𝐉𝐞𝐮𝐝𝐢 𝐬𝐞𝐩𝐭 𝐧𝐨𝐯𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐢𝐱-𝐧𝐞𝐮𝐟. 𝘿𝙚𝙧𝙚𝙠'𝙨 𝙢𝙞𝙣𝙙.
trois jours depuis que j’suis sortis de l’hôpital. les nuits sont longues et dures. j’suis revenue d’entre les morts il y a peu et j’ai déjà eut à faire à deux fantômes. si l’un m’dérange pas j’ai foutu mon poing dans la gueule du deuxième et putain, ça devait sortir. les médecins m’ont prévenu des séquelles, que ce soit du coma ou pour tout ce qui s’est passé. ils m’prennent pour une idiote, pour une gosse, mais j’ai pas besoin de leurs conseils, ils le savent au fond ; mais c’est la procédure.
j’ai pas b’soin de savoir que j’vais faire des cauchemars, que j’vais halluciner ou avoir du mal à dormir. j’ai jamais eu le sommeil tranquille de toute ma vie, que ce soit depuis le départ de mon frère ou comment mon père et les bower m’ont fait payé pour sa mort pendant toutes ses années. mais surtout depuis cette nuit de janvier, depuis les bras de morphée m’détestent.
nuit du seize au dix-sept janvier. presque dix mois d’écoulés et pourtant j’ai sentis cette pression autour de mon cou toutes les nuits, celle de la corde qui serrait cette nuit là. j’entends encore ma propre voix supplier qu’on arrête, promettre que j’dirais rien, et les deux bower me fixer avant de partir, me laissant là, les jambes brasser du vent comme si ça changerait quelque chose. j’ai même pas pu le remercier pour les avoir balancer, j’ai jamais osé y remettre les pieds, d’autant plus dégoûtée quand leur argent a étouffé l’affaire. les hématomes ont beau avoir disparu, j’ai beau avoir survécu à leur putain d’barbarie, les quelques marques d’points d’sutures persistent tout comme le sentiment d’se sentir mourir sans pouvoir rien y faire.
alors non, j’ai pas besoin de leurs conseils donnés entre deux sourires hypocrites, venant des mêmes personnes qui m’ont vu passer les portes de l’hôpital des dizaines de fois, m’jugeant du regard et chuchotant comme si j’savais pas que tout leurs mots étaient pour moi. “ trainée”, “elle avait dû le chercher”, “qu’est-ce qu’elle fout comme ça à son âge” et j’en passe pour m’respecter. qu’ce soit les coups ou les viols pour eux si t’es dans une certaine catégorie t’es fautive, c’est normal qu’ça t’arrive. à les écouter c’est bien connu qu’faut être une gentille fille bien sage nourris au grain par papa et/ou maman pour mériter l’respect.
trois jours depuis que j’suis sortis de l’hôpital. les nuits sont longues et dures mais j’saurais gérer tout ça et m’débrouiller. j’suis plus forte qu’eux, on peut pas m’tuer j’renais toujours de mes cendres.