La Paz, 16/04/2014
Je vais enfin mieux! J’ai completement délaissé l’écriture depuis deux semaines car j’étais soit trop mal, soit trop fatiguée.
On est réveillés par le télephone à 7h30 du matin. C’est le mec de l’agence qui nous dit qu’on doit être à l’aéroport dans 30 minutes. Notre vol de 16h45 aurait été annulé et remplacé par un de 10h30. On était censés avoir du temps donc rien n’est prêt, on doit se laver, faire le check-out à l’hotel, bref on n’y arrivera jamais.
Je deviens dingue, rien ne va plus depuis notre arrivée en Bolivie!
J’insiste pour que Carl refuse. Il raccroche. Le mec lui a dit qu’il allait essayer de nous trouver un autre vol. Une nouvelle fois, les plans foireux s’enchaînent lorsqu’il s’agit d’Amazonie. Pour parler vulgairement, j’en ai carrément plein le cul des incompétents: banques, assurances, agences de tourisme… On décide d’aller déjeuner et d’attendre des nouvelles de l’agence mais une heure après, toujours rien. On décide alors d’aller directement à l’agence en prévenant l’hotel de réceptionner quelconque coup de fil. L’agence est à deux pas, on y arrive au bout de 5 minutes mais elle est fermée.
Je commence vraiment à perdre patience. Je préfère que Carl les appelle car je me réserve le pétage de cable de dernier recours.
Tant qu’on ne sait pas, la diplomatie de Carl est préférable. Il arrive à joindre le portable de la patronne qui lui annonce qu’elle aurait trouvé et modifié notre vol pour 14h30. On redescend un peu et on retourne à l’hotel. Carl est confiant mais moi, je m’attends à tout. On a donc jusqu’au check-out pour s’organiser. Le téléphone sonne. L’heure a de nouveau changé et est de nouveau programmé à 16h45.
C’est le moment de me faire entendre.
Carl me tend le combiné. Je me lance dans un monologue histérique de 30 minutes sans le laisser parler. La discution se termine avec 1000 excuses de sa part et il me garantit de tout me rembourser en cas de pépin. Je lui dis qu’il me remboursera aussi le taxi si jamais il n’y a pas d’avion à 16h45.
Pour passer le temps, on se remet à la recherche de la meilleure affaire dans la calle Sagárnaga et illampu, les deux rues principales dédiées à l’artisanat. On tue le temps et on va manger en attendant le taxi. Il est là à 14h30 pile. Il faut plus ou moins 30 minutes pour rejoindre l’aéroport international situé dans le quartier d’El Alto à La Paz. Etonnement, l’aéroport est super moderne. Le mini-avion est à l’heure.
La traversée est impressionante, l’avion fait beaucoup de bruit et passe juste au dessus des montagnes et sommets enneigés qui entourent La Paz.
Même pas une heure plus tard, on attérit dans la pampa: changement total de paysage et de climat. De la végétation danse nous entoure et la température frole les 40 degrés avec 90% d’humidité.
J’ai la sensation d’être dans un rêve, j’ai du mal à en croire mes yeux, ils étaient trop habitués à la montagne.
Je retrouve les palmiers et la chaleur chers à mon coeur… et dire que je ne sentais pas trop cette expédition dans la pampa! Un combi de 10 bolivianos par personne nous amène directement au centre de Rurrenabaque. La fille du Dolphin nous accueille directement. On rejoint l’agence et on se dit à demain. On trouvera un hotel pour 50 bolivianos par personne. Los tucanes de Rurre: chambre privée, eau chaude (même si pas très utile ici), ventilo (indispensable) et chambre qui pue l’humidité. Pas trop mal pour une seule nuit.
On ira voir le coucher de soleil sur le rio Beni, une pure merveille.
Rurrenabaque, 17/04/2014
Je me lève, me lave et me tartine de deet (anti-moustiques). Étant donné ma mauvaise expérience avec les moustiques, je mets la dose. J’ai la sensation que ça brule un peu mais tant pis. On vient nous chercher à 10h à l’hotel. On va ensuite à l’aéroport chercher les 4 autres participantes au tour. Finalement, on attendra plus que prévu car leur vol aura du retard. On démarre donc à 11h30 au lieu de 9h.
Le chemin entre Rurre et Santa Rosa est de loin le pire qu’on ait jamais vu jusqu’alors. Il faut normalement 3 heures pour y arriver mais le chauffeur veut tellement rattrapper son retard qu’il roule comme un fou sur le chemin endommagé. On nous a dit qu’il y avait eu des innondations mortelles il y a un mois. C’est peut-être la cause de l’état des routes, qui en réalité n’en sont pas. Le chemin est épuisant mais nous finissons par arriver à bon port.
C’est très paisible, ici, il ne semble pas y avoir de stress.
