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#10 Torus, la beauté libérée
Principe de Genre :
La chaleur de notre âme communique pleinement
Depuis notre arrivée dans la compagnie, Tristan et moi avions été séduits par Eléona, la jeune femme dresseuse de chats. Elle présentait un spectacle avec ses trente-trois félins, tous animés comme des funambules. Cette gracieuse prestation nous avait conquis, nous admirions ses charmes. La merveilleuse Eléona séductrice de jeunes hommes, ne pouvait s’empêcher de provoquer nos désirs.
Comment cette folie était-elle possible ? Par quel enchantement cette attirance paraissait-elle inévitable ? Comment réussissait-elle à perturber notre bravoure, étant depuis si longtemps complices?
Nous ne pouvions concevoir ce genre de dilemme, tomber amoureux nous paraissait impossible de à ce moment du voyage. Il ne pouvait être concevable de nous battre pour une histoire de cœur nous étions avant tout partis ensemble, comme de fidèles vagabonds, et nous voulions que cela reste ainsi.
Perturbés par la fouge de cette jeune nymphe, nous devions régler quelques questions importantes concernant ces démonstrations envoutantes :
-Je pourrais te l’assurer Tristan, cette jeune femme me fait des avances depuis notre arrivée à Torus. A chaque fois que je la vois, elle me cligne de l’œil. Et dès que j’ai l’occasion de l’approcher, elle me fait respirer volontairement son parfum en tournant autour de moi. Cela me perturbe fortement, je l’interprète de manière très explicite comme des avances.
-Aurais-tu remarqué le comportement qu’elle a envers nous depuis que nous sommes installés ? Elle cherche à déstabiliser chacun de nous par son attitude provocatrice, sous forme de signes assez visibles. Il semblerait qu’elle mène un jeu avec nous. Que prépare-t-elle ? Peut-être essaye-t-elle de nous séparer ou bien nous nous faisons de fausses idées.
-Dis-tu vrai? Voudrais-tu me dire qu’elle adopte aussi cette attitude avec toi ? Elle me paraissait pourtant raisonnable et sérieuse, mais j’avoue maintenant ne plus rien comprendre à son attitude. La personnalité de cette femme est tout aussi troublante que celles de ses compagnons de spectacle. Son caractère sauvage fait d’elle une conquête potentielle trop provocatrice. Que peut-elle manigancer lorsqu’elle vient nous voir, et que cache cet aguichant manège ?
La couleur de nos visages avait pâlis. Comment interpréter cette illusion si mystérieuse ? Notre moral semblait être anesthésié, quoi penser d’une aventure dans l’aventure ? Les jugements de chacun venaient refroidir notre optimisme, « quelqu’un invente-il des faits ? »
Étant tous deux éblouis par cette jeune femme nous conclûmes ensemble une promesse : « ni l’un ni l’autre ne devraient lors de ce voyage, succomber aux avances de cette folle tentatrice ».
Un pas de plus avait été franchi, devant ce désir charnel, l’amitié nous reliant l’emporta sur cette tentation éphémère. Tristan avait reçu de cette expérience une inspiration renouvelée qui allait le suivre dans la suite de son chemin. De ses aspirations, il en puisait la force réceptrice, lui servant de source d’inspiration, il allait alors pouvoir m’accompagner dans les meilleures conditions.
De cette expérience nous déduire une morale s’interprétant de la sorte : « à chaque chat, sa dresseuse, il est ainsi plus facile de la séduire en n’y trouver qu’un cœur, plutôt que trente-trois. »
La chaleur affective peut se trouver tout autour de nous, il ne tient qu’à nous de lui donner forme. Telle la cire d’une bougie qui s’illumine, notre amour peut brûler ou bien se refondre. La flamme est une offrande que l’on propose, servant à éclairer notre partie d’obscurité. Ce qui importe est la chaleur et la lueur qu’elle inspire autour d’elle. Une bougie rayonne comme rayonne les souvenir. Son énergie insuffle la communication de l’esprit et de la pensée. Ce sacrifice s’exprime par sa transformation physique et par la formulation de notre pensée, s’orientant tous deux vers le ciel en demande d’une faveur.
Nous allions bientôt dans la suite de l’aventure, prendre conscience de la signification du mot lâché prise.
