Décroche
L’insatiable sonnerie crache son fiel alentour Résonne dans ton cortex et lancine ta psyché Elle attise sans vergogne ta soif de virtuel La verticalité de tes aspirations Etonne ton être entier d’enclume en étrier Décroche, ça sonne, vite vite sans plus attendre vite Cette sourde dictature du tout simultané Simagrées des médias, échos, intercessions Les appels incessants s’insinuent dans tes sens Dispersent ton attention sur un focus mutique Simulacres logiques, et tentations du vide Les numéros masqués et les spirales sans fil Au bout du fil, néant, tes dents sont suspendues Et l’appareil les tient, sans réponse ni message Tu captes mal, au moindre accroc, tu récrimines Pas de réseau, tu pleures ta race de membre à vie Désillusion, désaffection, désabonnement Le mobile n’est un crime que pour les avertis Et comment donc nomme t ’on ce qui, pour satisfaire Nos besoins nécessitent rationnement et paiement ? Un pacte synthétique pour lequel on déverse Nos santés, nos efforts et le fruit des labeurs Décroche, en urgence décroche, en urgence décroche Garde à l’esprit le fil du réel, ainsi soit