On avale un repas pas très bon et on arrive au port sur le fleuve Yacuma. Difficile de décrire le paysage incroyable. Un ciel bleu avec quelques nuages parfaitement symétriques comme s’ils étaient dessinés par des enfants, un fleuve calme et haut, dû à la saison des pluies. Des arbres innondés et recouverts d’eau jusqu’au sommet des troncs. Puis le plus beau, le parfait reflet du ciel et des arbres à la surface, ce qui donne une constante impression de double image… magnifique! Par contre, le niveau de l’eau est anormalement haut et il y a donc beaucoup moins d’animaux. Ceux-ci ont migré sur la terre ferme car ici, tout est innondé…
On est donc pas trop sûrs de voir quelque chose. Dans un premier temps, on voit surtout des oiseaux: el pato corbo, el pato serpiente, différents aigles, le cerere qui fait un bruit de toux de fumeur. Le clou du spectacle, c’est tout de même les singes. On croise d’abord une famille perchée au dessus d’un arbre: le père, la mère, et le petit sur son dos. Ils sont différents car le mal est entièrement noir tandis que la mère et le petit sont bruns. Un peu plus tard, on fait la connaissance du chichillo, beaucoup plus sociable. Ce sont les plus petits singes de la pampa mais ce sont aussi ceux qui s’approchent le plus.
Pas du tout méfiants, ils entrent même dans le bateau en quête de nourriture. Ils attrapent tout ce qu’ils trouvent sur leur chemin, il faut donc bien faire gaffe à son sac et son appareil photo! Oscar, notre guide, les attire avec une banane. Ils deviennent fous. Mais il ne faut en aucun cas les nourrir car cela perturberait leur mode de vie habituel. Un petit arrive tout de même à s’emparer d’un morceau de banane avec une rapidité déconcertante.
Au bout de deux heures, on arrive finalement au fameux lodge du Dolphin travel. Des cabanes sur pilotis rudimentaires, des dortoirs et une cuisine, le tout encerclé de moustiquaires.
On s’installe et on fait la connaissance de Benito et ses amis: les caïmans qui entourent et nagent paisiblement autour du lodge… D’ailleurs, en voulant faire une photo près de l’un d’entre eux, Carl tombera dans l’eau juste à côté. Le bois craquera sous son poids, c’est dire si le lodge est solide! On peut le dire, il se chiera bien dessus mais peut-être pas autant que le caïman qui s’enfuira effrayé par le vacarme.
La bouffe est plutôt bonne et fraiche On va se coucher super tôt car il y a trop de moustiques et il n’y a rien à faire. On se sent en pleine nature et même temps prisonniers d’elle-même. Entourés d’eau, il n’y a aucune liberté de mouvement en cette saison.
Río Yacuma, 18/04/2014
Je n’ai pas dormi de la nuit.
Jamais de ma vie je n’avais senti une chaleur pareille. De plus, les dortoirs sont constitués d’une telle façon qu’il n’y a pas d’air. Le matelas est ultra fin et à peine posé sur du bois, c’est donc comme si on dormait sur le sol. Et pas de drap pour se couvrir, juste une couverture… Comme beaucoup, je fais partie de ces gens qui ne savent pas dormir sans rien sur eux même quand il fait 40 degrés. Pour finir, évidement, c’est truffé de moustiques et d’insectes en tous genres mais aussi de chauve-souris qui volent au dessus de nos lits.
Non, je n’ai pas dormi de la nuit.
Comme on sait que ça ne va durer que deux jours, on peut facilement relativiser l’inconfort du lieu. De plus, malgré les désagréments, se réveiller au milieu de l’Amazonie est tout de même une expérience unique, un peu comparable à une nuit dans la savane mais sans le confort des lodges de luxe africains. On est quand même traités comme des rois. Le matin, on a droit à un petit dej incroyable avec des crèpes, pancakes, beignets, fruits frais, marmelades, pain, etc… De quoi bien se mettre en forme.
La journée commence cependant mal. On doit enfiler des bottes pour aller à la recherche de l’anaconda. Comme l’eau arrive au dessus du genoux dans la zone des anacondas, pour notre sécurité, il faut porter des bottes. Depuis toujours, j’ai ce problème de mollets trop larges… Je sens le mauvais plan arriver. Effectivement, je n’entre dans aucune botte et je ne peux donc pas y aller. Je suis carrément dégoutée, j’ai les larmes aux yeux de nerfs même si je sais qu’aucun groupe avant nous n’a vu d’anaconda en cette saison. Heureusement, les 4 allemandes qui partagent notre tour partent pour seulement deux heures et reviennent plutôt déçues et ennuyées de la recherche de l’anaconda, qu’elles ne verront pas!
On mange et on a droit à une petite sieste avant de repartir à la recherche des dauphins roses cette fois.
Beaucoup plus faciles à trouver que les serpents, on navigue à leur còté. Ils se trouvent dans les sortes de lagunes formées au milieu du fleuve par l’élargissement de celui-ci. Comme les dauphins se nourrissent de piranhas, il est en principe impossible qu’ils soient présents sur leur territoire. Cela dit, Oscar nous informe qu’il est possible qu’il y ait quelques caïmans dans les parages, et que les dauphins peuvent mordre.