Cela faisait maintenant deux semaines que nous nous occupions des animaux, et nous voulions savoir maintenant en quoi notre investissement allait nous être bénéfique. Ne parlant pas d’argent ici, nous attendions une révélation, une confidence sur la vie du cirque ou sur l’histoire de leur réussite.
Bien qu’étant généreux à la tâche, nous nous questionnons surtout sur le « après » : ”
« Quel est la suite de notre route aujourd’hui ? » prononçait Tristan.
« Qu’avons-nous mérité de savoir ? » pensai-je.
Sûrement impatient de tout déchiffrer, n’avions-nous pas oublié que les choses arrivent souvent lorsque l’on ne s’y attend pas ?
Depuis maintenant deux semaines nous étions installés sur Torus et rien de particulier ne semblait avoir avancé dans notre quête.
Un amour fougueux envers Eléona et de nombreuses maladresses avec les animaux, nous avaient fait éprouver quelques émotions fortes. Ces dernières avaient ainsi créé les colères des autres éleveurs du cirque.
Pendant notre expérience dans le cirque Goldzonla, nous avions exprimé une si grande envie à découvrir ce mystère caché, que nous avions fini par ne plus être attentif à nos tâches respectives, ni même apprécier les petites aventures quotidiennes.
Il était temps de passer à la prochaine étape de l’aventure : « se libérer du confort de la routine et de nos obsessions ». Vouloir tout comprendre et tout découvrir se révélèrent être un frein inconscient dans notre apprentissage. Ces nuisances devaient donc disparaitre afin de pouvoir découvrir le « fameux secret ».
A cause de la venue de la gelée, ces premières semaines avaient été redoutables, des giboulées de mars rendant le travail encore plus difficile. Les avances volatiles d’Eléona bien qu’ambiguës, avaient fini par renforcer notre confiance, nous pouvions maintenant avancer.
Ces quelques jours passèrent à une vitesse folle, face à toutes ces dernières difficultés, notre volonté de découvrir le secret avait progressivement disparu. Notre curiosité s’était dissipée de nos esprits, cette envie n’était plus qu’une volonté en attente. Prêtant d’avantage attention à tout ce qui nous entourait, nous commencions à prendre conscience de notre travail.
Lorsque l’on a des responsabilités, dans des situations laborieuses, on se doit de se préoccuper des éléments principaux. Tel était l’enseignement de cette vie en groupe. Nous avions ainsi progressé par la force des choses en nous consacrant plus sincèrement aux tâches quotidiennes qui nous avait été confiées. Si des accidents de parcours étaient permis, d’autres erreurs ne l’auraient pas été par M. King.
Un changement de climat se fit sentir, une prise de conscience nous avait donné un élan supplémentaire. Maintenant les tensions apaisées, notre esprit pourrait se recentrer sur les plaisirs du travail.
Aurions-nous inconsciemment compris que souvent, une des façons les plus réalistes d’obtenir ce que l’on désir vraiment, est de le laisser venir à soi ?
Il n’est pas ici question de passivité, car celle-ci empêche les initiatives personnelles, mais plutôt de se rendre en accord avec soi-même. L’obsession elle, va dans le sens opposé à la nature des choses.
« Un secret semblerait se laisser découvrir par coïncidence, et toujours se cacherait-il qu’autant qu’il serait recherché. »
Nous pourrions tous aussi bien dire :
« Un trésor caché se laisse toujours découvrir de façon surprenante. »
Connaitre le secret de cette famille se mérite comme nous l’expliquait Ronald. « Regardez un peu autour de vous et vous-y découvrirez tout-autant d’opportunités de le ressentir », nous avait-il confié et avait ajouté « vous comprendrez et apprécierez ce que veut dire passer sa vie sur les route en parcourant ce voyage. » Ronald avait eu raison, ce sentiment de conscience et de liberté commençait progressivement à nous envahir.
La récompense de tout ouvrage s’obtient par notre sensibilité, lorsque chaque étape nous a apporté sa ressource, lorsque chaque chaîne s’est libérée. Cette indépendance quotidienne, ce voyage permanent, aboutira à un retour aux sources une fois seulement le chemin accompli.
#9 La causalité, l’effet Boomerang La peur, le rappel de l’inconscient
#11 L’entretien avec le Maître
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