Mailles du temps
PUT YOUR BEARD IN MY MOUTH
i don't do bad sauce passes

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Claire Keane
Aqua Utopia|海の底で記憶を紡ぐ
Game of Thrones Daily
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祝日 / Permanent Vacation
he wasn't even looking at me and he found me
noise dept.
almost home
Three Goblin Art
trying on a metaphor
todays bird
dirt enthusiast
🪼
cherry valley forever
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@hermanmu
Mailles du temps
Les cicatrices
Nos traces humaines, nos sinistres cires
Ces statues émiettées scandant leurs ires muettement
Nos compilations de savoir se perdent dans le silence des rues
Nos avoirs, nos soldes et nos prétentions sémantiques
Se dissipent dans le nombre prescient, devin dithyrambique ô combien cynique et juste
A trop vouloir être partout, nous demeurons nulle part, enfermés par nos vices
Nous, race conquérante de chaque recoin de la terre
A la merci de l’invisible, nous voici reclus
Terrés dans nos tanières, blottis auprès du feu de la toile
A la prochaine semonce, si la fibre lâche, nous serons cois
Faibles et craintifs, affolés, hors du flux
Quittes pour numéroter nos abattis sur nos dix doigts
Sur le fil d’archal - Sumériens
Au souvenir des antiques, des ancestraux Aux Sumériens, aux Hittites. Aux païens, impies et autres hérétiques L’hérétique insoumis aux os recomposés accoste chaque grève d’un pas délictueux mais convaincu. Il a traversé les mers, la furie et le calme plat. Il ne renonce pas. Au faîte de son cran, il dévoie les lois sacrées, boit à même les calices et se soulage dans les urnes. Il pénètre en terre inconnue avec cette curiosité intacte et sauvage. La ferveur du roulement des vagues est son seul maître. Sans répit, il écarte force feuillage, du plat de sa lame. Il ne coupe que lorsqu’il ne peut passer autrement. Mais alors il le fait sans faux mouvement, sans retenue. Les jungles et les marais, leurs créatures hermétiques, accueillent sa venue en poussant leurs hymnes de vie et de mort. Il est à sa place partout et nulle part. L’hérétique insoumis marche appuyé contre le temps
Sur le fil d’archal - L’enterrement de la diva
A ma maison aussi on regarde les défilés militaires Mon papy il dit que c'est son petit côté casque à pointe Les catastrophes, les cataclysmes, les catafalques La téloche nous mitraille de flux lumineux, bleu On brûle du cervelet à son contact sec Contents, abusés sans heurt Contentés, nourris jusqu'au refus Moi aussi je mange, madame Moi aussi je chie, madame Voici venu le jour du déballage de l’intestin grêle En reste-t-il encore, de la foi et du verbe ? Du vinaigre qui tourne et se détourne en mauvais vin de messe La fête se finit tant mal que mal L'orchestre a coulé un bronze, fondu ses cuivres pour financer l'enterrement de la diva Ne reste que le souvenir tordu d’un passé presqu’ historique
Sur le fil d’archal - Overdose de diva
Overdose
Le monde overdose
Les poubelles débordent
Les égouts dégorgent leur suc, suent leur trop-plein
Le crabe aux pinces d'or noir rampe dans les décombres
Le seigneur des anneaux de plastique étouffe le chant des sirènes
C'est un ultimatum, non un avertissement
Un raz de marrée
Qui emporte au loin
Nos promesses vides de sens
La diva pleure nos souvenirs sans gloire
Celle qui fut garante de l’équilibre du monde a déposé le bilan
Elle regarde ailleurs
En l’air
Elle pourtant si terre à terre, est de plus en plus souvent dans la lune
Ne nourrit plus d’espoir
Elle s’alimente du sillage des oiseaux marins
Sur le fil d’archal - Un monde fini
La diva raccroche ses gants, ferme son vestiaire
Elle trace, anonyme, longe les briques jusqu’au bus
Oblitère son ticket comme quidam, somme toute
Son temps consacré à notre espèce est achevé. Fini
Elle tourne le dos, retourne à l’infini
L'infini défie l’évidence par simple secousse
L’infini court à notre perte, entraîne les petits rien et les grands airs rageurs
A l'infini, nul n'est tenu
Il y a des secondes plus lourdes que d'autres. Des minutes massives
Par-dessus le crâne, des idées salvatrices, des ondées assassines et de la vérole verbale.
De la course effrénée, de seconde en court terme
Une croissance infinie dans un monde fini. A force de vouloir, nous l'avons ravagé.