Comme je ne veux pas ruiner le moment, je décide ce coup-ci de ne pas faire la brave et de ne pas aller dans l’eau. Elle est marron, trouble, on y voit rien et je n’ai pas envie de passer un mauvais moment. C’est la meilleure décision que j’ai prise de ma vie! J’ai tendance à toujours vouloir dépasser mes peurs mais sur ce coup-ci, je ne le sens pas du tout. Carl n’est pas très chaud non plus. De plus, les dauphins sont partis. Au bout de 20 minutes, ils reviennent près du groupe à l’eau avec le guide. Carl se décide alors et plonge d’un coup pour rejoindre les autres. Il n’y restera que quelques minutes. Dans le bateau, avec une autre fille, je commence à rigoler car je vois déjà à sa tête qu’il stresse. Il revient. Il a flippé à mort et me dit que c’est super angoissant. Je suis contente d’avoir pris la décision de rester sur la barque. De plus, il est très difficile d’approcher les dauphins qui ne font que passer furtivement. Je ne suis pas frustrée car j’ai déjà eu la chance de nager avec les dauphins à Zanzibar. L’expérience est tout à fait différente ici mais je n’ai vraiment pas l’audace d’y aller.
Les filles se font mordre les pieds et Carl dit qu’on sent plein de choses sous l’eau vous toucher et vous froler… C’est trop pour moi!
On revient ensuite au lodge mais avant on va boire une bière au bar “du coin”, au coucher du soleil. Au bout de 10 minutes, une dizaine de groupes nous rejoignent. Ils proposent tous le même programme. L’Amazonie c’est super mais ça perd clairement de son charme quand le bruit nauséabond des jeunes touristes type israéliens et américains viennent faire irruption dans le calme de la pampa. On demandera à Oscar pour partir… On ira également se coucher tôt, après avoir observé les yeux des caïmans, rouges dans le noir.
Rio Yacuma, 19/04/2014
Inutile de le dire, on a encore mal dormi, mais c’était la dernière nuit. Même Carl commencait à avoir sa dose. La chaleur est vraiment insuportable et il faut prendre trois douches froides par jour pour être plus ou moins frais. On est alors contents de retrouver la montagne, et même le froid de La Paz.
Le programme de la journée est court, puisqu’on doit reprendre le bateau et les trois horribles heures qui rejoignent Santa Rosa à Rurrenabaque. Carl attend ce moment depuis longtemps: la pêche aux piranhas. Moi-même, déçue des autres activités, j’attends ce moment avec impatience. Comme d’hab, on part en bateau, cette fois dans des chemins super étroits jusqu’à arriver dans la zone où Oscar estime qu’il y a des piranhas.
C’est de la pêche à l’ancienne, avec uniquement un fil et un morceau de viande.
Mais Oscar en pêche un directement. Donc, ça n’a pas l’air si compliqué. Malheureusement, comme dit Carl, on aime la pêche, mais la pêche ne semble pas nous aimer. Pas moyen de sortir un foutu piranha… Au bout d’une heure, on a un peu la haine (comme des gamins). On a l’impression d’être du mauvais côté de la barque, car tous les piranhas que les autres pêchent viennent du même endroit, à l’opposé de nous. Carl finit par en choper un, et c’est encore du même côté! Je suis plutôt contente pour lui, c’était carrément son rêve ;-) On est finalement contents de rentrer, tant la chaleur nous rend fous. En fait, ce n’est pas tant la chaleur, mais l’humidité qui fait que tu es trempé toute la journée.
On prend notre dernier repas et on quitte le lodge pour retrouver la terre ferme. Avant ça, 1h30 de bateau nous attend. On est tellement crevés qu’on s’endort comme des merdes. Le problème, c’est qu’on perd alors l’équilibre et que la pirogue flanche facilement. Carl se concentre sur les arbres, pour tenter d’apercevoir un paresseux qu’on ne verra jamais.
Arrivés à Santa Rosa, c’est encore parti pour 3 heures de 4X4 sur la pire route qu’il soit. Ensuite, place à 50 minutes d’avion pour retrouver La Paz.
Décidédement, dans ce voyage, on aura eu notre dose de transports en commun…
On voulait du froid, on est servis. On est gelés quand on débarque en tongs sur le tarmac de l’aéroport de La Paz. Il est tard, on a besoin d’une nuit de plus avant de repartir. De plus, on n’a plus une seule fringue propre.
Le côté positif au fait de rester, c’est que demain c’est dimanche, le jour du catch des Cholitas, si populaire ici. Ça promet…
Nena
L'Amazonie, enfin! La Paz, 16/04/2014 Je vais enfin mieux! J'ai completement délaissé l'écriture depuis deux semaines car j'étais…










