Je me sentais vraiment perdu pour un instant.
Alors, comme je n’osais pas vraiment demander ce que je faisais là à cette fille et avoir l’air d’un fou qu’elle devrait jeter de son appart de peur qu’il ne lui arrive quelque chose, je me suis avancé vers elle en souriant.
Elle était belle. Vraiment naturelle malgré ses cheveux colorés et ses piercings.
Comme sauvage. J’aimais bien ça.
J’ai oublié ce que je faisais et l’ai attrapée par la taille pour l’embrasser.
Elle s’est laissé faire, et m’a embrassé, un bras autour de mon cou, passant sa main dans mes cheveux.
Sa langue était chaude, ses seins étaient si doux.
Puis elle m’a repoussé doucement de la main. Comme à contre coeur.
Cela ne m’aidait pas vraiment à comprendre ce que je faisais ici.
Donc elle était d’accord pour un baisé mais ensuite me poussait gentiment?
“Elle ne va pas tarder à rentrer”
“Il y a une autre?” j’ai pensé.
Je me suis appuyé contre le rebord de l’évier.
J’avais la tête qui tournait, ne n’étais pas dans mon assiette.
Toujours cette musique électro dans la tête et puis ces mots, ces images de papillons, cette sensation d’avoir passé des heures en dehors de mon esprit.
Des papillons aux couleurs troublantes qui virevoltaient tout autour de moi.
Des couleurs acides qui coulaient le long de ma mémoire.
Je me suis concentré très fort pour ne pas lâcher la tasse de thé qu’elle venait de me donner.
Donc, je suis assis depuis des heures sur cette banquette du Dalston Superstore.
Je regarde les gens défiler en buvant un café pas vraiment bon.
Je commence à ne plus vraiment tenir en place.
Je n’ai jamais été vraiment bon à cela de toute façon. Toujours la bougeotte.
Il y a ces deux filles en train de danser devant ma table, comme si il était cinq heures du mat’.
Il est cinq heures de l’après midi.
Elles vont, elles viennent, passent entre les tables, s’assoient à mes côtés et discutent en secret, puis se mettent à rire et repartent danser.
Et puis il y a ces deux autres filles un peu plus loin, en train de boire du cidre rose.
Elle parlent avec envie de leur vie, se regardent presque amoureusement.
Mais ne dansent pas.
Deux autres filles sur le bout de ma banquette viennent de se lever et se mettent à parler juste en face de ma table.
J’ai l’impression d’être dans un club de jour réservé aux femmes.
Elles tournicotent et vrombissent toutes autour de moi comme autant de papillons aux couleurs attirantes et étranges.
Mais je suis resté trop longtemps à boire du café noir et manger des pâtisseries ici.
Je commence à avoir ma tête des mauvais jours. Sans raison, juste comme ça.
J’étais venu pour sortir du noir de mon appartement.
Il fait tellement noir en ce moment, même en plein jour.
Ca m’a toujours déprimé d’avoir un temps comme ça. Même si c’est bien habituel ici à Londres.
J’ai bien essayé de m’intéresser aux gens autours de moi.
Tout l’après midi j’ai essayé de les apprivoiser, de leur parler.
Ce type à ma gauche était vraiment sympa, on a rigolé un moment.
Il a vite été remplacé par ces deux gars à l’allure étrange.
Je voyais leurs yeux rougir au fur et à mesure qu’il sortaient fumer des joints.
La weed devait être bonne à juger par l’état de leur conversation.
Mais je n’avais pas envie de fumer. Pas aujourd’hui.
Au départ je me sentais fragile, en pleine observation.
Sortie de mon cocon, dehors, mais pas de nuit comme d’habitude.
Puis les gens ont commencé à me fatiguer.
Je n’avais plus la patience. Je voulais vraiment être sympa avec tout le monde mais cela demandait un effort important. Plus important que j’étais prêt à faire.
J’ai commencé à penser à elle. Elle me manquait. Je me sentais comme avoir besoin d’elle.
J’avais besoin de sérénité et confort.
Alors j’ai commencé à boire. Un peu au départ. Puis un peu plus, toujours plus rapidement.
Toujours plus impulsivement.
C’était comme rattraper le temps perdu.
Je pensais à elle. Tendrement. Avec sincérité.
Mais je savais que j’allais repartir avec quelqu’un d’autre.
Mon ventre commençait à me le dire.
Il y avait bien trop de papillons flottant dans ce ciel artificiel.
Bien trop d’angoisses disparaissant au profit d’une autre soirée, d’une autre nuit.
Je le savais. Ces quelques verres allaient me ramener tard dans la nuit, au petit matin, ou bien le jour suivant.
Peu importait la destination ni l’heure d’arrivée.
J’étais en route. Et c’est cela qui comptait.