Des profondeurs de la mer aux confins de l'atmosphère
Nous avons puisé
Epuisé
Eclusé
Dévorant les ressources sans réussir à réfréner nos fringales.
Sans cesse, ressurgissent des Ramsès, des pharaons avides de pouvoir immédiat.
Nous restons béats, à ressasser nos progrès sans admettre nos régressions.
Le cœur du jardin primordial ne sera pas ressuscité.
Nous surfons sur un mascaret répugnant, remugles de nos débordements, de nos ragots infectés.
Le progrès.
Certains vont sur la lune, d'aucuns crèvent sans eau potable.
Certains sniffent de la mort en poudre, d'autres s'étouffent dans l'air saturé des crachats de nos millions machines. Tous courent à leur perte.
Que de belles inventions.
La pollution.
La dictature.
Les dividendes.
Et les bombardements guidés par satellite.
Sur le fil d’archal - Funambules
Fil dur. Nous voici en équilibre sur les cordes de la guitare épileptique. Elliptique
Au plus proche de la parallaxe, nous traversons le vide, l’esprit léger
Il convient de tracer droit devant sans tergiverser
Fil mou. En déséquilibre, nous avançons à pas mesurés, non troppo
Le tropisme de la chute ne prend pas racine dans nos convictions
Au bord de la gravité, nous E = MCdons les yeux clos
Dans les ombres portées de la vitesse lumière, un bond et nous y sommes
Funambules, de jour et en silence. De nuit et sans effort
Les yeux clos, nous regardons passer le monde et son histoire
Sa traîne de vieille mariée, boueuse et déchirée, emporte les restes de la fête accrochés aux dentelles
Le monde est une diva qui s’étouffe dans son rendu, âme et son La diva… au clair des premiers jours du monde, Gaïa la diva swinguait allegro, troposphère et abysses recueillaient ses vocalises vivaces…
La diva promène son regard fibreux sur les ruines.
Effiloche ses états d’âme
Et marmonne quelques pieds
Sur le fil d’archal - l’appel du Nord
Une aube de moins se délite, et sans prévenir il résonne
L’appel du Nord
En grand
L’appel à suivre les traces des élans
L’appel
Du lointain et du palpitant
De l’excitation qui nous tient
Les genoux jusqu’à la neige
Le blanc en horizon, comme un repos mérité, espéré.
L’empreinte, mon fils, est une marque qu’on emporte avec soi
Partout
Sur la piste
Sur nos épaules
Sur nos propres forces, sans voir venir plus loin que demain
Et le Nord atteint, nous pousserons nos pas, car il faudra encore en revenir
Toucher le Nord, puis en revenir
Fuir quelques temps la brume noire du réel
Les géants
Ce son de violon là
Dans la salle à manger de l'hôtel
Ils jouent du violon
Un peu celui de la révolution
J'ai le cœur au bord des yeux
Je sais, pour le malheur et le manque
Je vois, dans l'obscur et l'immense
Au néant, chacun retourne
Certains tracent quelques esquisses de leur passage
D'autres labourent le réel à grand coup d'orgueil et de diatribes putrides
Nous décomposons le monde en tranches fines et labellisées
Rangés
Kraft atomique
J’ai remballé mon stress dans un kraft atomique
Une gerbe plus active qu’une radio grandes ondes
Un bilan catastrophe, une description massive
Du superbe merdier, de l’abject parfait
Du répondant hostile, de la claque de compète
Perdurer n’est gageure que lorsque l’on manque de mots
Sur crépi cru
Nous frottions nos carcasses crasseuses au crépi cru Guettant les étincelles farouches fêtant la paille Nos retrouvailles arides et l’ardeur incrédule Que vaillent que dalle querelle nos ressources nos soucis Nos amours contrariés, là contre le réel J'ai raté la volée acrobate et perfide Je suis coureur des bois de fond inépuisable A travers les errements jusqu'à plus d'air de l'autre Hurlerai, Cassiopée, pour nos effondrements Et ces envies de tuer, d'aimer et de mourir Pareilles aux Artémis s'arrachant au servage Appréhender demeure à double triple sens
Lors, l’ange trépasse
Les pontons et les quais
Sans fin, j’aime arpenter les planchers des pontons
Des vieux ports, des rives mornes, dans l’air puissant du large
Les quais déserts de l’aube, la terre battue des plombes
Le béton hachuré, les rails et les traverses
Mes pieds mes pas certains, refusant les échardes
Par longs égarements, méandres du hasard
Intempéries fécondes, particules de flâneries
En écoutant les mâts articuler leurs fers
Apparemment
Poste III